Andrea Dworkin

Mis a jour : le mardi 21 avril 2015 à 13:07

Mot-clefs: Genre/sexualités Resistances -ismes en tout genres (anarch-fémin…)
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A l’occasion du 10ème anniversaire du décès d’Andrea Dworkin, le 9 avril, je vous transfère quelques liens issus du blog de TRADFEM (collective de traduction féministe). Tout d’abord, voici différents nouveaux textes français de cette féministe américaine incontournable, dont on trouve aussi en traduction les livres Les femmes de droite (Remue-ménage, 2012) et Pouvoir et violence sexiste (Sisyphe, 2008).

 

*Fierté lesbienne

extrait: “D’abord, cela signifie que j’aime, chéris et respecte les femmes de tout mon esprit, mon cœur et mon âme. Cet amour des femmes, c’est la terre dans laquelle ma vie est enracinée. C’est la terre de notre vie commune à toutes. C’est de cette terre que se nourrit ma vie. Partout ailleurs, je dépérirais.

*Je veux une trêve de vingt-quatre heures durant laquelle il n’y aura pas de viol

extrait: “Aujourd’hui, le mouvement des hommes laisse entendre que les hommes ne veulent pas le type de pouvoir que je viens de décrire. J’ai effectivement entendu des déclarations explicites à ce sujet. Et pourtant, vous trouvez toujours une bonne raison de ne rien faire contre ce pouvoir que vous avez. Se cacher derrière la culpabilité, c’est ma préférée. J’adore cette raison-là. Oh c’est horrible, oui, et je suis si désolé. Vous avez le temps de vous sentir coupable. Nous n’avons pas le temps que vous vous sentiez coupables. Votre culpabilité est une forme d’acquiescement à ce qui continue d’arriver. Votre culpabilité aide à maintenir les choses telles qu’elles sont.

*Terreur, torture et résistance

extrait: “Nous vivons dans un monde où les hommes tuent des femmes et où les mobiles n’ont absolument rien de personnel. Comme le savent toutes les femmes présentes ici qui ont été violées ou battues. C’est l’une des expériences les plus impersonnelles qui puissent vous arriver. Vous êtes mariée. Vous vivez avec un homme. Vous pensez qu’il vous connaît et que vous le connaissez. Mais en fait quand il commence à vous faire mal, il le fait parce que vous êtes une femme. Pas parce que vous êtes la personne que vous êtes, qui que vous soyez.

*La notion de supériorité biologique: un argument dangereux et mortel

extrait: “Récemment, on a vu de plus en plus de féministes promouvoir des modèles sociaux, spirituels et mythologiques fondés sur une domination féminine ou un matriarcat. À mon sens, ces choix indiquent une conformité de base aux prémisses du déterminisme biologique qui sous-tendent le système social masculin. Séduites par une idéologie basée sur l’ascendant moral et social d’une biologie féminine distincte, en raison de sa familiarité émotionnelle et philosophique, attirées par la dignité spirituelle inhérente à un «principe féminin» (essentiellement défini par les hommes), et bien sûr incapables d’abandonner volontairement ou spontanément un engagement continu et séculaire à la grossesse comme acte créatif féminin par excellence, les femmes ont de plus en plus tenté de transformer l’idéologie même qui nous a réduites en esclavage en une célébration dynamique religieuse, psychologiquement impérative du potentiel biologique des femmes.

*Andrea Dworkin parle de Kate Millett

extrait: “À mes yeux, personne n’est comparable à Kate Millett pour ce qu’elle a fait, avec ce seul livre. Il reste l’alpha et l’oméga du mouvement des femmes. Tout ce que les féministes ont fait est préfiguré, prédit ou encouragé par La politique du mâle.” *Interview à cran extrait: “C’est d’ailleurs absolument remarquable que les hommes soient, à si peu d’exceptions près, aussi obsédés par le pénis. Je veux dire, s’il y a bien quelqu’un qui devrait être sûr de sa valeur dans une société axée autour du pénis, c’est bien celui qui détient le pénis. Mais un pénis par individu ne semble pas suffire. Je me demande combien de pénis par homme il faudrait pour les calmer. Eh ! On pourrait lancer un tout nouveau domaine d’intervention chirurgicale avec ça.

Ensuite, deux article très récents sur Andrea Dworkin:

*Calomnier andrea dworkin après sa morte est de la pure misogynie par Meghan Murphy

extraits: “Je ne cesse jamais d’être étonnée que des gens pensent que le féminisme a pour objet de vilipender les hommes comme autant de violeurs brutaux. Le féminisme n’existerait pas sans la conviction des femmes que les choses peuvent être différentes – que les hommes peuvent être différents. Nous savons que la masculinité n’est pas innée et nous savons que les hommes n’ont pas besoin de violer et de frapper. Des hommes font ce choix.

