Besançon : L'Etat au secours de JC-Decaux - Procès pour trois inculpés après plus de 3 ans d'enquête

Mis a jour : le mardi 6 août 2019 à 11:47

Mot-clefs: loi travail gilets_jaunes
Lieux: besançon

En février 2017, la vice-présidente des juges d’instruction Marjolaine Poinsard a décidé de passer en procès trois personnes inculpées de « dégradations de panneaux publicitaires de la société JCDecaux commises en mai et juin 2013.

L’audience vient finalement d’être fixée par le procureur général Étienne Manteaux pour le 11 septembre 2019 à partir de 13h30 au TGI de Besançon.

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Parmi elles, deux personnes sont accusées de dégradations sur l’ensemble de cette période, dont l’une arrêtée le soir de la fête de la musique 2013 et accusée de la destruction de six sucettes sur l’appel du citoyen-flic Daniel Consolini. Pour la troisième personne, « particulièrement mutique » devant les juges et les flics au cours de l’instruction, seules ont été retenues les dégradations "en réunion" de la nuit du 13 au 14 juin, au cours de laquelle une bonne trentaine de sucettes ont été détruites,

La société JCDecaux s’est bien évidemment portée partie civile, représentée par M. Dupouy « [constatant] depuis 2010 une forte intensification des dégradations infligées au mobilier urbain de sa société ». Ce dernier a notamment précisé que « la société n’avait pas pu être intégralement indemnisée par la compagnie d’assurance en raison d’une franchise de 50.000 euros par sinistre. La société subissait outre ce préjudice matériel, un préjudice commercial, ses clients demandant une prolongation des campagnes publicitaires qui avaient été interrompues. »

Effet boules de neige, en somme.

C’est sans doute en raison de ce préjudice financier considérable porté à la société JCDecaux depuis début 2010 à Besançon que la justice a aussi tenté de leur mettre sur le dos une vague de destructions commises entre le 31 décembre 2011 et le 14 décembre 2012 (en janvier et février 2012 par exemple). En vain.

Localement, ces inculpations et tout ce que cela entraîne (contrôle judiciaire sur les accusés, intimidations sur l’ensemble des récalcitrants à ce monde d’argent et d’exploitation…) n’ont jamais stoppé les vagues de sabotages contre les vitrines du capital. Du lendemain de la garde à vue et de la comparution devant le juge de deux inculpés le 19 novembre 2013 jusqu’au soir du 12 juillet 2019, les panneaux publicitaires continuent ainsi à tomber en miettes.

A Besançon comme dans de nombreuses villes, les mouvements de révolte sociale, que ce soit lors de la loi « travaille » en 2016 ou lors des « gilets jaunes » ces derniers mois ont porté de gros coups à cette entreprise spécialisée dans l’aliénation de masse. Par la peinture ou par le marteau, et parfois par le feu, les moyens d’attaquer ce qui nous aliène sont innombrables et parfois se traduisent par des attaques à la source, en dehors de la masse et de ses grands rendez-vous, comme à Fontaine (Isère) dans la Métropole de Grenoble, le 12 février 2019, lorsqu’un entrepôt de la société JCDecaux, avec le matos à l’intérieur, est parti en fumée. Ou encore ses deux utilitaires réduits à l’état d’épave à Grenoble le 8 février et à Saint-Martin-d’Hères le 5 septembre 2018. Toutes ces attaques réchauffent les cœurs en révolte face à ce monde d’exploitation et d’oppression.

En vue de ce procès, que chacun exprime sa solidarité de la manière qui lui semblera la plus adaptée !

La meilleure solidarité reste l'attaque !

Rendez-vous donc au TGI de Besançon le 11 septembre prochain à partir de 13h30.

 

 

  • Un texte sur cette même affaire, publié en septembre 2014 :

Face a? J-C Decaux et ses sbires… la meilleure solidarite?, c’est l’attaque !
Au sujet des vagues re?pressives suite aux destructions de panneaux publicitaires ‘JC Decaux’ a? Besanc?on.

Le 18 novembre 2013, deux personnes sont inculpe?es dans le cadre des destructions de publicite?s qui ont eu lieu a? Besanc?on entre 2011 et 2013. Apre?s 24 heures de garde-a?-vue et perquisitions a? leurs domiciles, ils ont e?te? mis en examen avec contro?le judiciaire (interdictions de quitter le territoire national et de rentrer en contact, obligation de se rendre une fois par mois au commissariat central de Besanc?on).

