[Film II] NddL, la reconquête (2018)

Mis a jour : le lundi 28 janvier 2019 à 20:13

Mot-clefs: Archives Répression contrôle social aéroport notre-dame-des-landes / squat logement anti-repression
Lieux: zad™

Suite au chapitre "ZAD" du road-movie Messa Guerrillera [Florent Tillon feat. Parti Imaginaire, 2017], j'ai encore la honte -d'autrui- de vous présenter maintenant "Notre-Dame-des-Landes, la reconquête", un documentaire qui pourrait bien s'appeler "Behind the scenes: Légalisation de la ZAD", et qui a fait parler avant sa sortie - grâce à la meilleure décision des institutions, ne pas financer une merde pareille avec des acteurs aussi nuls et malhonnetes avant que l'histoire soit finie.

Sous la lumière des récents évènements et de ses points-de-vue radicalement opposés, je souhaiterai que les possibles réflexions dans les commentaires en bas ne se tournent pas vers les actions de répression interne à la ZAD mais vers des expériences qui ont rompu ou pourraient rompre avec ce qu'on vie aujourd'hui dans les luttes qui se font institutionaliser.

Aujourd'hui, l'exemple qui reste aux jeunes "militant.e.s" qui ont cru à la ZAD pour résoudre "collectivement" leurs soucis dans leur communauté, c'est de faire le même ou pire que l'Etat, ou directement chercher à s'associer avec. Dans toutes les luttes qui comprennent la lutte contre l'autorité, coupons les liens avec l'état, faisons tomber les bureaucraties gauchistes ou neo-marxistes.

Aujourd'hui, des groupes qui prétendaient "l'autogestion" - comme Abracadabois - s'associent aux institutions locales (mairies, services de la chambre d'agriculture) pour s'accaparer des terres et bois d'anciens paysans solidaires dans la Loire-Atlantique. Plus jamais du sang déversé pour des bourgeois, qu'ils soient intelectuels cosmopolites ou paysans neo-ruraux.

Aujourd'hui, c'est bière bio, promenade dans la prairie et possiblement un cabas de produits made-in ZAD pour la préfecture - d'ailleurs , quelle belle aprés-midi pour un suicide collectif. Plus jamais des copains en taule pour la cause des traîtres, feu aux délégations, chefs et les avant-gardes qui vont avec.

Et tant que ça durera, les luttes en fRance ne seront qu'un remake de
Notre-Dame-des-Landes, la reconquête

[Lien vers libertaire.net, téléchargement direct ici]

Commentaire(s)

> sémantique

l'auteur de cet article sait-il bien ce que veut dire "cosmopolite", et connaît-il l'usage politique qui en est habituellement fait ?

breizh info vient-il désormais écrire directement sur indymedia les articles qu'il rempopera ensuite ?

> Remerciements sincères

Le parquet de Loire-Atlantique, ainsi que les différents services de renseignement (BRI, DCRI et DGSI), remercient chaleureusement Indymedia ainsi que ses contributeurs pour toute leur aide qu'ils ont apportée dans le cadre des enquêtes diligentées contre les personnes qui s'organisent. Nous sommes particulièrement fiers d'avoir si facilement utilisé les divergences du milieu militant à nos fins. N'ayez crainte, Indymedia ne fermera pas, ce site nous est d'une aide trop précieuse.
Chaleureusement,
A bientôt dans nos bureaux.

> haha

Comme d'habitude "les personnes qui s'organisent" (comprendre: sur les dos des autres, en bon petits coucous) laissent des petits commentaires pour faire croire que l'anti-répression justifierait l'omerta sur leurs pratiques dégueulasses de petits mafieux. Chuuuut surtout ne dites rien, laissez nous faire nos crapules.

Quand bien même ce sont des pratiques, et pas des personnes, aucun nom, qui sont dénoncées.

Par contre rien quand leurs potes de lundi.am et de la ZAD publient des communiqués de poukaves.

> Trop facile

Et donc, aider la police dans ses enquêtes en mettant ses ptits commentaires sur indy, ça devient acceptable? Le pire est que ce genre de pratique ne sont pas des preuves, mais les flics s'en serviront.
Faut arrêter de dire "bah les dominé-e-s ont bien le droit de porter plainte, c'est le seul truc qui leur reste" (évidemment qu'il ne s'agit pas de dire qu'il est interdit dans les milieux militants de porter plainte...), c'est déplacer le débat.
Je trouve juste assez marrant que la seule chose qui vous parait intelligent de faire, c'est rager sur indy, exactement comme des gens ragent uniquement sur les réseaux sociaux. Caler ses ptits comm au calme, c'est vraiment la bassesse même, c'est lâche, c'est trop facile, et ça alimente le dossier d'instruction. Et franchement, c'est pas les comm de balance qui font avancer le débat (parce que tout le débat autour de l'exclusion selon les comportements n'est pas tranché et il ne doit pas être évité, ça c'est vrai).

