Ce qui nous attaque. Ce que nous défendons.

Mis a jour : le samedi 25 novembre 2017 à 22:51

Mot-clefs: Informatique Médias Répression
Lieux: Nantes

Publié par le groupe: Groupindymedia nantes


Un texte pour rappeler ce qu'est indymedia et ce pourquoi il est attaqué...

C3c-medium

Nous pourrions dire que ce qui nous attaque, c'est l'Etat. C'est un gouvernement qui protège son bras répressif de toute possibilité de le prendre pour cible, de le désigner comme responsable. 
Nous pourrions dire que ce qui nous attaque, c'est la police, les renseignements, les services secrets, le corporatisme d'une profession présentée comme l'intouchable symbole du "maintient de l'ordre" dans une société qui implose. Une implosion cuisinée à l'étouffée au gaz CS. 
Nous pourrions dire que ce qui nous attaque c'est la "justice", les lois accumulées pour rendre illisible et inaplicable une certaine idée de ce qui serait juste. 
Nous pourrions dire aussi que ce qui nous attaque, c'est le concert des médias mainstream s'engouffrant dans l'orchestration savante de la communication politicienne au service des intérêts des possédants.

Mais ce qui nous attaque, c'est bien plus que tout ça, bien plus que la somme de toutes ces composantes de la répression, protectrice et garante d'un capitalisme qui serait aux abois. 
Ce qui nous attaque, c'est une idée, un concept, une pensée sournoisement déployée dans toutes les strates du "Pouvoir". Lentement admise puis relayée dans des partis politiques, dans des syndicats, dans des organisations citoyennistes... par toutes les personnes encore persuadées que le système pseudo-démocratique-ultra-capitaliste vers lequel elles nous renvoient est le seul moyen de vivre ensemble. 
Ce qui nous attaque c'est la volontée de faire croire qu'en dehors de ces outils que sont le gouvernement, la police, la justice, la loi, les médias maintream, bref tout ce qui influence, fabrique et dirige la soit disante opinion publique, rien ne pourrait se construire, ensemble, en faisant appel à l'intelligence collective. Que l'horizontalité, le consensus, la réflexion posée, le recul, l'éducation populaire, l'expérimentation, la transparence, ... seraient des outils d'ultra-hyper-gauche-anarco-autonome-... dépassés, voire dangereux.

C'est pourtant justement cela et très exactement cela que nous défendons et continuerons de défendre.

C'est justement de cela dont il est question quand nous développons et maintenons un site comme indymedia nantes. 
La possibilité pour toute personne en lutte contre une injustice, une opression systémique, de faire un témoignage, de faire une analyse politique, d'alerter, de revendiquer, de manière anonyme ou pas, mais toujours sécurisée une fois publiée sur notre site. 
La possibilité d'apporter une critique, un complément, une autre vision en commentaire. 
La possibilité de prévenir les lecteurices du site d'un évènement militant local. 
La possibilité de publier, en urgence ou  non, une information rapide depuis son smartphone. 
La possibilité de proposer des documents à télécharger et imprimer, magazines, affiches, tracts. 
La possibilité de se créer un compte pour retrouver ses publications et les gérer.
La possibilité de créer un groupe et de le gérer à plusieurs comptes pour publier des articles collectifs. 
La possibilité, enfin, de trouver les archives de luttes locales ou globales, depuis le 3 avril 2003. 
Le tout de manière sécurisée.

Ce que nous défendons aussi, radicalement, c'est l'open-publishnig : la "publication ouverte" et sa transparence, même si nous avons dû, hélas, limiter certains aspect de cette dernière pour la sécurité de l'équipe face aux tentatives de répression et de faire disparaitre le site. 
Ce que nous défendons en laissant visibles les contributions refusées, c'est que chaque personne est capable de se faire sa propre opinion, et qu'en dehors de la mise en danger d'une personne, nous n'avons pas à dissimuler les articles publiés sur le site. Nous ne souhaitons pas être un palliatif au dévelopement de l'esprit critique des contributeurices. Cela permet également aux visiteurices de vérifier que nous ne modérons pas n'importe comment.
Ce que nous défendons, en ne corrigeant pas les textes, et très rarement les titres, c'est que ce n'est pas l'orthographe ou la grammaire qui font la justesse d'un témoignage. 
Ce que nous défendons en validant certains écrits avec lesquels nous n'avons pas d'affinité, c'est que ce n'est pas à nous de définir "la seule ligne politique valable". Indymedia n'est pas fait seulement pour les anarchistes, ni seulement pour les communistes, ni même seulement pour les ultime-hyper-totale-gauche, mais pour toute personne qui tente de déconstruire et lutter contre les oppressions et les dominations. Quand bien même c'est parfois maladroitement articulé. Quand bien même c'est pour revendiquer des "actions répréhensibles par la loi".

Ce que nous défendons, en ne choisissant pas ce qui va être écrit sur le site, c'est que c'est vous, contributeurices, qui faites indymedia. 
Nous n'en sommes que les modérateurices. 


Pour aller plus loin : 

  • la charte de indymedia nantes
  • nous questionner, nous soutenir, et pourquoi pas, nous rejoindre : IMCnantes[at]riseup.net

Email Email de contact: IMCnantes_AT_riseup.net

Commentaire(s)

> corrections

si on est rigide on se dit qu'il faudrait corriger ça

"maintien de l'ordre"

(les noms en "-tien" n'ont jamais de "t" à la fin)

et

"la soi-disant opinion publique"

et sinon on peut s'en foutre comme de sa première dictée.

> Questionnement

Pourquoi justice se retrouve-il entre guillements ? Il existerait une bonne justice, et celle qu'on connaît serait une mauvaise justice ? N'y a-t-il pas plutôt de justice que ce qu'une autorité considère comme juste ? Que ça soit la justice divine, la justice étatique ou la justice prolétarienne, finalement, qu'est-ce que ça change, hormi la composante qui se pose en garante de la justice et qui décide de ce qui est juste ? Et s'il n'y a plus d'autorité, alors qui peut décider de ce qui est juste ?

Dans le même ordre d'idée, pourquoi le système au sein duquel nous vivons est-il qualifié de "pseudo-démocratique" ? J'ai plutôt l'impression qu'on vit dans un système démocratique tout court, et que ça fait bien partie du problème. C'est la démocratie en elle-même (de même que le fascisme, la royauté, et toutes les autres formes de régime politique) qui est problématique, et non l'épithète qui lui est accolée : représentative, directe ou participative, dans tous les cas on place au dessus de l'individu une autorité à laquelle il n'a pas consenti et à laquelle il ne peut se soustraire.

Bon, c'est les deux choses qui m'ont le plus sauté aux yeux, mais c'est loin d'être les seules qui me questionnent dans ce texte...

> bouts de réponse

Le terme justice est entre guillemet (quoique pas partout à relire, oups) précisement pour les raisons évoquées dans ton commentaire.

Pour le préfixe "pseudo", on n'est pas d'entrer dans ce débat. Les positions au sein du collectif peuvent être différentes quand aux questions que tu soulèves, ou les mots différents pour le dire. Le débat autour du terme démocratie n'étant pas le sujet primordial de ce texte non plus, on s'est pas focalisé là dessus.

Mais évidemment, dans un texte à plusieurs plumes, tu ne trouveras pas exactement les positions écrites avec exactement les mots que tu aurai imaginé.