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La Nupes est une jeune coalition de vieux partis plus ou moins réactionnaires. Après six mois d’existence, cet ensemble cherche à prendre la tête du mouvement social alors que les différentes composantes de la Nupes contribuent à la casse sociale.

À l’heure de la rentrée sociale et des différentes initiatives de lutte contre la casse toujours accélérée des conquis sociaux, un premier bilan de la stratégie néo-réformiste de la Nupes semble être de mise. Alors que celle-ci cherche à driver le mouvement social par sa marche « contre la vie chère », qu’en est-il réellement, en acte, des stratégies et de l’application d’un soi-disant programme de rupture des différents acteurs de cette alliance du réformisme mou à la française  ?

Si l’agitation médiatique dont peut bénéficier LFI donne à celle-ci l’aura d’être la seule force politique « d’extrême gauche », passé l’écran de fumée, la Nupes au pouvoir donne à voir une réalité loin des idées sociales, écologistes, anticapitalistes et progressistes. En témoigne par exemple la signature d’une convention avec la SNCF qui acte la diminution de budget alloué aux fonctionnements, stratégie classique pour mener à terme à la privatisation. La privatisation du réseau TER de la région Centre-Val de Loire a été votée ainsi unanimement par le conseil régional tenu par la Nupes (PS-PCF-EELV-LFI). Même chose, dans la région Bourgogne-Franche-Comté où une partie des composantes de la Nupes (PS et EELV, le PCF s’étant opposé à cette dernière) a voté la privatisation.

À l’échelle locale, les faits d’armes des composantes de la Nupes ne sont pas beaucoup plus reluisant. Pour ne citer que quelques exemples, la mairie de Bordeaux (avec à sa tête l’écologiste Pierre Hurmic) continue d’ignorer les nombreuses expulsions préfectorales de squats, remettant à la rue des dizaines de familles (plus de 800 personnes depuis le début de l’été). La mairie, préférant nier ses responsabilités, refuse en conseil municipal la réquisition de logements vide appartenant à la municipalité.

À Nantes, la mairesse (Johanna Rolland, PS), salue la volonté de Darmanin d’acter la construction d’un centre de rétention administratif (CRA) dans sa ville. Pire ici, les composantes de la Nupes font le lien entre augmentation de la criminalité et personnes sans papiers, rhétorique traditionnellement réservée à la droite de l’échiquier politique. Plus globalement, la Nupes s’est illustrée récemment sur une gestion catastrophique des cas de violences sexistes et sexuelles (VSS). Alors que pour le cas de Taha Bouhafs, l’état major de LFI a été très prompt à condamner l’ex-candidat accusé de plusieurs faits graves de VSS, nous regrettons que la réactivité ne soit pas la même lorsqu’il s’agit des proches de Mélenchon, et que ces derniers sont blancs.

Nouveau nom, même méthode réac

Pire encore, la plupart des hauts placés du mouvement (Mélenchon en tête) ont préféré relativiser les accusations, et participer au retour de bâton antiféministe du moment. À côté de cette gestion catastrophique se rajoutent d’autres réactions plus que questionnables, comme cet été où LFI a refusé à des militant·es antivalidistes d’intervenir lors de leurs universités d’été sur ce thème, confirmant une vision validiste violente et excluante, comme en témoigne le cheval de bataille autour de la réintégration des soignant·es non vacciné·es ou bien le vote de l’amendement rendant quasi-impossible les téléconsultations médicales. Nous pourrions citer aussi les positions campistes du mouvement face à la guerre en Ukraine et le flou entretenu concernant la Russie de Poutine.

Ces quelques exemples doivent nous servir de rappel salutaire face à l’espoir que peut représenter la Nupes dans une période de montée de l’extrême droite et la fascisation de l’État français qui ne fait que s’accélérer. Outre le fait que cette alliance a permis de maintenir en vie le parti réactionnaire qu’est le PS et qu’elle cherche maintenant à prendre la tête de la contestation sociale, nous ne devons pas être dupes face aux trahisons déjà enclenchées ou à venir des forces réformistes de ce pays.

La critique des révolutionnaires des stratégies électoralistes existe pour cette raison. Sans volonté de rupture claire avec le capitalisme, le racisme, le colonialisme, le patriarcat, le validisme, l’ensemble des systèmes de dominations qui nous pourrissent la vie ne feront que perdurer, et toute désillusion provoquée par cette gauche réformiste ne fait qu’alimenter la réaction et annonce la défaite des opprimé·es, ici et ailleurs.

UCL Bordeaux