> De rien

De rien le parquet de Loire Atlantique.

On l'a vraiment pas fait pour vous, et on veux pas compter sur vous pour nous proteger. Mais si vous vous servez de ce qu'on dit pour radier les policiers violents, arretez les violeurs ou empecher des gens de nous enfermer dans des coffres, on ne va pas pleurer non plus.

Pssst ! Vous voulez une info ? Il parait qu'une compagnie de CRS fout le bordel en boite de nuit, vous voulez pas envoyer la Bac leur taper dessus ? Pas besoin de dire merci, l'info était gratuite ;-)

> mauvaise foi

Tu veux bien me montrer quels commentaires aident la police? Parce que là j'en ai pas trouvé, pas de noms, rien. Des pratiques dégeu ouais.

Et donc tu trouves normal par contre que des gens puissent se comporter comme ça et qu'il ne faille rien dire?

Est-ce que tu appelerais les anarchistes qui dénonceaient les pratiques autoritaires suite à la prise du pouvoir des blocheviks en Russie comme des poukaves? Parce que pour moi le parallèle est assez juste.

Si les personnes n'agissaient pas comme des agresseurs ultra-autoritaires, en fait on aurait même pas cette discussion.

En tout cas je suis pas pour l'injonction a fermer sa gueule contre des crevures, au pretexte qu'ils seraient supposement du meme camps que moi. Des gens qui agissent de cette facon ne le sont certainement pas. C'est juste parce qu'iels assument pas leur merde, ca vend moins que les films romantiques à deux balles.

Et je parle pas de donner des noms et des cibles à la justice de l'état, simplement de révéler que les pratiques de certains sont bien loin du rêve qu'iels essayent de vendre. Je participerais pas à leur petite entreprise de communication en me taisant.

> institutionalisation

"Sous la lumière des récents évènements et de ses points-de-vue radicalement opposés, je souhaiterai que les possibles réflexions dans les commentaires en bas ne se tournent pas vers les actions de répression interne à la ZAD mais vers des expériences qui ont rompu ou pourraient rompre avec ce qu'on vie aujourd'hui dans les luttes qui se font institutionaliser."

c'est raté visiblement...
en même temps pas facile d'en sortir tu reconnaitra !

> Cosmopolice alors

C'est pas moi qui choisi les commentaires des autres.
Par contre ça me parait incroyable que ça soit les soutiens des recemment arreté.e.s qui la rammenent. Ils et elles pourraient avoir tellement a gagner de reconnaitre des tords de la demarche admninistrative (et de ses consequences réelles), mais preferent de pinnailler contre tout ce qui les questionne pour les salles crasses qu'ont été faites.

En relation à l'usage du mot 'cosmopolite', ça a une raison - qui n'est pas péjorative ni positive- de son usage.. Ainsi comme intelectuel, paysan, et neo-rural ne sont pas des pejoratifs du tout.
Mais si tu preferes des intelectuels de la cosmopolice, on peux ecrire aux modos pour le rectifier.

La critique est une arme, la hache aussi: faut pas nous inculper de vos ratés, regardez VOTRE documentaire et assumez. Moi j'assume de vous abandonner à votre sort, bien trop tard d'ailleurs!

> Anarchiste de salon

Alors, si tous les gens qui passent leur temps sur indy à déblaterer sur des oppressions et prise de pouvoirs imagées ou non, faisaient vraiment qqc.

À part être devant votre écran à écrire de la merde vous ne faites rien. Pour moi vous n'êtes ni des camarades ni même révolutionnaire. Vous n'existez plus.

Bye bye

> pour l'auteur

en réponse à ce que tu dis "moi j'assume". Je te signale que ton geste n'est pas du tout lié à celui d'assummer quoi que ce soit. Ecrire et décrire publiquement ses ressentiments pour finir par vivre et exister de ça, cela se rapproche plus d'un compportement malsain, issu surement d'un blocage existenciel. ça empêche de vivre pleinement les choses d'aller vers ce qui t'attire. La zad serait elle devenu une zone à ressassement ? une terre pour personne bloquée dans leur existence qui n'ont pour expression que leur frustrations ?

