Notes africaines (2)

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Lundi 31 janvier

Je continue mon périple africain avec mes amarades porte-paroles des Collectifs de sans papiers parisiens; le"s choses sérieuses commencent...
Ce matin trois rendez-vous sont prévus;

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À l'ambassade de France;

La délégation à l'ambassade a tourné court; un sous fifre a pris le dossier concocté par les camarades accompagné d'un traditionnel « on vous contactera ».

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Au ministère des maliens de l'extérieur

La délégation de 8 personnes a été reçue par le secrétaire du ministre et son assistant; la question posée était claire. Pourquoi des maliens étaient-ils expulsés en l'absence de document officiel de sa nationalité sinon grâce à la complaisance de certains personnels du consulat qui délivrent les laisser-passer à deux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas leur graisser la patte. Nous avons rappelé à cette occasion que le Mali avait été un des seuls états africains à avoir refusé de signer les accords bi-latéraux avec Mr Hortefeux lors de sa tournée africaine. Il faut dire que l'argent des expatriés, c'est plus de 20% de l'économie malienne; nos camarades, par leur travail, font vivre leur village et certain financent les écoles et les dispensaires du pays. Alors évidemment les autorités sont un peu coincées. D'un côté, les exigences de l'État français et sa puissance économique et politique; de l'autre, des expatriés qui assurent plus du cinquième des ressources et ont le soutien de la population. Difficile pour les politiciens locaux de se laisser acheter au risque de se mettre à dos toutes les forces vives du pays. Par contre, dans les ambassades et consulats, les fonctionnaires franchissent facile le pas et rackettent les maliens ayant eu la malchance d'être tombés dans les pattes de la police française.

Le secrétaire a admis que le ministre était au courant de ces pratiques (une façon d'avouer qu'elles étaient courantes) et qu'il avait déjà communiqué les informations au ministère des Affaires étrangères qui dirige les ambassades. Celui-ci « après enquête », n'aurait décelé aucune anomalie, ni corruption au consulat de Paris!

Pour conclure cet entretien, la délégation a convenu avec le secrétaire que les camarades des Collectifs alerteraient le ministère de toute arrestation et tentative d'expulsion d'un ressortissant malien et de toute délivrance de laisser-passer par le consulat

Suite à cette entrevue, il a été décidé que toute arrestation serait automatiquement signalée avec copie faite pour la radio Kayïra, très écoutée à Bamako et au parti SADI -Solidarité Africaine pour la Démocratie et l'Indépendance-. Le gouvernement malien se trouvera ainsi au pied du mur et ne pourra plus feindre l'ignorance de la corruption dans ses consulats.

L'objectif de cette rencontre a donc été atteint et nous avons rejoint l'ensemble de la caravane pour le rassemblement prévu à la maison des jeunes.

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Une manif en direction de la maison de l'Europe avec l'ensemble (?) des

composantes de la caravane.

Sauf que vu le nombre de participants... ou bien je n'ai pas tout compris!

Manif dynamique, au son des tam-tam, pour signifier notre refus de cette Europe de la terreur.

Le soir nous avions rendez-vous à la radio pour une émission de deux heures; les camarades parisiens ont pu expliquer les motifs de leur venue; cette venue est dans la continuité de la marche Paris-Nice pour interpeller les chefs d'États africains sur les délivrances des laisser-passer consulaires qui légitiment l'expulsion des travailleurs africains; ce qui a fait dire à Sissoko que les états africains sont autant responsables de ces expulsions que l'État français. Les peuples africains et le peuple malien en particulier doivent exiger de leurs responsables politiques qu'ils refusent les laisser-passer et dénoncent les accords bi-latéraux signés avec la France ou de passer pour des vendus à l'Europe.

La radio a été aussi l'occasion d 'entendre un paysan qui alerte sur la situation des paysans chassés de leur terre au Congo, en Angola, au Burkina, …

Au Congo, le prétexte est qu'ils ne sont pas d'origine congolaise; après enquête, il s'est avéré que les trois-quarts des députés ne le sont pas non plus. Ils ont exigé, en toute justice leur démission et que toutes les lois votées sous leur mandat soient supprimées!

De même, tout un quartier de Bamako doit être rasé sur ordre du Président malien et c'est sa garde personnelle qui est chargée d'expulser les habitants.

Contre tous les particularistes, localistes qui parcellisent les mouvements au nom de leur autonomie, qui prônent un multi-culturalisme fantasmé, nous devons réaffirmer une commune culture de lutte. Un constat est que cette Afrique des luttes et qui s'organise pour ce faire, est bien vivante et réelle. Le champ de bataille est différent, elles sont des moments de la guerre sociale mondiale.

"Soyons touTEs des électrons libres et de notre union naîtra la bombe atomique sociale"
A+ dans les luttes; -pj49-

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