Le Panama, Etat fictif créé par les USA, élargit son canal

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Le Panama, Etat fictif créé par les USA, élargit son canal

Les USA avaient besoin de construire le canal du Panama afin de faciliter le transit par la mer des marchandises.

Qu'à cela ne tienne : ils ont soutenu des militaires fantoches partisans d'une nation « panaméenne » qui ont proclamé l'indépendance le 3 novembre 1903, ils ont reconnu immédiatement le pays et sont intervenus militairement pour empêcher la Colombie de récupérer son territoire.

Les USA ont construit le canal et le géraient eux-mêmes, en faisant payer une taxe de passage aux plus de 14 000 navires transportant plus de 203 millions de tonnes de cargaison chaque année.

Seulement il y avait deux problèmes. Tout d'abord que le canal du Panama soit une propriété des USA a en permanence attisé la haine anti-impérialiste au Panama et dans toute l'Amérique du Sud.

Ensuite, il était évident qu'il faudrait bien finir par moderniser l'ensemble du canal en raison de l'accroissement gigantesque de la taille des bateaux. Le nouveau type de bateau est trop large pour passer les écluses et si en 2012 la voie interocéanique qui relie le nord est asiatique à la Côte Est des Etats-Unis sera impraticable.

Cela faisait deux bonne raisons pour remettre le canal au Panama.



Le canal du Panama, propriété légale des USA, est donc revenu légalement au Panama le 1er janvier 2000, après des dizaines d'années de négociations.

Naturellement, dans le cadre de la politique néo-coloniale, le canal du Panama est toujours légalement pour les USA une « eau intérieure » où ses navires ont priorité; il va de soi que le canal devra être modernisé selon les désirs des USA, tout comme il va de soi que ce sont les Panaméens qui paieront et que la modernisation sera effectuée par des entreprises impérialistes.

Et il va de soi également que lorsque le gouvernement du Panamá avait négocié un contrat de 25 ans pour la gestion des terminaux à conteneurs du canal avec une entreprise chinoise, les USA ont rappelé qu'ils se gardaient droit d'intervenir militairement quand bon leur semble et qu'il était hors de question de voir l'armée chinoise débarquer ou passer par le canal.

La « nation » panaméenne a par conséquent naturellement voté oui à 79% (42% de participation) à l'élargissement du canal de Panama, un projet impérialiste d'une immense ampleur, puisqu'en votant « oui », ce « pays » met en place un projet d'entre 5 et 10 milliards de dollars dont l'argent sera emprunté aux entreprises des pays impérialistes et dont la construction sera également faite par des entreprises des pays impérialistes.

La nouvelle voie de navigation pourra donc accueillir les navires post-Panamax, en creusant deux tranchées respectivement de 8 km (côté Pacifique) et de 3,2 km de longueur (Atlantique), sur 200 mètres de large, où seront installés le troisième jeu d'écluses coulissantes et des bassins de réserves d'eau.

Sont déjà sur les rangs du côté français les groupes Suez, Bouygues, Vinci, Eiffage, Alstom, et du côté bancaire BNP-Paribas et Crédit Agricole-Crédit Lyonnais.



Parmi les autres entreprises : Halliburton, Caterpillar, Bechtel et General Electric (Etats-Unis), Mitsubishi (Japon), Evergreen (Taïwan), Oderbrecht (Brésil), le groupe du Mexicain Carlos Slim, Siemens (Allemagne), les banques HSBC, City Bank, JP Morgan, Crédit Suisse, Bank of Tokyo...

Et pour bien revendiquer sa dépendance totale aux monopoles impérialistes, Rodolfo Sabonge, directeur de la planification de l'Autorité du canal de Panama (ACP), a même affirmé : « Aucun pays ou aucune entreprise ne sera avantagé (...) Nous n'allons pas signer des contrats avec les entreprises de manière individuelle, la logique, ce qui est préférable, c'est que des consortiums se forment. »

Pas de « libre-concurrence », cela sera un partenaire unique qui aura le rapport de force qu'il faut face à l'Etat fantoche panaméen, Etat totalement dépendant de l'impérialisme US. C'est un excellent exemple de politique impérialiste : diviser pour régner en divisant fictivement un pays, pratiquer le néo-colonialisme, pseudo-indépendance dont les bénéfices iront à l'impérialisme par l'intermédiaire d'une bourgeoisie bureaucratique à la solde des USA.



Une figure de cette bourgeoisie bureaucratique a été le général Omar Torrijos, auteur d'un putsch en 1968 pour instaurer un régime nationaliste, évidemment à la solde des USA. Mort dans un accident d'avion, chose courante dans les néo-colonies, il a été remplacé en 1981 par le général Noriega, ancien chef des services secrets.

Mais comme celui-ci refusait de rendre le pouvoir après qu'il ait perdu de nouvelles élections, les USA ont tout simplement envahi le pays avec 25.000 soldats pour « rétablir la démocratie. »

Et quand on sait que le président actuel du Panama a comme père... le général Omar Torrijos, on comprend la nature de l'entité impérialiste panameénne.

L'impérialisme français participe à cette gestion impérialiste du monde; il n'est pas du tout un laquais des USA, mais un protagoniste acharné dont la présence impérialiste va de l'Afghanistan au Sénégal, de la Turquie... au Panama.

Pour le PCMLM, octobre 2006.

Source : http://www.lescommunistes.net/~infos