Contre les attaques anti-ouvrières, l’austérité et leurs crises : Prolétaires de tous les pays...

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A l'heure ou toute la classe politique en appelle à l'unité ou à la souveraineté nationale, au “peuple", etc. Il n'est peut-être pas inutile de donner à lire ce qui suit.
L’année 2012 commence comme finit l’année 2011. Vœux de bonne année officiels de la part de Sarkozy, mais des millions et des millions de familles ouvrières savent que cette nouvelle année sera pire que l’année 2011. C’est officiel, pour les salariés de la fonction publique, l’année 2012 commence avec la mise en place d’une journée de carence en cas de maladie ; pour les chômeurs âgés, c’est la fin de la Dispense de Recherche d’Emploi ; et le gouvernement prépare déjà une attaque en règle contre l’ensemble de la classe ouvrière, rendre plus facile, au nom de la « défense de l’emploi », les accords d’entreprise entérinant des baisses de salaires. Les ouvriers de Continental Clairoix, qui avait accepté un tel accord, sont là pour rappeler que le chantage patronal aux licenciements ne garantit rien.

Hausse des prix, des taxes, et des loyers, hausse du chômage, multiplication des licenciements et des suppressions d’emplois, dégradation des conditions de travail et baisse des salaires, des pensions et des allocations, voilà ce que la bourgeoisie et son État nous promettent pour 2012. Et cela, quelque soit le gestionnaire du système capitaliste français qui sera élu. L’austérité de Sarkozy, nous ne la connaissons que trop, nous la vivons chaque jour. Celle de Hollande ne serait guère différente. Début décembre, le candidat du PS avait en effet déclaré « Je vis au niveau de la Corrèze ce que j’aurai peut-être à vivre au niveau de l’Etat »... Et, dans ce département, au nom du remboursement de la dette, sa politique ce fut de supprimer la gratuité des transports scolaires, de supprimer des postes d’agents du Conseil Général, et d’augmenter les impôts locaux. Bref, la même politique, au niveau départemental que celle menée au niveau national, la même aussi que mène tous les gouvernements de l’Union Européenne, qu’ils soient de droite, de gauche ou d’extrême-droite.

Alors qu’après la « crise des subprimes », c’est maintenant la « crise de la dette publique » (c’est à dire dans les deux cas, la crise du système capitaliste) qu’on nous demande à nous, travailleuses et travailleurs, de payer tandis que les profits d’une minorité de bourgeois continuent d’augmenter, on assiste, dans la course à la présidentielle, à la plus stupide démagogie nationaliste. A l’extrême-droite, bien sûr, dont le fond de commerce à toujours été d’appeler à la haine et aux discriminations contre les travailleurs immigrés, leurs enfants et petits-enfants, ou toute autre personne considérée comme « pas assez française ». Cette politique est déjà, en grande partie, celle menée par l’UMP au pouvoir. Rien que pour l’année 2010, 60.000 êtres humains, hommes, femmes et enfants, ont connu les camps de rétention de l’État français pour n’avoir pas la bonne carte d’identité. Guéant est allé plus loin encore dans l’ignoble et la bêtise en déclarant qu’il y aurait même « trop d’étrangers en situation régulière »... Disons-le simplement, si le taux de personnes étrangères en France n’a pas bougé depuis les années 1930, nos statistiques sont en effet formelles : il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde.

Mais à gauche aussi, on ressort les vieux drapeaux usés du nationalisme. Hollande lance ses appels au « patriotisme industriel », Montebourg rêve de revenir aux villages d’antan avec sa « démondialisation », Bayrou veut « produire en France » et « consommer français », etc. Bien malin celui qui aujourd’hui pourra déterminer, en prenant la chaîne de production depuis l’extraction de la matière première jusqu’à son emballage, et sans même parler des outils, machines et moyens de transport, la nationalité de telle ou telle marchandise. Les « produits du terroir » transportés dans un camion de marque allemande grâce au pétrole extrait en Algérie ? L’économie est aujourd’hui mondiale, rêver de la « relocaliser » est aussi utopique et réactionnaire que vouloir réintroduire la traction animale pour nos déplacements. Tous nos défenseurs du « patriotisme industriel » le savent très bien, et ils ne se plaignent d’ailleurs pas que les capitalistes français exportent leurs marchandises bien au-delà des frontières. Ils ne dénoncent pas, non plus, que des pays entiers, comme la Côte d’Ivoire ou le Cameroun, soient sous le contrôle de groupes capitalistes français comme Bolloré ou Total. Leurs appels au « patriotisme industriel » ne reviennent finalement qu’à appeler les ouvriers vivant en France à se montrer solidaires de leurs patrons, à « retrousser leurs manches » pour le profits de ceux qui les exploitent.

Le problème n’est pas que le capitalisme soit mondial ou national, français ou européen, berrichon ou creusois, mais bien qu’il s’agit d’un système économique, basé sur l’exploitation de la force de travail salariée, qui ne tourne que pour enrichir une minorité et non pour satisfaire les besoins de tous. Être licencié par Ford, Peugeot ou Mercedes, par des patrons américains, français ou allemands, ne change vraiment pas grand chose.

A l’inverse du repli nationaliste, la perspective est celle de l’union internationale des exploités. Rien qu’à l’échelle européenne, non seulement nous subissons les mêmes attaques, mais les mêmes luttes, avec des revendications identiques, mobilisent les travailleuses et les travailleurs de Grande-Bretagne, de Grèce, de Belgique, de Chypre, du Portugal, d’Allemagne, d’Italie, de France et d’ailleurs. Les ouvriers roumains de Dacia (groupe Renault) l’ont bien compris en réclamant les mêmes salaires que leurs camarades de France. Les sidérurgistes d’ArcelorMittal ont pu, le 7 décembre, se mobiliser le même jour à travers tout le continent, que se soit à Liège (Belgique), à Ostrava (République Tchèque), à Florange (France) et ailleurs. Et il y a un an, le soulèvement en Tunisie, a ouvert un cycle de révoltes dans tout le Maghreb et le Moyen-Orient, touchant y compris Israël, et dont les répercussions se sont fait sentir jusqu’aux États-Unis. Face aux politiques d’austérité, contre les politiques anti-ouvrières et les idéologies réactionnaires du nationalisme, la conclusion du Manifeste Communiste de Marx et Engels prend tout son sens : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».

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