A Tours l'université veut des exemples: 16 étudiants grévistes en conseil de discipline

Mot-clefs: Luttes étudiantes/lycéennes
Lieux: Tours

A Tours, 16 étudiants grévistes sont convoqués à un conseil de discipline pour avoir apporté leur soutien et avoir été solidaires à des étudiants qui passaient un examen dont la plupart des cours n'avaient pas eu lieu. Lors de leur venue à cet examen, l'administration de l'université a fait venir la police dans les locaux de la fac et les étudiants grévistes ont subi un contrôle d'identité.

A la fin du mouvement universitaire de l'année 2008-2009 luttant contre la LRU, la mastérisation et le décret des enseignants chercheurs s'est posée la question de la tenue des examens.

Lors des AG, la position la plus largement suivie était de ne pas faire subir à tous les étudiants, mobilisés ou non, des examens dont les cours n'avaient pas été effectués dans les meilleures conditions. La Coordination Nationale Universitaire appelait à la non-tenue des examens. Des étudiants en L1 de sociologie sont venus faire part de leur inquiétude au sujet d'un de leurs examens, la plupart de leurs cours n'ayant pas eu lieu (ils avaient reçu des polycopiés considérés comme cours à part entière). Ils ont procédé à un vote au sein de leur classe et la non-tenue de l'examen l'avait emporté c'est pourquoi ils ont sollicité un soutien de l'assemblée générale. Soucieuses d'une égalité et d'une solidarité sans condition entre tous les étudiants de toutes les filières, certaines personnes se sont présentées au rendez-vous le 15 mai, afin de discuter avec l'enseignante et les étudiants présents.

Lors de notre arrivée, nous avons engagé la discussion avec l'enseignante, puis les étudiants sont arrivés peu à peu et ont pris part au débat. La discussion avec l'enseignante était tendue, car elle souhaitait absolument faire tenir son examen sans même consulter ses étudiants. Le débat avec les étudiants s'est engagé calmement, sans front d'aucune part, la plupart recevant positivement notre intervention et notre soutien. Le dialogue s'éternisant et la tenue de l'examen étant fortement compromise, l'enseignante est allée chercher la directrice de l'IUT. Celle-ci est arrivée et s'est engagée dans la discussion. S'en est suivie l'arrivée de messieurs Buron directeur de l'UFR arts et sciences humaines, Wolf responsable administratif de l'UFR arts et sciences humaines, et Barrère directeur de cabinet du président de l'université. La directrice de l'IUT et monsieur Buron ont débattu avec nous assez longuement et tout d'un coup, nous avons vu surgir dans le couloir et la salle une quinzaine de policiers en équipement anti-émeute. Nous étions surpris de n'avoir pas été poussés à partir par les responsables d'UFR présents plus tôt et étions prêts à partir dans le calme lorsque les policiers nous ont fermé les portes coupe-feu au nez et ont procédé à un contrôle d'identité de toutes les personnes restantes qui ne passaient pas l'examen, sous les regards placides de messieurs Buron, Barrère et Wolf. L'enseignante venait de nous dire qu'elle avait « hâte que des policiers et vigiles soient salariés de la fac » et qu'elle nous « méprisait ». Nous avons discuté vivement avec monsieur Buron, avançant qu'il était inadmissible que des policiers rentrent dans une université et qu'ils procèdent à un contrôle d'identité dans un établissement public où nous étions d'ailleurs tous étudiants et où nous pouvions circuler librement. Nous avons ensuite été escortés par les forces du désordre jusqu'au trottoir hors de l'enceinte de l'IUT.

A la suite de cet événement, nous avions appris par monsieur Buron qu'aucune poursuite ne serait engagée contre les étudiants contrôlés si aucune perturbation d'examen n'avait lieu ultérieurement. Une perturbation ayant eu lieu sur un examen de M1 de sociologie par les étudiants de cette classe, devions-nous donc tempérer toute personne qui souhaitait contester la tenue d'un examen? Ils ont d'ailleurs échappé de peu à un conseil de discipline.

16 d'entre nous avons reçu, environ un mois après cet événement, une convocation à un conseil de discipline les 25 et 26 juin à l 'UFR de droit.

Face à une criminalisation des personnes prêtes à lutter jusqu'au bout et qui ne veulent pas rentrer dans l'ordre tête baissée et accepter des conditions imposées par les nouveaux juges des universités,

face à une volonté des administrations de créer des exemples pour enterrer toute contestation,

Nous appelons à un soutien et une solidarité de l'ensemble de la communauté universitaire lors de ce conseil de discipline. Cela ne concerne pas seulement les convoqués, mais toutes les personnes ayant suivi le mouvement universitaire, car c'est le procès du mouvement dans son ensemble.

Conseil de discipline, le 25 juin à 14h au site droit, économie et sciences sociales, 50 avenue Jean Portalis , et le 26 juin à 9h30 sur le site de Polytechnique.

Nous vous invitons à transmettre l'information auprès de vos contacts. Nous vous remercions d'avance pour votre soutien.

Des étudiants convoqués. Le 21 juin 2009