Occupation d'EDF-Rennes par des chômeurs et précaires

Mot-clefs: Exclusion/précarité/chômage
Lieux: Rennes

En ce mardi 12 mai, une trentaine de personnes se sont réunies pour aller occuper la direction d’EDF à Rennes pour exiger la gratuité des services d’énergie, soutenir les agents d’EDF et d’ErDF en lutte, et exiger la fin des coupures pour factures impayées.

En ce mardi 12 mai, une trentaine de personnes se sont réunies pour aller occuper la direction d’EDF à Rennes pour exiger la gratuité des services d’énergie, soutenir les agents d’EDF et d’ErDF en lutte, et exiger la fin des coupures pour factures impayées.

Arrivés vers 13H30 sur le site de la direction, nous avons tout de suite eu à faire à deux employés du groupe nous expliquant toutes les actions « citoyennes » d’EDF et comprenant notre message selon une compassion bien rôdée. Devant leur refus de faire avancer les choses, nous avons du passer dans les étages pour que notre message soit mieux « entendu »… Au même moment, le bâtiment subissait une panne de courant qui empêchait tous les employés de travailler.

Devant cette situation, il nous a été impossible de rencontrer des interlocuteurs pour dialoguer sur nos revendications, connaître les chiffres des coupures… Chaque « chef de service » se cachant derrière une dilution des responsabilités.

Une responsabilité qui n’a étrangement pas été « diluée » fut celle d’en appeler aux forces de l’ordre : la brigade d’intervention débarquait vers 16H30 pour nous déloger. Ayant légèrement anticipé cet état de fait et devant notre faible nombre nous nous sommes dérobés par l’arrière mais ils n’ont que peu appréciés notre dérobade, une course poursuite s’engage donc mais entre des véhicules motorisés et des jambes, la fuite fut bien vaine.

Ils ont donc réussit à arrêter une douzaine de personnes pour un contrôle d’identité standard avec quelques provocations verbales de bonne guerre.

A suivre le tract distribué :

DE L’ENERGIE POUR NOS LUTTES

Nous serions donc en crise. Quelle crise ? La crise des actionnaires et des patrons qui ne peuvent plus dégager leurs profits exponentiels sur le dos des travailleurs, la crise des banquiers corrompus et des politiciens effrayés devant les gestes de colère d’une partie de la population (occupations, séquestrations, piquets de grève, blocage). Les premiers à en subir les conséquences sont les salariés licenciés, les précaires, les intérimaires...

L’heure est donc aux suppressions d’emplois, à l’institutionnalisation de la précarité pour les plus pauvres, pour les chômeurs avec la mise en place du RSA et au sein même des entreprises. Sur ce point, l’exemple d’EDF et de GDF est frappant, les directions externalisent les services dans des filiales pour baisser les salaires et précariser les agents. Contre ces logiques, les électriciens et les gaziers sont aujourd’hui en lutte.

EDF et GDF-SUEZ ne se contentent pas d’attaquer leurs employés mais bien de spolier la population. En 2008, GDF-SUEZ (fleuron de l’appropriation de l’énergie internationale : gaz, électricité (EPR), eau) a dégagé 6,5 milliards d’euros de bénéfices nets et en a redistribué 4,7 à ses actionnaires en se permettant de tripler le salaire de son vice-président Cirelli et d’installer son patron Mestrallet sur le podium des plus grosses rémunérations de France (plus de 3 millions d’euros de salaire). Parallèlement, nous subissons de fortes augmentations du prix du gaz soi-disant indexé sur celui du pétrole que chacun d’entre nous paie. Ce n’est pas la maigre baisse du prix du gaz en avril (à la fin de l’hiver !!) qui adoucira notre colère.

EDF n’est pas en reste non plus (3,4 milliards de bénéfices) et il va de soi que les premiers à pâtir de ces augmentations inconsidérées sont les plus pauvres et ce n’est pas la tarification de première nécessité qui ne fait qu’abaisser la facture d’une dizaine de pourcent qui résoudra quelque chose.
C’est pourquoi nous, chômeurs, précaires, étudiants, retraités, travailleurs pauvres, bas revenus agissons aujourd’hui contre les directions d’EDF et de GDF-SUEZ pour exiger la gratuité des services de gaz, d’électricité et d’eau pour toutes les personnes sous le seuil de pauvreté et des réductions substantielles (application d’une « tarification première nécessité » élargie et indexée sur les revenus) pour les bas salaires (1,4 fois le SMIC) à compter du 1er janvier 2009.

Nous soutenons activement les actions menées par les gaziers et électriciens pour la défense de services non-soumis au diktat de l’économie et de ses fins. Le simple fait que l’Etat soit actionnaire de ses groupes nous prouve l’inanité qu’il y aurait à défendre de manière incantatoire les services publics. Nous défendons bien plutôt l’idée d’une appropriation collective et non marchande des services d’eau, d’électricité et de gaz.

Face aux difficultés rencontrées par chacun, nous exigeons l’arrêt des coupures pour factures impayées.

Nous enjoignons tous les groupes de chômeurs, précaires, travailleurs pauvres… à se saisir de ces luttes et à les développer au plus vite.

Nous invitons également les salariés d’EDF et de GDF-SUEZ à prendre contact avec les mouvements de chômeurs pour organiser des luttes communes.

Mouvement des Chômeur-se-s et précaires en lutte de Rennes. 22 rue de Bellevue, 35700 Rennes. Bus 3, arrêt Jeanne d’Arc. Permanence tous les lundis de18h à 20h.

Commentaire(s)

> appropriation collective

"Nous défendons une appropriation collective et non marchande de l'énergie", c'est pas un mot sur le nucléaire, mais c'est bien une perspective qui entraînerait la mise en cause de la production nucléaire, non seulement sur des arguments environnementaux mais parce que ce qui serait mis en cause c'est l'existence d'une activité productive qui ne peut se concevoir qu'hyper centralisée.

Vétiller use, agir construit.

> nucléaire oui merci

ah maurice la pureté des positions a tenir devant son écran d ordinateur , a donner et rappeler les points, parce c est vrai on ne sait pas que le nucleaire c est grave et compromettant pour le present et l avenir, heureusement que nous le rappelle.

Mais la vois tu les personnes sont parties de ce qu elles vivent et de leur réalité ,en plus en soutien aux gevistes d edf qui eux elles luttent en ce moment,et qui n aiment peut etre pas aussi l hypothese no future qu est le nucleaire.

Aussi il est peut etre plus judicieux de soutenir ces initiatives qui ne peuvent que favoriser des rencontres ,plutot qu adosser un point de vue moraliste perché dont on ne sait ou.