Aux voiles et à vas peur !

Mis a jour : le lundi 4 novembre 2019 à 23:54

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Nous, collectif de femmes de toutes confessions, avons souhaité réagir suite à la énième polémique sur le voile sur la toile ces derniers jours. Aspirant à ce que toutes les femmes, voilées ou non, cessent d'être suspectées de soumission et exclues du débat public, nous avons pris l'initiative de cette tribune pour proposer un autre son de cloche que celui de la peur des voiles.

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Par où commencer ? A l’échelle de notre univers et plus raisonnablement de notre planète, nous ne sommes pas grand-chose, presque personne. Cependant, nous sommes nées et vivons dans des pays où apparemment, d’après les infos, nous serions des citoyennes ayant des droits. Alors aujourd’hui, nous avons décidé d’utiliser un de ces droits que la loi nous ouvre et nous permet de saisir ou non : le droit de s’exprimer. Ce que nous appelons en France : la liberté d’opinion. Nous l’utilisons cette liberté ainsi que celle de la presse pour diffuser notre idée de la liberté de culte….

Aujourd’hui, 3 mars 2019, la France connaît une énième polémique sur le port du voile.  Cet obscur mélange entre laïcité et islamophobie a encore fait irruption dans les débats. A croire que la France se régale de ces « grands débats » sur des sujets directement inspirés de l’extrême droite. Rappelons les faits : la marque Décathlon a eu l’idée de commercialiser un hijab pour les joggeuses. Il semble que cette idée ait été abandonnée par le géant du sports français suite aux menaces et accusations reçues par les employées durant les dernières 24h.

Le hijab est un voile qui couvre les cheveux, le cou et les oreilles. Il ne voile en rien le visage situé entre les cheveux, le cou et les oreilles. La distinction est importante puisque la République avance à visage découvert. Le hijab ne vient donc en rien contredire cet adage et s’y fond même très bien.

Toujours est-il que certains y voient semble-t-il une pure folie. Une attaque en règle contre la République et sa sacro-sainte laïcité (que nul n’est censé ignorer mais qu’aucun ne semble pouvoir définir correctement), à croire que Décathlon, à savoir une marque de distribution française incarne désormais l’Etat ?  Tant et si bien que nos politiques et dirigeants se sont emparés d’un sujet aussi grave que celui-ci alors que pleuvent et s’enchaînent les relaxes et non lieux dans les affaires d’agressions sexuelles mettant en cause des politiques ou des producteurs de cinéma. A croire que les priorités politiques tiennent plus au nombre de retweets qu’au bien commun.

 Et nous voilà une fois de plus repartis dans un sempiternel débat sur le voile, l’un des plus stériles qui soit et ce, depuis son apparition en 1989 en pleine commémoration du bicentenaire de la République (quel affront !) alors que deux jeunes filles de Creil s’était rendues voilées au collège.

 Pendant 15 ans, le débat divise entre les défenseurs d’une liberté de culte inscrite dans la constitution et ceux qui considèrent que la laïcité implique la neutralité de la place publique et l’interdiction des signes religieux. En somme, le débat est idéologique et rend compte de la différence entre la gauche et la droite (une conception humaniste et rousseauiste pour la première et une conception utilitariste et hobbesienne pour la seconde) jusqu’à la circulaire de 2004 interdisant les signes ostentatoires religieux dans les établissements scolaires suite à une nouvelle polémique cette même année (concernant encore deux collégiennes, pas plus, juste deux) alors que la gauche est au pouvoir. Depuis, pas une année ne s’est écoulée sans que LA polémique ne s’invite dans le débat public.

 Vieille rengaine, régulièrement brandie comme étendard de la République, avec dans son sillon toutes les interprétations fallacieuses de la laïcité et notamment de la loi de 1905, le voile est devenu l’ennemi public numéro 1 tant à gauche qu’à droite comme le montrent les sorties régulières des membres du Printemps républicain.

Chacune d’entre nous, avons observé ces débats avec plus ou moins d’intérêt, selon nos obédiences, nos âges, nos combats et nos expériences de vies. Nous sommes un groupe de femmes œcuménique, réunissant à la fois des athées, des agnostiques, des croyantes (musulmanes ou non, voilées ou non). Forcément, concernées à des niveaux différents, il n’en demeure pas moins que chacune d’entre nous a éprouvé de la gêne face à ces polémiques au fil du temps et leur récurrence.

 A force de tanguer, la nausée s’est muée en gerbe et force a été pour nous de nous rendre à l’évidence : le problème de fond n’est pas la religion, ni même la laïcité érigée en culte, mais bien une attaque en règle contre la liberté des femmes à disposer d’elles-mêmes. Cette fameuse liberté revendiquée légitimement depuis maintenant 50 ans mais qui demeure à géométrie variable (comme la laïcité étonnamment). A croire que la laïcité et la liberté des femmes aient été « hackées » par ceux qui sous couvert de la défendre renforcent les amalgames et les divisions.

Le port du voile relève de l’initiative personnelle. C’est légal en ceci que la loi prévoit la liberté de culte (dans l’esprit de la loi 1905 qui interdit à l’Etat de s’immiscer dans les convictions religieuses personnelles et renvoie le religieux à l’intime donc à la sphère privée sans pour autant en interdire le port dans l’espace public qui appartient à tous). Ce n’est pas un acte politique, puisqu'il concerne la relation intime de la personne à sa foi.

 Pour l’athée, le port du voile n’est qu’un habit et à ce titre, on s’en bat comme de l’an 40. Pour l’agnostique, le voile est un signe de foi et toutes les confessions étant autorisées au sein de la République, pourquoi en faire tout un plat ? Pour la croyante (et ce quelle que soit l’obédience), le respect du port du voile lui garantit le respect de sa propre obédience. Pour la musulmane, le voile est un choix qui lui permet de se définir en tant que femme, participe de son identité.

 Toutes autant que nous sommes constatons que nul ne se préoccuperait de la signification d’une couleur de cheveu ou du port du jean… Nous en voulons pour preuve que le port du pantalon pour les femmes sous couvert de « travestissement des femmes » était interdit par le code civil de 1800 au 6 février 2013. Cette abrogation fait suite à une question posée au Sénat. Pourtant, nulle polémique au cours de cette période sur le port de ce dit pantalon alors que les femmes s’en parent dès 1920 (merci Coco Chanel !). Tant que cela correspond à la mode bien française, pas de problème en somme. Sauf que pour Coco Chanel : « la mode n’existe que si on la voit » et il n’y avait pas de mode à la française, la mode, c’est ce qui se voit, ce qui se porte, se montre, voile compris…

Si polémique il y avait, cela ne concernait pas la question religieuse, mais bien la manière dont les femmes devaient ou non se parer pour être reconnues comme telles. Si la question a été posée au Sénat en 2013, c’est dans la foulée de la huée qu’avait connu une politique en se présentant à l’Assemblée en pantalon ! Quel affront ! Nous y voilà. Les femmes ne savent pas ce qu’elles font. Même quand elles revendiquent une identité, elles sont suspectées d’être soumises.

Preuve en est, aucune femme portant le voile n’a été invitée à évoquer les raisons de son choix dans les débats radiophoniques ou télévisuels. A croire que c’est ceux qui en portent le moins qui en parlent le plus. Les femmes doivent être bien trop discrètes pour être audibles et force est donc pour elles d’être défendues par ceux capables de le faire : des hommes !

Pour eux, sports et religions sont incompatibles. Pour rappel, Coubertin évoquait dans une de ses Lettres Olympiques datée du 13 janvier 1913 que « tous les sports sont pour tous ; voilà sans doute une formule qu’on va taxer de follement utopique. Je n’en ai cure. Je l’ai longuement pesée et scrutée ; je la sais exacte et possible. Les années et les forces qui me restent seront employées à la faire triompher ». L’esprit Coubertin souvent évoqué par ces mêmes bien penseurs, est donc œcuménique, laïque et surtout ouvert à tous et à toutes.

Pourtant, ces hommes et ces femmes (puisque la domination masculine n’implique pas que les hommes) insurgés contre l’idée que Décathlon puisse mettre à la vente un hijab de course, rabâchent sans cesse que l’on ne se rend pas compte de la gravité du problème. Nous ne nous rendrions pas compte de la manière dont le voile serait « un outil d’oppression promu par l’islam pour soumettre les femmes ». Étrangement, cette idée est toujours véhiculée par des gens qui ne connaissent pas grand-chose au dit Islam…

Pire, ces mêmes promoteurs de la liberté féminine (que les femmes que nous sommes ne semblent pas capables de comprendre faute d’outillage intellectuel suffisant apparemment) nous expliquent à corps et à cri qu’il faut protéger ces femmes d’elles-mêmes (encore, elles ne savent pas ce qu’elles font, ce ne sont que des femmes) en les punissant par la loi… Double peine, bonjour. Évacuation des femmes ouvertement musulmanes de l’espace public, sous couvert de liberté…

Alors que le principe de laïcité autorise toutes les confessions et permet justement à chacun de l’exprimer à sa guise dans l’espace public (à l’exception des représentants de l’Etat que sont les fonctionnaires, mais pas les usagers des services publics comme l’indique la loi de 1905), il semble que certaines expressions religieuses valent plus que d’autres. En somme, si tu veux exister en tant que femme dans l’espace public, plie-toi à nos exigences, puisque nous sommes le progrès ! Retour par la petite porte du paternalisme qui ne dit pas son nom, mais en a bel et bien les habits ! Injonction paradoxale s’il en est : libère toi ! Émancipe toi mais dans la limite du cadre que nous t’imposons ! Absurdité du raisonnement : pour te libérer, je te punis !

Parce que, bien évidemment les femmes, les filles, les nanas, les meufs, les raclis sont trop faibles pour savoir ce qui est bon ou pas, ce qui est décent ou pas de porter dans l’espace public.

Ah la décence… qui débouche régulièrement sur de l’indécence… ! Aujourd’hui, il semble que la dimension subjective de cette décence (qui ne se définit qu’à l’aune des seuils de tolérance de chacun) s’érige en norme dès qu’il s’agit de fustiger les femmes et l’islam. En revanche, si l’on note le caractère indécent des clichés du président lors de ses « maraudes », là c’est différent… Forcément.

Sous couvert de féminisme, c’est le racisme pur et simple (qui ne concerne pas que l’antisémitisme, à quand une manif pour soutenir Décathlon !) qui est évoqué ouvertement. Bien sûr, nous n’en sommes plus à un glissement sémantique près débouchant sur des lois absurdes et contre productives qui viennent nous imposer des façons de penser en faisant fi des convictions et donc de la liberté d’opinion.

Que nous disent-ils justement ces hommes qui s’insurgent contre le port du voile et l’idée qu’une femme puisse faire du sport tout en étant croyante et pratiquante ? Pour le savoir, un petit tour sur la toile, cet espace libre d’expression qui permet à tout à chacun de se faire harceler à sa guise et de dire tout et n’importe quoi dans le plus bel anonymat, exerçant ainsi son pouvoir d’agir (et de nuisance souvent), décrié quand il dévoile des affaires, mais encensés dès qu’il permet de déverser sa haine et d’accéder au pouvoir. Un tweet a particulièrement retenu notre attention au milieu du flot de messages parlant chiffon.

Il s’agit de celui d’un certain Jean Quatremer (tel qu’il se nomme sur Twitter) posté le 26 février 2019 à 13h40, apparemment voilologue ou expert en voilage, on ne saurait comment le dire, que nous reproduisons ici tel quel : 

« Que signifie le port du voile ? Le refus absolu du mélange et le rejet de l’autre. Cette femme proclame dans l’espace public qu’elle n’aura jamais de relation amoureuse ou sexuelle avec un non musulman. C’est violent. Bref, l’exclusion n’est pas où l’on croit ».

Tout un programme… Chacune d’entre nous, à des endroits différents, a été touchée, choquée, attaquée par ce tweet. Cet utilisateur, apparemment homme non voilé, prend la parole pour expliquer aux femmes voilées ce qu’elles font sans le savoir. Pardonnez-leur, seigneur, elles ne savent pas ce qu’elles font… Quand une femme s’exprime, heureusement qu’un homme vient derrière appuyer son propos, sinon, c’est un coup d’épée dans l’eau…

Donc Jeannot, oui on se permet, on ne se connait pas, mais en tant qu’utilisateurs de Twitter , nous appartenons à la même communauté et utilisons le même espace d’expression. On est donc entre personnes de bonne compagnie, n’est-ce pas (pour ceux qui savent il y a un accent spécifique pour dire n’est-ce pas) ? Donc, Jeannot, nous allons te répondre sur le fond de ton propos en essayant de bien te comprendre et de suivre ton raisonnement. Naïvement, nous estimons que pour bien critiquer une idée, encore faut-il commencer par la comprendre dans ses tenants et ses aboutissants.

Si nous comprenons bien (on fait des efforts, mais ne sommes que des femmes dont certaines sont mêmes voilées) ton tweet cher Jeannot, la manière dont une femme s’habille indique la manière dont elle souhaite ou non se mélanger avec d’autres. Ce mélange auquel tu aspires, c’est, comme tu le précises, le mélange par la relation amoureuse ou sexuelle. Tu trouves cela violent et nous indique que l’exclusion n’est pas là où on le croit. Bref, tu tires la sonnette d’alarme.

Grâce à toi, l’amalgame tombe. Qu’aurions nous fait sans toi ? Nous aurions continué certainement d’agir et de nous vêtir à notre guise sans comprendre que nos habits indiquaient notre disponibilité sexuelle ou non. N’est-ce pas un peu indécent en 2019 de continuer d’affirmer que les femmes, par leur vêture (robe, voile ou pantalon) appellent au mélange sexuel ou non ? 

Quel génie, d’un revers de main (ou de tweet), tu nous fais passer ton sexisme et ton islamophobie pour un esprit éclairé qui dénoncerait les exclusions. Toutes en string, mini jupe et décolletée, pour être de vraies femmes. Les autres ne sont que soumises et réduites dans leur relation… Mais bien sûr… Dans l’espace public, chacune doit donc correspondre aux diktats de la mode qui réduisent le corps de la femme à un simple porte manteau en annulant les formes, les poils, les gouttes de sueurs, les rides. Bref, tout ce qui démontre que le corps des femmes évolue, bouge, existe et s’exprime. Karl Lagerfeld est mort, Vive Karl Lagerfaux. Les défenseurs de la vraie mode, du vrai style, de la french touch ont encore de beaux jours devant eux…

Ça c’est de la sociologie de la sape ! De quel droit peux-tu nous dire que la manière dont on s’habille indique notre disponibilité sexuelle avec tel ou tel gars d’une quelconque obédience ? Ne respectes-tu donc pas notre droit à disposer de nous-mêmes ? Ne nous reconnais tu pas le statut de sujet de droit ? Statut qui suppose que nos capacités de décision ne sont pas altérées et que nous sommes en droit de nous autodéterminer ?

Apparemment non. Pour toi, si une femme ne fréquente amoureusement ou sexuellement que des hommes musulmans, c’est de l’exclusion et du refus du mélange, c’est donc anti-républicain.

Pourtant, quand récemment, Yann Moix, notre Yannou national, dans une interview pour un magazine qui se prétend féminin se vantait de n’aimer que les asiatiques de moins de 30 ans, t’es-tu fendu d’un tweet ? T’es tu dis que c’était violent ? T’es-tu demandé où était l’exclusion ?

Doit-on te rappeler que la question de la sexualité et de ses préférences en la matière relève aussi de la sphère privée et que toutes les orientations et préférences sont possibles (dans la limite posée par la loi notamment concernant le viol ou la pédophilie, même si on observe souvent que ces lois peinent à s’appliquer faute d’un corpus juridique suffisamment précis, là tu as un vrai combat à mener) ?

