STAR ACADEMY : FERRY FAIT DU BRUIT AVEC SA BOUCHE

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Lieux: Bordeaux

sur le Grand Débat sur l'école qui tourne au Grand Fiasco. Normal, les questions ont été élaborées à partir d'une synthèse déjà rédigée pour cautionner les projets du ministère en préparation depuis des années. Débat bidon donc, qui ne doit pas cacher le vrai débat qu'il faudra avoir sur l'école et la société que nous voulons.
STAR ACADEMY : FERRY FAIT DU BRUIT AVEC SA BOUCHE
Spots publicitaires à la radio et à la télé, liasses de documents distribuées à des millions de poubelles, réunions à l'assistance maigrelette dans chaque établissement, Le Grand Débat sur l'école est parti pour faire un Grand Fiasco.
Il faut dire que le gouvernement s'est soigneusement savonné la planche… et qu'il s'en fout.
D'abord parce que s'il avait réellement voulu entendre ce que la société avait à dire sur l'école et sur le reste, il n'avait qu'à tendre l'oreille en mai et juin derniers quand des centaines de milliers de travailleurs et d'enseignants en grève luttaient pour la défense des acquis sociaux. Au-delà de leurs revendications (droit à la retraite après 37,5 ans de cotisations dans le secteur privé comme le public, refus de la casse du service public), c'était bien un choix de société qui était en cause. Le refus d'un monde où le fric est le but ultime de l'activité, et la dévastation des conditions de vie de la majorité la contrepartie obligée de la fortune d'une minorité. Parodiant Chirac, le gouvernement avait volontairement débranché son Sonotone : ils n'ont pas été entendus.
C'est aussi l'échec d'une pitrerie démagogique : le ministre veut 60 millions d'opinions. Y compris celle des nourrissons ? Et, pourquoi pas, celle de son chien qui, à ce qui se dit, participe aux réunions ? Quant aux documents et aux questions posées, ils empestent la manipulation. Exemple d'une formulation lumineuse : ne pensez-vous pas qu'avant d'augmenter les moyens, il faudrait vérifier l'utilisation de ceux qui sont déjà donnés ? Bref, un faux débat et, pour finir, des mesures déjà décidées et qui sont déjà dans les tuyaux : économies de personnels (25 000 surveillants supprimés pour commencer), aggravation des inégalités entre établissements, affectation de n'importe quel prof sur n'importe quel poste, etc, et pour faire passer la pilule, un discours façon manager branché. Pas surprenant que le débat de Ferry n'intéresse guère que lui même et son chien. Et encore, le chien c'est pas sûr.
Il reste que l'école est à l'image de la société, en crise. Pas moins mais pas plus. Prétendre traiter de ses problèmes indépendamment des autres est une entourloupe. La réalité est qu'au bout de 20 années d'efforts tenaces, les gouvernements successifs ont réussi à incruster le chômage, à faire prospérer la précarité et l'exclusion avec d'inévitables conséquences sur l'école : des jeunes dont la confiance dans l'avenir est ruinée et qui n'attendent de l'école qu'un bout de papier baptisé diplôme pour avoir le droit d'aller se faire exploiter à des conditions moins désavantageuses. Le dieu fric, veau d'or des « entrepreneurs » dont Ferry et compagnie servent la messe, pollue tout, y compris les esprits. La poésie, l'art, la philosophie, l'histoire, les idées généreuses ne valent ni un $, ni un €, rien, pas un radis.
L'école, pas plus que la médecine ou l'art par exemple, n'a pas à être « rentable ». Elle a à former des hommes et des femmes intelligents, sensibles, susceptibles d'apprendre et de s'adapter dans tous les domaines et surtout capables de s'enthousiasmer et de donner le meilleur d'eux-mêmes pour des idées, des passions ou des projets grandioses au service de tous. A ravaler son rôle à la préparation de carrières de chômeurs/précaires avec ou sans diplôme, ou d'énarque rond-de-cuir dans une compagnie d'assurance dans le meilleur des cas, on fait des études un interminable et fastidieux parcours, prélude à une vie d'emmerdements monotones.
C'est à l'évidence ce débat là qu'il faudra avoir. Un vrai débat sur la société qu'on veut, l'école qu'il lui faudra et la jeunesse qui la construira ! Dans ce débat-là, Ferry, son chien, ses prédécesseurs et ses successeurs n'ont pas leur place.

LE PETIT NICOLAS S. FAIT DU CALCUL
Le Maître d'école a posé le problème suivant au Petit Nicolas S. promis à un brillant avenir :
1) Le nombre de détenus en France est passé de 40 000 à 60 000. Calcule le pourcentage d'augmentation.
2) Selon le Ministre de l'Intérieur, cette croissance a entraîné une baisse de la délinquance de 3,9% (arrondis à 4 %). Calcule combien, d'après lui, il faudra mettre de gens en prison pour que la délinquance disparaisse presque.
Réponses du Petit Nicolas S. :
1) Le nombre de détenus a augmenté de 50% (40 000 + 20 000 = 60 000)
2) Si à chaque fois que le nombre de prisonniers augmente de 50%, la délinquance diminue de 4%, il suffit de mettre environ un milliard d'individus en prison pour qu'elle disparaisse presque en France : 60 000 (40 000 + 20 000) pour qu'elle diminue de 4%, 90 000 (60 000 + 30 000) pour 8%, 135 000 (90 000 + 45 000) pour 12%, 202 500 pour 16%, etc, et 1 010 046 732 pour 100%.
Calcul mental : combien d'électeurs faudra-t-il shooter au tout sécuritaire pour que le Petit Nicolas S. soit élu Président de la République ?
Réponse au jugé : au moins 60 millions.



