Hommage à Wissam El-Yamni, tué par la police le 9 janvier 2012

Mis a jour : le mardi 9 janvier 2018 à 12:01

Mot-clefs: Médias Racisme Répression Resistances contrôle social / prisons centres de rétention antifascisme quartiers populaires anti-repression immigration sans-papieres frontieres
Lieux: Nantes

En ce 9ème jour du 1er mois de l'an de grâce 2018, quelque part à Nantes

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Depuis le début de l'année, nous assistons à un martelage médiatique visant à diaboliser les « jeunes » et moins jeunes des quartiers populaires. Dès que ceux-ci s'en prennent à la police, c'est l'indignation nationale. Le gouvernement et ses chiens de garde multiplient les déclarations scandalisées : ils parlent d' « actes inqualifiables », de « violence inadmissible », d'« odieuse attaque » ou encore, s'agissant de Macron, de « lynchage lâche et criminel ». De quelles violences parle-t-on ? Un flic a perdu 4 dents lors d'une interpellation, une autre a pris 7 jours d'ITT suite aux événements de Champigny-sur-Marne. Et la France entière est à leur chevet, oubliant les harcèlements et répressions policières violentes lors des mouvements sociaux et surtout dans les quartiers populaires.

Flashback jusqu'au réveillon de la Saint-Sylvestre 2011. Wissam El-Yamni est pris en charge par le SAMU dans un couloir d'un commissariat de Clermont-Ferrand. Il est dans un état de coma, pantalon baissé aux chevilles, menotté avec les mains dans le dos et allongé sur le ventre. Il décède 9 jours plus tard, le 9 janvier, à l'hôpital des suites de cette garde à vue improvisée. A l'époque, pas grand monde pour dénoncer la « violence inadmissible » ou le « lynchage lâche et criminel » qu'a subie Wissam. Les médias très prolixes pour dénoncer les violences des « jeunes » qui s'en prennent aux policiers deviennent moins bavards quand ce sont les policiers qui s'en prennent à eux. Ils se contentent souvent de parler d'« un contrôle d'identité qui a mal tourné » ou encore d'un « accident » quand deux habitants d'un quartier populaire meurent à Lille il y a quelques jours alors qu'ils cherchent à fuir un contrôle de police.

Mais ces articles ne s'interrogent pas sur les vraies raisons de ces relations de plus en plus conflictuelles entre flics et habitants de ces quartiers. Ils ne se demandent pas pourquoi ils sont nombreux et nombreuses à fuir pour éviter les contrôles de police. Pourtant la réponse est simple. Il y a bien sûr les humiliations, intimidations et contrôles répétés qu'ils/elles subissent au quotidien, et parfois même des rackets et des viols. Mais il y a surtout cette liste qui ne finit plus de s'allonger, celle des morts sous les coups de la police. Entre 2000 et 2014, 126 personnes sont décédées suite à des actions policières, sans compter celles et ceux mort.e.s en prison ou en centre de rétention. Et ce décompte morbide ne s'est malheureusement pas arrêté en 2014.

Face a ce constat, comment rester de marbre devant cette indignation à deux vitesses ? Qu'est-ce que 4 dents cassées ou 7 jours d'ITT comparées à des vies perdues ?

En ce jour de triste anniversaire nous joignons notre peine à celle de la famille de WISSAM et toutes les autres familles victimes de l'infamie étatique et des violences policières. On n'oubliera jamais Wissam, celles et ceux d'avant et, c'est à craindre, celles et ceux à venir.

 

Ni oubli, ni pardon

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Site Wissam El-Yamni, On oublie pas, on pardonne pas.

Chronologie Générale de l'affaire Wissam El Yamni

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