Il n’est pas interdit à Moix d’exprimer son choix en matière de sexualité (même s’il exclut par-là toutes les femmes de plus de trente ans, ça fait beaucoup) dans un journal public et de s’en expliquer sur des chaînes publiques. Pourquoi alors remettre en cause le choix de certaines femmes de s’accoupler avec des musulmans ? Pire, peux-tu envisager qu’une femme qui se voile ne soit pas forcément en couple avec un musulman ? L’exclusion n’est finalement, pas là où TU le crois. La domination masculine n’est pas cantonnée à l’islam, n’en déplaise à tes pairs. Tu nous en offre un bel exemple sous couvert de la dénoncer. Torsion logique magnifique qui relève du grand art de la langue de bois.

Pour rappel, la domination masculine est un système de pouvoir auquel tu participes allègrement. Ce système s’appuie sur l’idée que les femmes sont par nature inférieure aux hommes. Cette infériorité tiendrait à leur fragilité naturelle, leur vulnérabilité, notamment vis-à-vis des pulsions sexuelles des hommes que ces derniers seraient incapables de réprimer.

En affirmant que la manière dont une femme s’habille indique sa disponibilité sexuelle, tu reprends à ton compte l’idée que le seul mode de relation entre masculin et féminin serait de l’ordre du sexuel. Donc tu induis que les femmes sont avant tout et d’abord des objets sexuels pour les hommes, qu’elles s’habillent pour diffuser un message sur cette dite disponibilité sexuelle et que les hommes seraient prisonniers de leur pulsion et que les femmes en seraient nécessairement victimes.

Quelle belle promotion de l’émancipation (entendue comme la capacité à se défaire de nos conditions de nature pour nous libérer de nos déterminants).

Pour les femmes que nous sommes, c’est violent. Tu nous réduis à l’état d’objet, nous nie notre capacité d’autodétermination et invite à la haine de l’autre. A tes yeux, nous ne sommes pas en capacité de voir les choses correctement et nous aurions besoin de ton éclairage. Or, ton éclairage dévoile l’amalgame odieux que tu fais entre port du voile et invitation sexuelle, tu en fais un acte politique sans même questionner ton postulat. C’est violent.

Il est temps de cesser une bonne fois pour toute cet esprit raciste, sexiste et néocolonialiste qui veut imposer une certaine conception de ce que doit être La femme. Au lieu de pointer l’autre du doigt, ne serait-ce pas temps de regarder d’un peu plus près ton propre sexisme ? S’il est violent pour toi de voir une femme voilée, est-ce parce qu’elle ne t’est pas disposée sexuellement ?

 Pourquoi lui interdire l’accès aux loisirs, à la connaissance, à l’exercice de certains métiers, à accompagner ses enfants dans des sorties scolaires ? Pourquoi en faire une citoyenne de seconde zone ayant des droits différents des autres dans un pays où les valeurs (encore à ce jour) sont Egalité (nous sommes tous égaux en droit quelque soit notre sexe, notre religion et nos origines), Liberté (nous sommes libres ensemble dans le contexte défini par la loi à savoir en matière de laïcité la capacité à pouvoir exercer le culte de notre choix sans craindre d’en être inquiété) et Fraternité (impliquant le soutien, la solidarité et la considération pour chacun comme soi-même) ?

 Les grands penseurs auxquels tu te réfères doivent se retourner dans leur tombe. Dirais-tu de Mère Thérèsa que sa robe invitait au refus du mélange et du partage ? Dirais-tu d’un homme qui porte une kippa qu’il indique sa disponibilité sexuelle ou amoureuse uniquement pour des femmes juives ? Considères-tu que celui qui abhorre un insigne « Ni Dieu, ni Maître » invite à l’exclusion et au rejet ? C’est peu probable.

Pour rappel, un homme nommé Paul Ricoeur, croyant, pratiquant et philosophe (comme quoi l’un n’empêche pas l’autre) définissait la visée éthique comme « la visée de la vie bonne, avec et pour les autres, dans des institutions justes ». Autrement dit, le point de vue individuel et autocentré ne fait pas force de loi. N’en déplaisent à certains tweetos… Avec lui, nous interrogeons la justice de nos institutions qui viennent empêcher certaines d’entre nous de participer à la vie publique.

A nos yeux de femmes, voilées ou non (mais le regard et la vue ne sont pas altérés par le voile !), nous refusons de réduire nos actions, nos styles, nos envies d’être ainsi ou ainsi au fait de plaire, séduire ou d’exister aux yeux de nos congénères XY.

Merci de cesser de nous infantiliser, car il s’agit là de la seule issue à la domination masculine : nous laisser parler pour nous-mêmes.

Merci de ne pas nous réduire à nos habits, de ne pas juger nos vêtures à l’aune de votre pulsion, cela évitera que cet argument soit mis en avant dans les tribunaux dans les affaires d’agression sexuelles.

Merci de vous attaquer à votre propre impensé : le rapport masculin au désir et à la sexualité, cela nous ferait des vacances, mais bon, vu le sexisme voilé qui actuellement règne en France cela nous paraît finalement tellement français de se voiler la face.

Comité de rédaction : Mekolo Biligui (journaliste et bloggueuse rap),  Dolores Bakela (Journaliste et co-fondatrice du site l'Afro), Yousra Dahri (Journaliste pour AlohaNews), Benjamine Weill (Philosophe de formation, consultante et formatrice)

 

Signataires dans l’ordre de réception :

 

Paola Scemama de Gialluly/Régisseuse

Matthéa Pagani/Manageuse et photographe

Emeraldia Ayakashi/DJ et fondatrice de « support your local gang »

Laura Gladys Taty Milloma/ Co-créatrice de la marque Ladyhood/Assistante commerciale dans la publicité aéroportuaire

Adama Sangaré/ Responsable Qualité et Réglementaire Biocosmethic

Liza Heilmeyer

Marion Alcindor/ Bénévole associative

Suzanne Libog/ Responsable municipale jeunesse

Amina Traore/ Coordinatrice GRDF

Yulla Nicolas

Allaine Onkani/ Coordinatrice de Vente

Audrey Lançon / Monitrice Educatrice

Paoline RDlny / Journaliste 

Imane Boudjoudi / Etudiante

Chloé Sibilli / Travailleuse sociale

Aida Moussa / Auditrice Financière 

Elisa Busseau / Etudidante

Lena Perez / Etudiante en journalisme

Samira Daoud / Directrice Adjointe d’une ONG

Solenn Le Bourhis / Professeure des Ecoles 

Kassandre Le Kernec / Responsable Booking

Michel Bampely / Journaliste

Kohndo / Rappeur

Ange Andreani/ Etudiant

Olivier Germain / Professeur, Université du Quebec, Montréal

Jean Segura / Photographe

Fabio Pastor / Superviseur musical

Anouk Bonnet / Travailleuse sociale  

Maka Traoré (Miss Mak) / DJ et auteure

Boulomsouk Svadphaiphane / Réalisatrice

Alexia Sellaoui-Segal / Ingénieure du son (Just LX)

https://blogs.mediapart.fr/benjamine-weill2/blog/020319/aux-voiles-et-vas-peur

Commentaire(s)

> Excellente réponse

Excellente réponse aux MECS qui prétendent parler à la place des femmes sur leurs choix vestimentaires !

https://nantes.indymedia.org/articles/47202

> -

L'extrême droite musulmane est raciste (Homme ou Femme ) et ne reconnaît pas de fluidité de genre dans son sexisme extrémiste....

Sur les sujets comme PMA GPA Mariage pour tous, elle s'oppose et s'allie avec les réacs cathos ou d'autres religions...

> Bonjour le prosélytisme religieux

Prosélytisme religieux sur indymedia ?

> -

Paul Ricoeur était l'ami et le prof de Macron (qui se vante d'avoir travaillé avec lui) ... On voit qui les signataires de ce texte cherche à brosser dans le sens du poil ...

Un philosophe pas de gauche du tout, de droite
Un philosophe de droite !

Faut il laisser ces arrivistes réformistes qui publient dans la presse musulmane comme dans médiapart , venir s'exprimer sur indymedia

> Prosélitisme religieux ?

"Nous sommes un groupe de femmes œcuménique, réunissant à la fois des athées, des agnostiques, des croyantes (musulmanes ou non, voilées ou non)" [qui trouve abusés les pseudos débat autour du voile]

Où est le prosélitisme religieux là-dedans ?

> Laïcité versus sécularisation: de la liberté religieuse à l’islamophobie politique

"Le débat sur le voile des accompagnatrices scolaires se réclame d’une «nouvelle laïcité» contraire à la loi de 1905: on passe de la liberté religieuse face à l’État à la sécularisation de la société par l’État. Sous couvert de laïcité, il s’agit d’une islamophobie politique, relayée par médias et sondeurs, qu’attise le jeu entre le Rassemblement national et le ministre de l’Éducation nationale."

Voir la suite :

https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/281019/laicite-versus-secularisation-de-la-liberte-religieuse-l-islamophobie-politique

> expression libre concernée

suivez un peu :

peuvent s'exprimer :

* seules les femmes

* seules les femmes musulmanes

* seules les femmes musulmanes voilées

* seules les femmes musulmanes voilées islamistes ou alliées

* seules les femmes musulmanes voilées islamistes intégrales et pudiques qui ne peuvent s'exprimer

> voile - vapeur

Il est insupportable de voir des femmes, êtres humaines de plein droit, définies comme des «femmes voilées» ou «non voilées»,

comme si était apparue une nouvelle espèce de femme, assujettie à la définition sexiste archaïque de l’intégrisme islamique et de l’islamisme sexoséparatiste.

> Et en plus elles parlent !

« Paru il y a une décennie, le recueil Les filles voilées parlent donne à un grand nombre de femmes portant le foulard la possibilité de passer du statut d’objet parlé au statut de sujet parlant. Le résultat est impressionnant, aussi bien par la manière dont il démolit les idées reçues sur « la » femme voilée que par le tableau sombre qu’il donne de la stigmatisation, des discriminations et des violences qui sont faites, en France, à des femmes qui dérogent à la norme vestimentaire dominante. »

« Les filles voilées parlent » ? On en voit d’ici qui, au seul énoncé de ce titre, brandissent le crucifix et agitent la gousse d’ail. Autant dire « Belzébuth parle », ou « l’Etrangleur du Yorkshire parle » ! Au cours des mois qui ont précédé le vote de la loi du 15 mars 2004 interdisant le voile à l’école (hypocritement baptisée « loi sur la laïcité à l’école »), l’hystérie médiatique autour de cette question a persuadé la population entière que ces jeunes filles qui choisissaient de ne pas montrer leurs cheveux ou leurs oreilles, sorte de démons femelles, étaient la source de tous ses maux, et constituaient le principal problème auquel le pays était confronté - « c’est à cause de vous que tout va mal en France » revient souvent parmi les invectives qu’elles rapportent.

On s’est déchiré sur le sujet, on a produit une quantité ahurissante d’arguments en faveur ou en défaveur d’une loi, mais on n’a pas jugé bon de demander leur avis aux principales intéressées. C’est à cette lacune que vient remédier le livre d’Ismahane Chouder, Malika Latrèche et Pierre Tevanian, qui montre l’ampleur des dégâts - absolument invisibles dans les médias - causés par la loi de 2004.

https://lafabrique.fr/les-filles-voilees-parlent/

> respect du sexisme de l'intégrisme musulman ? !

Il est surprenant que des militant-e-s politiques professionnel-le-s, des personnalités de la société civile privilégiées, des organisations de gauche, des libertaires et qui ont appelé à défendre les Kurdes, en grande majorité sociologiquement musulman-e-s, contre l’agression turque en Syrie, appellent à défiler aux côtés des militant-e-s islamistes comme : Marwan Muhammad ex-porte-parole du CCIF, par exemple, qui est également un proche de l’organisation turque islamiste Milli Görüs (traduction : « la Vision nationale »), …

Mohammed Louizi, (Blog « Ecrire sans censures », ex-membre des Frères musulmans lui-même, rappelle que l’islamisme avance masqué tout en usant de deux dispositifs terriblement efficaces : « l'entrisme par la Taqiyya (dissimulation) & la galvanisation des troupes par la Madhlomiyya (victimisation) ».

Il est encore plus surprenant de retrouver parmi ces signataires des féministes non islamistes.

Naëm Bestandji sur son blog écrit : à propos de Madjid Messaoudene, « conseiller municipal à l'égalité femme/homme de Saint-Denis, est adhérent du CCIF. Il n'a de cesse de défendre le sexisme du voile et l'islamisme politique.

Il avait reconnu, sans s'en rendre compte (c'est dire le niveau), que le CCIF tient des propos d'extrême droite.

Mais comme élu son rejet des valeurs républicaines, dont la laïcité, son féminisme qui ne dépasse pas l'étiquette sur la porte de son bureau, et son absence totale de boussole politique, font de lui un des liens les plus efficaces entre une partie de l'extrême droite musulmane et une partie de la gauche ( islamo-gauchisme ).

Là encore et comme toujours avec les islamistes et leurs soutiens, le sexisme du voile lui sert de support politique.

Madjid Messaoudene avait déjà tenté un tel appel le 4 octobre 2019, toujours publié dans Libération. Par cette tribune, j'avais démontré toute la dangerosité de l'emploi du terme "islamophobie" (2).

Parmi les signataires, nous pouvons observer celles de Benoit Hamon, fondateur de Génération-s, et Caroline de Haas, militante féministe. Le nom de cette dernière est juste à côté de celui de Marwan Muhammad, ex directeur du CCIF qui a exprimé à plusieurs reprises sa vision rétrograde, patriarcale et sexiste de la femme musulmane (3).

Signer un tel appel, initié par l'une des associations les plus réactionnaires et sexistes de France qui a pour ambition d'essentialiser tous les musulmans, montre la dérive de Caroline de Hass dont le féminisme s'arrête au respect du sexisme de l'intégrisme musulman ».

> Contre les machos - fachos islamistes

Voilà avec qui va manifester la "gauche régressive" dimanche :

Nader Abou Anas :

« les hommes ont autorité sur les femmes qui sont obéissantes à leurs maris.

La femme ne sort de chez elle qu’avec la permission.
Si le mari a un besoin, une envie et que la femme refuse, elle sera maudite par les anges ».

> rappel

1) On ne s'allie pas à l’extrême droite pour lutter contre les islamistes (qui sont d'extrême-droite) .

2) On ne s'allie pas aux islamistes (qui sont d'extrême-droite) pour lutter contre l’extrême droite.

> Rappel

On ne s’allie pas avec l’extrême droite pour défendre la « laïcité » et combattre l’islamisme. Le triste exemple de Mohamed Louizi :

Auteur d'un livre intitulé Pourquoi j'ai quitté les Frères musulmans, Mohamed Louizi écrit aujourd'hui pour le site de Fiammetta Venner (compagne de Caroline Fourest) Ikhwan Infos, où il traque partout les "islamistes", les "complices des islamistes" ou les personnalités "liées aux islamistes". Promu par plusieurs sites d'extrême-droite (Résistance Républicaine, site de la LDJ...), son obsession à voir partout des "Frères Musulmans" et des "islamistes" tourne de plus en plus au complotisme et à la paranoïa.

Je ne vais pas faire la liste de toutes les personnes que Mohamed Louizi a décrit comme "islamistes", ou "liées aux islamistes" ou "liées aux Frères Musulmans", mais ça va du CCIF à Benoit Hamon, de l'association Lallab à Clémentine Autain...etc,etc.

Par exemple, dans un message facebook daté du 26 novembre, Mohamed Louizi (qui se prétend "laïc") a affirmé qu'il votait François Fillon à la primaire de la droite. Louizi se justifie par le fait qu'Alain Juppé serait lié aux "islamistes"... pourtant, difficile de faire moins laïc que Fillon, candidat soutenu par Frigide Barjot et les réseaux intégristes catholiques.

Manuel Valls s'est également félicité des contrats signés avec le régime saoudien.

Le gouvernement Valls a aussi massivement fourni des armes au dictateur Sissi (Egypte) et au Qatar:

Mohamed Louizi a donc choisi de voter et soutenir l'homme qui s'est couché devant les saoudiens (justifiant même la décoration de son prince héritier) et qui a propagé des armes de guerre dans tout le Moyen-Orient, y compris à des dictatures et régimes islamistes. Louizi dénonce les complices des "islamistes", mais les plus grands complices des islamistes, ce sont ceux qui leur livrent leurs armes.

