TDS assassinées et poussées au suicide : on compte nos mortes

Mis a jour : le jeudi 5 mars 2020 à 13:48

Mot-clefs: logement
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Avril 2016. la loi de pénalisation des clients est votée, largement critiquée par les premier-es concerné-es, les travailleurs et travailleuses du sexe ( TDS ), mais acclamée par les militant-es abolitionnistes et prohibitionnistes.
Cette loi n’a fait que précariser et isoler les TDS, les forçant à s’éloigner encore plus dans des zones désertes, à accepter les négociations des clients (baisse des prix, rapports non protégés, actes sexuels non pratiqués habituellement).

En attendant, la liste de nos mortes s’allonge

  • 10 septembre 2019, Marlène retrouvée découpée en morceaux à Evian les bains
  • 30 octobre 2019, Anne-Laure escorte-girl ligotée dans le Rhône à Lyon
  • 8 décembre 2019, une femme égorgée à Paris XVIIe dans son domicile
  • 16 décembre 2019, Maïa porte-parole du STRASS poussée au suicide après une campagne de cyberharcèlement
  • 25 décembre 2019 Olivia étranglée à Mougins, Alpes Maritimes
  • 13 janvier 2020, femme de 18 ans retrouvée nue et torturée dans une forêt des Yvelines (encore en vie ?)
  • Nuit du 9 au 10 février 2020 à Montpellier, Alais, 19 ans, poignardée
  • 21 février 2020 Jessica écrasée volontairement par une voiture au Bois de Boulogne à Paris

Durant cette période, d’autres meurtres n’ont pas été médiatisés dont ceux de 3 femmes chinoises connues du Lotus bus pour lesquelles nous n’avons pas communiqué à la demande de leur entourage et par respect pour leur vie privée ainsi que celui d’une femme nigériane que nous avons appris de la part d’une autorité policière. Peut être que d’autres encore nous sont inconnus."

Par ailleurs, le mardi 18 février au soir, une femme a chuté de 2 étages lors d’une opération de la Direction interrégionale de police judiciaire (DIPJ) contre un réseau de proxénétisme. Lorsque les flics sont arrivés chez elle, elle a tenté de fuir par la fenêtre, mais a lâché prise. Transportée à l’hôpital en urgence absolue, les médias ont d’abord relayé qu’elle avait fait une chute mortelle. Elle est toujours en vie d’après un article de la presse locale.

Pour aller plus loin :

-* Loi du 13 avril 2016 contre le « système prostitutionnel » : tout ça pour ça !
-* Évaluation de la loi de 2016 pénalisant les clients, comment masquer un échec ?
-* Déjà plus de 10 meurtres en 6 mois, et rien ne change

Pièces jointes

Report communiqué acceptess-T

Commentaire(s)

> Défense des prostituées

Pour se faire une meilleure idée il faudrait comparer ces statistiques à celles des années pré-loi anti-violeurs car baiser une femme dont on ne peut pas ignorer qu'elle, n'en a aucun désir, ça s'appelle un viol. Les clients de ce commerce ont nettement plus tendance à commettre des agressions que les clients d'autres commerces. Commerce qui, ils ne peuvent pas non plus l'ignorer n'est pas forcément mené volontairement par la commerçante. Quelle que soit la proportion de femmes contraintes à se laisser violer, le client, lui, n'a aucun moyen de savoir dans quelle mesure la femme qu'il va violer ne se laisse pas faire pas seulement sous contrainte économique, mais sous menaces d'un proxénète. Mais ça pour ces salauds c'est pas grave pourvu qu'ils se soulagent dans une femme qui n'en a aucune envie ou même que ça dégoûte.
Alors s'opposer aux sanctions pénales quelles qu'elles soient c'est une évidence pour les anarchistes. Même contre les violeurs ça ne peut pas être une solution. Mais n'oublions pas de cracher à la gueule de ces fumiers. Et n'oublions pas d'affirmer que ces rapports hommes femmes ne peuvent sûrement pas être présentés comme modèles d'antisexisme, au contraire ils sont bien à l'image de ce que sont ces rapports dans ce système. Les hommes ont le fric et le plaisir, les femmes, souvent même pas le fric, seulement le danger de s'exposer à des violences. Les "fières d'être putes" ne représentent pas plus l'ensemble des prostituées que les femmes qui ont des fantasmes de viol, ou supportent bien d'être violées, ne représentent l'ensemble des femmes violées.
Pour contourner ces lois anti-violeurs un bon moyen pour les prostituées comme pour les violeurs: organiser ces échanges commerciaux sur Internet. De plus en plus de prostituées et de violeurs y ont recours de nos jours. Pour éviter les psychopathes par contre hélas pour les prostituées je crains que ce ne soit pas assez efficace.

> abolos hors de nos luttes!

hey "crachat sur les clients", y en a vraiment marre que vous parliez à notre place et que vous vouliez faire croire que vous savez mieux que nous qui nous viole ou pas.

sache que j'ai bien plus de respect pour mes cliens que pour des personnes comme toi...

je me suis fait violer plusieurs fois dans ma vie mais pas par des clients, par des amis, amants, militants, proches, etc

vous nous mettez en danger avec votre morale et vos lois de merde. vous êtes responsables de toutes ses tds assassinées... nous nous vengerons!

> pour crachat,

en fait les propos de "crachat" non seulement sont putophobes mais/et misogyne (elles- femmes cis hétéra ne sont même pas capables de comprendre quand elles se font violées), tpgphobes car les personnes ne sont même pas mentionnées comme TDS potentielles... c'est bien connu que les TPG ne se font jamais violé-e-y-s tellement ellilys sont hyper sexuel-le-y-s... et racistes/xénophobes car il utilise les luttes contre la traite sexuelle humaine comme argument alors qu'il est couramment dit que les premières victimes de ces horreurs sont des personnes migrantes, pour étayer son discours nauséabond.
ce sont des bons commentaires de réac' et/ou faschos

"CRACHAT" CASSE-TOI PAUV'NAZE!

ps*: en France ou ailleurs ce sont bien les premières personnes concernées et libres qui peuvent s'organiser et faire tomber les réseaux de proxénétisme notamment par l'organisation syndicale et les luttes antifascistes...
les attaques contre ces personnes et groupes de luttes ne font que renforcer les tenants des traites humaines qui sont prêts à tout pour sauvegarder leur suprématie mascu, raciste et bourgeois.
le texte parle clairement d'une personne qui s'est suicidée à la suite de cyber-harcèlement et "crachat" ne fait qu'ajouter un cyberharcèlement de plus au nom de la lutte des droits des femmes.

*: pas le parti, hein!