Assemblée générale NI PUTES NI SOUMISES

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jeudi 10 février à 20h

Maison des associations, allée Baco, Nantes
(anciennement Les Bains publics)

Npns-medium
Pas de titre pour 2618

Présentation du mouvement :

« Pour une mixité fondée sur le respect ! »

« Ni Putes, Ni soumises », est un mouvement mixte et populaire crée dans la continuité de la "Marche des femmes contre les ghettos et pour l'égalité" qui a eu lieu du 1er Février au 8 mars 2003 à travers la France.

Nous sommes partis symboliquement de Vitry- sur-seine où Sohanne, 19 ans, a été brûlée vive dans un local à poubelle de la cité Balzac, victime de sa simple volonté d'être libre.
Pour ne plus raser les murs, pendant cinq semaines, dans 23 villes étapes de France, cinq filles et deux garçons issus des quartiers ont alerté l'opinion et les pouvoirs publics sur la condition de vie des filles et des femmes victimes de la loi de la cité.
Après une audience dans le bureau du Premier ministre, la Marche s'est achevée à Paris par une manifestation de 30 000 personnes lors de la journée internationale des Femmes. Nous avons libéré la parole et brisé la loi du silence pour qu'aujourd'hui plus personne ne puisse dire : on ne savait pas !

Après l'interpellation est venu le temps de la construction.
Sollicités par des jeunes filles et femmes en rupture familiale, nous sommes épaulés bénévolement par des avocats et des psychologues qui sont en mesure d'intervenir en urgence.
Fort du soutien populaire qui s'est notamment exprimé par une adhésion massive à notre pétition nationale (65 000 signatures),
le Mouvement « Ni putes, Ni soumises », présidé par Fadéla Amara, s'est enrichi de 51 comités locaux afin de répondre au plus près aux besoins du terrain.

Fervent défenseur de la mixité sociale et du métissage, à l'image des mouvements d'éducation populaire, chaque comité aura pour vocation de colporter les valeurs de la République laïque, le seul socle qui, quelles que soient nos origines, opinions et croyances nous permettre de vivre ensemble.
plus d'infos : http://www.niputesnisoumises.com

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Commentaire(s)

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Allez je me fais plaisir :

"Ni putes, ni soumises est un avatar de l'ordre moral universaliste asbtrait hétérosexuel. En cela il est un curiosité anthropologique, car les membres du mouvement sont, pour une grande part d'entre eux, des décendants de migrants post-coloniaux et/ou des descendants d'ouvrier, amenés à endosser tardivement la réthorique du dominant, celle de l'émancipation par l'égalité".

UN peu plus loin : Ni putes ni soumises n'est pensable et posssible que dans un mode hétérosexuel, il est le produit d'une vision culturaliste et renaturalisée des filles et des garçons".

Une dernière : Le mouvement réactionnaire ni putes ni soumises a intronisé en féministe improbable et zélé Nicolas Sarkosy".

Je vous l'accorde, ces bouts de texte ne sont guère compréhensible en l'état, mais ils peuvent mettre un doute sur le bien fondé du mouvement ni putes ni soumises, histoire de comprendre que ni putes ni soumise est au féminisme, ce que SOS racisme est à la lutte anti raciste... Le PS nous refait le coup...

Texte issu d'un livre passionnant et intellectuellement plus stimulant que la morale médiatique et bien propre sur soi de ni putes ni soumises...: "Les féministes et le garçon arabe".

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humm... Oui et non. Bien que de nombreuse critique peuvent etre faite à npns (risque que ce soit le sos racisme du féminisme, etc...), il est interressant à étudier et pas juste comme "une curiosité". En effet, le mouvement féministe a historiquement raté la rencontre avec les milieux populaires notament dans les années soixante-dix, et que npns soit une émergence des milieux populaires eux-mêmes est plutot chouette. C'est bien cela qui est novateur dans ce mouvement et qui arrive a faire ce que deux générations de féministes n'ont pas réussie. Voilà. Après effectivement en figeant les genres npns risque d'enterrer ce qu'elle a à peine commencer à construire. Mais ça c'est une autre histoire. Peut etre que c'est aux gens eux-même d'éviter les ecueils des chemins que certain trace pour elles.