Une dernière chose:

Le 5 février 2017, Mohamed Louizi a publié un texte sur facebook attaquant violemment Hanane Charrihi, fille de la première victime de l'attentat terroriste de Nice. Dans ce post odieux, il l'accuse notamment d'être une "porte-étendard" du "fondamentalisme islamiste". Exaspéré qu'Hanane puisse s'exprimer à la télévision, Louizi l'accuse de pratiquer la "rhétorique victimaire des islamistes".

Résumons le combat de Louizi contre "l'islamisme":

Une jeune femme qui a perdu sa mère dans un attentat terroriste, Louizi l'attaque violemment.

Un homme qui fournit massivement des armes au régime wahhabite et aux dictatures du Moyen-Orient, Louizi lui apporte son soutien.

...Dur envers les faibles et les victimes du terrorisme, mais faible envers les puissants réellement alliés des islamistes...

> Alliance réactionnaire

Qui s’allie avec l’extrême droite musulmane pour lutter contre la « laïcité » (de ces connards de républicain-e-s ) et combattre l’islamophobie ?

Vos pétitions contre l'islamophobie se remplissent d'homophobes, transphobes, d'islamistes, de sexistes, de frères musulmans

coexister avec des frères musulmans (extrême-droite) et les islamistes (extrême-droite) en général. Bel aveu !

si on vous enlève, Al Jazeera, ça reste le média d’un État sexiste, homophobe et esclavagiste dont @ajplusfrancais assure la propagande dans une ambiance woke et décontractée.
C’est dire si votre parole est dispensable.

> toute honte aux sexistes

Eljay Rachid (Imam, conférencier) qui justifiait le viol de femmes non-voilées !
le prêcheur violeur sexiste aux côtés de qui vont défiler bras dessous bras dessus Dimanche prochain : LFI, le PCF, EELV, LA CGT et consorts , avec qui iels ont co-signé des tribunes contre l'islamophobie

> -

« En France on accepte pas la différence... » alors qu’à Londres ils font même des tribunaux communautaires et religieux différents pour nier les droits des femmes, des LGBTQ et des athées.

> woke

quitte à s’associer avec l’extrême droite indigéniste, décoloniale et islamiste

dites les choses !

> .

Affligeant.

Ça prouve à quel point une idéologie victimaire religieuse a contaminé toute une gauche régressive, islamo-gauchiste comme un seul homme et qui ne sait même plus ce qu’elle soutient vraiment (fascisme etc ) .

> premier-è-s concerné-e-s

Le problème ce n’est pas que nous musulman-e-s ayons une religion :

Le problème, ce sont les intégristes musulman-e-s ( islamistes etc ) qui veulent nous imposer une pratique INTÉGRISTE de notre religion et qui n’acceptent pas la critique, la différence, la tolérance !

No Pasaran !

> Jolie rafale de spams par le troll

Que des femmes osent s’exprimer et ils se mettent dans tous leurs états. Ils sont pas habitués qu’on leur réponde. Le racisme et le sexisme sont leurs seules motivations et leurs arguments sont toujours aussi débiles et autoritaires, à la mesure de leurs maîtres à penser :

https://www.nantes.indymedia.org/articles/31956

> Attention, Mélenchon arrive à la rescousse !

Courage, les racistes ! en plus de la droite, de l’extrême droite et des anarcho-islamophobes, vous avez le soutien inestimable de la France insoumise, les seuls politiciens qui manquaient à votre pedigree !

La France insoumise et l’islamophobie : entre imposture étymologique et aveuglement idéologique

« S’appuyant sur une analyse partielle (partiale ?) de l’histoire de ce mot, le courant laïciste des insoumis·e·s révèle ici sa mauvaise foi, son aveuglement idéologique et sa colonialité. Au risque d’une rupture bien méritée entre une composante de la gauche radicale prise de surdité, et une partie des concitoyen·ne·s des quartiers qui les ont élu·e·s, et dont ils/elles se prétendent les porte-voix. »

https://www.pressegauche.org/La-France-insoumise-et-l-islamophobie-entre-imposture-etymologique-et

« Ainsi, quand des femmes portent le foulard islamique, qu’il s’agisse d’une caucasienne convertie à l’islam ou d’une maghrébine qui ne met jamais les pieds dans une mosquée, elles sont racialisées de la même manière, subissent la même islamophobie. Car tous les racismes fonctionnent de la même manière, qu’ils soient négrophobe, rromophobe, sinophobe, antisémite ou islamophobe : ils s’articulent avant tout sur une essentialisation, qu’elle soit biologique ou culturelle. Or toute essentialisation, biologique ou culturelle, est raciste. Point barre. Et la rhétorique n’y changera rien !

Alors pourquoi une partie de la gauche soit disant antiraciste cherche à dénaturer le sens d’islamophobie en tentant de la réduire à une simple critique de la religion islamique ? »

La réponse est dans les "commentaires"......

> +

Des femmes vendues sur Internet pour être exploitées comme “employées de maison” au Koweït, voilà ce que révèle l’enquête de BBC News Arabic.

> Ouvrières musulmanes !

«Ouvrières musulmanes!
Le tsar,les beys (seigneurs) et les khans (chefs militaires) vous privent de vos droits».

Affiche féministe diffusée en Azerbaïdjan soviétique il y a plus de 100 ans.

Discours social. Non identitaire.

Représentation du corps féminin alliant pudeur et nudité

> Fait ( factuel )

il y a dans cette liste des personnes signataires de ces pétitions pro-islam politique, des islamistes, des homophobes, des transphobes, des sexistes qui ont tenu des propos d’une violence sidérante à l’encontre des femmes

> sexisme et sexisme interiorisé

« Si le voile islamique s’impose encore aujourd’hui, c’est parce que beaucoup d’hommes voient en lui le dernier emblème de leur domination sur la femme, et que de nombreuses femmes n’arrivent pas à se soustraire d’une image inférieure d’elles-mêmes enfouie dans leur être »

> Déshonneur + ridicule. - - - L ' islamisme se propage par pétition

Étrange quand même tous ces gens de la gauche installée qui signent une tribune reprenant les mots et les thématiques de l’Islamisme et découvrent qu’iels se retrouvent signataires avec des... islamistes.

Déshonneur + ridicule.

> défilé

Pendant que l'extrême-gauche pseudo-humaniste nous explique à longueur de journée à quel point le monde est raciste / islamophobe et sont très méchants et dangereux,

cette gauche régressive défilera dimanche avec un représentant du néo-patriarcat Islamiste le plus sexiste.

> /

Quand tu prends conscience qu’hors ton petit monde islamo-gogo, les gens sont conscient-e-s que s’allier à l’islamisme pour lutter contre « l’islamophobie » n’est pas l’idéal, ni justifié ( le pire étant qu’iels le savent très bien )

> Les modos sont parti-e-s en vacances ?

Soit on supprime les commentaires, soit on laisse le troll compulsif insomniaque rabacher la même chose en mode spam. Il y a peut être un juste milieu entre commentaires argumentés et spams de la même personne pour faire au final supprimer les autres commentaires.

> Complément d'information

Au Maroc où son roi est commandeur des croyants (Amir Al Mouminine) la fabrication,la vente et le port du voile est interdit et passible de prison, Mohammed VI roi du Maroc est donc un horrible islamophobe et un sale raciste ?!

vite modérateur-rice-s,cachons tous ces commentaires racistes islamofob.

> t'as tout compris

le roi du Maroc n'est pas mieux que les racistes islamophobes sexistes de l'Etat français.

Bel exemple pour les islamophobes gauchistes !

> Féministes contre l'islamophobie

Nous sommes féministes, et nos revendications sont nombreuses. En aucune manière, toutefois, l’égalité réelle entre les hommes et les femmes pour laquelle nous nous battons ne saurait passer par des mesures :

- punissant les femmes en les excluant de l’espace public ;

- réduisant le sexisme au monde musulman ;

- et laissant se perpétuer, notamment dans cet espace public, le lot de violences subies par des millions de femmes, quotidiennement, et dans toutes les couches de la société française.

Voilà ce que nous avons à dire, nous, féministes, sur le voile intégral. Qu’il s’agisse du niqab, de la mini-jupe ou des talons aiguilles, quels que soient les conditionnements sociaux qui poussent des femmes à les porter, nous estimons que ce n’est pas par l’interdiction qu’on y met fin. Nous ne condamnons, ni ne défendons aucune tenue vestimentaire en soi : nous nous battons pour le droit élémentaire, en démocratie, des individu-e-s à évoluer et à s’habiller comme ils/elles le veulent dans l’espace public. Nous refusons que des hommes, qu’ils soient musulmans, catholiques ou athées, parlementaires ou simples citoyens, intellectuels ou ouvriers, contrôlent nos corps et notre liberté de mouvement, nous obligent à le montrer ou le cacher, nous dictent la juste mesure de ce que nous devrions rendre visible.

> -

Le troll n'est pas conscient-e-s qu'il s’allie à l’islamisme pour lutter contre « l’islamophobie »

> mignon

Mignon tout plein, ces appels à pétitionner et à défiler aux côtés des militant-e-s islamistes

> .

Toutes les religions, avec leurs dieux, leurs demi-dieux et leurs prophètes, leurs messies et leurs saints, ont été créées par la fantaisie crédule des hommes/femmes, non encore arrivés au plein développement et à la pleine possession de leurs facultés intellectuelles.

En conséquence, le ciel religieux n’est autre chose qu’un mirage, où l’homme/femme, exalté-e par l’ignorance et la foi, retrouve sa propre image, mais agrandie et renversée, c’est-à-dire divinisée.

L’histoire des religions, celle de la naissance, de la grandeur et de la décadence des dieux qui se sont succédé-e-s dans la croyance humaine, n’est donc rien que le développement de l’intelligence et de la conscience collectives des hommes/femmes.

À mesure que, dans leur marche historiquement progressive, ils/elles découvraient, soit en elleux-mêmes, soit dans la nature extérieure, une force, une qualité, ou même un grand défaut quelconques, iels les attribuaient à leurs dieux, après les avoir exagérés, élargis outre mesure, comme le font ordinairement les enfants, par un acte de leur fantaisie religieuse. Grâce à cette modestie et à cette pieuse générosité des hommes croyants et crédules, le ciel s’est enrichi des dépouilles de la terre, et, par une conséquence nécessaire, plus le ciel devenait riche et plus l’humanité, plus la terre, devenaient misérables. Une fois la divinité installée, elle fut naturellement proclamée la cause, la raison, l’arbitre et le dispensateur absolu de toutes choses : le monde ne fut plus rien, elle fut tout ; et l’homme, son vrai créateur, après l’avoir tirée du néant à son insu, s’agenouilla devant elle, l’adora et se proclama sa créature et son esclave.

[..]

N’en déplaise donc aux métaphysicien-ne-s et aux idéalistes religieux, philosophes, politicien-ne-s ou poètes : l’ idée de Dieu implique l ’abdication de la raison et de la justice humaines

L'idée de dieu(x) est la négation la plus décisive de la liberté humaine et aboutit nécessairement à l ’esclavage des hommes (et des femmes, des trans etc), tant en théorie qu’en pratique.

À moins donc de vouloir l’esclavage et l’avilissement de l'humanité, comme le veulent les jésuites, comme le veulent les momiers, les piétistes et les méthodistes protestant-e-s, nous ne pouvons, nous ne devons faire la moindre concession, ni au Dieu de la théologie, ni à celui de la méta-physique.

Celui ou celle qui, dans cet alphabet mystique, commence par Dieu, devra fatalement finir par Dieu ; celui celle qui veut adorer Dieu, doit, sans se faire de puériles illusions, renoncer bravement à sa liberté et à son humanité.

Si Dieu est, l’homme ou la femme est esclave ; or l’homme, la femme peut, doit être libre ; donc Dieu n’existe pas.

Je défie qui que ce soit de sortir de ce cercle, et maintenant qu’on choisisse

> sophisme

Je suis athée, rationnel et je m'éssaie à ne pas tomber dans les pieges des sophismes. Alors lire ce truc :
Si Dieu est, l’homme ou la femme est esclave ; or l’homme, la femme peut, doit être libre ; donc Dieu n’existe pas."" me fait comprendre que la logique et la raison ne sont pas toujours une boussole chez la les non croyants ...hélas.

> @spartaus

il semble @ spartacus, que ce soit un texte féminisé de M.Bakounine (issu de "Dieu et l'état" )

Le livre lu en entier permet de mieux comprendre ce passage précis.

> C’est pas un sophisme, c’est un trollage

On dénonce le racisme et l’islamophobie et les trolls nous parlent de religion pour justifier leur racisme. N’importe quelle citation fait l’affaire pour défendre leur bizness.

Si on veut comprendre leurs motivations réelles elles sont bien résumées par un islamophobe spécialiste de la question, négationniste et sexiste de surcroit :

ET «DIEU» CRÉA L’«ISLAMOPHOBIE»…
https://www.nantes.indymedia.org/articles/31956

> L'art de pourrir les articles

A part spammer en continu à coups de phrases répétitives de café du commerce, les trolls racistes n’ont pas beaucoup de conversation. En résumé, le pseudo débat se résume à peu de chose : l’islamophobie est-elle ou non un racisme ? A partir de là on peut facilement distinguer les racistes des antiracistes. Les premiers revendiqueront leur islamophobie qui est plus facile à assumer que le mot racisme, car on peut la dissimuler derrière le masque de la laïcité, du féminisme et de la lutte contre l’islamisme. Les autres lutteront contre le racisme tout simplement.

Le fait que l’ultragauche islamophobe partage les mêmes fantasmes racistes que l’extrême droite, la droite et la gauche réunies (contre les musulmans et plus spécialement les femmes musulmanes) leur permet de rouler les mécaniques jusque dans Indymedia avec un sentiment d’intouchabilité qui les autorise à dire n’importe quoi sans être inquiétés et en espérant bénéficier de la liberté d’expression entre racistes et antiracistes.

De Coleman à Guillon, en passant par la CNT-AIT et l’OCL, on a eu droit à des dizaines de textes pour nous expliquer que l’islamophobie (toujours entre guillemets) non seulement n’est pas un racisme mais est même une saine réaction contre la religion (musulmane, bien sûr). Zemmour, Le Pen ou Fourest ne disent pas autre chose, pas plus que l’Etat, la classe politique et les médias. Au lieu de polémiquer sur QUI appelle à la manif, il serait plus intéressant de voir QUI s’y oppose, et on verrait QUI n’a pas peur de côtoyer des fachos et des racistes dans leurs propos antimusulmans.

Le seul avantage c’est qu’on sait maintenant QUI ne se manifeste sur le racisme que pour attaquer les antiracistes. C’est forcément des racistes.

> -

Le titre d'une homophobie rance ne choque personne ?

> Les « compléments d’info » d’un spammeur professionnel

« Au Maroc, « la fabrication, la vente et le port du voile est interdit et passible de prison »

Plus c’est gros et mieux ça passe. Le troll a remplacé "burqa", qui est visée par les autorités du Maroc, par voile, ce qui est une manipulation grossière utilisée aussi par les médias pourris pour assouvir leur haine des femmes musulmanes. Le troll utilise sur Indymedia les méthodes d'intox et de désinformation en pratique sur CNews, BFM TV, le Figaro ou leurs idiots utiles gauchistes. Tant que ça marche il aurait tort de se gêner. Le véritable complément d’info est ici :

Le hijab et l'hypocrisie française

"Dans le pays de la liberté, l'égalité et la fraternité pourquoi avons-nous tellement de problèmes avec le hijab? L’hypocrisie est palpable, mais passe bien au-dessus de la tête de certains. Parce que n’est-ce-pas, au fond, une forme d’oppression de dire aux femmes ce qu’elles peuvent ou non porter ?"

"En parlant d’oppression de la femme, je ne vois pas nos champions des droits des femmes musulmanes dire quoi que ce soit sur le harcèlement des femmes dans les rues. Ou sur la taxe des tampons et la précarité menstruelle. Comme quoi, le droit des femmes est seulement important dans le cas du hijab."

