PARMALAT :

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Ce que la presse a baptisé le scandale Parmalat et qui n'est pourtant que strictement conforme aux objectifs d'un entrepreneur qui se respecte : faire du fric et encore du fric !
PARMALAT :
COMMENT FAIRE SON BEURRE AVEC DU LAIT

Parmalat, un nom inconnu il y a peu et qui, depuis quelques semaines, fait la « Une » des journaux, rubrique scandales financiers. Évidemment, ce n'est pas l'univers de Monsieur Toutlemonde… même si un certain nombre de Madame-Monsieur Toutlemonde paieront les pots cassés par des licenciements ou, pour les producteurs de lait, en restant avec leur marchandise sur les bras. Si on raconte l'histoire, c'est parce qu'elle révèle la réalité des choses derrière la fable.
Ça commence comme une success story, version business. Au début des années 60, Calisto Tanzi, fils d'un petit patron italien de la région de Parme, voit en Suède des packs de lait longue conservation. Rentré au pays, il spécialise l'usine de conserves de papa dans ce produit : en quelques dizaines d'années, se développant ici, rachetant ailleurs, se diversifiant (produits frais, légumes, biscuiterie), il devient la huitième entreprise italienne et le leader mondial du lait UHT (36 000 employés dans 30 pays, 7,6 milliards d'€ de chiffre d'affaires). Il a, comme il dit, "de bons amis aux bons endroits". D'abord au Vatican, à qui il prête sa flotte d'avions et d'hélicoptères (à tel point que les mauvaises langues parlent des "charters de Dieu") et, bien sûr, dans tous les gouvernements (un ministre de Berlusconi est son copain d'enfance). Enfin, puisque c'est bon pour l'image de marque, il rachète le club de foot de Parme, l'AS Parma Calcio, finance une dizaine de clubs au Brésil, en Russie, etc, parraine la Coupe du monde de ski et sponsorise le champion automobile Niki Lauda. Des affaires dans le monde entier, de l'argent, des relations, des vedettes, la bien belle histoire d'un patron méritant telle que la télé aime à les raconter.
Sauf que, comme dans la fable, le pot au lait s'est renversé, et adieu veau, vache… Ne sont restées que les cochonneries financières et les escroqueries dévoilées, face cachée du monde des entrepreneurs.
Depuis des années, Parmalat bidonnait ses comptes : le bon Monsieur Tanzi aurait détourné de 8 à 13 milliards d'€, une misère. Assisté de son directeur financier, il fabriquait des faux documents bancaires, à la photocopieuse et au scanner, dans un anglais de cuisine. Tout un réseau de sociétés fictives ou réelles, de comptes, de boîtes aux lettres et de prête-noms avait été mis en place. Frères et sœurs, enfants, neveux, employés, tous les proches étaient bombardés Directeur, PDG ou gérant. Luxembourg, Malte, Vénézuela, Pays-Bas, Iles Vierges, Nicaragua, Equateur, Brésil, la vache à lait Parmalat avait des succursales partout en Europe et en Amérique latine et un pis dans tous les paradis fiscaux. Parfois pour y produire et vendre son lait. Mais aussi, et tout autant pour y faire son beurre , à l'abri des regards indiscrets.
Normalement, les comptes d'une entreprise sont vérifiés. No problem : les cabinets d'audit chargés d'en garantir l'authenticité et de les certifier appartiennent aux banques… de préférence celles dont l'entreprise est cliente, ou mieux celles dont elle est actionnaire. Pas question de faire de peine à un gros client, et moins encore au patron !
Résultat : une bonne dizaine de milliards d'€ volatilisés -mais sûrement pas perdus pour tout le monde !- quelques dizaines de milliers de « petits » actionnaires refaits et surtout des dizaines de milliers de salariés qui perdent leur emploi. Un scandale, dit la presse ! Peut-être, mais qui n'a guère d'exceptionnel que le fait qu'il a été révélé. Enron, Worldcom aux Etats-Unis avaient explosé en vol dans les mêmes conditions. En ce moment le leader mondial du travail intérimaire (fusion de ECCO et du suisse Adia) est à son tour menacé de voir ses petits secrets dévoilés.
C'est que, en réalité, tout le discours qui entoure les « entreprises qui créent de la richesse » et les « investisseurs » sacrés héros de l'économie est un baratin. Le but des « entrepreneurs » n'est pas de produire de l'électricité (Enron) ou du lait (Parmalat). Ni de s'occuper du sort de ceux qui travaillent pour eux. Il est de faire du fric et encore du fric. Par tous les moyens. C'est la réalité, celle qui compte à leurs yeux. Et, pour le public, l'image du « bon » patron, ami des cardinaux et des ministres mais peuple quand même sur le banc de touche de « son » club de foot.

