[Street Medic Nantes] Compte rendu de la manifestation du 21 sept.

Mis a jour : le samedi 23 septembre 2017 à 15:20

Mot-clefs: Répression luttes salariales / lutte loi loitravail travail loi_travail étudiant-e-s lycéen-ne-s mouvement
Lieux: Nantes

16h. Après un premier tout d'une manifestation composée d'un cortège intersyndical et d'un cortège jeune qui s'est bien passé, le passage est bloqué par la police devant le commissariat cours de Clisson pour empêcher un deuxième tour (une action conjointe était prévue et déclarée plus loin) : un camion CGT et une banderole de tête tentent alors de passer malgré tout, ce qui déclenche les premières grenades et tirs LBD (au moins 5-10).

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Une première ligne d'environ une quinzaine de manifestant.es se retrouve contre les policiers réalisant le barrage : ces derniers gazent abondamment à la gazeuse à main et envoient plusieurs grenades de lacrymogènes. L'une d'elle atterrit en tir tendu sur la joue d'une personne occasionnant une blessure importante. Dans le même temps, nous prenons également en charge une crise de panique. Lors du repli des manifestant.es, un autre tir tendu blesse une personne au poignet à travers même la banderole sous une pluie de tirs de LBD (touchant notamment des gens au dos, au tibia, au genou...) et de grenades désencerclantes.

La manifestation se poursuit vers le square daviais, où de nouveaux tirs de LBD touchent au moins une personne à l'épaule, puis vers la place de la petite hollande, abondamment aspergée de gaz lacrymogènes et de grenades désencerclantes. Une personne recevra un palet de lacrymogène sur la tête occasionnant une plaie et une autre dans la joue causant une importante ecchymose. Plusieurs grenades de lacrymogène atterrissent par ailleurs à l'arrêt de tramway Médiathèque alors que des gens sortent : quelques personnes (dont des personnes âgées et des enfants) en difficulté respiratoire sont alors allongées sur la pelouse par d'autres passagers.

Après une relative dispersion, les manifestant.es se rejoignent au niveau du rond point square daviais après un second gazage au niveau des camions syndicaux.

16h45, un mur est érigé au niveau du rond point nous permettant de prendre en charge dans un rare calme les personnes blessées, notamment une personne ouverte à la paupière par une grenade désencerclante et une personne blessée à la tête.

A 19h, la police se prépare en vue d'une dispersion mais la manif décide de se déplacer avant d'être chargée ce qui n'empêche pas la BAC de viser au LBD les personnes qui fuient. Nous dénombrons à ce moment au moins 7 personnes touchées par un tir. Un syndicaliste victime d'un tir au bras par LBD est évacué dans un camion CGT qui sera pris à parti dans l'instant d'après par cette même Brigade "Anti Criminalité" où il sera, avec les 4 autres personnes du véhicule, violemment tabassé, sorti et re tabassé à terre. A cette occasion une medic est d'ailleurs menacée d'interpellation par un bacqueu.

Un gazage intensif s'ensuit nécessitant la maaloxification de plusieurs personnes dont des passant.es.
D'autres personnes seront cibles de gazage sur les pelouses de la fac de médecine, dont les grenades sont envoyées à la main à hauteur de tête des manifestants. Dans la foulée, les forces de l'ordre utilisent la gazeuse à main et les matraque sur les personnes à leur portées : 2 personnes auront des plaies au crâne dont une envoyée aux urgences pour être suturée.

Lors d'interpellations, la BAC tire au LBD blessant un moins une personne au mollet puis vise au laser de LBD la tête des manifestant.es qui s’étaient éloignés sur le quai Turenne.
Lors d'une énième charge de la BAC pour interpeller une personne, 2 grenades désencerclante sont lancées dont une qui explose dans le dos d'une personne. Par chance elle ne sera victime que d'un traumatisme sonore. Une autre personne se foule la cheville en voulant en éviter une.