"Le voile prend des formes diverses et variées dans presque toutes les religions. Les nonnes, les Juives orthodoxes ainsi que les femmes Hindous le portent aussi. Alors pourquoi est-ce que l’on ne parle que du voile islamique ? Peut-être est-ce une peur de l’Islam attisée par les paroles de personnes comme Marine Le Pen qui ne cesse de vouloir protéger une France qui n’en a pas besoin."

Il n’y a qu’à regarder les débats autour du voile : les femmes musulmanes ne sont pas incluses dans la conversation. Les minorités en France sont ignorées et c’est le comble de voir les débats qui les concernent directement être conduits par des hommes blancs. Est-ce trop demander aux médias et politiciens de demander l’avis d’une femme concernée ? On parle d’un bout de tissu qui oppresse la femme, mais les médias et les politiciens ne pensent même pas à donner une voix aux Françaises voilées.

L’islamophobie est en hausse en France. À Bergerac, dans la Dordogne, une mosquée a été vandalisée la semaine dernière. En effet, les casseurs ont mis une tête de porc à l’entrée et renversé du sang d’animal. La guerre contre le hijab n’a rien à voir avec le droit des femmes et tout à voir avec l’islamophobie.

C’est une honte que l’islamophobie se cache derrière un faux-féminisme qui se dit vouloir protéger les femmes. Les protéger de qui ? D’elles-mêmes ? Les femmes sont-elles trop stupides pour faire un choix vestimentaire? Apparemment."

https://blogs.mediapart.fr/andy-gorman/blog/290319/le-hijab-et-lhypocrisie-francaise

> De l’urgence d’un anticléricalisme anarchiste au XXI° siècle

« Le retour du religieux dans la vie de tous les jours est un fait prégnant. Loin de nous l’idée de le nier, ou de nier son instrumentalisation par certain-e-s, que ce soit pour ne pas désigner les personnes victimes de la haine (l’emploi de plus en plus systématique du terme « musulman » pour désigner les arabes) ou que ce soit pour présenter les migrants ou issus des migrations passées uniquement par le prisme d’une supposée communauté religieuse en faisant croire que la religion pourrait être un moyen d’émancipation.

Cette désignation des personnes concernées les enferme, de fait, dans une communauté qui se reconnaîtrait par la religion, et qui pourtant ne les définit pas. Les « Arabes », français ou non, qui vivent ici se trouvent alors assimilés à une religion diabolisée qui est censée les définir et les représenter tous. Celle-ci est, certes, constitutive de leur héritage familial, culturel et historique comme chaque religion est constitutive de l’héritage familial, culturel et historique de n’importe quelle catégorie ethnique, qu’on le veuille ou non. Cependant, nous ne sommes pas responsables de ce que nous n’avons pas choisi, nous n’avons pas choisi nos héritages et nous devons donc être libres d’en rejeter ce qui ne nous plaît pas, en particulier la religion, que nous soyons « Arabes », « Blancs », « Asiatiques », « Noirs », etc.

L’emploi du terme « islamophobie » produit de l’ambiguïté et de la confusion qui compliquent la lutte contre le racisme et l’intégrisme religieux. Il exclut de la lutte anti-raciste les personnes d’origine orientale et africaine qui ne sont pas croyantes, tout en instaurant un amalgame systématique et stigmatisant entre ces personnes et celles qui sont musulmanes. Dans la foulée, l’effet est d’entraver le droit au blasphème, ainsi que toutes critiques contre les dogmes religieux d’abord musulmans, puis logiquement et par extension, chrétiens et juifs. En quelque sorte, c’est là le programme des groupes d’extrême-droite qui instrumentalisent et falsifient la notion de laïcité comme « Riposte Laïque » qui n’est pas si laïque que ça mais juste raciste. Ou un site comme Oumma.com, fondé par un créationniste musulman.

Participer à cet amalgame en employant le terme « islamophobie » permet non seulement de ne pas nommer le véritable problème qui est le racisme et la xénophobie, mais pousse aussi les personnes visées par ce racisme et cette xénophobie à se réfugier dans un repli communautaire qui leur offre une illusion de confort et de sécurité.

Choisir le terme « islamophobie » plutôt que « racisme » c’est enfermer une multitude de personnes dans une catégorie définie de façon trompeuse et réductrice. C’est nier leur individualité, leur subjectivité et leur droit à exercer la même liberté que les autres. C’est s’enfermer soi-même et se soumettre à l’injonction de se positionner par rapport à la religion pour défendre sa propre existence ou celle d’autrui.

C’est reprendre à son compte un discours dogmatique. Le terme « phobie » désignant une peur irrationnelle à caractère pathologique, l’emploi du terme « islamophobie », dont la véritable fonction est d’interdire toute critique de l’islam, vise à faire croire que ce ne serait pas la religion elle-même qui est irrationnelle, mais le fait de la critiquer…

Nous avons là un excellent exemple de rhétorique perverse.

L’islam n’est légitime en rien, il n’a pas à être défendu car, comme toutes les religions, il apporte son cortège de maltraitances, de soumissions et d’aliénations. Au contraire, il doit être fustigé en tant que tel, comme toutes les autres religions. Par contre nous devons dénoncer très haut le racisme haineux de nos concitoyen-ne-s qui n’a d’égal que le racisme haineux de Daesh et autres extrémistes religieux de tous poils.

Certain-e-s font, consciemment ou inconsciemment, le jeu des racistes et extrémistes religieux en interdisant / diabolisant toute critique de l’islam politique, radical et intégriste, et par là même établissent une hiérarchie entre les religions…

En parallèle on peut noter le retour en grâce de la « noble religion » en France, comprenez la religion catholique. Nous la pensions en perte de vitesse mais le passage autour du mariage pour tou-te-s est venu nous réveiller : elle est encore bien présente et a bien l’intention de dicter ce que nous avons le droit de faire ou non dans nos vies.

Elle ne se plaint pas trop de la laïcité, puisque cette laïcité n’est que partiellement appliquée à son égard (par exemple : financements publics attribués à de nombreuses écoles catholiques, maintien du concordat en Alsace-Moselle, tolérance à l’égard des agents du service public exhibant des crucifix sur leur lieu de travail) et elle a su laisser croire qu’elle s’y conformait pour mieux s’imposer dans chaque rouage du pouvoir étatique. D’ailleurs, nous avons pu voir l’alliance de toutes les religions, du bouddhisme au protestantisme dans le but de priver de droit de vivre une partie de la population, sous prétexte que la sexualité qu’elle vit n’est pas conforme à leurs textes sacrément archaïques.

Rien d’étonnant quand on sait que les trois branches de la religion monothéiste et transcendantaliste ont pour base commune un ensemble de textes et de récits qui font l’apologie du viol (collectif, punitif, conjugal et incestueux), de l’infanticide, du féminicide et du sacrifice d’autrui à des fins de vengeance. Ils imposent des lois dogmatiques qui témoignent d’un rejet viscéral de la philosophie et de la science, d’une haine profonde pour les femmes et les homosexuel-le-s ainsi que d’un mépris radical à l’égard des enfants et des autres espèces animales… Tout ce qui rappelle que nous sommes des êtres vivants, sensibles, imparfaits, uniques et mortels déplaît à ce dieu qui, en plus d’être tyrannique comme tous ses collègues, est aussi fondamentalement sadique, phallocrate (1) et anthropocentriste (2).

Au nom d’une promesse de « salut » dans un au-delà éternellement ennuyeux, il puise toute son inspiration et sa puissance dans une haine inépuisable de la vie et de la liberté. Les religions polythéistes et sans dieu mais avec transcendance les suivent sur ces points-là, malheureusement.

Voici donc le temps du fameux « 21ème siècle religieux », et il fait froid dans le dos de tout-e anarchiste.

Car la religion n’est pas qu’une démarche individuelle.

Elle est l’organisation de croyant-e-s à des fins politiques.

C’est ce qui fait qu’elle est par essence un des piliers du système de domination mondial.

Pas d’émancipation des personnes sans destruction de piliers de la domination que sont le patriarcat, l’État, le capitalisme et la religion.

Nous voyons d’ailleurs le côté protéiforme des différentes religions : condamnant le profit, elles ont pourtant toutes permis d’ériger des empires, qu’ils soient financiers ou de droit divin, et permis aux classes les plus aisées de se tailler la part du lion. Le Qatar tout comme le Vatican sont deux exemples de ces multinationales du turban et de la calotte.

Et ils sont nombreux : le fanatisme religieux se lâche dans le monde. Que ce soit les bouddhistes birmans qui dézinguent les musulman-e-s, Daesh et son califat de l’horreur avec épuration ethnique en prime, Boko Haram et sa vision de la purification, les catholiques en goguette qui s’acoquinent avec les milices sud-américaines et les réactionnaires en France, le créationnisme qui déferle sur le monde via les USA et la Turquie, etc… etc… Comme on dit : y’a du boulot !

Il est vital de construire une solidarité internationale concrète avec les organisations progressistes qui se battent a minima pour la laïcité dans les pays où les intégristes religieux détiennent le pouvoir politique, avoir le courage de combattre également les intégristes religieux d’ici, et ce, quelle que soit leur religion, leur importance numérique et leur impact politique, parce qu’aucune personne ne doit être considérée comme négligeable ou sacrifiable et que l’oppression religieuse doit être combattue à grande comme à petite échelle. Et ce, à l’échelle du monde entier, comme au sein de chaque pays, ainsi que dans la sphère dite « privée » des communautés et des familles, en prenant garde de ne pas développer un discours de haine à l’égard des croyant-e-s en tant que personnes.

C’est pour cela qu’il est temps de construire un anticléricalisme anarchiste du 21ème siècle. Non pas celui fantasmé par les personnes qui se rendent poreuses au mysticisme sous prétexte de trouver là un lien avec les démuni-e-s (niant au passage les constructions internationalistes du passé), mais bien un anticléricalisme qui sache prendre la mesure des défis à relever. Des gens, qui sont en apparence ennemis, défendent en réalité les mêmes intérêts : les intégristes religieux, les anti-féministes, les obscurantistes, les conspirationnistes, les racistes, bref, toutes les sortes d’essentialistes (3), autrement-dit, d’adeptes des extrêmes-droites (de quelque inspiration culturelle et/ou cultuelle soient-elles).

Les confusions actuelles (profitant notamment à Égalité et Réconciliation d’Alain Soral) qui tendent à nous faire oublier la lutte contre le patriarcat, le racisme et le capitalisme, par l’intrusion sur la scène politique des délires du type « choc des civilisations » et « défense de la diversité » (les deux étant fondées sur l’enfermement des personnes dans des catégories identitaires qui nient leurs individualités) arrangent bien les dominant-e-s et les extrêmes-droites. Pendant que certain-e-s instrumentalisent une illusion d’anti-racisme afin de faire de la propagande anti-féministe, d’autres font l’inverse, ce qui n’est pas mieux…

Car ce qui est évident, c’est avant tout que le club des calotins et enturbannés a gagné une manche. Aujourd’hui, on parle de « musulmans de France », de « catholiques de France » ou autres labels religiophiles… C’est bien là une bonne dose de différentialisme qui est entrée dans notre société ! Et ce n’est pas pour rien. Il est d’ailleurs à souligner que ces désignations ne sont utilisées que si elles ont un sens politique, et permettent une main mise. Car personne ne souligne que les Roms sont majoritairement chrétien-ne-s… Mais les Roms ne pèsent pas dans l’escarcelle électorale.

En découpant la société par le prisme de « à quoi tu crois », on oublie déjà la masse très importante des athées, en particulier dans le pays censé être laïque qu’est la France. Et on donne l’impression que les croyant-e-s sont majoritaires. Or, c’est faux. Selon diverses sources, l’athéisme se situerait entre 19 et 31 % des français-es, les agnostiques autour de 18 à 30 %… Et pour les individus qui se réclament d’une religion, cela se situe entre 15 et 23 %. Seulement, miracle de la bêtise, on parle en permanence comme si les religieux étaient non seulement majoritaires, mais en plus incontournables.

Empêchant bien souvent l’expression de celles et ceux qui ne croient pas, au nom d’un refus de blesser les croyant-e-s, mais en réalité avec pour but de protéger les religions.

L’important, pour définir notre positionnement politique est-il de savoir en quoi croire ou plutôt qu’est-ce que nous voulons ? Nous voulons une Humanité sans religion car la religion a une influence toxique sur l’Humanité.

Depuis des milliers d’années, la religion cautionne, justifie et pardonne le fait que des êtres soient considéré-e-s et traité-e-s comme des choses, que cela se traduise par l’exploitation (sexuelle, esclavagiste et salariale), les différentes formes de tortures (dont la plus courante est le viol), les mutilations (notamment sexuelles), le meurtre, la manipulation mentale, etc…

Est-ce qu’une personne est ce qu’elle fait, ou est-elle ce qu’elle dit penser ? Marine Le Pen est-elle sincère lorsqu’elle dit ne pas être raciste et vouloir défendre la laïcité ?…

Évidemment non !

L’éthique précède l’idéologie. L’éthique qui précède toutes les idéologies progressistes est fondée sur la reconnaissance de la différence fondamentale entre les êtres vivant-e-s (en particulier les êtres humain-e-s pour la plupart des idéologies progressistes) et les objets. Une étiquette idéologique collée sur une personne, qui n’adhère manifestement pas à la base éthique au fondement même de l’idéologie qu’elle prétend représenter, est un mensonge.

Par la perte de repères universalistes et anticléricaux, nous sommes sommé-e-s de prendre parti pour l’une ou l’autre de ces deux tendances d’extrême-droite, l’une plutôt raciste anti-arabes, l’autre plutôt raciste « anti-sioniste » (en réalité antisémite).

Les deux sont racistes, les deux sont misogynes et homophobes. Les deux sont identitaires et essentialistes. Les deux sont obscurantistes.

Nous sommes censé-e-s être capables de penser, nous positionner et agir de façon autonome par rapport aux partis et tendances politiques, même les moins éloignés de nos valeurs. Nous ne sommes pas obligé-e-s de tomber dans le piège d’un choix insensé à faire entre une tendance d’extrême-droite et une autre. Si nous tombons dans ce piège en choisissant un camp entre la peste et le choléra, alors ces deux tendances d’extrême-droite, qui semblent s’opposer mais se rejoignent, auront gagné.

Vive le blasphème ! À bas les Identitaires, Riposte « laïque », le Parti des Indigènes de la République, la Ligue de « Défense » Juive, le Hezbollah, le Hamas, le Betar, SOS « Tous Petits », le FN, Égalité et réconciliation, Réconciliation nationale etc, et merde à Le Pen, Soral, Dieudonné, Tariq Ramadan, De Villiers… À bas TOUTES les extrêmes-droites !

LES intégrismes religieux en sont une composante essentielle quelles que soient leurs inspirations culturelles et / ou cultuelles !

Ils veulent que des personnes humaines soient considérées et traitées comme des choses. Pour ça l’Église catholique, lorsqu’elle détenait le pouvoir politique, a renforcé et organisé la prostitution (4), comme le fait actuellement l’État Islamique sur les territoires qu’il domine et contrôle. Puis l’Inquisition a érigé des bûchers et pratiqué la torture pour terroriser et mater les femmes, les personnes souffrant de troubles psychiques, les handicapées, les chats, les alchimistes… les islamistes préfèrent le fouet et la lapidation. Aujourd’hui encore les mensonges de l’Inquisition exercent une influence non négligeable sur les mentalités occidentales, en témoignent les représentations presque exclusivement négatives des « sorcières »… Ces mêmes « sorcières » torturées et brûlées vives par l’Inquisition parce qu’elles soignaient, aidaient et transmettaient à la population paysanne les restes d’une tradition populaire profane antérieure à la christianisation.

Et on retrouve la même misogynie, la même haine et la même violence chez les islamistes. Et il suffit de voir les orthodoxes juifs caillassant une marche des fiertés ou demandant des séparations homme / femme de partout pour comprendre les liens… La condition des femmes en Inde nous laisse entrevoir que toutes les religions partagent ce fond.