PRECARITE A PERPETUITE
Le gouvernement envisage, au nom de la lutte contre le chômage comme de bien entendu, de créer un nouveau type de contrat de travail appelé « Contrat de Projet », une sorte de Contrat à Durée Déterminée (CDD)… de « longue » durée, jusqu'à 5 ans ! Pas difficile de comprendre quelle arnaque et quel danger ça constitue pour les salariés ! Jusqu'à maintenant, la plupart des jeunes commencent leur « vie active » par plusieurs années de galère entre l'intérim, les stages et les CDD avant de finir par décrocher ce qui il y a quelques années encore était le contrat de travail « normal » un CDI (Contrat de travail à Durée Indéterminée). Le projet du gouvernement revient, ni plus ni moins, à installer la précarité… à vie ! Une carrière type commencerait par quelques stages à peine payés, puis un bon nombre d'années d'alternance intérim-CDD et, pour finir, l'installation dans la vie professionnelle avec une collection de Contrats de Projet (étude d'un véhicule, un chantier, développement d'un logiciel). Salarié kleenex pour l'éternité ! Avec ce que ça signifie : il n'y a qu'à voir les difficultés de ceux qui sont sous contrat précaire pour trouver un appartement ou emprunter pour acheter une voiture .
C'est une affaire sérieuse ! Très sérieuse ! Et les jeunes sont les premiers concernés. Car c'est bien eux que le gouvernement et le patronat veulent condamner à la précarité à perpette.
Rappel : il y a quelques années, le gouvernement Balladur avait voulu instituer le CIP (contrat d'insertion professionnelle) qui imposait aux jeunes un sous contrat de travail pendant plusieurs années avant qu'ils aient accès à un CDI. De grosses et de nombreuses manifestations de jeunes lui avaient fait remballer sont projet… si tu vois ce qu'on veut dire !



SCENES DE RUES ORDINAIRES
Distribution de CZ à une station de RER B en banlieue un soir vers 18 heures. Arrive une patrouille de police, trois jeunes, un plus âgé, baraqué, une policière antillaise. «-Qu'est-ce que c'est ? On peut en avoir un ? » demande l'un d'eux. «-Pendant le service ? C'est un petit journal pour donner des idées et faire réfléchir, surtout les jeunes ». «-Vous avez du boulot ! ». Leur hostilité aux jeunes est perceptible.
Ils pénètrent dans la station, bloquent un jeune. Au hasard, Rebeu. Papiers ? Il les présente. Palpation. Longue, minutieuse, appuyée, bras en l'air. Des gestes précis, un tout petit peu trop appuyés aussi pour n'être pas des tests, une façon de faire sentir qui est le maître, qui a la force et qui doit la fermer. Le jeune se contient, on devine qu'il a l'habitude et qu'il connaît les risques. Il ôte son blouson, retourne ses poches, clés, stylos, kleenex, quelques papiers. Son sac est fouillé. Les policiers épluchent tout, vident son porte-feuille.
Pendant ce temps, un autre policier téléphone, la carte d'identité du jeune à la main. Il est au centre des regards des voyageurs qui s'arrêtent un instant, à quelques mètres. Un peu plus loin un groupe de jeunes fait des commentaires contenus, à mi-voix. Cerné par les policiers, il remballe ses affaires, rajuste ses vêtements. Dix minutes, un quart d'heure. L'atmosphère se détend un peu, ils échangent quelques mots, une plaisanterie. On lui rend ses papiers, il part à grandes enjambées. Il n'a pas protesté. Son visage dit qu'il n'en pense pas moins.
Deuxième client, rebeu lui aussi, costaud. Même scénario. Au moment de la palpation trop ferme pour être complètement innocente, il se cabre. On croit un instant que ça va partir. Son visage est rouge de colère, il fait des efforts surhumains pour se contenir. Papiers, fouille, téléphone, un quart d'heure, comme une attraction, sous le regard des passants. Libéré, son visage dit sa rage.


INDE : LA PAROLE EST A MONIQUE
Après 2 mois dans le Tamil Nadu (état de Madras) me voici dans le Kerala (au sud de l'Inde, l'un des rares états dits communistes) et aussitôt des remarques :
- une grève générale "complète", l'essence devant augmenter de 2 roupies (elle vaut 23 roupies). Pas un véhicule dans les rues (pourtant surchargées en temps ordinaire) et tous les commerces fermés. Résultat : une seule roupie d'augmentation.
- samedi, deuxième du mois (ici férié !), grande manif dans les rues pour le 50ème anniversaire d'une association anti-dot (grave problème ici pour les familles qui, pour pouvoir marier leur fille, doivent payer une dot importante !). Là encore un cortège immense. Les rues sont bloquées, des drapeaux rouges avec faucille et marteau, des prêtres sous des parasols (il fait chaud), des nonnes et les femmes puis les hommes !
- pas de mendiants dans les rues, c'est très différent au Tamil Nadu
- les commerces ont des heures d'ouverture et un jour de fermeture alors qu'ailleurs ils sont ouverts non stop !

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