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bullshits & peanuts

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Ce mouvement est un ramassi de racailles, bousté par des profieurs qui veulent se donner bonne conscience après avoir enfermé les arabes dans des guettos.

C'est lamentable...

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à l'origine Ni putes Ni soumises était un mouvement intérréssant et décapant, ce que c'est devenu ..bref tout le monde le sait,un bras armé du ps si on peut dire.

ce qui m'interpelle le plus c'est de se faire passer pour une organisation de terrain alors que ce mouvement ne vit que grace au soutien médiatique et revient en force pour préparer le terrain éléctoral.

Qui dans les mouvements féministes ou de solidarité avec les immigrées était informé des cette AG?

un grand coup de pub encore un et d'instrumentalisation...

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je prefere encore ni pute ni soumise que des abruties aux méthodes sois disant libertaires mais qui aux finales sont surtout du grand n'importe quoi !

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alors adhères au PS....tu seras heureu-ses

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La fonction commentaire des articles, est comme son nom l'indique un moyen de débattre et/ou de rectifier, démentir des informations. Elle n'est pas là pour servir à des débats stériles ou dogmatiques c'est-à-dire utilisant l'invective, l'anathème, ou encore l'affirmation répétée en guise d'argumentation.

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Moi j'aime beaucoup ce texte ( qu'on ne trouvera pas dans le figaro, prochoix, elle, ou sur Télé Fascho 1, donc les membres de npns ne le liront pas ):

" Laurent lévy.

Lorsque viendra, pour les Indigènes de la République, le temps des bilans, et que lon se penchera sur les origines immédiates de leur mouvement, il leur faudra adresser de chaleureux remerciements à Fadela Amara, au magazine Elle, et à Marie-Léonie.

La marmite, assurément, bouillait depuis longtemps ; avec, comme toujours en pareil cas, de forts risques dexplosion. Les fossoyeurs de la marche contre lEgalité avaient plongé dans la désespérance nombre de militantes et de militants. Mais nombreux et nombreuses étaient, dans cette génération comme dans la suivante, celles et ceux qui pensaient possible que les têtes se redressent. Cette idée se ruminait dans un genre de délectation morose. Un jour. Ça viendra. On peut dormir longtemps sur ces espoirs informulés.

Le premier signal du réveil a été donné par une formidable opération marketing : la création de lofficine socialiste Ni ... Ni Soumises (NPNS). Aucun des moyens de la propagande commerciale na été négligé par Fadela Amara et par ses parrains ; les militantes et militants issu-es de limmigration coloniale ont assisté incrédules à la fabrication dune nouvelle image dEpinal. Bien au-delà, jusquau cur vivant des cités populaires, les indigènes ont ressenti loutrage. On leur avait déjà volé la parole ; voici maintenant quon leur en inventait une de toutes pièces. Jamais la rupture navait été à ce point consommée entre la réalité du monde post-colonial et le monde des élites autoproclamées de la politique institutionnelle. Il y avait eu le tirailleur sénégalais des boites de Banania ; il y avait maintenant la beurette républicaine. Le plus incroyable était que lon parvenait à faire croire à la France entière que les poupées Barbie des NPNS étaient en quoi que ce soit représentatives de la jeunesse des banlieues. Les beaux quartiers disposaient maintenant de limage parfaite de la jeune fille immigrée : celle qui partage leur mépris et leur haine du garçon arabe. Les meilleures âmes ont pensé que cette construction artificielle était la fidèle représentation de la vie des quartiers - au passage, ce mot entrait dans le vocabulaire pour remplacer celui de cité, qui avait lui-même remplacé celui de banlieue.