Dans les pays où les féministes luttent en risquant leur vie tous les jours parce que les intégristes islamistes sont au pouvoir, les homosexuel-le-s risquent la peine de mort, les femmes peuvent être abattues comme du bétail défectueux par leur mari jaloux au moindre soupçon d’adultère, elles sont mariées de force, recluses, battues, violées, lapidées, esclaves domestiques, etc. Parce qu’elles sont d’origine orientale ou africaine, l’oppression qu’elles subissent en tant que femmes devrait être minimisée et traitée au second plan au nom d’un intérêt soi-disant supérieur dicté par des courants et des partis politiques français réputés « de gauche » ? De même lorsque l’on voit applaudir l’arrivée au pouvoir d’un parti religieux nationaliste en Inde sous prétexte d’un « changement » nécessaire. Il est là le racisme ! Racisme doublé de machisme camouflé dans le costume de la bonne conscience qui fait l’économie des questions embarrassantes !

Alors on choisit la solution de facilité qui consiste à considérer certain-e-s comme quantité négligeable et sacrifiable. C’est d’autant plus facile quand elles font partie d’une minorité numérique, comme c’est le cas par exemple des victimes de l’oppression religieuse islamiste présente en France. « T’es oppressée par un / des opprimé-e-s ? Désolé-e-s, mais ce qui compte pour nous c’est notre image et notre électorat… nous luttons contre l’islamophobie et puis tu n’es qu’une femme alors sois gentille, ne joue pas la traître à la cause et pleure en silence… »

Les religions se combattent pied à pied, face à face, sans avoir peur. Car nous savons faire la distinction entre les croyant-e-s et leurs chefs, même si nous ne retirons pas toute responsabilité aux croyant-e-s qui alimentent les clergés, de même que nous savons faire la distinction entre les salarié-e-s et le patronat lorsque nous parlons d’abolition du salariat et de toutes les formes d’oppression et d’exploitation. Nous ne laisserons plus passer l’idée que nous devrions tolérer les faits religieux, voire les assimiler (quel horrible mot), pour mieux aider les plus démuni-e-s, car nous savons que les religions sont là avant tout pour consoler les démuni-e-s dans l’immatériel en laissant le matériel aux plus riches.

L’anticléricalisme anarchiste doit être au cœur de nos pensées politiques en ce 21ème siècle débutant, et ce pour que demain nous puissions revenir à ce qui compte : une lutte des classes claire, précise, et unificatrice.

Mort au patriarcat, mort à l’État, mort au capital, mort aux religions !

Plus que jamais : ni dieu, ni maître, ni ordre moral. »

? Notes :

1. Le terme phallocratie (du grec phallos, « pénis en érection » et cratos « pouvoir ») désigne la domination sociale, culturelle et symbolique exercée par les hommes sur les femmes. Par extension, elle est utilisée pour désigner une structure sociale misogyne, patriarcale et sexiste.

2. L’anthropocentrisme est une conception philosophique qui considère l’espèce humaine comme l’entité centrale la plus significative de l’Univers et qui appréhende la réalité à travers la seule perspective humaine.

3. En philosophie, l’essentialisme est le nom de la conception de l’humanité qui s’oppose à l’existentialisme : l’essentialisme philosophique vise à accorder le primat à l’essence sur l’existence, et ne suppose pas de libre arbitre de l’individu, considéré comme produit de déterminismes qui le définissent et dont il ne peut s’extraire. L’essentialisme tend à réactualiser un débat opposant la nature et la culture, l’inné et l’acquis.

4. Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir.

> De l'urgence de dire ce que sont devenues la FA et Radio libertaire

s’il y a des gens qui n’ont AUCUNE autorité pour parler de féminisme, de religion et surtout de racisme et d’islamophobie, c’est bien la FA et Radio libertaire !

Les alliances et la complaisance avec les organisations racistes de droite est devenue une habitude et une marque de fabrique.

http://ripostelaique.com/Anne-Zelensky-et-Pierre-Cassen.html

http://www.contrelislam.eu/selection_ouvrages.php

http://www.fdesouche.com/21475-gaza-sans-dieu-ni-etat-sic

http://toute-la-droite.forumdediscussions.com/t3470-les-anarchistes-n-aiment-pas-les-barbus

https://nantes.indymedia.org/articles/33814

http://www.alternativelibertaire.org/?Confus-Zanaz-L-impasse-islamique

« Or, même si Michel Onfray n’est qu’un Tartuffe de l’anarchisme, le danger est de voir le crédit accordé par des libertaires sincères à certaines thèses islamophobes. Par exemple, la publication en 2010 aux éditions du Monde Libertaire de L’Impasse Islamique, livre d’ailleurs préfacé par Onfray, dans lequel l’auteur Hamid Zanas développe une apologie des valeurs de la modernité occidentale. Pour parer aux accusations d’islamophobie, les éditeurs avaient tenté de lancer auprès des organisations libertaires une souscription qui n’a heureusement reçu aucun soutien après lecture du texte.

Autre dérive grave, la tribune offerte en 2009 à Riposte Laïque par Radio Libertaire, qui avait invité Anne Selensky et Pierre Cassen : s’il nous est peu étonnant d’entendre des discours racistes de la part de ces deux nouveaux nervis de l’extrême droite, il est en revanche atterrant d’écouter l’animateur Philippe Raulin, à l’époque secrétaire mandaté à Radio Libertaire par la FA, abonder dans leur sens quand ils tenaient des propos présentant l’Islam comme « plus sexiste que les autre religions » et menant une « offensive contre la laïcité », entre autres éloges de la civilisation occidentale. Il aura fallu attendre que Cassen et Zelensky apparaissent quelques mois plus tard au coté des Identitaires pour que le racisme de leurs propos apparaisse évident pour tout le monde. Désolé, mais ces propos étaient déjà racistes lorsqu’ils furent proférés sur Radio Libertaire! Et ce ne fut pas la seule fois que ce type de déclarations eut droit de cité sur cette antenne.....

LA FA COMME CUL ET CHEMISE AVEC LES RACISTES DE RIPOSTE LAÏQUE

https://ripostelaique.com/Hamid-Zanaz-un-islam-reforme-c-est.html

Les Éditions libertaires sont souvent mieux inspirées (voir ci-dessous). Sans doute ont-elles senti qu’elles s’aventuraient en terrain glissant quand, avant même la publication de leur livre L’Impasse islamique, elles ont adressé à l’ensemble des éditeurs libertaires ou apparentés une sorte d’appel à soutien préventif. Ce que, à la lecture de l’opuscule, une bonne partie – Libertalia, Le Chien rouge (CQFD), Alternative libertaire, L’Altiplano, Ab Irato, Spartacus, Rue des Cascades, Acratie – ont illico refusé. D’où une lettre circulaire assez aigre accusant tout ce petit monde d’être « comme par hasard » des adeptes du « marxisme, du néomarxisme, du cryptomarxisme, du postmarxisme, du paramarxisme ». Ah, le grand complot marxiste – on avait failli l’oublier celui-là – explique bien des choses ! Plus sérieusement, les Éditions libertaires peuvent comprendre qu’on n’ait aucune envie de donner l’absolution à un livre confus, préfacé par le gaulliste de gauche Michel Onfray… Expliquons-nous.

AL n’a aucun problème pour faire la critique de l’aliénation religieuse. Mais elle reste improductive si elle ne s’applique pas à l’ensemble non hiérarchisé des religions, et si elle ne prend pas en compte les rapports sociaux. L’Impasse islamique, qui aimerait s’attaquer à la religion musulmane, est un ouvrage idéaliste et islamophobe souffrant de trois problèmes. D’abord il relève d’un essayisme vulgaire qui préfère substituer l’érudition lyrique à « l’analyse lourdement outillée » (page 4), n’hésitant pas à s’abriter derrière cette militante « de terrain » (sic) que serait la socialo-sarkozyste Fadela Amara. Ensuite l’auteur développe une vision où priment les abstractions conceptuelles, au détriment d’une analyse matérialiste. Enfin domine une perspective qui sacralise « l’Occident » et la « modernité » qui va jusqu’à prendre pour exemple des leaders autoritaires du type de Mustapha Kemal.

Le problème est pourtant moins l’islam que l’islamisme. Il n’est donc pas culturel mais politique. AL défend une conception rationnelle et scientifique opposée à la déraison des systèmes de domination existants, mais on ne peut pas empêcher par la contrainte les individus de faire groupe sur des bases religieuses, s’ils le font sans coercition. Or l’auteur fait une équation à la De Villiers, identifiant islam, islamisme et terrorisme.

Préférons les études sérieuses de Georges Corm, de François Burgat et d’Olivier Roy, à ce salmigondis célébrant un Occident fantasmé. C’est sûrement cette vision fantasmatique et anhistorique qui explique que l’auteur oublie opportunément d’en mentionner les tares – génocides, guerres impérialistes, destruction capitaliste des sociétés et de la planète. Toutes preuves d’une « modernité occidentale » bien réelle celle-là.

Les Éditions Alternative libertaire

https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Confus-Zanaz-L-impasse-islamique

> Le racisme de la FA et de certain-e-s "libertaires"

RADIO LIBERTAIRE INTERDITE AUX FEMMES VOILÉES

Islamophobie à Radio Libertaire, le collectif du 20e contre l’islamophobie et tout racisme invité à une émission de radio libertaire pour participer à un débat sur radicalisation et discriminations s’est vu interdire d’antenne et l’émission annulée sous prétexte que deux des participantes, membres du collectif, portaient le voile…

Un mail public envoyé par les animatrices de l’émission à la liste des auditeurs professionnels de l’émission pour expliquer l’annulation de l’émission :

Chers collègues, chers amis

L’émission qui devait être enregistrée hier soir sur le thème de la prévention de la radicalisation et de la lutte contre les discriminations n’a pas pu être enregistrée.
L’équipe de radio libertaire n’a pas souhaité que le collectif de lutte contre le racisme et l’islamophobie Paris 20e s’exprime et a exprimé son désaccord avec le fait que des femmes portant le foulard s’expriment à leur antenne.
Nous ne soutenons pas cette prise de position. Nous devons aller en débattre avec l’équipe de la radio.
Une ancienne émission a été diffusée à la place de celle qui était prévue.

Il semblerait que radio libertaire ait institué un dress-code pour la participation à ses émissions, l’équipe de la radio était moins regardante lors de la participation de Riposte Laique (organisation d’extrême droite) à une de ses émissions. Les libertaires de Radio Libertaire, en tout cas une partie d’entre eux, pratiquent le contrôle au faciès et la discrimination.

À quand un panneau à l’entrée de la radio: « interdit aux femmes voilées »?

Extrait de la lettre d’information du collectif du 20e contre l’islamophobie et tout racisme:

« Radio Libertaire ne reçoit pas les femmes voilées!!

Après des heures et des heures de travail pour préparer une émission sur « la radicalisation », quatre de nos membres sont arrivé au Radio Libertaire vendredi soir pour avoir l’émission annulée par l’équipe technique. La raison? Deux de nous portent le foulard. Les animatrices défendaient le propos du programme mais les représentants du radio restaient fermes. Une réunion avec le comité général du radio est anticipée. A suivre…. »

https://quartierslibres.wordpress.com/2016/03/22/radio-libertaire-naime-pas-les-femmes-voilees/

APPEL DES LIBERTAIRES CONTRE L'ISLAMOPHOBIE

Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de l’islamophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que l’islamophobie est une forme de racisme.

Nous avons le désagréable pressentiment, au regard de l’actualité, que l’islamophobie, comme un racisme respectable et vertueux, devient l’un des ressorts privilégiés de la gauche au pouvoir et de la gauche bien-pensante. Nous faisons le constat exaspérant que les thématiques progressistes comme le féminisme, la laïcité ou la liberté d'expression sont régulièrement invoqué pour le justifier.

En tant que libertaires nous réfutons et combattons tout raisonnement islamophobe porté au nom de l’idéologie libertaire et avons décidé de l’affirmer clairement par cet appel.

Parce que nous pensons qu’au sein du discours médiatique dominant, journalistique et politique, certains « philosophes », « dessinateurs » et « écrivains » surmédiatisés, comme Michel Onfray, Caroline Fourest ou l’équipe de Charlie Hebdo, participent de cette islamophobie ambiante et de sa propagation en se positionnant parfois comme libertaires, ou en agissant au nom de la tradition et de l’idéologie libertaire.

Parce que nous constatons que certains secteurs de « notre famille politique » sont imprégnés par l’idéologie islamophobe, et cela est insupportable. Cela se traduit au mieux par un désintérêt pour cette question (parfois par une condamnation certes claire de l’islamophobie mais couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse), au pire par le refus de reconnaitre l’islamophobie comme un racisme voire par le fait de s’affirmer islamophobe au nom d’un anticléricalisme primaire importé de contextes historiques différents, voire par des connivences et compromissions inacceptables, heureusement marginales mais pas assez vigoureusement condamnées.

http://www.bboykonsian.com/Libertaires-et-sans-concessions-contre-l-islamophobie-_a2635.html

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Théisme, Nationalisme, Capitalisme… Les religions vont bien.

Faut-il crier avec les loups contre le théisme islamique actuellement médiatisé ?

Le mouvement libertaire révolutionnaire ( ne parlons pas de certains signataires du confusionniste « appel des libertaires contre l'islamophobie » dont des religieu-ses-x ) est clair concernant les religions (théistes, nationalistes, capitalistes) depuis bien longtemps. ni contre l'une ni contre l'autre des religions en particulier, mais contre toutes les religions qui de fait enrégimentent les consciences/vivants dans des idées/relations totalitaires, guerrières et qui laissent perdurer, pour la cause, la soumission/domination et l'exploitation des humains par d'autres.

L'objet de la critique est ici les religions révélées (islamique notamment mais les autres aussi) mais aussi les religions capitalistes et nationalistes (O/NU/TAN) qui imposent selon leur croyance un monde de soumission. L'objectif est aussi de répondre à nombres de propos ou réflexions de compagnons de travail (musulmans et autres) avec qui j'ai pu éprouver l'actualité et la non profondeur de certaines réflexions, tendant à réduire un individu à une communauté, à une religion de naissance ou à une couleur de peau.

Que des personnes croient en une entité « supérieure » (Dieu/Nation/Capital) pourrait ne pas être spécialement problématique, tant qu'il n'y aurait pas de volonté prosélytique, expansionniste ni des conséquences néfastes sur les vivants. Le problème est que ces croyants s'identifient à un livre sacré/une frontière/un code de loi, qui veut imposer la croyance à tous et qui interdit d'exprimer/expérimenter ses refus/critiques sur les pratiques/écrits dits sacrés/intangibles. Quand on croit au bien d'une telle Entité, on ne devrait pas à avoir à l'imposer, et pourtant ils l'imposent de gré ou de force...

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La plupart des croyant-e-s considèrent qu'ils elles doivent suivre la croyance/tradition familiale. Hors si ce qui les intéresse est leur entité, ils elles ne devraient pas avoir besoin d'un livre, d'une frontière, d'un code de loi pour expliquer/vivre cette entité. Seule leur conviction intime, leur ressenti, devrait suffire, hors on peut remarquer que les religions théistes (thora, bible, coran…), nationalistes (français, allemand, marocain, algérien, …), capitalistes (propriétaire, locataire, salarié, marché, main invisible, …) sont généralement prosélytes et enrégimentent les consciences dans des « communautés » imaginaires pour mieux manipuler le sentiment « collectif ». D'ailleurs, un croyant même si il n'est pas extrémiste, de fait, permet aux extrémistes de poser leur logiques en s'appuyant sur la masse des croyants.

Un-e compagnon-ne croyant-e n'est pas a priori mon ennemi-e, l'ennemi-e est le la militant-e théiste/nationaliste/capitaliste/hiérarchiste qui a une démarche proactive afin d'imposer son dogme.

