ZAD : Stop à l’occupation militaire de la D281 !

Mis a jour : le mardi 13 mars 2018 à 21:57

Mot-clefs: Répression Resistances contrôle social aéroport notre-dame-des-landes cnt anti-repression
Lieux: ZAD

Publié par le groupe: GroupCNT Nantes

Communiqué de la CNT 44 à propos de la présence quotidienne massive de gendarmes mobiles sur la ZAD depuis six semaines.

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http://ulnantes.cnt-f.org/spip.php?article164

Au lendemain de l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport à Notre-dame-des-Landes, suite à un ultimatum lancé par le Premier ministre de dégager la D281, l’AG des opposant·e·s a décidé de "libérer" ladite route des chicanes. Depuis, une poignée de salariés de la DIR, direction interdépartementale des routes, effectue tous les jours des travaux, coupe des haies, cure des fossés, rebitume la route...

Ces travaux s’effectuent sous occupation militaire massive de 20 à 50 fourgons, ce qui est inédit depuis avril 2013 : chaque jour deux cents gendarmes mobiles sont présents sur la route, soi-disant pour sécuriser les travaux.

Outre la situation de tension créée, ce flicage est aussi l’occasion d’un fichage de la zone : dans les premiers jours de l’occupation, les gendarmes en ont profité pour s’introduire dans des lieux de vie proches de la route. Depuis, chaque jour, les survols de drones et d’hélicoptère complètent les incessantes vidéos captées par des dizaines de caméras opérées par les gendarmes, et les renseignements accumulés par le Cnoeil*, fourgon dédié à la surveillance surmonté d’un mat-caméra télescopique 360° identifiant des gens à 200m.

Par ailleurs, malgré les propositions des Naturalistes en lutte pour un défrichage de la route respectueux de la nature, la DIR massacre tout sur son passage, allant même jusqu’à buser les fossés.

La CNT 44 exprime toute sa solidarité avec les habitant·e·s qui chaque jour subissent cette occupation, et y font face pour s’assurer que les gendarmes ne s’introduisent plus dans les lieux de vie.

Nous exigeons la fin de cette occupation militaire, qui ne sert qu’à faire monter la tension pour justifier d’éventuelles expulsions annoncées par la préfète après la fin de la trêve hivernale.

Nous appelons tou·te·s les opposant·e·s au projet d’aéroport et son monde à rester vigilant·e·s sur cette situation et à se montrer solidaires des occupant·e·s.

Flics hors de nos vies, gendarmes hors de la ZAD !

*Cellule nationale d’observation et d’exploitation de l’imagerie légale

Email Email de contact: interco44_AT_cnt-f.org

Commentaire(s)

> CNOEIL infos

http://gendarmerie44.skyrock.com/3263244282-La-CNOEIL.html

Un peu plus d'infos pour les camarades... Cela dit problème légal puisque l'utilisation judiciaire des images suppose que les personnes concernées ont été averties qu'elles sont filmées, la seule présence du dispositif n'est pas suffisante (jurisprudence constante). Donc les images recueillies ne peuvent pas être probantes dans une procédure judiciaire, mais peuvent en revanche compléter des filatures, dossiers RG etc. où le contrôle est moindre.

Testé dès 2009 à Saint-Astier, puis expérimenté lors du sommet de l'OTAN, le dispositif OEIL (observation et exploitation de l'imagerie légale) a rapidement été déployé lors de grands événements pouvant être le théâtre de troubles à l'ordre public.

La cellule nationale, créée à l'automne 2013, est armée de façon permanente par trois gradés. Elle dispose de deux véhicules Master. L'un est équipé d'un mât télescopique pouvant monter à 5m, permettant l'identification d'un individu jusqu'à 150m, ainsi que du système LAPI. Le deuxième dispose d'un mât pouvant monter à 7m, permettant l'identification d'un individu jusqu'à 200m. Les deux sont dotés de deux écrans LCD permettant de traiter et d'analyser les informations recueillies, d'une capacité d'enregistrement de 115 heures, d'un équipement infra-rouge, du déport de flux vidéo en temps réel et, enfin, d'un dispositif de géolocalisation des véhicules avec incrustation des coordonnées sur l'enregistrement.

Les missions de la CNOEIL sont de soutenir et d'appuyer les forces mobiles lors de leur engagement au maintien de l'ordre ou, sur de grands rassemblements, de procéder à l'identification formelle d'auteurs d'infractions au maintien de l'ordre, de justifier de la légalité de l'action des forces de l'ordre par la lutte contre les mises en cause abusives, de détecter les véhicules volés ou signalés volés à grande échelle, comme par exemple lors du Bol d'Or et, enfin, de contribuer à l'instruction des militaires.

Les images filmées sont remises aux OPJ compétents, sous réquisition, afin d'être intégrées dans la procédure pénale. Elles sont conservées 30 jours avant d'être automatiquement effacées.

> la cnt découvre la campagne

chaud ! "la DIR massacre tout sur son passage, allant même jusqu’à buser les fossés" c'est vrai que mettre une buse au niveau d'une entrée de champs, c'est vraiment scandaleux. un massacre qu'on vous dit. le pire dans l'histoire, c'est que toutes les entrées de champs de la zad en ont, et en plus on a découvert qu'il y a pas que là : c'est pareil à plusieurs milliers de kilomètres à la ronde. Ridicule quand tu nous tiens...

> Triple buse

Y'en a vraiment pour qui baver sur les autres sans savoir est un sport. Le souci c'est que pour critiquer, faudrait soit connaitre de quoi il est question, soit éviter de mentir.
Y'a eut des demandes précises concernant les buses, par des habitan.e.s et par les naturalistes, pour qu'elles ne soient pas posées n'importe comment selon des "normes" mais qu'elles respectent les usages locaux et la nature. Les buses ont été posées n'importe comment au mépris de ces demandes. Alors le coup de la "CNT découvre la nature" en plus d'être méprisant, c'est surtout une grosse méconnaissance des personnes qui sont souvent sur le terrain.

> Franchement ça buse

Il y a eu des recommandations des naturalistes en lutte pour faire des passages à batraciens ou à loutre, pour ne pas curer systématiquement les fossés... mais il n'y a jamais eu de demande opposée au busage des entrées de champs et de chemins. Et aucune solidarité avec des sabotages contraires aux décisions collectives.

> En même temps...

Vu que de la solidarité, une partie des occupant.e.s en a montré aucune depuis le début de l'occupation (absence totale de présence sur la route), voire même écrive que ce serait la faute aux gens si les keufs sont là, bon bah tu peux écrire "aucune solidarité" tout court hein.

Puis les "décisions collectives" imposées, c'est un peu comme les grands projets, c'est inutile et faut pas s'étonner...