Au final, nous évaluons à:
- au moins 4 personnes évacuées aux urgences ;
- au moins 5 personnes avec des plaies au crâne et 4 autres atteintes au visage ;
- au moins 25 personnes atteintes par des tirs de LBD ;
- plusieurs dizaines de personnes touchées par des fragment de grenades désencerclantes ;
- La quasi totalité de la manifestation touchée par les gaz lacrymogènes.

Nous signalons également une personne supplémentaire atteinte à la tête par un palet de lacrymogène et une blessure au doigt qui n'ont pas pu être prise en charge. Les blessures citées ne sont pas exhaustives car nous ne pouvons pas voir tout le monde et ce compte rendu est susceptible d'évoluer selon les témoignages reçu. 
Pour tout témoignage, n'hésitez pas à nous contacter sur cette page où à l'adresse streetmedicnantes(at)riseup.net

Email Email de contact: streetmedicnantes_AT_riseup.net

Commentaire(s)

>  Manifester est une liberté fondamentale qui doit être respectée

Manifester est une liberté fondamentale qui doit être respectée
Nantes, le 22 septembre 2017

L'Observatoire nantais des libertés dans l'état d'urgence est présent aux différentes manifestations afin de regarder l’exercice du droit de manifester.
Ce jeudi 21 septembre à Nantes, la manifestation sur les « ordonnances Travail » a été observée depuis la place du Commerce jusqu’à son terme devant le CHU, au croisement du Bd Jean Philippot et du Cours Olivier-De-Clisson.
La manifestation s’est déroulée sans aucun incident. Mais à la fin, alors que des véhicules et des manifestants s’étaient engagés dans le Cours Olivier-De-Clisson, la police a lancé de nombreuses grenades lacrymogènes et des grenades de désencerclement. Le gaz lacrymogène s’est dispersé sur l’ensemble du croisement noyant une grande partie de la manifestation dans un nuage. Toutes les personnes ont ressenti que cette action des forces de l’ordre était disproportionnée au regard de la situation.

Par la suite, un mur de parpaings a été érigé sur le rond-point entre l’allée de Turenne et la rue Gaston Veil avec un rassemblement de manifestants. Avec la dispersion de ce rassemblement, des personnes ont été blessées. La police a arrêté des manifestants. L'Observatoire relève que la police a toujours à disposition des flash-balls ; il renouvelle sa demande d’interdiction dans les manifestations de l’usage des flash-balls et lanceurs de balle de défense susceptibles de blesser de manière irréversible.

L’Observatoire s’est exprimé à différentes reprises ces derniers mois sur le droit de manifester. Il rappelle que la police a une mission de maintien de l’ordre public. Elle doit accomplir cette mission de service public de manière proportionnée et adaptée. Et, l’action des forces de l’ordre ne doit pas avoir pour effet de dissuader les citoyen-nes qui veulent s’exprimer pacifiquement dans la rue, de participer aux manifestations.

L’Observatoire nantais des libertés dans l'état d'urgence appelle à la vigilance permanente sur l'exercice des droits et des libertés dont le droit de manifester : observatoirelibertesnantes@rezocitoyen.net

L'Observatoire nantais des libertés dans l'état d'urgence composé d'associations (Association Républicaine des Anciens Combattants, Attac, Droit au logement, France Palestine Solidarité, Ligue de l’Enseignement-Fédération des Amicales Laïques, Ligue des droits de l'Homme, Maison des Citoyens du Monde, Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, Mouvement National de Lutte pour l’Environnement, Syndicat de la Médecine Générale, Syndicat des Avocats de France, Tissé Métisse), de syndicats et de citoyen-ne-s a été mis en place le 15 décembre 2015

>  [édit]

Une des personne interpellée du camion a été blessée au tibia avec une plaie nécessitant des sutures qui n'ont pas été prises en charge par la police.
Une seconde personne interpellée s'est pris de nombreux coups, notamment au ventre et au genou où il présente un hématome avec une incapacité de plier la jambe.
Une autre a également été matraquée et a eu le bras tordu a l'intérieur même du commissariat, et a actuellement du mal à mobiliser.