Au-delà des passe-montagnes du Sud-Est mexicain

Mis a jour : le lundi 11 janvier 2016 à 15:43

Mot-clefs: Genre/sexualités Art/culture Resistances -ismes en tout genres (anarch-fémin…) libérations nationales
Lieux:

Au-delà des passe-montagnes du Sud-Est mexicain

L'indien comme marchandise
De l'usage médiatique de Marcos
Des révoltés sans terre au Brésil (au sud du Chiapas)...

Sylvie Deneuve, Marc Geoffroy et Charles Reeve

En guise de présentation
Les communautés indiennes : mythe ou aliénation
La révolte des "nouveaux pendus"
De Mao à Marcos : la réussite de l'EZLN
La démocratie indigène à l'heure des réseaux Internet
Les intérêts de Dieu et le ras-bol des femmes
La question de la terre : l'EZLN entre occupations et négociations
Les patriotes contre le néo-libéralisme, ou les impasses de l'EZLN
L'avenir a toujours un visage

Annexe 1 :
A propos de "la solidarité avec les zapatistes"
Annexe 2 :
L'"indigénisme" et le pouvoir
Un trafic politique et commercial au nom du peuple - ou comment l'"indigène" devient une balle que les politiques se renvoient et une nouvelle marchandise de plus
Annexe 3 :
De l'ambivalence des relations du sous-commandant avec les médias...

Bibiliographie

Ce texte a été édité en brochure par Ab irato en juin 1996, dans la Collection Brève/météorite.

https://sites.google.com/site/comuneiro/home/ezln/reeve

 

(..) "La nature bureaucratique de l'EZLN se traduit, entre autres, par le contrôle de la parole. Les voix des révoltés du Chiapas se réduisent à une seule voix, qui parle et écrit au nom de toutes les autres. Que des bourgeois de la gauche-caviar défendent Marcos au nom d'une conception élitiste, cela n'est point étonnant. Il serait un " artiste " et " le meilleur écrivain latino-américain d'aujourd'hui ", le représentant " d'une poignée de jeunes gens bien doués ". "Il (Marcos) ne parle pas à leur place, il transforme ses compagnons en personnages de conte ou de nouvelle. Avec cette subjectivité affichée mais collective, il invente une nouvelle façon de dire je qui résonne avec le nous sans s'y substituer, un je ouvert et mutant que chacun peut reprendre à son compte et prolonger à sa façon. (34) ". Les militants enthousiastes se sentent parfois gênés par le spectacle du sous-commandant. Ils redoublent d'efforts pour nous rassurer, garantissant que Marcos ne parle pas à la place du peuple, dont il ne serait que le porte-parole. Il n'y aurait pas de danger de caudillisme. Mais comment reconnaître la parole du peuple si l'on n'entend que Marcos? Seul Marcos le peut, bien sûr! Et l'on tourne en rond. D'autres, enfin, ne craignent pas le relent de totalitarisme et expliquent que : " Le masque dit que tous peuvent parler par la bouche d'un seul. Le masque dit que personne n'est irremplaçable. (35) " Puisque tout le monde est égal, ajouterions nous avec cynisme. De son côté, le sous-commandant se justifie : " ce qui est nouveau ce n'est pas l'absence de caudillo; ce qui est nouveau est le fait qu'il s'agit d'un caudillo sans visage. " (36) Pour nous, bien entendu, l'anonymat du chef n'est pas la fin du chef, c'est au contraire la forme abstraite de l'autorité. Le culte du héros n'est pas dépassé, il se manifeste sous sa forme pure. La modernité s'offre à nous sous la forme d'une caricature du passé : on croyait avoir liquidé l'avant-gardisme bolchevique et l'on se retrouve avec l'avant-gardisme de Zorro. L'EZLN c'est le dirigisme en passe-montagne démocratique." (...) https://sites.google.com/site/comuneiro/home/ezln/reeve