Néanmoins, un compagnon croyant se repose sur une entité que l'on peut manipuler sur la forme ou le fond et pour laquelle tout est bon, un peu de rhétorique et l'affaire est dans le sac, ça peut aller d'un sens ou d'un autre, quand certains disent paix, d'autres disent guerre, car dans les écrits dites sacrés des entités on trouve ce qu'on veut bien y trouver… Le seul moyen efficace de dégager ces militants religieux est de ne plus croire à leur religion (de croire à ce qu'on croit sans intermédiaire), et non essayer d'adoucir leurs croyances par des réformes ou des bons sentiments, sinon ils s'appuient sur les croyants de leur religion pour asseoir leur pouvoir, leur folie.

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En effet, les religions, sont des milieux d'hypocrisie, de haine et de guerre larvée ou directe, qui ne peuvent s'empêcher de mentir / abrutir / menacer / exclure / opprimer / massacrer afin d'instaurer LEUR PAIX.
La paix des Dieux, la paix des Nations, la paix des Capitaux, ils en ont jamais assez, alors lorsque leur PAIX est menacé, ils font la guerre.
Les différentes religions monothéistes se font la guerre entre elles, les différentes religions nationalistes se font la guerre entre elles, les différentes religions capitalistes se font la guerre entre elles, et il y a évidemment la guerre entre les différentes variétés de religions nationalo-théisto-capitalistes… Combien de millions de morts du fait de ces entités ? Trop, malheureusement.

Évidemment, comme rien ne doit être décidé sans ces autoproclamés chefs théistes, nationalistes ou capitalistes, institutionnalisés ou non, on se doit d'être dans la dépendance vis à vis d'eux, tout doit se jouer autour d'eux. Les drames c'est eux qui les créent mais c'est eux qui disent avoir les solutions, certains refont l'histoire, et les croyants accourent, donc toujours plus de pouvoirs pour eux encore et encore… Les religieux ont besoin de guerres fortes et étendues pour pouvoir instaurer LEUR PAIX « durable » des nations, des dieux, des capitaux. Donc non merci, aucun soutien pour les unes ou les autres des religions.

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Le terme « terroriste » semble lié aux actes non reconnus par les États ou d'actes d’États non reconnus, seul l’État « reconnu » a le droit d'agir en terroriste légal, seul lui doit avoir le monopole de la force. Ici le terme « terrorisme » sera considéré comme des actes des partisans d’État ou de proto-États. On entend beaucoup parler actuellement dans les médias d'actes de terrorisme ceci en lien au théisme islamique. On entend moins parler des actes de terrorisme légaux qu'utilisent les divers États depuis des années afin de soumettre les populations au joug du capitalisme, du nationalisme et/ou du théisme. Côté théistes, on entend pas trop parler des terroristes chrétiens (anti avortement, tuant des médecins) ni des terroristes juifs (tuant des palestiniens), et pourtant ça existe. Côté capitaliste, on entend pas trop parler du terrorisme insidieux (perte de travail ayant des conséquences sur la survie au sein du capitalisme...) dans les relations de travail, ni des industriels de l'armement vendant ces armes légalement ou non à nombres de religieux de toute sorte, perpétrant des massacres par ci ou par là. Côté nationalistes, on entend bien le bruit des bottes par ci par là aidés par les capitalistes de l'armement ou les théistes...

Faudrait il prendre parti pour un théisme libéral ou laïque contre des théismes intégriste ou fasciste ? y a t il une raison de soutenir des religieux théistes d'un bord ou d'un autre ? Non. prendre parti pour une cause qui a comme but la soumission des individus à une/des entité.s imaginaire mortifère (musulman/islam signifie « soumis à la volonté de dieu », chrétien signifie « adepte du christ et du divin », juif signifie « appartient à la religion juive ou qui vient du royaume de Judée ») serait suicidaire. Il se trouve que toutes les religions théistes permettent le terrorisme (on peut notamment penser aux croisades, aux inquisitions, aux invasions, aux conquêtes, aux génocides, le sabre et le goupillon… tortures, lapidations, exécutions, excisions, mutilations… attentats et bombardements aveugles...).

L'extrémisme religieux, qui allie religion théiste et État, existe depuis bien longtemps. Parmi les prophètes du monothéisme, Mahomet (entre autres) semble avoir été un digne représentant (durant la période de médine) de l'association État et théisme, comme aucune autre religion monothéiste ne l'avait fait avant. Le coran/sunna associe État et religion théiste. On peut remarquer que le livre « sacré » (ou les livres afférents : « le jardin des vertueux », la sihra -biographie de mahomet-, ...) de l'islam détermine de nombreuses règles Étatique (lié à la période de médine) imposés aux sociétés sous son joug. l'autorité religieuse, ce que dit la tradition islamique (coran, hadiths, sunna, et autres...) a un poids énorme sur les consciences. Il y a toute une hiérarchie islamiste tant au niveau de la politique, de l'économie que de la société. Les Oulémas, les muftis, les cadis, la charia sont des entités ayant comme but de définir ce qui doit être au niveau des lois, des relations sociales, et dans l'économie…

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Suite aux conquêtes puis lors de l'empire ottoman, les divers pays/empires à majorité musulmane appliqu.ai.ent (complètement ou partiellement) les lois coraniques/sunna, tels que les questions de l'apostasie (ayant pour effet la peine de mort), la foi obligatoire, le « droit » des femmes soumis aux hommes (voile...), l'homosexualité réprimé, les mécréants tués ou chassés, la religion héréditaire, la dawa, les taxes supplémentaires pour les personnes d'autres religions… D'ailleurs comme beaucoup de traditions religieuses théistes islamiques font fuir et tendent à se réduire par apostasies, cela pose un problème aux religieux théistes islamiques qui tentent de recréer la peur de dieu (à travers des actes humains horribles : meurtres, condamnations à mort, emprisonnements, lapidations...). Afin d'enfermer le religieux (comme dans les sectes religieuses tant décriées), il existe au sein de l'islam une interdiction de quitter sa religion pour une personne devenue (par naissance et/ou tradition familiale) musulmane, sinon elle est considéré comme apostat ; la sentence (fatwa) selon certains imams (docteurs en religions) doit être (selon certaines circonstances) la mort pour l'apostat ou son expulsion de la communauté.

>  Dénoncer l’islamophobie ou protéger l’Islam ?

L’objet premier de cette critique est de remettre un peu d’ordre à propos de l’utilisation du terme « islamophobie », de montrer que ce concept, si il désigne effectivement une certaine réalité des rapports sociaux, est souvent utilisé de manière outrancière, et finira par être l’allié objectif des propagateurs de religion. Nous prendrons appui, pour formuler cette critique, sur un texte formulé par des gens appartenant à la famille politique des libertaires et de l’extrême-gauche, puisque celui-ci nous semble particulièrement représentatif de tels écueils, ceux-ci étant d’autant plus graves lorsque diffusés par des gens ayant normalement une conscience critique par rapport aux religions. (texte intitulé « Appel des libertaires contre l’islamophobie », diffusé sur différents sites libertaires).

La raison essentielle et pratique qui nous a poussé à réagir à ce texte, c’est l’acharnement par lequel il prétend empêcher une critique générale des religions incluant l’islam, en assimilant toute critique de l’islam à de l’islamophobie.

Ensuite, il s’agit de voir, d’une manière plus large, d’où viennent ces faiblesses actuelles largement répandues même chez les gens se réclamant d’une critique sociale, de la gauche du PS aux libertaires et anarchistes, de comprendre les idées et les raisonnement intellectuels qui sous-tendent la formulation de cet appel ; celui-ci n’étant pas un phénomène isolé, mais étant influencé par un ensemble d’idées beaucoup plus large que l’on peut qualifier de post-modernes, et dont les gens d’extrême gauche forment souvent des agents de diffusion privilégiés, de manière plus ou moins consciente.

Nous précisons que nous n’en voulons pas particulièrement aux gens qui ont formulé cet appel, même si nous critiquons l’influence de ces idées dans ce milieu. Nous aurions pu trouver d’autres exemples relevant de cas moins isolés et diffusant ce genre d’idées beaucoup plus massivement, par ailleurs formulés par des gens éloignés de notre « famille politique », impliqués dans la sphère politicienne.

Mais comme nous l’avons dit, cet exemple nous intéresse car il montre l’influence d’un ensemble d’idées issues du post-modernisme sur les gens d’extrême-gauche, alternatifs et libertaires, amenant ceux-ci à prendre des positions pour le moins surprenantes.

Nous entendons critiquer toutes les religions à partir des textes sur lesquelles elles se fondent et de leur histoire, et non par rapport à de simples critiques circonstancielles sur l’extrêmisme que prendrait tel ou tel phénomènes religieux.

Ainsi, il est révélateur que ces gens ne parlent plus de critique des religions, mais «des « formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux ». Qu’est ce que cela signifie ? Que les religions et les textes sacrés ne sont plus critiquables en soi, pour ce qu’ils sont et ce qu’ils disent, mais que seules certaines manifestation de cet esprit religieux le sont ?

Il va de soi que la formule vise avant tout à ménager la religion islamique, en vertu du contexte de cet appel, lorsque nous connaissons la propension de beaucoup de gens d’extrême-gauche à critiquer les religions tout en y excluant l’islam, pour des raisons opportunistes que nous verrons par la suite.

Ce texte ne se contente pas de dénoncer l’islamophobie, il prend parti pour une défense de l’islam, en mettant cette religion à l’abri de la critique. Ainsi, si ces libertaires observent parfois chez leurs camarades « une condamnation claire de l’islamophobie », ils regrettent que celle-ci soit « couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse » !

Parler de l’aliénation religieuse, lorsqu’on combat l’islamophobie, n’est donc pas une position acceptable selon ces gens. Jusqu’où croient-ils nécessaire cette compromission ?

Critiquer une religion, ce n’est pas affirmer l’infériorité du pratiquant de cette religion, ni établir une hiérarchie entre le croyant et le non-croyant, le musulman et l’athée.

> Aux féministes blanches mainstream, islamophobes, universalistes et exclusives

Si vous étiez les féministes antiracistes que vous prétendez être, vous enlèveriez ces œillères qui font de vous des alliées des hommes, et qui vous empêchent de voir à quel point vous faites du tort à d’autres femmes. Oui, des femmes peuvent être forcées de porter le foulard, comme certaines peuvent être contraintes de l’enlever.

Je ne sais combien de fois je vous ai entendues, pour justifier votre détestation du « voile symbole d’oppression », évoquer vos souvenirs d’enfance et d’adolescence. Ayant subi l’obscurantisme de l’Église catholique (et vous en étant totalement émancipées bien-sûr !), vous voudriez nous épargner ce sort funeste : tomber sous la coupe des religieux et de leur haine des femmes.

Ne nous faites pas porter, à nous femmes musulmanes, les fardeaux de votre histoire douloureuse avec l’Église catholique. D’abord, contrairement à l’islam en France, l’Eglise catholique disposait d’un pouvoir étatique et jusqu’à aujourd’hui occupe une position majoritaire.
Surtout, nous ne saurions endosser la lourde responsabilité de votre Église patriarcale simplement parce que nous avons choisi d’être croyantes et pratiquantes d'une religion. Notre islam est tout aussi patriarcal parce que ce sont les hommes qui se sont appropriés l'interprétation de ses textes : chacune sa croix ou son foulard !

Il n’est plus acceptable de vous laisser galvauder l'histoire de la séparation des Églises et de l’État et la loi de 1905 que vous aimez tant convoquer pour justifier votre racisme, votre islamophobie, votre universalisme blanco-centré. Êtes-vous sûre de vouloir être aussi légaliste ? Que feriez-vous de la loi qui pénalisait l'avortement si elle était encore en vigueur ? Appelleriez-vous les femmes à l’appliquer ? L'appliqueriez-vous ?

Contrairement à ce que vous pensez, nous sommes un très grand nombre de musulmanes à être épanouies en choisissant de porter fièrement le foulard, par conviction religieuse, cheminement spirituel ou toute autre raison. Vous dites : « derrière le voile, c’est un projet politique ! » Et quand bien même il y aurait une conviction politique, ? Est-ce honteux d’avoir des convictions politiques et de les porter fièrement quand on est une femme et qu’on vit dans une société patriarcale ? Est-ce anti-féministe de s’affranchir des dictats de beauté qui pèsent sur les femmes, et de tous ceux qui nous vendent des pots de yaourt en mettant en scène des femmes à moitié nues pour en faire la publicité ? Êtes-vous d’ailleurs, de ce point de vue, si émancipées que vous le proclamez ? Vos vêtements, vos chaussures, vos coupes de cheveux ne portent-ils jamais la marque d’une « féminité » obligatoire ?

Oui le foulard peut être, pour une femme musulmane non Blanche, une forme de résistance à une société qui nous met en demeure, chaque jour que Dieu fait, de nous assimiler, d’être française dans ce sens exclusif et étriqué de la doxa assimilationniste qui nie les identités multiplies.
Mais voilà que je me mets à me justifier, à justifier nos choix vestimentaires. Or aucune femme ne devrait être amenées à justifier ses choix vestimentaires dans une société patriarcale.

Si vous étiez les féministes anti-racistes que vous prétendez être, vous enlèveriez ces œillères qui font de vous des alliées des hommes en France et qui vous empêchent de voir à quel point vous faites du tort à d’autres femmes. Oui, des femmes peuvent être forcées de porter le foulard, comme certaines peuvent être contraindre de l’enlever, selon les contextes : mais dans tous les cas, n’est-ce pas le rôle des féministes que de se tenir du côté des femmes opprimées sans jamais s'attaquer à elles ?
A votre place, j’aurais mal à mon féminisme. En quoi est-ce féministe que de stigmatiser, mépriser, contraindre, infantiliser d’autres femmes – c’est-à-dire de faire exactement ce qu’ont fait et ce que font encore une écrasante majorité d’hommes ?

Est-il nécessaire de vous rappeler que le féminisme est un mouvement politique initié par et pour les femmes, toutes les femmes et qui veut redonner aux femmes leur place d'êtres humains et d'adultes dans la société ? En excluant au nom du féminisme, vous participez à son échec. Ai-je besoin, en 2019, de reposer la même question que posait Sojourner Truth en 1851, à la Convention des droits des femmes où hommes comme femmes blanches lui contestaient son statut de femme parce que Noire et ancienne esclave : “Ne suis-je pas une femme ?” .

Les femmes musulmanes ne sont-elles pas/plus des femmes dès lors qu’elles portent un foulard ? Choisi ou forcé, rien ne justifie que vous leur fassiez payer vos rancœurs envers la religion qui vous a tant opprimées.

La priorité actuelle est-elle le foulard ou les trop nombreuses femmes qui meurent chaque jour sous les coups de leur conjoint ou ex conjoint? Qu’en est-il de l'égalité salariale ? Le partage des tâches ménagères dans les couples hétérosexuels ? La charge mentale qui repose entièrement sur les femmes ? Le plafond de verre dans les entreprises ?

Vous êtes prête à défendre le libre choix de femmes musulmanes, et vous avez raison, dès lors qu’il s’agit de femmes hors de nos frontières qui luttent pour le droit de ne pas porter le foulard mais au même moment vous vous attaquez à celles qui, à côté de vous, se battent pour le droit de le porter.

On est féministe ou on ne l’est pas. Un féminisme raciste et islamophobe trahit le féminisme. Un féminisme dirigé contre des femmes n’est pas du féminisme. Et dans le cas où les femmes sont forcées de porter le foulard, pourquoi s'attaquer à elles, les femmes victimes et non pas aux bourreaux? Cette hypocrisie va encore durer combien de temps ? Quand s’arrêtera ce maternalisme ? Ne nous libérez pas, on s'en charge.

Il y a 15 ans maintenant, vous avez cautionné et assumé la loi de 2004, qui exclut des jeunes filles de l’école de la République parce qu’elles portent un foulard. A qui espériez-vous rendre service en participant à la fragilisation de femmes en devenir ? Aux jeunes filles exclues en ne vous levant pas contre leur exclusion légale ? Certainement pas aux combats des femmes. Qu’est-ce qui se joue là, dans votre propre rapport au féminisme et à l’émancipation ? Pensez-vous vous libérer en laissant des jeunes filles se faire exclure de l’école ? Vous rendez-vous compte que, comme des femmes de généraux ont instrumentalisé, en Algérie, le féminisme pour servir un agenda colonial en organisant le dévoilement public de femmes musulmanes, vous servez par votre soutien ou votre silence, un agenda islamophobe dirigé contre les femmes musulmanes en France. J'imagine que vous n'ignorez pas qu'elles sont victimes de 80 % des actes islamophobes ?

