ILS VEULENT JETER DES GENS A LA RUE : CONSTRUISONS DES RAPPORTS DE FORCES !

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La construction de rapports de forces a permis que des familles d'origine étrangère ne soient pas mise à la rue.

Le samedi 31 juillet, encore une fois, 4 familles étrangères devaient être jetées à la rue alors qu'elles étaient hébergées dans l'hôtel Comté. Parmi ces personnes, plusieurs sont demandeuses d'asile, d'autres sont sous le coup d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). L'Entr'aide Ouvrière payait l'hébergement de 3 d'entre elles ; l’hébergement de la dernière était assuré par la Direction Départementale de la Cohésion Sociale, c’est-à-dire par la préfecture.

L'intervention de militants de SOIF D'UTOPIES et du DAL 37 auprès de la gérante de l'hôtel a permis que toutes ces familles restent dans leur chambre pendant tout le week-end. Le lundi 2 août, la DDCS a décidé de payer l'hébergement pour toutes ces personnes. Certaines, quoique sous le coup d’une OQTF, ont reçu un récépissé les autorisant à séjourner sur le territoire français encore 3 mois.

Encore une fois, les militants de nos deux structures ont réussi à instaurer un rapport de forces face aux autorités. Nous avions engagé une procédure en référé à l'encontre de l'EAO et envisagions la même action envers l'Aide Sociale à l'Enfance, qui est sous la responsabilité du Conseil Général. Elle doit légalement prendre en charge les familles démunies, qu’elles soient en situation régulière ou non. Face à cette situation et aux risques juridiques encourus, la préfecture a dû satisfaire les revendications : personne à la rue.

Encore une fois, il a fallu que nous nous mobilisions pour que les autorités ne se dérobent pas face à leurs obligations légales et pour pourvoir aux manquements d'associations comme l'EAO. En effet, la loi du 25 mars 2009, par son article 73, oblige tout hébergeur à proposer des solutions concrètes d'hébergement ou de logement avant de mettre fin à la prise en charge des personnes qu'il héberge. De même, l'ASE est obligée d'héberger toute femme ayant au moins un enfant de moins de 3 ans lorsque celle-ci rencontre des difficultés matérielles ou psychologiques. L'ASE doit favoriser les relations familiales ; en conséquence le père, lorsqu'il est présent dans la famille, ne peut être exclu dudit hébergement. Habituellement, les responsables de l'ASE d'Indre-et-Loire font le chantage au placement des enfants. Si les enfants sont en danger, nous pouvons les placer, expliquent-ils. Ce qui revient à séparer les enfants de leurs parents et laisser ces derniers à la rue. C'est un véritable détournement des textes en vigueur. La loi prévoit que les enfants puissent être placés, par exemple en cas de maltraitance de la part des parents. Or, dans le cas des familles évoquées ici, s’il y a maltraitance envers les enfants, c'est bien de la part de l'administration, lorsqu'elle laisse des familles à la rue !

Le 28 juin dernier l’EAO, dont le slogan est « Ensemble contre l’exclusion », organisait la « Nuit de la Solidarité », pour rappeler à l’Etat ses engagements en matière d’hébergement d’urgence. Un mois plus tard, elle prévoyait de mettre à la rue des familles. Comment les responsables de cette association peuvent-ils appeler à des mobilisations pour que soit respecté le droit à l’hébergement, alors que, presque dans le même temps, elle bafoue ce droit en mettant des hommes, des femmes et des enfants à la rue ? Pourquoi L'EAO n'agit-elle pas afin de faire valoir les droits de toutes les personnes qu'elle accueille ?

Nous n'accepterons jamais que l'égalité des droits et le respect de la dignité des êtres humains soient remis en cause. Nous n'accepterons jamais que ces principes soient remis en cause pour de sordides questions financières ou gestionnaires.

Nous luttons pour la régularisation de tous les sans papiers, la liberté de circulation et d'installation, la disparition des camps de rétention, mais aussi pour un logement pour tous. S’il n' y a plus assez de foyers, de chambres d'hôtel..., le maire et le préfet peuvent légalement réquisitionner des logements vides. A Tours, il y en a 2000 selon le maire, 5000 d'après l'INSEE. Tant d'un point de vue matériel que juridique, il n'y a donc aucune raison pour que des gens restent à la rue ! Pourquoi le droit de propriété doit-il toujours prendre le pas sur nos vies ? Pourquoi doit-il condamner de plus en plus de personnes à n'avoir pour tout abri que le scintillement des lampadaires ? Inversons les priorités en prenant nos affaires en mains !
Tours, 6/08/2010

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