Mon "Ouest-France" d'aujourd'hui mardi

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Lieux: Challans Nantes

Message subliminal à propos d'une lecture énervée d'un journal régional du matin, à la recherche de tous les dits de Nantes, et non-dits.



Mon "Ouest-France" d'aujourd'hui mardi
Mon « Ouest-France » de ce mardi 7 février pèse-t-il plus lourd que d'habitude ? Du mondial au détail local ?



è En Une, l'éditorial de Paul Burel est plus embarrassé que d'habitude pour dénigrer ceux qui tentent de résister aux mauvais coups du gouvernement. Un signe ?



è Au dos, un reportage sur la cité calaisienne d'Outreau, qui a bien mérité de la République : « rasée lors des bombardements de 1943-1944 », reconstruite, « meurtrie à la fin des années soixante-dix par la faillite de la sidérurgie », et pour finir dévastée par l'actuelle affaire juridico-médiatique. Ouest-France m'apprend que les habitants s'appellent des Outrelois.



è Page 2, une des raisons méconnues du martyre des « enfants forçats des mines du Congo » : Honnêtes, et n'osant pas s'enfuir avec leurs diamants, ces enfants (d'ailleurs vicieusement endettés par leurs exploiteurs) sont plus intéressants à embaucher que des adultes.



è Page 3, le groupe naval Aker, qui vient de racheter les chantiers navals nazairiens, va construire le plus grand navire du monde. Mais pas dans la forme-écluse géante de Saint- Nazaire, contrairement à toute attente. Restons discret sur cette affaire (quatre lignes et demi). Il est si pratique d'absorber un concurrent industriel gênant quand son propriétaire (français) paye pour pouvoir s'en débarrasser.



è Page 4, les journalistes de France 3 estiment que la télévision régionale est sabotée par sa propre direction parisienne. Combien de rédactions sacrifiées par leurs chefs ? Ah oui, au fait, voici en bas de la même page, une photo du futur rédacteur-en-chef de Presse-Océan. En septembre dernier, j'avais émis son nom comme nominable sur une liste canulardesque comprenant également Mireille Mathieu et Jean Blaise. Mais j'ai été rattrapé par les faits. La réalité rejoint l'affliction ? Espérons au moins que des annonçeurs intéressés auront fait pression sur le groupe de presse pour imposer un tel patron.



è Page 5 : Photo de la greffée du visage. Malgré ma curiosité, je ne suis pas allé la voir à la télé, mais j'attends de voir si les chirurgiens remporteront le prix Nobel de médecine. Un jour peut-être, on racontera le visage défigurée de Marianne… la République, alias la gauche issue de la Résistance: Le visage déchiré par un chien fou nommé guerre d'Algérie, sur laquelle on a greffé ultérieurement le masque pétainiste d'un dénommé Mitterrand ? « Je devais affronter le regard des autres ».



è Page 6 : Arrestation d'un réseau de trafiquants de drogue en Loire-Atlantique. Quatorze emprisonnés. Et pas moins de 135 enquêteurs, sans compter les gendarmes et les Douanes. Tout cela pour faire monter artificiellement les prix, et donc les profits ? Et surtout : 25 000 écoutes téléphoniques retranscrites selon Ouest-France ! Si avec cela, nos libertés ne se portent pas mieux.



è Page 7 : Les syndicats expliquent pourquoi il faut aller manifester contre le contrat première embauche. Le dénommé Ricordeau de la CFDT nantaise déclare que les syndicats ont « tout mis en œuvre afin que cette action soit un succès ». Il faut donc décoder le journal : Les syndicats ont tellement mal informé les salariés que de nombreux instituteurs ont annoncé aux parents qu'ils feraient grêve pour aller manifester : Personne ne les avait prévenus que la manif se tient ce soir vers 17 heures après la journée de travail. J'attends que la presse locale explique un jour ce mystère : Sachant que les permanents syndicaux détiennent forcément des listes internet de leurs adhérents et sympathisants, et sachant d'autre part que l'envoi d'un mail ne coûte rien, pourquoi n'envoient-ils JAMAIS les appels à faire grève et à manifester ? (Ce sabotage insolite est facile à vérifier pour Nantes, depuis plusieurs années, et valable pour presque tous les syndicats, pas seulement la CFDT.)



è Toujours sur la même page : « Bientôt quatre voies jusqu'au Pellerin » (Quelque part plus loin dans le même journal, un écologiste risible de JMA parle de 21 engagements écologistes pour le siècle.) Dernièrement, région et département sont passés à gauche, mais on continue à bétonner le bocage ou ce qu'il en reste. Suffoqué, l'autre jour, de voir s'achever une autoroute, oui une autoroute avec échangeurs, entre Challans et Saint-Philbert-de-Grand-Lieu.