Non, abandonner des gens à leurs sorts, même si j'imagine qu'ils ne t'ont rien demandé vu comment tu t'acharnes à les enfoncer, c'est ce qu'on appelle de la lacheté.

> Excellentissimme documentaire

je n'ai pas perdu ma journée à voir ce chef d'œuvre, merci à l'autrice anonyme qui l'a posté-e.

L'épisode magistral de la visite de Nicole à la Riotière à la fin du reportage, m'a laissé-e sans voix ! Cette bonne vieille Nicole avec qui on ricane du futur succès de son miel estampillé «notre-dames-des-landes». «Vous allez faire un tabac, hin hin hin» s'écrie-t-elle, le sourire en coin, aux zadistes souriants, par cette belle après-midi pour un suicide collectif, comme dirait l'autre.

au loin on entend les cris des blessés qui résonnent encore dans les sous-bois voisins.

applaudissements, et générique.

bon je me suis étouffée avec ma tisane moi, merde.

j'ai noté deux ou trois trucs marrant à part ça :

Michel, maraîcher à la ferme des 100 noms, aux flics venus l'expulser, s'écrie:
« Vous avez pas de sens de la valeur des choses, la valeur du travail, parce que nous on a le sens du travail ici, de la valeur du travail !»
« Vous avez pas le droit messieurs !»

Willem, éleveur laitier, aux médias au troisième jour des expulsions:
« le but c'était le retour à l'état de droit, nous c'est ce qu'on demande aussi ! on est dans une procédure de RÉ-GU-LA-RI-SA-TION. […] des lieux comme les 100 noms, qui défendent le retour à la mise en conformité (sic)»

discussion entre agriculteurs de l'association Amelaza, les agriculteurs expropriés pour le projet d'aéroport:
« mais on s'en fout, s'il a pas d'projet, il dégage !
— Et apparemment à la saulce y a plus personne…
— Et tous les crassoux qui sont dans la maison au bout d'la route ?
— Ben il paraît qu'y a un projet !
— Non mais franchement c'est incroyable ! (pour une fois, on donnerait presque raison à ce sale con !)

Discussion épique entre un coach remplissage de fiche individuelle et un zadiste déclarant l'entreprise «les fosses noires»
« donc pour l'instant j'ai déclaré 44 hectares, virgule 3, hin hin hin
— après les assurances, est-ce que t'as une idée un peu de ce que tu veux mettre ou pas dans les assurances ?
— pour l'instant aucune.
— tu peux mettre 0 pour l'instant et on modifiera peut-être si tu assures ton troupeau
[…]
— après si tu t'installes sans aide de l'état, t'as pas de compta obligatoire !
— Ouais je sais… »

une zadiste, montrant le détail des parcelles utilisées avec noms des usagers et associations et description des usages:
«La description du projet, le truc que rêvait d'avoir le chargé de mission notre dame des landes de la préfecture pendant tellement d'années, la délégation nous a rapporté qu'il était vraiment ravi d'avoir enfin ce schéma-là.»
Mais attention, ils seront bien dupés, à la pref, parce que, comme elle le dit plus loin:
« Il y a une histoire qu'on raconte à la préfecture, et il y a une histoire qu'on se raconte à nous. Et c'est pas la même en fait.» Wow! on les a bien floués comme ça, on est des petits malins nous hein!

témoignage du zadiste qui est très doucement en train de se rendre compte que la préfète le prend pour un rigolo, et qui finira par inviter la préfète à une garden party 3 mois plus tard (voir plus haut et plus bas):
« on en revient à la situation de la première demande d'expulsion où on nous demande de signer avec le couteau sous la gorge systématiquement… Dès qu'il y a une demande de faire quelque chose c'est vraiment appuyé par l'armée qui vient mettre la pression. C'est pas des façons sereines de discuter et de trouver un accord, comme le prétend la préfecture, dans un climat apaisé et respectueux de tout le monde. Nous on est pas absolument dans ces dispositions-là»

quand on voit ça la première fois, on se dit oulala, ça doit être dur cette prise de conscience, courage à toi chouchou !

mais en fait, à la fin, ça se tape dans le dos et ça papote de souvenirs d'enfance avec Nicole, mais dis-donc, tu te serais pas un peu foutu de nos geules chéri chéri ?

« il y a aucun d'entre nous des 15 projets agricoles qui va signer une COP sous occupation militaire, c'est mort !»

