Manifestation étudiante/lycéenne du 22 novembre

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près de 3 000 étudiants et lycéens ont manifesté dans les rues de Caen contre la LRU le jeudi 22 novembre 2007
Beaucoup de monde rassemblé en début d'après midi devant le phénix. Dès 13h30, des petits groupes de lycéens remontent le Gaillon. On peut évaluer la foule à environ 3 000 personnes. Les manifestants continuent d'arriver pendant que d'autres commencent à s'impatienter. 14h20, la consigne de départ est donnée dans les mégaphones. Surprise, au lieu de descendre le traditionnel Gaillon, l'ordre est donné de prendre la direction de l'esplanade. Réaction immédiate des manifestants : on va prendre le périf. C'est sûrement ce que se dit aussi la police qui se fait très discrète. La montée jusqu'au restaurant universitaire se fait poussivement.

Arrivés au niveau du lycée Laplace, d'autres lycéens rejoignent le cortège. Celui-ci continue de prendre la direction du périphérique nord. Arrivé à l'os à moelle du CHU, le cortège emprunte la bretelle pour la direction de Paris. Des voitures de militants sont déjà en train de faire une opération escargot dans les deux sens de la circulation afin d'éviter les accidents.

Déjà, des petits groupes de lycéens quittent le lieu, de peur de devoir affronter les forces de l'ordre. Les policiers en civil sont aussi nombreux dans le cortège (c'est d'ailleurs parfois à la limite de la paranoïa chez certains manifestants). Une automobiliste arrêtée dans le sens Paris-Cherbourg indique aux manifestants qu'elle a vu des CRS non loin du viaduc de Calix. Des éclaireurs sont envoyés afin de vérifier l'information. En attendant, le cortège est à l'arrêt, la commission Pouet Pouet assurant l'interlude. Après avoir eu l'assurance que la voie était dégagée, le cortège reprend sa marche jusqu'au niveau de l'échangeur de la Pierre Heuzé. Et là, problème. La commission action avait prévu de quitter le périphérique à ce niveau, d'autres ne l'entendent pas de cette manière et poussent les manifestants à continuer jusqu'au viaduc de Calix.

Le cortège se scinde en deux, une partie montant sur la bretelle de sortie de la Pierre Heuzé. Plusieurs membres de la commission action, mais pas uniquement, parlementent avec ceux qui veulent continuer plus loin. Les discussions sont vives. Au bout du compte, les partisans d'aller jusqu'au viaduc décident de bouger, le mouvement de foule aidant, l'ensemble des manifestants prennent la direction du viaduc. La tension est à son comble. Arrivé à l'échangeur de la porte d'Angleterre, aucun policier en tenue de maintien de l'ordre n'est visible. Seules quelques unités de la BAC tournent et prennent des accès à contre sens. La tête de cortège arrive à canaliser la foule et les manifestants sortent du périphérique pour prendre la direction de l'avenue Clémenceau.

Le cortège remonte tranquillement l'avenue. Peu après le CHR, le cortège emprunte la rue de la masse pour se diriger vers la rue Basse. Le dispositif policier (6 camions de gendarmes mobiles + la section départementale d'intervention) a déjà quitté les abords du périf pour se rendre rue Varignon. Arrivés rue Basse, plusieurs manifestants commencent à prendre des poubelles, certains sont renversées sur la route. A l'angle de la rue Basse et de la rue Varignon, un cordon de gendarmes mobiles attend les manifestants : pas question d'aller toucher au local de l'UMP ! Des manifestants se mettent spontanément devant les gendarmes mobiles et ne cessent de crier de continuer d'avancer car "ce n'est pas l'objectif principal". Certains manifestants protestent d'ailleurs contre ce service d'ordre.

Le cortège poursuit sa route vers le centre ville en passant par la tour Leroy puis il arrive place de la République. Au bout du compte, les manifestants se rassemblent devant l'hôtel de la préfecture. Certains s'assoient après ce long trajet, d'autres commencent à jouer de la musique.

D'autres manifestants veulent de l'action et commencent à rassembler les poubelles recueillies sur le parcours et les placent devant la grande porte bleue. Ceci n'étant pas assez radical, ils décident d'y mettre le feu...sous les yeux d'un responsable de la police. C'est à ce moment que la section d'intervention déboule du boulevard Bertrand et que les gendarmes mobiles arrivent de par le restaurant administratif. Un mouvement de foule s'ensuit. Plusieurs personnes appellent au calme. Quelques manifestants lancent des canettes sur les forces de l'ordre, ces derniers répliquent en déployant flash-ball et lance lacrymogènes. Nouveau mouvement de foule. Un camion de pompier arrive et va éteindre le feu de poubelles.

Les gendarmes mobiles continuent de se déployer (les camions arrivent en renfort avec les gyrophares allumés) et repoussent les manifestants qui se trouvent du côté du théâtre. De l'autre côté, certains continuent à lancer quelques canettes puis repartent en courant. Un semblant de charge permet aux forces de l'ordre de reprendre totalement la place de la préfecture. Un appel à remonter ver la fac est lancé au mégaphone et la majeure partie des manifestants prennent la direction du campus. Seuls quelques 200 irréductibles font face aux forces de l'ordre. D'autres appels à quitter les lieux sont lancés, quelques militants vont discuter directement avec ceux qui vont en découdre et leur expliquent des consignes pour éviter de se faire choper en rentrant chez eux. Vers 17h15, il n'y a plus personne près de la préfecture, tout le monde est rentré au bercail après cette longue marche.

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