Quand vous en avez les moyens, vous déléguez les tâches ménagères et l’éducation de vos enfants que les hommes devraient prendre en charge à moitié égale à des femmes non-blanches. Arrêtez de vous mentir à vous-mêmes en prétendant atteindre l’égalité femme/homme. Les hommes dans les couples hétérosexuels ne participent pas plus aux tâches ménagères qu’à l’éducation de leurs enfants. Ce sont d’autres femmes qui prennent en charge leur part du travail. Les hommes continuent de vous laisser la gestion du foyer, vous continuez à remplir votre part du marché après une longue journée de travail ou êtes obligées de vous mettre à mi-temps pour concilier vie professionnelle et vie privée. Les hommes quant à eux ne font toujours pas leur part du travail. Toute la charge mentale repose sur les femmes. Ne croyez pas vous en être libérées parce que vous avez une femme autre que vous qui a vos clefs et vient faire des heures de ménage et de garderie.

Pensez-vous atteindre l’égalité en participant à l’exploitation d’autres femmes ? Posez-vous la question de savoir ce que vous avez à gagner à maintenir d'autres femmes dans la précarité ? Certainement pas une égalité femme/homme quand bien même l'égalité pour vous ne concernerait que les femmes blanches... Vous vous leurrez.

https://blogs.mediapart.fr/paye-ndella/blog/061119/aux-feministes-blanches-mainstream-islamophobes-universalistes-et-exclusives

> suite

Sachez qu’aucune femme ne sera jamais totalement libre tant qu’une seule autre sera dominée, violentée. Nos destins sont liés que nous le voulions ou non. Débarrassez-vous de votre islamophobie et attaquez-vous aux vrais ennemis de l’égalité, ceux à qui le patriarcat profite. Ceux-là même qui nous violentent, nous oppriment, nous violent, nous agressent, nous tuent sans presque jamais être inquiétés, ni par une justice patriarcale, ni par une société qui l'est tout autant. Toutes les femmes sont victimes de la société patriarcale, toutes sans exception quels que soient nos choix vestimentaires, quelles que soient nos croyances religieuses.

Vous avez gardé le silence quand une mère d'élève s’est fait agresser et humilier par un élu de la République devant son fils et ses camarades lors d'une sortie scolaire qu'elle accompagnait.

Des femmes musulmanes se font violenter et humilier sous vos yeux parce qu'elles portent un foulard et vous êtes passives, voire vous participez à cette humiliation et à cette violence. Vous avez une part de responsabilité non négligeable dans cette situation invivable que vous devrez assumer un jour ou l'autre.

La violence venant de féministes blanches a assez duré. Votre silence complice est impardonnable. S'il nous faut lutter contre deux ennemis : le patriarcat et le féminisme blanc, qu’il en soit ainsi. Vous serez comptées parmi nos ennemies, car il ne saurait y avoir de sororité à sens unique et le racisme ne peut avoir sa place dans le féminisme.

Hier, les épouses Salan et Massu instrumentalisaient l'émancipation des femmes à des fins racistes et coloniales en organisant le dévoilement public de femmes musulmanes algériennes. Aujourd’hui, sur leurs traces, vous féministes blanches mainstream soutenez un dévoilement légal programmé. Vous trouverez les féministes intersectionnelles et décoloniales en travers de votre chemin.

https://blogs.mediapart.fr/paye-ndella/blog/061119/aux-feministes-blanches-mainstream-islamophobes-universalistes-et-exclusives

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remettre un peu d’ordre à propos de l’utilisation du terme « islamophobie », de montrer que ce concept, si il désigne effectivement une certaine réalité des rapports sociaux, est souvent utilisé de manière outrancière, et finira par être l’allié objectif des propagateurs de religion. Nous prendrons appui, pour formuler cette critique, sur un texte formulé par des gens appartenant à la famille politique des libertaires et de l’extrême-gauche, puisque celui-ci nous semble particulièrement représentatif de tels écueils, ceux-ci étant d’autant plus graves lorsque diffusés par des gens ayant normalement une conscience critique par rapport aux religions. (texte intitulé « Appel des libertaires contre l’islamophobie », diffusé sur différents sites libertaires).

La raison essentielle et pratique qui nous a poussé à réagir à ce texte, c’est l’acharnement par lequel il prétend empêcher une critique générale des religions incluant l’islam, en assimilant toute critique de l’islam à de l’islamophobie.

Ensuite, il s’agit de voir, d’une manière plus large, d’où viennent ces faiblesses actuelles largement répandues même chez les gens se réclamant d’une critique sociale, de la gauche du PS aux libertaires et anarchistes, de comprendre les idées et les raisonnement intellectuels qui sous-tendent la formulation de cet appel ; celui-ci n’étant pas un phénomène isolé, mais étant influencé par un ensemble d’idées beaucoup plus large que l’on peut qualifier de post-modernes, et dont les gens d’extrême gauche forment souvent des agents de diffusion privilégiés, de manière plus ou moins consciente.

Nous précisons que nous n’en voulons pas particulièrement aux gens qui ont formulé cet appel, même si nous critiquons l’influence de ces idées dans ce milieu. Nous aurions pu trouver d’autres exemples relevant de cas moins isolés et diffusant ce genre d’idées beaucoup plus massivement, par ailleurs formulés par des gens éloignés de notre « famille politique », impliqués dans la sphère politicienne.

Mais comme nous l’avons dit, cet exemple nous intéresse car il montre l’influence d’un ensemble d’idées issues du post-modernisme sur les gens d’extrême-gauche, alternatifs et libertaires, amenant ceux-ci à prendre des positions pour le moins surprenantes.

Nous entendons critiquer toutes les religions à partir des textes sur lesquelles elles se fondent et de leur histoire, et non par rapport à de simples critiques circonstancielles sur l’extrêmisme que prendrait tel ou tel phénomènes religieux.

Ainsi, il est révélateur que ces gens ne parlent plus de critique des religions, mais «des « formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux ». Qu’est ce que cela signifie ? Que les religions et les textes sacrés ne sont plus critiquables en soi, pour ce qu’ils sont et ce qu’ils disent, mais que seules certaines manifestation de cet esprit religieux le sont ?

Il va de soi que la formule vise avant tout à ménager la religion islamique, en vertu du contexte de cet appel, lorsque nous connaissons la propension de beaucoup de gens d’extrême-gauche à critiquer les religions tout en y excluant l’islam, pour des raisons opportunistes que nous verrons par la suite.

Ce texte ne se contente pas de dénoncer l’islamophobie, il prend parti pour une défense de l’islam, en mettant cette religion à l’abri de la critique. Ainsi, si ces libertaires observent parfois chez leurs camarades « une condamnation claire de l’islamophobie », ils regrettent que celle-ci soit « couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse » !

Parler de l’aliénation religieuse, lorsqu’on combat l’islamophobie, n’est donc pas une position acceptable selon ces gens. Jusqu’où croient-ils nécessaire cette compromission ?

Critiquer une religion, ce n’est pas affirmer l’infériorité du pratiquant de cette religion, ni établir une hiérarchie entre le croyant et le non-croyant, le musulman et l’athée.

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Faudrait il prendre parti pour un théisme libéral ou laïque contre des théismes intégriste ou fasciste ? y a t il une raison de soutenir des religieux théistes d'un bord ou d'un autre ?

Non. prendre parti pour une cause qui a comme but la soumission des individus à une/des entité.s imaginaire mortifère (musulman/islam signifie « soumis à la volonté de dieu », chrétien signifie « adepte du christ et du divin », juif signifie « appartient à la religion juive ou qui vient du royaume de Judée ») serait suicidaire.

Il se trouve que toutes les religions théistes permettent le terrorisme (on peut notamment penser aux croisades, aux inquisitions, aux invasions, aux conquêtes, aux génocides, le sabre et le goupillon… tortures, lapidations, exécutions, excisions, mutilations… attentats et bombardements aveugles...).

> Les islamophobes, mais qu’est-ce qu’on va faire d’eux ?

Êtes-vous atteint d’islamophobie ? Les symptômes [1] sont multiples et aisément décelables. Vous vous plaignez de ne plus trouver de l’andouille de Guémené à moins de 5 kilomètres de votre HLM, celle-ci ayant été remplacée chez le boucher par des saucissons de dinde hallal ? Vous êtes scandalisé que votre enfant au retour de l’école vous jure « sur le Coran » qu’il n’a aucun devoir à faire à la maison – au lieu de jurer « sur la tête de [sa] mère » comme il serait convenable de le faire ? Vous souffrez silencieusement de ne pas pouvoir déguster une binouze avec votre kebab-salade-tomates-oignons-sauce-blanche, parce que le restaurateur l’a déclarée « haram » dans ses murs ? Vous ressentez une frustration aiguë à la vue de ces jeunes filles qui portent le hijab comme pour vous signifier spécifiquement que toute histoire sentimentale entre elles et vous est impossible – à moins que vous ne vous laissiez pousser une barbe sans moustache et que vous revêtiez un joli qamis saoudien modèle Sultan Al-Khayr (prix conseillé 17,96 euros) ?

Si vous êtes sensible à une ou deux de ces manifestations d’humeur, c’est que vous vous affligez – comme 60 % de nos compatriotes à en croire les sondages biaisés du Figaro – des progrès de l’islamisation « sans-gêne » dans la société française, européenne, occidentale, civilisée, tolérante et de bon goût.

Depuis quelques années, une crispation ouvertement « islamophobe » a le vent dans les voiles. Blogs et sites pullulent sur la toile : novopress, fdesouche, riposte laïque, observatoire de l’islamisation, enquête & débat, etc. Comme dans le cochon tout est bon, la blogueuse Christine Tasin, grande exaltée de cette nébuleuse, a récemment cherché à instrumentaliser le débat sur le mariage gay pour tenter de le dresser contre l’islam. Poussant à la surenchère, elle met « au défi Charlie Hebdo de montrer Mahomet en train de se faire sodomiser », reprochant aux pas-si-téméraires caricaturistes de l’hebdo de Charb de ne s’attaquer qu’à l’église catholique, qui est bonne fille comme on le sait, mais pas assez aux mahométans, qui eux foutent vraiment les chocottes avec leur barbe teinte au henné et leur poignard incurvé qui a l’air de faire très très mal.

Ex-chevènementiste, Tasin est – avec Pierre Cassen, débonnaire correcteur de presse proche de la LCR, animateur de Riposte laïque – l’organisatrice de la marche contre le « fascisme islamique » qui a réuni un petit millier de ces nouveaux croisés à Paris le 10 novembre. Les slogans, du style « La police avec nous contre les islamo-racailles », « La charia ne passera pas », ou encore « UOIF, frères musulmans, salafistes, tous ça c’est des racistes et des fascistes » ont paru convaincre jusqu’aux quelques crânes rasés qui accompagnaient le défilé. Comme l’affirme Cassen, qui fait l’apologie de l’action des identitaires sur le toit de la mosquée de Poitiers le 18 octobre, ce qui compte c’est l’« union des patriotes » car face à l’urgence les « divergences sont totalement secondaires ».

Ainsi, cette nouvelle passion française cherche à rassembler bien au-delà des clivages traditionnels en créant une passerelle entre certains laïcards affolés et les authentiques fachos. Parmi ces obsessionnels, abusivement autoproclamés résistants, on trouve aussi quelques poignées de militants se revendiquant du féminisme, du républicanisme jacobin, du gaullisme, du catholicisme, de la cause homo, de l’ultra-sionisme, de l’athéisme, voire du marxisme, etc. Leur angoisse commune ? Tous se sentent menacés par le « communautarisme », cet autre élément de langage qui sert de « métaphore au racisme respectable » (Tévanian), c’est-à-dire joue comme un « moyen de désigner, sans avoir à le nommer, un groupe racialisé, le plus souvent les Arabes, les Noirs et/ou les musulmans. » [2]

Avant-poste de la concrétisation du « choc des civilisations », ou simple prurit compulsif ? L’expression idéologique de ces démangeaisons malsaines fait office en tous cas de laboratoire inavouable dans lequel Jean-François Copé et autres « briseurs de tabou » [3] médiatiques vont puiser leurs arguties paranoïaques sur le péril islamique qui menacerait le pays du saucisson et du pinard.

Notes

[1] Les observations suivantes sont de véritables choses vues ou entendues.

[2] Sylvie Tissot, « Qui a peur du communautarisme ? ».
http://lmsi.net/Qui-a-peur-du-communautarisme

[3] Voir l’article de Sébastien Fontenelle ici.
http://cqfd-journal.org/Iconoclaste-Non-xenophobe

http://cqfd-journal.org/Iconoclaste-Non-xenophobe

> Trolls racistes compulsifs

Tout est bon pour spammer, même mettre en commentaire les saloperies déjà refusées en article, non seulement d’une orga ouvertement islamophobe, mais en plus vieux de plus de 4 ans.

Si vous voulez avoir un avis féministe et antiraciste plutôt que de haine contre les femmes musulmanes, c’est ici :

http://www.crepegeorgette.com/2013/09/13/islam-feminisme/

https://www.revolutionpermanente.fr/Militant-e-s-feministes-et-LGBT-etudiant-e-s-et-profs-tous-ensemble-contre-l-islamophobie

https://blogs.mediapart.fr/forum-syndical-antiraciste/blog/130519/feminisme-et-lutte-contre-l-islamophobie

https://expansive.info/La-lutte-contre-l-islamophobie-est-aussi-une-lutte-feministe-Appel-de-Nous-1842

http://lmsi.net/Feministes-contre-l-islamophobie

> Réponse à l'appel des libertaires contre l'islamophobie - Alternative Libertaire Montpellier

Le texte d'appel des libertaires contre l'islamophobie que vous trouverez ici a suscité pas mal de réactions. Voici une réponse qui critique cet appel.

L’objet premier de cette critique est de remettre un peu d’ordre à propos de l’utilisation du terme « islamophobie », de montrer que ce concept, si il désigne effectivement une certaine réalité des rapports sociaux, est souvent utilisé de manière outrancière, et finira par être l’allié objectif des propagateurs de religion. Nous prendrons appui, pour formuler cette critique, sur un texte formulé par des gens appartenant à la famille politique des libertaires et de l’extrême-gauche, puisque celui-ci nous semble particulièrement représentatif de tels écueils, ceux-ci étant d’autant plus graves lorsque diffusés par des gens ayant normalement une conscience critique par rapport aux religions. (texte intitulé « Appel des libertaires contre l’islamophobie », diffusé sur différents sites libertaires).
La raison essentielle et pratique qui nous a poussé à réagir à ce texte, c’est l’acharnement par lequel il prétend empêcher une critique générale des religions incluant l’islam, en assimilant toute critique de l’islam à de l’islamophobie.

Ensuite, il s’agit de voir, d’une manière plus large, d’où viennent ces faiblesses actuelles largement répandues même chez les gens se réclamant d’une critique sociale, de la gauche du PS aux libertaires et anarchistes, de comprendre les idées et les raisonnement intellectuels qui sous-tendent la formulation de cet appel ; celui-ci n’étant pas un phénomène isolé, mais étant influencé par un ensemble d’idées beaucoup plus large que l’on peut qualifier de post-modernes, et dont les gens d’extrême gauche forment souvent des agents de diffusion privilégiés, de manière plus ou moins consciente.

Nous précisons que nous n’en voulons pas particulièrement aux gens qui ont formulé cet appel, même si nous critiquons l’influence de ces idées dans ce milieu. Nous aurions pu trouver d’autres exemples relevant de cas moins isolés et diffusant ce genre d’idées beaucoup plus massivement, par ailleurs formulés par des gens éloignés de notre « famille politique », impliqués dans la sphère politicienne. Mais comme nous l’avons dit, cet exemple nous intéresse car il montre l’influence d’un ensemble d’idées issues du post-modernisme sur les gens d’extrême-gauche, alternatifs et libertaires, amenant ceux-ci à prendre des positions pour le moins surprenantes.