Hihihi, houhou, on essaie d'impressionner ses petits copains en jouant au grand méchant radical avant d'aller faire tchin tchin avec la daronne à Calvin ? (klein, la blague c'est calvin klein)

et puis un éleveur qui compare les flics à «ses» animaux:
«entre bêtes vous devriez vous comprendre !», ce qui en dit long sur le mépris qu'il porte aux animaux qu'il exploite. Encore un qui est devenu éleveur parce qu'il «aimait trop les animaux», dédicace à Jocelyne Porcher, sale conne.

Discussion animée entre deux amis, ah non, entre un éleveur zadiste et un gradé de la gendarmerie:
« Faut pas jouer sur les mots, la violence elle vient de vous d'abord […] tant que vous êtes pas là y a pas de violence !
— Ah ben oui, parce que pour qu'il y ait des violences il faut qu'il y ait les deux camps…
— Ben oui, donc sans vous y a pas de violence alors !
— Et sans vous non plus ! hin hin hein ? Si vous n'êtes pas là, il n'y a pas de violence, non ?
— Ah mais oui, sauf que nous on était là avant vous, j'suis désolé !
— Vous êtes là chez vous donc ?
— Ah ouais je suis chez moi ouais, je suis beaucoup plus chez moi que chez vous en tout cas.
— Je suis pas sûr. Mais c'est un grand débat sur la notion de propriété, j'ai pas envie d'engager le débat avec vous. Parce qu'après sinon on est encore là ce soir et on sera pas d'accord. Je vous souhaite une très bonne journée»

Ensuite on a une belle séance de débarricadage par 5 jeunes zadistes qu'on reconnaîtra.

Puis vient quand même le pompon, la petite cerise sur le cake, le délice de fin de repas, une petite douceur en somme. Pe-ti-te visite de la riotière par ses habitants à rien de moins que la daronne à Calvin herself, en petit débardeur estival, avec sa clique en chemise cravate en plein cagnard. Didascalie: Nicole klein sirote un verre d'eau dans un écocup de zadiste, et demande le sourire en coin:
« C'est là que vous habitez ?
— Oui, dans une cabane qu'on a construite en 2014…
— et comment s'appelle ce site ?
— La riotière.
— Ah oui, la riotière
— donc au départ on a commencé à monter des serres et on peut aller voir, en buvant un verre d'eau parce que vous avez pas encore vu la température qu'il fera dans les serres hin hin
— hin hin
— ici tomates, poivrons courgettes, et des concombres.
— et vous les vendez ?
— là pour le moment c'est essentiellement distribué sur la zad, mais à terme évidemment qu'on aimerait pouvoir en vivre.
[…]
— et le miel, vous le vendez sur les marchés votre miel ?
— ben on espère mais cette année avec le printemps compliqué qu'on a eu et…
— Ah ouais ? ouais… (Nicole klein fronce les sourcils et regarde au loin, pensive, « le printemps ? ben… mais le printemps non, c'était plutôt trankil le printemps, ou alors on a pas vécu le même»)
— Moi j'espère sincèrement qu'en 2 ou maximum 3 ans on arrive à la centaine de ruches [pour le moment amalia, cette jeune zadiste api-entrepreneuse disruptive de la startup nation en marche n'en a que 2, mais elle sait voir loin] qui nous permettrait de…
— Vous vendez votre miel sous l'étiquette miel de notre dame des landes, vous allez faire un tabac là hin hin hin hin
— ah ouais y a moyen hhann hin hin
(autre zadiste) — même en vendre direct à la préfecture, hein, y a du personnel, c'est…
(Nicole) — hu hu hin hin hin haha
(la rioteuse) — y a bien des fournisseurs officiels de la préfecture… hin hi hi hou hou haahahaha hein hein hum.
[…] — ben merci au revoir
(la rioteuse) — avec plaisir»
bla bla bla…»

Allez, on s'en lasse pas ! et comme le dirait ce bon vieux Michel des 100 noms, «c'est révoltant» !

> Commentaire insultant

Un commentaire insultant a été masqué.

> -

Ceux de la milice de la zad sont choqué-e-s que la milice du gang nommé ""l'état de la république françois"" soient plus fort-e-s qu'elleux ...

Iels réclament du soutien ?!

> exploitation

Tout le monde devrait pouvoir vivre de son travail, mais aucun travail ne devrait consister à faire commerce de la vie, de la souffrance et de la mort d' individu?e?s.

Certaines personnes de NDDL font subir une oppression aux animaux (éleveurs de lait, miel) et se plaignent ensuite de l'oppression qu'ils subissent ?

A moins que l'oppression ne soit pas grave quand elle est subie par des non-humains ?