Première claque. Celles et ceux qui attendaient le moment de reprendre la parole voyaient les effets dune parole prise en leur nom. Première claque, premier réveil : il faudrait bientôt faire quelque chose.

Le deuxième signal - ce serait aussi le cas du troisième - fut également le fait dune campagne de presse. Moins commerciale, plus politique, elle prit demblée la forme du paradoxe le plus grotesque, avec la naissance de ce que lon pourrait désigner par cet oxymoron : le féminisme de Elle. La couverture du magazine féminin représentait comme dhabitude un évanescent top model plus ou moins anorexique, le regard vide, lair absent, comme si lon avait voulu imiter une caricature du stéréotype sexiste dominant. Mais elle annonçait dans son titre la nouvelle croisade : les femmes des (beaux) quartiers allaient prendre la défense des filles des quartiers (pauvres). Une grande pétition était lancée pour conduire à la prohibition du foulard dans les écoles de la République.

Naïvement, on aurait pu penser que les filles des quartiers (lire : les jeunes femmes issues de limmigration coloniale et post-coloniale - les jeunes femmes indigènes) nayant rien demandé à personne, cette défense navait aucun sens. Ce serait faire bon marché de la chronologie : cette opération succédait à la précédente, et les pétitionnaires de Elle, si elles ignoraient tout de la vie réelle des banlieues, avaient à leur disposition limage marketing quon en avait construite pour elles. Lombre artificielle de NPNS flottait sur ce féminisme de soie parfumée. Et après tout, peu importe la vérité et peu importe lartifice, puisque, pas plus que lopération NPNS, lopération Elle navait vocation à sadresser à celles dont elle feignait parler ; il suffisait de parler en leur nom. La vérité de cette pétition aurait pu sexprimer ainsi : les bourgeoises partaient en guerre contre les arabes. La guerre des civilisations fait vendre du papier, et le grand magazine féminin enfourchait ce cheval sur un coup de génie : le nouveau féminisme était né. Ce féminisme était bien confortable, puisquil avait la caractéristique tout à fait remarquable doblitérer tout ce que la société française ou occidentale peut comporter de structure patriarcale, pour pointer le dernier isolat de loppression des femmes dans la jungle moderne des banlieues déshéritées. Lennemi résiduel des femmes, celui quil fallait abattre pour en finir avec cette oppression, cétait celui-là même que NPNS avait construit : encore une fois le garçon arabe. Deuxième claque.

Si celles et ceux qui lançaient ces opérations avaient cherché à savoir ce qui se passait réellement parmi les hommes et les femmes, les garçons et les filles des fameux quartiers, elles et ils nauraient pas manqué de sapercevoir que les choses nétaient pas si simples, et en particulier de constater que pour lessentiel, et quel que soit leur sexe, les personnes issues de limmigration étaient victimes de la même assignation à leur statut dimmigrées (première, deuxième, troisième génération...), les indigènes, étaient victimes des mêmes discriminations, et héritaient de la même mémoire des luttes de leurs aîné-es. Quhommes et femmes y étaient aussi solidaires dans une adversité commune.

Les choses saggravaient. Il ne sagissait plus seulement de confisquer la parole des femmes indigènes pour la retourner contre leurs hommes. Il ne sagissait plus seulement de stigmatiser - comme la mode sen était imposée depuis un certain 11 septembre - la culture de référence de populations entières comme forme régressive de sauvagerie. Il sagissait dune agression symbolique contre ces populations à travers une agression réelle contre certaines de leurs membres : les filles voilées. Deuxième claque, deuxième réveil, premières ripostes, premières rencontres des indigènes avec certaines franges de courants militants qui refusaient que cette perversion du féminisme - appuyée sur une perversion équivalente de la référence à la laïcité - soit mise au service de la construction dun racisme respectable [1]. La marmite ne se contentait plus, dès lors, de bouillir. Les forces se dessinaient qui pourraient permettre aux énergies de se déployer avec efficacité. Dans les débats passionnels qui se nouaient autour de la question du voile, mûrissaient des problématiques longtemps enfouies, et en particulier celle de lanalyse postcoloniale des questions liées à lhistoire de limmigration. Plus généralement, ces débats faisaient office de révélateur des structures profondes de la société et de celles de lidéologie - colonialiste, ethniciste - qui sous-tendaient les discours républicanistes. Pour nombre de militantes et de militants indigènes, le moment semblait venu de reprendre espoir - et pour beaucoup, de reprendre du service.