Nous entendons critiquer toutes les religions à partir des textes sur lesquelles elles se fondent et de leur histoire, et non par rapport à de simples critiques circonstancielles sur l’extrêmisme que prendrait tel ou tel phénomènes religieux. Ainsi, il est révélateur que ces gens ne parlent plus de critique des religions, mais «des « formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux ». Qu’est ce que cela signifie ? Que les religions et les textes sacrés ne sont plus critiquables en soi, pour ce qu’ils sont et ce qu’ils disent, mais que seules certaines manifestation de cet esprit religieux le sont ?

Il va de soi que la formule vise avant tout à ménager la religion islamique, en vertu du contexte de cet appel, lorsque nous connaissons la propension de beaucoup de gens d’extrême-gauche à critiquer les religions tout en y excluant l’islam, pour des raisons opportunistes que nous verrons par la suite.
Ce texte ne se contente pas de dénoncer l’islamophobie, il prend parti pour une défense de l’islam, en mettant cette religion à l’abri de la critique. Ainsi, si ces libertaires observent parfois chez leurs camarades « une condamnation claire de l’islamophobie », ils regrettent que celle-ci soit « couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse » !

Parler de l’aliénation religieuse, lorsqu’on combat l’islamophobie, n’est donc pas une position acceptable selon ces gens. Jusqu’où croient-ils nécessaire cette compromission ?

Critiquer une religion, ce n’est pas affirmer l’infériorité du pratiquant de cette religion, ni établir une hiérarchie entre le croyant et le non-croyant, le musulman et l’athée.

Les critiques les plus radicales de l’aliénation religieuse peuvent d’ailleurs s’exprimer dans le cadre religieux, lorsque celui-ci ne permet pas autre chose ; il suffit de prendre comme exemple Descartes pour le catholicisme, qui propose le développement de sa méthode basée sur le scepticisme, la vérification et l’empirisme (donc à l’opposé d’une acceptation béate de la réalité) comme une justification de l’existence de Dieu.

Nous ne voyons donc aucune incohérence à ce que l’Islam soit critiqué par des musulmans, c’est au contraire souhaitable, et pour nous le fait d’être croyant n’implique pas d’être dénué d’esprit critique.

Ce que nous entendons par islamophobie, si l’on veut bien donner un sens à ce mot qui ne relève pas de la chasse aux sorcières contre toute personne critiquant l’islam, se rapprocherait d’un dégoût primaire et irrationnel pour ce qui relève de cette religion ou lui est assimilé (en gros « l’étranger »), et l’exploitation de cette peur par les courants racistes et nationalistes. La peur et la phobie ne relèvent pas pour nous d’une critique construite et raisonnée.

Nous pensons juste de dénoncer les opinions racistes déguisées en critique de l’islam là où elles existent. Que cet amalgame pratiqué par des courants nationalistes et racistes permette à l’islam d’échapper à la critique, nous ne l’admettons pas.

Nous pensons nécessaire de dénoncer l’oppression ciblé contre des musulmans ou des gens d’autres confessions en vertu de leurs croyances et de leurs pratiques religieuses, là ou cela se produit.
Nous pensons également nécessaire, de montrer, par exemple, le statut réservé aux femmes selon le Coran, qui sont selon ce texte clairement inférieures aux hommes et se doivent de leur être soumises. Ceci n’est pas réservé au Coran mais y est tout de même très explicite. Car la réalité n’est pas univoque, le fait que les musulmans puissent être oppressés, n’empêche pas que des situations d’oppression peuvent exister dans la pratique de cette religion.

Il ne faut pas oublier le fait que chaque religion est créé dans un contexte historique particulier. Ainsi, il faut prendre en compte que l’Islam a été développé dans un contexte où la société était formée de tribus nomades, avec les pratiques et les mœurs qui sont les leurs. Ceci non pour émettre des jugements de valeurs, mais qu’il est légitime de reconnaître le décalage entre les peuples dans lequel l’Islam est apparu au départ et les peuples qui le pratiquent aujourd’hui.

Ainsi l’économie de ces peuples tribaux relevait en partie de la pratique du pillage et de la prise de butin, dont les esclaves et les femmes, considérés comme des biens, un moyen d’échange, d’où l’existence de nombreux versets ne prenant sens que dans ce contexte particulier. Ex : sourate IV, Les Femmes, verset 3 : « Si vous craignez d’être injuste envers les orphelins, n’épousez que peu de femmes, deux, trois ou quatre parmi celles qui vous auront plu. ». Nous ne voulons pas émettre de jugement dépréciatif, mais nous tenons à rappeler, selon toute logique, qu’une polygamie exclusive n’est possible que dans le contexte de sociétés fortement inégalitaires, où les femmes sont accaparées par les plus riches, les dominants. Ou dans une société fonctionnant sur le principe du pillage et de la conquête, les femmes des vaincus pouvant alors être prises par les vainqueurs. Nous ne dirons rien sur le statut qui est fait aux femmes selon de tels principes.

Nous pensons légitime également de montrer quelles prétentions à le Coran de régler la vie publique des fidèles, de montrer que ces textes écrits tels qu’ils sont et appliqués dans beaucoup d’endroits sont rétrogrades et réactionnaires.

Nous pensons nécessaire de montrer le Coran avec les autres religions monothéistes pour ce qu’il est : une religion essentiellement patriarcale, fixant des mœurs et une répression sexuelle propre à ce régime patriarcal.

La question n’est pas de démontrer la supériorité d’un quelconque « discours occidental » , mais de montrer qu’en soi, l’élément identitaire islamique n’est pas et ne saurait en aucun cas être une alternative aux logiques de domination.

Nous sommes d’ailleurs sceptiques devant certaines accusations de racisme de ces libertaires : Michel Onfray, Charlie Hebdo, si ils sont critiquables par la place qu’ils occupent dans la pseudo-intelligentsia, sont ainsi assimilés à une pensée raciste à peu de frais. On reconnaît bien ici la logique de la chasse aux sorcières, puisqu’il ne sera pas la peine de démontrer que ces gens sont effectivement racistes par leurs discours (qu’on aurait du mal à produire), mais par les seules intentions qu’on leur prête au nom d’une logique inventée par les mêmes accusateurs, que l’ont peut résumer par l’équation « critique de l’islam=racisme ».

Bien que ce texte nous parle de dépasser les oppositions et les divisions spectaculaires, il n’a visiblement pas bien compris quels sont les tenant de cette division, ni comment elle est produite. Nicolas Sarkozy n’a pas hésité pas à serrer les paluches aux ecclésiastiques, au recteur de la mosquée de Paris, a encourager les religions diverses, et ensuite souffler sur la flamme de l’islamophobie pour rassurer le « français moyen » menacé dans son identité. La réalité du pouvoir n’est pas d’être proprement « islamophobe », mais de jouer sur les 2 parties.
L’islamophobie se déploie il est vrai comme une division spectaculaire, visant les masses à s’affirmer par de fausses identités.

Il n’ y a pas pour nous, de choix à faire entre une idéologie nationaliste et raciste d’un côté, et une position en faveur de l’islam en tant qu’élément identitaire des opprimés de l’autre. L’intelligence consiste à reconnaître cette opposition là où le pouvoir la met en scène, et à la dénoncer, et non pas à se placer pour l’une ou pour l’autre en vertu de positions stratégiques illusoires.

Cette position pro-islam déguisée participe d’ailleurs à l’assimilation entre arabes et musulmans, au lieu de la critiquer. On essentialise ici un peuple en pratiquant ce déterminisme religieux-identitaire. On fait peu de cas des arabes athées ou en conflit avec leur univers religieux. Il n’est pas suffisant de dénoncer l’influence du salafisme dans le mahgreb et machrek. Au-delà des groupes les plus fondamentalistes, c’est l’ensemble des peuples de ces pays qui est traversé d’éléments idéologiques, de partis, d’opinions contradictoires, hésitant entre révolution sociale et positions identitaires-religieuses.

Nous soutenons qu’il faut permettre à cette critique de s’exprimer et l’encourager, telles que le font certain-e-s féministes, militant-e-s laïcs ou progressistes (qui sont par ailleurs souvent musulmans) dans ces pays, qui pointent courageusement l’oppression dans laquelle ces pays baignent et quel harcèlement et frustration sexuelle sévit dans ces pays, en relation avec l’application de certains préceptes du Coran et la pesanteur de l’Islam sur ces sociétés. Répression qui existe aussi dans les pays occidentaux sous une forme moins explicite et plus perverse mais qui ne se manifeste pas avec autant de pression sur les femmes et n’exige pas d’elles une soumission telle que dans beaucoup de pays musulmans.

Nous disons donc, en quelque sorte, que les libertaires de cet appel ont lâché la proie pour l’ombre, c’est à dire la critique de l’aliénation religieuse, dans laquelle a pu prendre sa source la vénération de l’argent et la soumission au capitalisme, pour une prise de position circonstancielle et dangereuse, en l’occurrence la défense de l’islam sous prétexte qu’en tant que religion originaire d‘Afrique et appartenant à des minorités opprimés (or ce cliché est faux), sa critique relèverait forcément de l’affirmation d’un esprit européen néo-colonialiste et raciste.

Qu’en est il en réalité de ce genre de raisonnement ?

Pour tenter d’y voir plus clair, voici une remarque sur l’utilisation que font les rédacteurs “libertaires” de l’appel contre l’islamophobie d’un passage de Frantz Fanon, penseur connu pour son engagement radical contre le colonialisme et son implication dans la guerre de libération d’Algérie qui les met en face de leurs incohérences, de leur mensonges conscients ou non, voire d’un procédé de manipulation.

L’utilisation qu’ils font de la citation de Frantz Fanon dans les Damnés de la terre est un contre-sens complet. Pour toute personne sachant lire, cette citation est plus qu’ambigue, même limitée et présentée dans le cadre de leur texte :
”Ce langage voudrait aussi imposer une assignation : tout arabe, tout africain, ou parfois tout être, ayant l’islam comme part de sa culture et comme part de son histoire serait un être essentiellement réactionnaire, fondamentalement religieux, et donc incompatible avec les principes fondamentaux républicains - principes par ailleurs complètement désincarnés, qui ne servent que pour justifier cette exclusion. Comme l’a montré Frantz Fanon, « Le colonisé réussit également, par l’intermédiaire de la religion, à ne pas tenir compte du colon. Par le fatalisme, toute initiative est enlevée à l’oppresseur, la cause des maux, de la misère, du destin revenant à Dieu. L’individu accepte ainsi la dissolution décidée par Dieu, s’aplatit devant le colon et devant le sort et, par une sorte de rééquilibration intérieure, accède à une sérénité de pierre. »”

On va pouvoir constater qu’ils essaient de mettre de leur côté un penseur qui va pourtant à leur encontre dans ce passage, qu’ils tentent de réinterpréter maladroitement.

Dans l’utilisation qu’ils en font, les rédacteurs de l’appel tentent de faire dire à Fanon que la religion des colonisés pouvait être un moyen de résistance aux colons en l’ignorant. Ainsi, la “sérénité de pierre” auquel accède le colonisé après s’être aplati devant le colon serait une qualité du colonisé qui lui permet de ne pas perdre la face devant l’oppresseur...

Mais, à la lecture des Damnés de la terre, on peut être plus que dubitatif de leur interprétation. On se rend compte que Fanon dit exactement le contraire, étant pour le moins critique envers toutes les croyances magiques, religieuses ou attitudes pseudo-contemplatives dans le contexte de l’occupation coloniale.

Voyons déjà ce qui se trouve juste avant cette citation : Fanon dans cette partie parle justement des obstacles et échappatoires que trouvent les colonisés pour déverser leur violence et ne pas affronter les colons : luttes fratricides entre clans, autodestruction collective très concrète dans les luttes tribales, conduites qui toutes confortent la position du colon.

”Tous ces comportements sont des réflexes de mort en face du danger, des conduites-suicides qui permettent au colon, dont la vie et la domination sont consolidées d’autant, de vérifier par la même occasion que ces hommes ne sont pas raisonnables.”

Puis, dans ces obtacles à la prise de conscience, suit aussitôt après, dans le même paragraphe, la religion et les croyances, qui correspondent au passage cité par les rédacteurs de l’appel de bboykonsian :
« Le colonisé réussit également, par l’intermédiaire de la religion, à ne pas tenir compte du colon. Par le fatalisme, toute initiative est enlevée à l’oppresseur, la cause des maux, de la misère, du destin revenant à Dieu. L’individu accepte ainsi la dissolution décidée par Dieu, s’aplatit devant le colon et devant le sort et, par une sorte de rééquilibration intérieure, accède à une sérénité de pierre. »”

Voilà qui ôte toute ambiguïté au sens de ces paroles. Poursuivons sur ce qui vient un peu après :

”Un pas de plus et nous tombons en pleine possession. Au vrai, ce sont des séances de possession dépossession qui sont organisées : vampirisme, possession par les djinns, par les zombies, par Legba, le Dieu illustre du Vaudou. Ces effritements de la personnalité, ces dédoublements, ces dissolutions, remplissent une fonction économique primordiale dans la stabilité du monde colonisé.
On assistera au cours de la lutte de libération à une désaffection singulière pour ces pratiques. Le dos au mur, le couteau sur la gorge ou, pour être plus précis, l’éléctrode sur les parties génitales, le colonisé va être sommé de ne plus se raconter d’histoires.”
[...]
”Nous avons vu que cette violence, pendant toute la durée de la période colonialme, quoique à fleur de peau, tourne à vide. Nous l’avons vue canalisée par les décharges émotionnelles de la danse ou de la possession.”

etc, etc... Les passages où Fanon se montre plus que critique envers la religion, les croyances diverses et leur rôle dans le maintien d’un système de domination (en l’occurrence colonial ) ne manquent pas...
Par un tour de passe-passe, les rédacteurs, qui sont malhonnêtes ou ne savent pas lire, ou plus probablement un peu des deux, essaient de s’en servir pour arriver à leurs fins : la religion comme élément d’identité et de résistance face à l’oppresseur chez les minorités, donc qu’il ne faut pas critiquer.
Fanon peut donner un rôle à tous ces éléments de croyance religieux ou magiques dans la formation de l’identité culturelle et populaire de la nouvelle nation indépendante post-coloniale. Mais il les comprend d’abord, dans le contexte qui est celui colonial, c’est à dire dans un contexte d’oppression, comme un obstacle à la prise de conscience et à agir contre le vrai ennemi. Et il n’est absolument pas contre la critique des religions et rien n’indique dans ces écrits qu’il assimile la critique des croyances et religions de peuples opprimés systématiquement à des principes vides d’oppresseur ou de raciste.

Dans “L’an V de la Révolution algérienne”, Fanon tient des propos qui peuvent plus facilement être exploités pour aller dans le sens d’une résistance identitaire face à l'oppresseur colonial. Il a pu en être ainsi des femmes voilés en Algérie, élément d'affirmation de la nouvelle culture nationale face à la propagande française pour développer un comportement à l'européenne chez les femmes algériennes.
La réalité du voile comme affirmation d'une identité algérienne propre à cet instant face à la culture coloniale, c'est à dire son rattachement à un élément participant à l'affirmation de la nation révolutionnaire face aux forces colonialistes, ne doit pas faire oublier la nature d'origine religieuse du voile et le statut inférieur de la femme qui est explicitement décrit dans le Coran. (ex : Sourate II, verset 228 : "les maris sont supérieurs à leurs femmes".) Qu’un élément religieux ou culturel prenne à un moment donné un sens concret de résistance à l’oppression ne signifie pas que cet élément soit subversif ou révolutionnaire en soi. Sa nature profonde peut même être contraire à ce sens, tel le cas du voile. Encore une fois, ceci ne peut se comprendre en dehors d’un contexte historique particulier. (Ce dont Fanon était bien conscient).