Essayes encore

Mis a jour : le vendredi 12 avril 2019 à 02:15

Mot-clefs: Racisme
Lieux: nddl ZAD

Texte écris par des personnes subissant personnellement le racisme d'Etat suite à des agressions physique de Blanch-e-s privilégié-e-s de la ZAD qui étouffent le cri de l'antiracisme politique sur la ZAD de NDDL. 

 

 

essaye encore!

Nous sommes des gent.e.s issues des migrations forcées engendrées par la colonisation qui n'a jamais cessé de coûter la vie de nos sœurs et frères qui brandissent le fer de lance de la dignité et de la justice. Les violences coloniales continuent, nos corps sont enfermés, dans les prisons comme à l'extérieur, et maltraités au quotidien.

Nous vivons les descentes musclées de la police raciste dans nos demeures, les rues, les cellules de prison et les commissariats. Ces agressions ont lieu parce que nous refusons leurs règles, mais aussi, parce que les africain-e-s et afro-europée-ne-s seraient des humain-e-s à qui on aurait le droit de faire ça.

Nous sommes touché-e-s en premier lieu par la précarité du logement et vivons quotidiennement sous les menaces d'expulsions aux motifs que nous ne pouvons plus payer leurs loyers, squattons des lieux abandonnés ; en bref, parce que nous ne nous soumettons pas à ces riches Blanc-he-s qui se prétendent nos maîtres les armes à la main.

A la ZAD, certaines Blanc-he-s privilégiées se prétendent aussi être nos maîtres et usent de la force pour nous imposer leurs lois.

Mais nous ne fermons pas nos gueules!

Alors, comme les polices racistes, ilselles ont débarqué un matin en force, avec le même regard haineux que les Pigs et ont agressé physiquement un de nos frères en le menaçant de l'expulser sous 24h s'il ne quittait pas sa maison, lui affirmant qu'il n'était pas « chez lui » ! Ce n'est pas la première fois qu'un-e de nos sœurs et frères subit des agressions physiques à la ZAD.

Ces comportements, trop souvent tolérés, sont pour nous invivables et aucun-e des nôtres ne devrait avoir à les subir. Ces agresseur-euse-s bénéficient d'une solidarité blanche consciente et inconsciente, active et passive.

Passive comment?

Imaginez que vous débarquez à la ZAD et qu'on vous parle d'une personne n'allant « pas bien ces derniers temps »  qui porte un « blase » de langue non-européenne qu'on use d'adjectifs tels que « dangereux » ou « agressif » pour parler d'elle. Il devient alors plus facile de succomber aux clichés et penser que certes c'est une personne racisée et comme d'autres elle « ne doit pas aller super bien en ce moment » et c'est potentiellement vrai qu'elle ait pu devenir hostile.

En conséquence, de nombreuses personnes Blanc-he-s croient leur propagande selon laquelle notre frère serait « dangereux », un « menteur », un « manipulateur » et « les insulterait tout le temps ». Ces mots révèlent le fonds de racisme intégré de leurs actions .

Dans le cas où l'on penserait que ça ne va pas et qu'il y a quelque chose qui cloche, les personnes d'en face nous rappellent que même dans le prétendu milieu militant le racisme y est propagé. Mais ça va encore moins bien lorsqu'on ressent la difficulté de vivre la pression d'être seul.e face à des personnes qui doivent prendre conscience de leur racisme et d'entamer cette œuvre qu'est la déconstruction. La pression est telle qu'on a l'impression qu'il faut recourir à la violence ou à des moyens aliénants pour ne pas la recevoir. En évitant ainsi de « s'aliéner » nous pouvons estimer que ça reviendrait à ce qu'il y ait une sorte de pacte psychologique où la personne se dit « cette situation serait aliénante à mon Être et mon ressenti. Or je peux l'éviter très facilement en marchant sur les chemins tracés par la Norme et garder ces situations pas si claires pour des gens qui ont la peau pour! »

Face à ça, que faire? Partir et se taire? Ou au contraire s'autodéfendre? Devons nous rester pacifiques ou renvoyer la violence à nos agresseur-euse-s?

L'histoire de nos luttes a démontré que seul l'usage de la force légitime, que nous appelons aussi Intelligence, fait tenir en respect nos oppresseur-euse-s.

Aussi, organisons-nous pour s'autodéfendre et répondre à leur violence la prochaine fois qu'ilselles agresseront l'un-e des nôtres!

Commentaire(s)

> .

Je pense que psychiatriser les gens est un problème en général ... je vois pas trop le rapport avec la couleur de la peau des gens, parce que je trouverai pas ça mieux si on psychiatrisait quelqu'un qui a la peau blanche, rouge, violette, bleue ... au passage, c'est la plupart du temps plutôt les femmes qu'on psychiatrise pour les décrédibliser, utilisant des stéréotypes sexistes.