è Page 8, l'évêque de Nantes dit tout le bien du futur rassemblement de 4000 jeunes catholiques nantais, qui s'appellera « Ô happy day » (et non les Folles allumées, comme on s'y attendrait en terre nantaise.) C'est l'occasion d'entrevoir sur la photo l'intérieur de l'évêque. Cosy mais pas trop. Fenêtre à rideaux. Un parquet qui sent l'encaustique et l'enivrante religiosité. Pas de calendrier de rugbyman au mur, mais du mobilier un peu désuet, et des bibelots vaguement néo-saint-sulpiciens à épousseter.



è Economisons l'article ci-dessous, pour retenir seulement que la Polyclinique privée de l'Atlantique (Saint-Herblain) se distingue par une appréciation particulièrement mauvaise en terme d'infections nosocomiales (pardon : « d'indice de lutte » contre ces infections, les résultats réels étant sans doute hors barème et secret d'Etat.)



è Page 7 : Un courrier des lecteurs révèle que les spectateurs d'âge mur de la Cité des congrès se comportent avec une goujaterie incroyable pendant une représentation de « Carmen ». Tiens ! Ces retraités en goguette se tiendraient plus mal que mes élèves quand je les emmène au théâtre ? Et pourtant, ce sont mes lycéens de BEP qui ont été insultés sans recours, ni aucun démenti (malgré nos efforts), par toute la presse locale déchaînée, l'an dernier, quand elle a annoncé faussement des excréments dans les couloirs du lycée (on a les hallucinations qu'on peut), de la fabrication d'armes en ateliers (il fallait y penser !), et des rixes imaginaires à coup de cutter. Que des faits inventés à partir de sources non recoupées. Il est vrai qu'il s'agissait de futurs ouvriers : Il est sans doute licite de s'essuyer les pieds dessus, et puis de fantasmer à l'heure de l'apéro sur la bestialité supposée des jeunes des classes populaires.



è Page Nantes Métropole, on apprend qu'une Maison de l'Europe ne servira à rien de concret (tant mieux pour les nationalistes, tant pis pour les citoyens du monde), mais va d'abord entrer « en phase de recrutement d'un permanent, chef de projet ». S'adresser aux institutions locales. Colonne d'à côté, l'élu écologiste risible repéré plus haut annonce encore un machin coûteux : un « pôle du commerce équitable et solidaire ». Juste ce qu'il fallait ne pas faire.



è Page Nantes. Photo de plein air de Jacques Boislève qui réhabilite un vieil ouvrage émouvant de René Bazin. Un voisin m'avait parlé de ce récit ouvrier qui se passe à Nantes. Photographié devant la Loire, face au nouveau siège de Ouest-France, Jacques Boislève possède un beau visage de vieillard alerte, avec une crinière blanche à la Hugo, ou à la Verne. On trouve que cet article aurait mérité d'être complété de quelques bonnes pages du livre. On nous dit que Bazin représentait ce premier catholicisme social, directement issu du monarchisme. Qui rendra à Nantes la fierté de ses traditions rebelles perdues ? : L'anarcho-syndicalisme est embaumé, oublié ou incompris, le surréalisme muséifié, le situationnisme local domestiqué, et le royalisme nanto-vendéen sera probablement le grand oublié du futur Méga-musée officiel de Nantes au Château des ducs. C'est quand même ici qu'est définitivement morte la dynastie légitime, avec l'arrestation romanesque de la Duchesse du Berry. Ça s'arrose, ou ça ne s'oublie pas.



è Page des annonces judicaires et légales, on voit la montée générale des chantiers de désamiantage (pas de panique, chers élus, d'autres poisons dormants vous attendent), mais aussi que la région veut lancer une « étude » en vue de l'élaboration d'une « cité internationale dans l'agglomération nantaise ». Ce qui est curieux, c'est que la durée de la « prestation » est déjà annoncée (12 semaines d'étude, dont 5 de « diagnostic », avec « collecte des attentes des partenaires », et 5 de « propositions »), ainsi que sa conclusion souhaitée ! (Construire un lycée « international », et oui !). Se proposer avant le 16 mars.



è Page des obsèques. On lit l'avis de décès « survenu brutalement » d'un garçon de onze ans. Les jeunes du collège de notre quartier racontaient hier que les parents vont porter plainte, car le médecin aurait prescrit un produit néfaste à cet enfant en bonne santé, mais allergique. Dommage de finir la matinée ainsi.







Rédigé le 07/02/2006 à 11:00 | Lien permanent | Commentaires (0)



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