#Nantes: Bilan des blessé.es - manifestations #1erDecembre 2018

Mis a jour : le dimanche 2 décembre 2018 à 13:42

Mot-clefs: Répression Santé contrôle social luttes salariales / lutte étudiant-e-s lycéen-ne-s mouvement
Lieux: Nantes

A 11h, la manifestation des etudiants et étudiantes étrangers contre les frais universitaires débute, encadré d'un dispositif policier excessif. La manifestatione est néanmoins festive et très heureusement aucun blessé n'est à déplorer.

A 13h30, part ensuite de la préfecture la manifestation des Gilets Jaunes - contre Macron et son monde - qui démarre déterminée et enjouée cours des cinquante otages direction Commerce.

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A Commerce, un cordon de gendarmes mobile bloque subitement le cortège qui refuse de se laisser arbitrairement immobiliser : premiers coups de matraques, hématomes, gazeuse. Les manifestant.es tentent les rues suivante mais la BAC et CDI décident de violemment voler la banderole, ne manquant pas de gazer des visages gratuitement à 20 cm et matraquer les personnes qui la tenaient. Plusieurs personnes sont ensuite asphyxiées dans les gaz au quartier Feydeau. Des grenades désencerclantes sont également lancées causant de nombreux hématomes, surtout au niveau des jambes. Une personne a été ouverte à l'arcade nécessitant des points de suture.

Le mouvement se poursuit dans les rues de Nantes : Quai Turennes, des grenades lacrymogènes sont vulgairement lancées sur les manifestant.es qui tentaient de rejoindre commerce ; Place de la Petite Hollande le cortège est l'objet d'une violente charge : à ce niveau, plusieurs grenades sont tirées, plusieurs en tir tendu, ainsi que des tirs de LBD40. Au moins une personne est blessée à la jambe. Une autre est gravement blessée par un tir de LBD 40 en plein visage. Elle a été orientée rapidement aux urgences.

Des cortèges se séparent brièvement mais se réunissent au niveau du marché de Noël : à nouveau, la CDI tir des grenades lacrymogènes totalement gratuitement. Celles ci atterrissent dans le marché de Noël en plein milieu des familles. Les uniformes chargent également à ce niveau, bilan : deux personnes avec plaie ouverte à la tête, une fille gratuitement passée à tabac, dans la rue derrière la pharmacie de Paris. Beaucoup d'autres coup de matraque constatés aussi à ce moment là sans plaies objectivées.

La manifestation s'est poursuivie dans d'autres rues notamment vers la gare où la police a procédé à un gazage massif. Plus tard, ils gazeront encore agressivement toute la place du commerce, forçant les passants à se réfugier et se barricader dans les bars et les restaurants. Une personne a dû être soignée près de Bouffay pour un coup de matraque à l'arcade, plaie nécessitant points de suture encore : il a été attrapé à commerce vers 18h, passé à tabac dans un camion puis relâché.

Au final, nous avons comptabilisé une quinzaine de blessé.es par des coups de matraque, des jets inconsidérés de grenade, des tirs de LBD40. Encore une fois nous constatons que les pratiques policières sont toujours aussi dangereuses.

Commentaire(s)

> complément

Au moment de la "libération de Daviais", une jeune fille blessée (prise en charge), un impact à chaque jambe (éclats ou flashball) je ne sais pas mais le jean n'était pas déchiré => hématomes

> NANTES 1er DECEMBRE : BLOCAGES ET MANIF SAUVAGE

La France est entrée dans une zone de turbulences historique. Ce samedi 1er décembre, des dizaines de milliers de « gilets jaunes » ont à nouveau manifesté. Un centre commercial a été incendié à Saint-Étienne. Des barricades ont surgi à Charleville Mézière, à Bordeaux et ailleurs. Des affrontements, d'une ampleur parfois inédite, ont eu lieu à Toulouse ou à Tours. Les blocages innombrables, continuent dans toute la France, notamment à Saint-Nazaire. Au Puy en Velay, la préfecture est en flamme. A Paris, ce sont les avenues de la plus belle ville du monde qui crépitent alors que la police a perdu le contrôle de plusieurs rues.

A Nantes, dès ce matin, des centaines de gilets jaunes ont convergé vers l'aéroport, au sud de la ville, sous une pluie glaciale et ininterrompue pour organiser un blocage. Alors qu'un rond point est barré, des péages du parking tenu par la multinationale Vinci sont ouverts. Une poignée d'irréductibles parviennent à envahir le tarmac de la zone hyper sécurisée. Deux heures plus tard, alors que des renforts sont arrivés, nouveau coup d'éclat : le tarmac est envahi au pas de course, par des dizaines de « gilets jaunes » qui ont réussi à forcer le grillage qui entoure les pistes. Plusieurs avions sont cloués au sol.

Mais il est déjà l'heure de défiler dans le centre-ville. Vers 13H, autour de 1500 personnes vont partir dans les bourrasques depuis la préfecture, emmenés par des slogans contre le gouvernement et le capitalisme. Le mot d'ordre du jour ? « Macron démission ». Alors que la plupart des forces de répression sont concentrées à Paris, Nantes continue à subir un régime spécial. Plusieurs compagnies de gendarmes et de policiers cagoulés ont été déployées dans la ville, et vont attaquer inlassablement le défilé, pourtant calme. Précision importante : contrairement à certaines scènes vues à Paris, il n'y a pas, à Nantes, la moindre présence de l'extrême droite. En dehors de celle qui porte des uniformes.

Des barrages de gendarmes tentent d'empêcher le cortège d'avancer, en tirant des pluies de grenades lacrymogènes, et en chargeant les premières lignes. Ces agressions décuplent la colère, et différents groupes vont s'éparpiller partout dans le centre-ville, du marché de Noël à la gare jusqu'aux rues abritant les boutiques de luxe, en criant « Nantes, debout, soulève toi ». Partout, la police gaze, frappe, attaque. A la tombée de la nuit, les gendarmes noient la Place du Bouffay de lacrymogènes. Les déambulations auront duré plusieurs heures, et renforcé la révolte. La remarque judicieuse d'une personne qui manifestait pour la première fois : « ah, mais ça sert a rien d'être pacifique en fait ! ». Deux interpellations gratuites et brutales sont à déplorer. Devant la Préfecture, une partie des manifestants est nassée et chargée, et une personne est gravement blessée au visage par un tir.

Malgré la météo, des groupes trouvaient encore l'énergie de retourner bloquer la zone aéroportuaire dans la nuit en allumant des barricades sur la route. D'autres revenaient braver la police dans le centre-ville. Le gouvernement a du sang sur les mains : des dizaines de personnes ont été gravement blessées et mutilées par la police aujourd'hui.. Des centaines de manifestants ont été arrêtés.

Un vent tenace de révolte souffle sur la France.Tout commence !

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