Le troisième signal, minuscule goutte deau qui fit déborder un vase déjà passablement plein, fut un incident tout à fait anecdotique. On apprit un jour dété - à travers mille dépêches de presse - quune jeune femme, Marie-Léonie, avait été victime dune terrible agression dans une rame du RER D. Ceux que lon désigne vite comme des nazis de banlieue lavaient frappée, volée, insultée, molestée. La croyant juive parce quils la croyaient riche, ils avaient dessiné sur son corps des croix gammées avant de senfuir dans lindifférence générale. Ils étaient décrits avec précision par leur victime : un groupe de huit jeunes de banlieue, pour moitié arabes, pour moitié noirs. Lhistoire, trop belle, fit le tour des salles de rédaction et la une de tous les journaux. Elle était lindice de la gravité de la situation des banlieues, le révélateur de la sauvagerie ambiante, la preuve des progrès sourds de lantisémitisme - voire de lislamisme. Trop belle, lhistoire. Trop belle pour être vraie. Lorsque lon apprendra, deux jours plus tard, ce quune enquête élémentaire, béa-ba dun journalisme honnête, aurait permis de savoir en une heure - à savoir quil ny avait jamais eu la moindre agression, jamais rien dautre que le récit fantasmatique dune malheureuse mythomane - personne ne trouvera le moyen de sexcuser auprès des populations ainsi désignées à la vindicte, à la haine et au mépris. Pire. Certes, aucun nazi de banlieue navait agressé Marie ; certes lhistoire était fausse : Mais elle aurait pu être vraie. En un sens, ce nétait que partie remise : les longs commentaires sur la sauvagerie et lantisémitisme des jeunes de banlieue, des indigènes nétaient tout de même pas dépourvus de pertinence au motif franchement futile quils sappuyaient, non sur des faits, mais sur les fantasmes dune jeune femme psychologiquement fragile ! Elle-même, dailleurs, expliquait très simplement pourquoi elle avait décrit ses agresseurs comme des noirs et des arabes : cest toujours eux, dans les journaux, qui sont désignés comme coupables dagressions . La source dinformation des journalistes avait été dans les fantasmes de Marie. Et la source dinformation de Marie dans les fantasmes des journalistes. Du producteur au consommateur. En attendant, les indigènes avaient reçu sur la tête le coup médiatique de trop. Pour beaucoup, cette manipulation devint le point de non retour, lévènement où senracinerait leur refus définitif de jouer le jeu. Dans les semaines qui suivirent, se tinrent les premières réunions dont devait sortir, après quelques mois de maturation, lappel Nous sommes les Indigènes de la République .

Rares sont certainement, parmi celles et ceux qui semploient aujourdhui à construire le Mouvement des Indigènes de la République à navoir pas renforcé - voire forgé - leurs convictions à loccasion de lun de ces trois coups. Merci donc, à Fadela Amara ; merci au magazine Elle. Merci à Marie-Léonie. Cest un peu grâce à vous - grâce à tout ce que vous représentez, tout ce que vous symbolisez de détestable - que notre mouvement a été rendu possible. Merci. Trois fois merci.

[1] Cette formule est empruntée au sous-titre du livre de Saïd Bouamama, LAffaire du Foulard Islamique , éditions Le Geai Bleu, 2004, préface Pierre Tévanian."