"A la maison, le plus dur c'est la fin du mois.
Surtout les trente derniers jours. " Coluche
Aujourd'hui, la pauvreté touche au moins un habitant sur 10.
La pauvreté monétaire est basée sur les ressources financières. Le seuil de pauvreté correspond à la moitié du revenu moyen des Français, soit, en 2001, 560 €/mois. Cela représente 5,5 millions de personnes environ soit 10,4% des Français.
La pauvreté observée au travers des conditions de vie prend en considération 27 indicateurs : l'état du logement, l'endettement, l'état de santé, les restrictions de la consommation (posséder plus de deux paires de chaussures par exemple). En 2001, 11,5% des ménages sont dans ce cas.
La pauvreté dite "administrative" désigne les ménages qui perçoivent une "prestation sociale". En 2000, 3,36 millions d'allocataires. Si l'on considère les personnes à charge, cela fait presque 6 millions d'individus, soit environ 10% de la population.
Les 30% plus pauvres ont d'un niveau de vie huit fois plus faible que les 1% des plus riches.
Cela n'a pas empêché Raffarin de venir constater les ravages de sa politique en se rendant à l'ouverture des Restos du cœur.

LE CAPITALISME
CONTRE LE GENRE HUMAIN (2)
« La Russie est un rêve ». Ce ne sont pas les nouveaux moujiks russes qui le disent, mais BFM, la radio du business.
La Russie est un rêve au même titre que la Chine ou l'Inde. Ce sont des pays où les ouvriers sont payés à peine 100 euros par mois et où les ingénieurs surqualifiés sont prêts à se vendre pour à peine plus. Et comme les impôts sur les bénéfices sont symboliques et que la croissance de la production y est fulgurante, c'est vraiment le rêve … pour les capitalistes.

Chez nous, on prend exemple, et les capitalistes essayent par tous les moyens de nous aligner en sapant ce qu'il reste de traditions sociales. Les économistes ont même inventé de nouveaux concepts : les Mc jobs et la Wall Martisation. Le Mc job définit un boulot -style McDonald- d'employé précaire au SMIC. La Wallmartisation, c'est son pendant industriel. Son nom vient de Wall Mart, la plus grande chaîne de distribution -style Carrefour- du monde. Le but du jeu est de casser les prix en important la plupart des produits de Chine où ils ne coûtent presque rien. Cela au prix de la faillite des producteurs locaux. Il va de soi que tous les salariés Wall Martisés sont des Mc jobs : ils sont précaires et resteront au SMIC toute leur vie.
Tels sont les brillants résultats d'un système fondé sur la concurrence à mort et dont la seule éthique est la réalisation du profit maximum. Au lieu d'apporter au reste du monde les quelques acquis obtenus par des siècles de luttes ouvrières en Occident, on s'aligne sur les conditions les plus misérables des anciennes colonies ou dominations de ce même Occident.
Pour quel résultat ? Selon un patron de Décathlon, un vélo chinois, transport compris, coûte la moitié du prix d'un vélo équivalent fabriqué en France. Mais ce résultat économique est pitoyable ! Pour faire passer un prix de 300 à 150 €, il a fallu sacrifier un salarié, son revenu net de 1000 €, ses cotisations sociales et toutes ses autres charges qui financent les services publics. Réduire un salaire de plus de 20 fois pour ne faire baisser un prix que de moitié : quel gâchis !
Ne vaudrait-il pas mieux que l'ouvrier chinois gagne 20 fois plus et achète son vélo au même prix que nous ? Que nous en profitions nous aussi pour demander des améliorations de notre sort, et ainsi engager un processus positif des conditions d'existence pour tous ? Non : pour gagner trois ronds tout de suite, tout le monde contribue à détruire le tissu social et à créer une spirale descendante et inéluctable des salaires et des conditions de vie. Ce qui fait qu'à la fin, tout le monde a perdu.
Les discours sur la nécessité des baisses de salaire, de la flexibilité du travail, sous prétexte de concurrence internationale et de délocalisation sont des escroqueries. S'ils étaient vrais, il faudrait immédiatement s'aligner sur les salaires les plus misérables et instaurer le SMIC à 100 € partout.
La vraie nécessité, c'est que tous les salariés et tous les opprimés du monde s'unissent, et que leur action positive permette à tous de vivre une vie meilleure.

S'IL VOUS PLAÎT, MERCI, ENCORE !
Merci à Kamel de Bègles, à Danièle de Chatillon et à Danièle de Celles sur Belle, à Martine de Clamart, à Véronique, à Jean-Marc et à Bernard de Châtenay-Malabry, à Nicole de Carpentras, aux Amis de Karl Marx (parfaitement !) de Boucau, à Sylvain de Sète qui, bien qu'ayant grévé tout l'été se trouve l'hiver venu suffisamment pourvu pour envoyer un petit magot, à Elsa de Blois, à Jean-Christophe de Nancy, à Alexis d'Epinay S/Orge, à Claude d'Anglet, à Daniel de Lattes, à Catherine d'Evry, à Christian d'Intercontinental, à Solidarité Femmes de Grenoble, à Renée de Villebon, à Guy de Draguignan, à Richard et Véronique de Chavanat, à Michèle de Carros, à Monique de Malakoff qui, en plus de son chèque envoie une belle carte, à J. Marc de Privas, à Martine et J. Luc de St-Egrève qui, hésitant entre les timbres et le chèque, ont fait le bon choix en envoyant les deux et enfin à Nadège de Bordeaux qui abonne sa copine Danièle.

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