Ceci dit, pour l'avoir vécu, je pense que les gens qui ont des problèmes psy, qui les rendent agressifs, doivent régler ça, sans penser que les gens autour vont subir leurs problèmes sans broncher ... et certains ont parfois des raisons d'avoir des problèmes, à cause de traumatismes, etc, mais ça ne change rien au fait que le milieu n'est pas une infirmerie, où ceux qui vont bien doivent subir les crises de ceux qui ne vont pas bien, simplement parce qu'à un moment il faut arrêter d'infantiliser et déresponsabiliser les gens ... parce que laisser quelqu'un emmerder tout le monde sous prétexte qu'il serait "inférieur" (pour moi c'est ce que je comprends quand on tolère chez quelqu'un ce qu'on ne tolèrerait pas chez ceux qu'on considère comme ses égaux), ça s'appele du paternalisme, et au final je crois que c'est ça le racisme, de se dire que les gens qui ont une autre couleur de peau ou origine ne sont pas capables d'avoir les même valeurs/comportements que soi.

> -

De nombreuses personnes "blanc-he-s" sont aussi de votre coté

> Fight the power.

J'ai l'impression que pas mal d'agressions sur place touchent également des dits blanc(he)s. Il faut faire gaffe à ne pas caractériser de racistes des agressions qui ont sur ce coup là d'autres ressorts. C'est là les limites des lectures décoloniales. Le pouvoir a mille visages et milles couleurs. Quant à "l'antiracisme politique", vu qui en porte l'étendard politique justement, il faut s'en méfier comme d'une peste à la fois politique et identitaire. Bien évidemment, si des relents racistes accompagnent ces agressions, il faut les mettre à jour. Et il y a bien des réflexes racistes ou paternalistes qui traversent les milieux radicaux, et sans doute la zone. Mais ça me semble dangereux de les dénoncer là où ils ne sont pas prégnants.

Sinon, solidarité bien évidement.

Un anarchiste.

> Soutien et reponse

Merci pour l'article et courage !
Les commentaires sont tellement a côté :s
"quon soit blanc, bleu violet" ; cimer la decontextualisation et la phrase typique de blanc.hes qui sert toujours à noyer le poisson ><
"c'est plutôt les femmes qu'on psychiatrise" : et les femmes racise.es c'est pas des femmes ? Et l'histoire des pathologisations féminines s'est largement faite par delà des expérimentations médicales sur le corps des femmes noires (cf Elsa Dorlin, la matrice de la race)

Les autres commentaires, en mode puéril comme si les personnes se victimisaient pour le plaisir... Oui des personnes racisees privilégiées y en a mais dans d'autres axes, ça les empêchera pas de subir ton racisme, en fait y a pas à savoir qui est plus ou moins fort mais a deconstruire tes attitudes oppressantes ! Idem pour le dernier commentaire qui relativise, yaura toujours un écart entre les personnes qui luttent dans des quartiers et celles des zad, et yaura toujours une majorité de blanc.hes dans les zad tant quil ya pas une deconstruction en profondeur du racisme, qui transcende tout les milieu, même les milieux de gauche, anar etc. En fait a partir du moment où ya des groupes sans quasiment aucun.es personnes racisees faut se remettre en question en tant que groupe et prendre le pb en main pour pas laisser ce genre de violence se produire ds des environnements quon' veut engagé et inclusif. Le safe space va jamais de soi, il se gère collectivement au quotidien..

> En peu de mots : Autoritarisme

Ni la psychiatrisation, ni la racisation ne semblent expliquer l'autoritarisme de la zone

> merci à soutien et réponse

salut,

je te remercie beaucoup pour ton message de soutien et je suis 100% d'accord avec toi. ne pas se poser la question lorsqu'il n'y a pas de personne racisée dans un collectif est déjà un problème lorsqu'on observe qu'entre les migrations forcées successives et les générations nées sur le territoire, il y a un peu près 20% de la population racisée, tandis que dans les zad et les milieux dits libertaires et "antiracistes" (lol), il y a à peine 2% de racisé-e-s et ce n'est pas pour rien.
je ne m'attache plus à leur réaction puérile et niant le pro blème. j'espère un jour te croiser. take care of you.

> Soutien

Bravo pour ton courage et ta persévérance ! Les commentaires naïfs et puérils, ne sont que le reflet de celleux qui ne veulent rien voir, parce que cela les arrange. Ils sont à vomir de prétention à "supériorité", qui ne peuvent l'être que par l'attachement que l'on y prêtes. je regrette de ne pas avoir été informée plus tôt de cet article magistralement écrit. Soutien vers toi et vers celleux qui continuent à la zad et partout ailleurs