De Cantat à la téléviolence

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Trois articles importants: l'un sur le livre publié par Xavier Cantat pour essayer de disculper son frère, Bertrand, l'autre sur la téléviolence qui fait des enfants des tueurs, selon le consultant Jacques Brodeur, et le troisième sur la sexualisation précoce de l'adolescence sous l'emprise de la pornographie.
«Méfaits divers»

«Le dimanche 3 avril, l'émission Tout le monde en parle, de Radio-Canada, accueillait Xavier Cantat, frère de Bertrand Cantat et auteur du livre Méfaits divers. Les propos qu'il a alors tenus nous ont à ce point choquées que nous ne pouvions pas garder le silence.

Xavier Cantat est en quelque sorte venu présenter un plaidoyer en faveur de son frère Bertrand, meurtrier de la célèbre actrice française Marie Trintignant, décédée le 1er août 2003. Nous souhaitons réagir à certaines affirmations qu'il a ardemment défendues.

Revenons tout d'abord sur la distinction qu'il a faite entre les termes «assassin» et «meurtrier». Nous croyons que l'insistance sur la sémantique avait pour but non avoué de minimiser la gravité de l'agression et des gestes. Que l'acte ait été prémédité ou non, le résultat est le même: la mort violente d'une jeune femme de 41 ans, mère de quatre enfants (...)».

Lire l'article «Méfaits divers», de Xavier Cantat, un livre non grata», par Caroline Boudreau et Monic Caron de l'Alliance des maisons d'aide et d'hébergement de la Gaspésie pour femmes violentées dans un contexte conjugal et pour leurs enfants.

Quand la sexualité scandalise

L'auteure réagissait à l'excellent dossier sur la sexualité des adolescent-es publié dans Le Devoir des 16, 17 et 18 avril 2005 («Ados au pays de la porno»).

«...Il est très difficile de réfléchir calmement à la question de la sexualité dès lors qu'on l'aborde par le biais de la liberté, cette notion si mal définie et donc si largement interprétée. L'être humain n'est-il pas libre de faire ce qu'il veut de son corps? Conséquemment, les êtres libres ne se rencontrent-ils pas dans un consentement réciproque? La sexualité ouvre d'abord son chemin dans la rencontre de deux êtres corporels. Nous avons appris que cela doit se faire par la provocation, celle de la femme envers l'homme évidemment. Provoquer, dans ces conditions, signifie allumer l'oeil. Plus que jamais, le rôle de la femme se limite à user de son corps pour se mirer dans le regard de l'homme. Nous baignons dans une société de corps dénudés et nous autorisons les petites filles à tracer leur destin de femmes aguicheuses en leur permettant de se donner à tous les regards masculins qui se poseront sur elles. Ce n'est pas celui du garçon de son âge que la fillette vise mais bien le regard de l'homme adulte qui, s'il est bien capté, vient témoigner qu'elle est sur la bonne voie. Pourquoi avons-nous peur de le reconnaître?

L'homme adulte est le premier qui devrait se détourner de l'enfant et de l'adolescente provocantes. Mais ce n'est pas ce qui se passe. Avant même de prendre connaissance des études sur la prostitution adolescente, nous n'avons qu'à suivre le regard des hommes dans leur automobile, sur la rue ou dans tout autre lieu public pour constater que la toute jeune fille fait de l'effet. Mais sur quoi cet effet repose-t-il? ...». Lire l'article:«Quand la sexualité scandalise», par Sylvie Rochon

Anniversaire de Columbine: quelles leçons en a-t-on tirées?

«Le 20 avril 2005 marque le 6e anniversaire du massacre survenu à l'école Columbine, à Littleton au Colorado. Les médias états-uniens vont répéter le nom des jeunes assassins. EDUPAX veut examiner les facteurs qui ont contribué au drame. Ce dernier a suscité des réactions diverses. La criminalité juvénile a été pointée du doigt. La sécurité en milieu scolaire a donné lieu à plusieurs questionnements. Pourquoi un tel événement survient-il dans une école secondaire ? Pourquoi ces jeunes ont-ils agi de la sorte? Quelle était leur cible? Qu'ont-ils voulu exprimer?

Le cinéaste Michael Moore a analysé le drame à sa manière. Son film documentaire a attiré des foules record de spectateurs partout dans le monde. Pour lui, la culture consommée par les jeunes à la télé, au cinéma et dans les jeux vidéo n'est pas en cause. Il faut plutôt regarder du côté de la libre circulation des armes à feux et dans la militarisation de l'économie des États-Unis. (...)

Pourquoi les jeunes sont-ils de plus en plus violents aux Etats-Unis et au Canada? Pourquoi l'augmentation de la violence juvénile frappe-t-elle également en Europe et est-elle devenue un enjeu majeur de santé publique?Pourquoi le nombre d'enfants du primaire aux prises avec des troubles graves du comportement augmente-t-il lui aussi? Pourquoi nos enfants les plus troublés se retrouvent-ils en maternelle et en première année?

Ce n'est pas l'école qui cause la violence, mais c'est là qu'on peut la voir s'exprimer. Chaque année, nos écoles réussissent à socialiser un certain nombre de ces enfants. Pas tous, hélas. Et, inévitablement, certains atteignent le secondaire en conservant leur sous-développement en habiletés sociales. Ils deviennent des ados à risque. Si leur entourage n'est pas enclin au respect des différences, si les sarcasmes et les humiliations ont cours, inévitablement, la frustration augmente et la culture médiatique qui glorifie la vengeance vient aider ces jeunes à passer à l'acte. Cette culture médiatique de la violence, de source principalement hollywoodienne, se propage dans le monde entier. Lire l'article complet: «Anniversaire de Columbine: quelles leçons en a-t-on tirées?», par Jacques Brodeur, consultant en prévention de la violence.

Sisyphe
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