Ces deux inculpations font suite a? l’arrestation d’une personne pour la destruction de deux « sucettes » dans la soire?e du 21 juin 2013. Les flics ont pu compter sur l’appel au 17 d’un citoyen du haut de son immeuble. Durant ses 48 heures de GAV et outre le fait qu’il s’est lui-me?me balance? en avouant 50 destructions, il a fini par cracher deux blazes devant les flics. La poukave Nouma Friaisse a ma?che? le travail de la police. Il s’agit de pre?venir celles et ceux qui seraient amene?-e-s a? le rencontrer, sachant qu’il a fait plusieurs passages sur la ZAD de Notre-Dame des Landes, notamment lors des assauts de la police en avril 2012. Cette collaboration avec la police ne lui a e?videmment pas permis d’esquiver la machine judiciaire, e?copant la me?me mise en examen que les autres.

Parmi les trois inculpe?s, seul B. est reste? silencieux face a? la police. L’enque?te, initie?e par la juge d’instruction Meyer, est en cours et a? l’heure actuelle, aucun dossier n’a e?te? envoye? a? son avocat. Ne rien avouer et garder le silence face a? l’ennemi restent la meilleure arme pour tou-te-s celles et ceux qui seraient entre ses griffes.

Ces dernie?res anne?es, les me?dias locaux puis nationaux, en bons chiens de garde de l’Etat et du capitalisme, ont relaye? ces sabotages de manie?re e?parse en les marginalisant, psychiatrisant les « casseurs » (qui seraient des « malades me?galo-maniaques qui en voudraient personnellement a? Jean-Claude Decaux » pour l’Est re?publicain) et en minimisant les de?ga?ts – qui depuis 2008 s’e?le?vent a? plusieurs centaines de milliers d’euros (et qui continuent de grimper depuis ces trois inculpations, notamment lors de la nuit de GAV du 18 au 19/11/2013) : l’entreprise n’a jamais communique? a? ce sujet, bien qu’en interne elle ait tente? de parer a? ces attaques en changeant l’infrastructure des panneaux (passant du verre au plexiglas), et e?galement en exploitant ses agents en pleine nuit, puis en mettant la pression sur les forces de l’ordre, comme en attestent les demandes de renseignements de la police aupre?s des personnes interpelle?es pour possession de stup’ ou bien les veille?es de la BAC a? proximite? des panneaux publicitaires sur les grands carrefours de la ville…

Les forces re?pressives a? propos de ces multiples attaques ne sont e?videmment pas reste?es passives ces dernie?res anne?es a? Besanc?on : Le 11 octobre 2011, des compagnons anarchistes sont perquisitionne?s a? leur domiciles : certes sans suites judiciaires mais avec la volonte? affiche?e d’accentuer surveillance et harce?lement sur celles et ceux qui combattent ce monde d’argent et d’autorite?.

La publicite? est un des nombreux instruments de la domination pour maintenir l’oppression du fric sur nos vies et tenir la population en laisse par la consommation de masse a? l’instar du travail. Elle est la vitrine du capital dans l’espace urbain et les transports.

Les attaques contre la pub sont anonymes et diffuses selon les possibilite?s du moment : lors de manifs e?meutie?res, comme le 22 fe?vrier 2014 a? Nantes, a? Paris suite a? la mort de Cle?ment Me?ric, en Turquie lors de l’insurrection partie de la place Taksim d’Istanbul a? l’e?te? 2013, et partout a? travers le monde lorsque des re?voltes urbaines e?clatent contre le pouvoir et ses serviteurs. Parfois, les organes de communication du pouvoir relaient ces attaques nocturnes quand c?a commence a? faire de gros de?ga?ts pour la socie?te?, comme par exemple il y a quelques temps a? La Rochelle, Niort, Angers ou encore a? Lie?ge (en Belgique) … Ces coups porte?s aux portes-feuilles des riches peuvent e?tre re?alise?s de diverses fac?ons : par la destruction de la vitre des panneaux et de leurs me?canismes internes (lumie?res et syste?mes de rotation) ou encore par le feu quand il s’agit de fac?ades en plexiglas. Fin mars 2005, on se souvient de l’attaque aux molotovs et au jerrican d’essence qui avait vise? l’entreprise Decaux. 

