Saint Barthélemy d'Anjou: expulsion du camp 7 oct.

Mis a jour : le jeudi 8 octobre 2020 à 17:05

Mot-clefs: squat logement
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Le petit campement installé sur le parking de la rue du patis en zone industrielle de Saint Barthélemy d'Anjou était le lieu d'habitation et de survie de nombreuses familles dont certaines avaient déjà été maintes fois expulsées (notamment du 22 rue du Maine à Angers ou de la région nantaise). Les caravanes étaient leur nouvelle maison, et l'organisation du campement participait à la solidarité de nombreuses personnes dont certaines étaient en demande de logement.

Surtout, la participation d'habitant-e-s du campement à l'économie locale via les emplois agricoles saisonniers constitue la légitimité de sa présence.

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Certes, ce dernier donnait lieu à la racisation institutionnelle habituelle et à un piètre racisme populaire, mais l'expulsion officielle du campement de ce matin du 7 octobre 2020, soit 24 jours avant la trève hivernale, est liée à l'application d'une décision de Justice correspondant à une demande d'expulsion de la mairie.
Pourtant, le lieu n'était pas un bâtiment mais un simple parking public, accessible, discret et très peu utilisé.

Après une impressionnante intervention de CRS et de policiers, les institutions se targuent de prévoir d'héberger des familles à l'hôtel après l'expulsion, celles qu'elles choisiront, en oubliant que de nombreuses fois ces hébergements n'ont été que temporaires et inadaptés en parallèle d'une privation de biens et de caravanes devenues lieux d'habitation.
D'ailleurs, la mairie d'Angers avait honteusement exigé à des familles démunies, de payer des frais liés au déménagement imposé de leurs biens et à leur destruction.

Et depuis de nombreuses années, la Préfecture, les mairies, et le Conseil départemental, ne s'appliquent pas à résoudre efficacement le sans abrisme sans permettre la dignité à toutes les personnes à la rue que ce soit par le logement ou par l'attribution d'un lieu alternatif viable. Encore une fois, l'expulsion ne fera que déplacer le problème !

Les frais publics très côuteux d'une expulsion pourraient justement servir à autant d'hébergements viables. Et ce ne sont pas les bâtiments vides qui manquent ! Qu'importe, les institutions s'entendent à bloquer le nombre de places d'hébergement d'urgence.

Surtout, le contexte politique national nauséabond contre les personnes pauvres s'attache à protéger les intérêts des plus riches en stigmatisant des populations entières jusqu'à criminaliser ceux et celles qui ne font qu'essayer de survivre en squattant.

En effet, la nouvelle loi proposée ne participe pas à un objectif sociétal normal de solidarité et de droit à la dignité, mais au contraire à renforcer les dispositifs de répression. Ainsi, sans passer par une décision de Justice, un Préfet pourra expulser de manière expéditive sans droit à la défense des concerné-e-s; et tout le monde est concerné, locataires ou habitant-e-s de lieux autorisés ou non autorisés.
Nous sommes donc, par cette nouvelle loi, à l'aube d'une nouvelle société, une société encore moins équitable !

Nous devons donc manifester encore une fois notre profonde solidarité avec les familles expulsées ce matin du 7 octobre 2020 à Saint Barthélemy d'Anjou, et notre solidarité avec toutes les personnes en voie d'expulsion que ce soit d'autres campements, de logements HLM, ou de lieux auto-réquisitionnés au bénéfice d'humains sans distinction.

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