*Quelques leçons que pourrait inspirer Andrea Dworkin aux jeunes féministes par Julie Bindel

extraits: “Il ne fait aucun doute que la lutte féministe contre la violence sexuelle, conjugale et culturelle des hommes envers les femmes et les filles est une guerre sanglante et dangereuse. Mais dans les tranchées, Andrea n’oubliait jamais son savoir-vivre ou son humanité. Même si cela peut paraître un cliché, je dois dire que ce qui la nourrissait n’était pas la haine de son ennemi – la suprématie masculine –, mais l’amour pour l’idée d’un nouveau monde, dans lequel le sadisme sexuel était obsolète.

Bonne lecture

  Martin Dufresne et Yeun L-Y

Commentaire(s)

> le féminisme radical

Un hommes m'a dit une fois "Dworkin, c'est la pire."
La pire des féministes, la pire des femmes, la pire de quoi ? On ne sait pas, mais c'était la pire quoi.

Quand un mec dit qu'une femme est "la pire", c'est qu'il doit y avoir quelque chose d'intéressant derrière. Et c'est le cas, comme le montrent bien les citations.

J'aurais juste apprécié que cet article ne se finisse pas sur deux signatures masculines.

> Ben ouais

Martin Dufresne:
http://sisyphe.org/spip.php?auteur10
http://www.crepegeorgette.com/?s=martin+dufresne&searchsubmit=

Aprés voilà c'est sa prose et jusque là on peut trouver pire.
Aprés je me demande si j'ai le droit d'écrire puisque je suis un ennemi potentiel?
Sauf que je vais finir par me mettre une pancarte autour du coup,comme c'est la "mode" ou il sera écrit : Je ne suis pas votre ennemi.
Pour moi il n'y apas de pire féministes et je comprends fort que les féministes radicales ne soient pas fraternelles avec la classe des violeurs .
Si j'étais une femme je serais bien évidemment une féministe radicale peut être homo, car comment peux t on vivre dans une société ou 1 femmes est tuée tous les 3 jours par son compagnon ou ex ???
Comment peut on vivre dans une société ou il ya 205 viols par jour ???
Ya un truc que je m'explique pas : C'est l'indifférence face à ces massacres !
En tant que mec ça me fout la gerbe !
Tant que les mecs qui ne sont pas "comme ça" fermeront leur gueule,ça n'avancera pas !
Faudrait qu'ils commencent par lire et relire le bouquin de Stoltenberg qui est pour le moins instructif pour les garçons...
Les luttes féministes s'avèrent plus que nécessaire car la réaction aux années de luttes se fait de plus en plus sentir
Les gars que nous sommes ont beaucoup de travail à faire ,pour se déconstruire !

Un mec qui essaie d' être féministe

> les hommes proféministes

Ca me gêne pas que des hommes proféministes écrivent des textes et les signent (sauf si c'est pour raconter des viols ou des agressions qu'ils ont commises).

Mais là, c'est pas Dufresnes ni Yeun l-y qui ont écrit. C'est Dworkin et d'autres femmes qui ont écrit. Donc je vois pas pourquoi le texte se finit sur leurs signatures à eux.

Ca m'a fait tiquer parce que ça m'a rappelé comment un texte d'Audre Lorde avait été réédité par un mec et comment celui-ci avait prit soin de mettre le nom de sa maison d'édition (qui est aussi sa signature) sur la brochure, alors que le même texte d'Audre Lorde avait été édité de manière anynome par des féministes quelque temps avant.

Bref, avis aux mecs proféministes : ne mettez pas votre blase ou votre marque d'édition sous les mots de féministes.

> retour sur commentaires

Merci pour vos réflexions.
Concernant la publication de ce mot avec des liens vers les textes d'andrea dworkin, il s'agit simplement de diffuser des traductions largement ignorées des "milieux radicaux".
(Martin comme moi, faisons partie de la collective qui a traduit ces textes.)
J'aurai en effet pu choisir l'anonymat, comme pas mal d'autres hommes le font sous divers pseudonymes, mais cette démarche me semble contre-productive car elle sert à masquer notre statut de dominant et nous protéger.

> bullshit

Ca commence à m'énerver gentiement.

--Tu es un homme proféministe, tu écris un texte avec tes mots à toi, tu mets ta signature, tu révèles ton statut de dominant, ça nous permets de lire ton texte en connaissant ta position de dominant et tu n'essayes pas de te protéger des critiques derrière un pseudo => La démarche est cool.

--Tu es un homme proféministe, tu copies/colle les mots tenus par des femmes, tu mets ta signature => la démarche est déguelasse.
Pourquoi ? Parce que ces mots ne sont justement pas les tiens.
Qu'un homme mette sa signature sous les mots d'une femme (morte qui plus est, ce qui l'empêche totalement de réagir !), c'est juste déguelasse.

Met ton blase quand ce sont tes mots.
Laisse les textes anonymes quand tu rediffuses juste des trucs que d'autres ont écrits.

C'est pourtant pas compliqué à comprendre.

> Plagiat or not

C'est largement "moyen" effectivement de se définir comme homme féministe/proféministe et de plagier une femme en l'occurence .
Ya comme un truc qui cloche ! Non ?