Chacun-e sait que cette entreprise s’est enrichie gra?ce a? la publicite? en collaboration avec les mairies et l’État, lui fournissant des espaces et la gavant de subventions pour e?taler ces panneaux petits ou grands partout en France (puis en e?change s’engagent a? fournir des abris-bus). Elle est implante?e dans plus de 56 pays a? travers le monde, dont la Belgique depuis 1967, le Portugal depuis 1972, l’Allemagne depuis 1978, le Royaume-Uni depuis 1982, la Sue?de depuis 1989, l’Espagne depuis 1990, la Russie depuis 1995, l’Australie depuis 1997, le Bre?sil depuis 1998, l’Italie depuis 1999 et re?cemment en Israël, au Chili, en Chine… (Toutes prises de contacts avec JC Decaux dans chaque pays ou? elle est implante?e, c’est par la? : hxxps://jcdecaux.com/fr/Le-groupe- JCDecaux/Implantations).

Seulement, cette pourriture Decaux ne limite pas ses activite?s a? la pub mais a? l’ensemble du mobilier urbain. Ainsi, l’entreprise de comm’ s’est lance?e dans le ve?lo « libre-service » en cre?ant la filiale Cyclocity, principalement implante?e en France : la premie?re ville a s’en e?tre e?quipe?e a e?te? celle de Lyon en 2005 (« Ve?lo’v »), Paris en juillet 2007 (« Ve?lib’ ») puis Toulouse (« Ve?lo? Toulouse »), Nantes (« Bicloo »), Amiens (« Velam »), Rouen (« Cyclic »), Besanc?on et Mulhouse (« Ve?locite? »), Nancy (« Ve?lostan’lib »), Cergy-Pontoise (« Ve?lo2 »), Cre?teil (« Cristolib’ »), Marseille (« Le Ve?lo »). Ces moyens de transport labellise?s e?colo branche?, permettent aux bobos de se rendre a? leur travail tout en e?tant fliqués lors de leur de?placement. Ces joujous du capitalisme vert correspondent parfaitement aux processus de gentrification que me?nent l’Etat et les mairies – les emplacements pour implanter ces bornes cyclocity ne sont pas choisis au hasard : quartiers aise?s, zones commerciales, quartier « culturel pour bobos-branche?s » ou en cours d’embourgeoisement…

Pour celles et ceux qui ne le sauraient pas encore, l’entreprise Decaux – par le biais de sa filiale Cyclocity, dont le sie?ge se situe 29, alle?e du Mens a? Villeurbanne (69100) – fait e?galement son beurre sur le dos des prisonniers, en les exploitant gratuitement dans ses ateliers de re?paration. L’esclavagiste Decaux be?ne?ficie de la collaboration de l’État pour avoir de la main-d’œuvre venue tout droit des tribunaux, notamment pour celles et ceux condamne?-e-s pour vols et/ou de?gradations. Mais cette information sortie dans la presse mainstream n’est pas reste?e sans re?ponse : des centaines de ve?lib’ ont e?te? sabote?s a? Paris en avril et mai 2014 (voir ici et la?)

Ces attaques sont simples, reproductibles, et peuvent e?tre mene?es partout car cyclocity ge?re les parcs a? ve?los au niveau mondial : en Belgique (Bruxelles et Namur), en Espagne (Cordoue, Valence, Se?ville, Santander, Gijon), a? Vienne (Autriche), au Luxembourg, a? Brisbane (Australie), etc…

Decaux est loin d’e?tre intouchable et les cibles ne manquent pas.

Frappons a? tout moment et en tout lieu Decaux et les mairies qui l’engraissent !
A nous de ne pas rester les bras croise?s car, face a? la re?pression, la meilleure solidarite? reste l’attaque !

[Source: contrainfo, 20/09/2014 : https://fr-contrainfo.espiv.net/2014/09/20/besancon-face-a-j-c-decaux-et-ses-sbires-la-meilleure-solidarite-cest-lattaque/]

 

 

A relire :

  • Quelques archives:

https://cettesemaine.info/spip/rubrique.php3_id_rubrique=12.html

https://cettesemaine.info/breves/spip.php?rubrique63&lang=fr