Dommage à la Catalogne

Mis a jour : le mercredi 11 octobre 2017 à 16:40

Mot-clefs: contrôle social
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Au soir du 1er octobre 2017, après une journée de violences policières orchestrées depuis Madrid pour empêcher la tenue d’un référendum sur l’auto-détermination de la Catalogne, le premier ministre espagnol, le néo-franquiste Mariano Rajoy déclarait sans rire qu’il n’y avait pas eu de référendum, précisant tout de suite que les forces de l’ordre avaient fait respecter l’état de droit.

A court d’arguments pour empêcher la Catalogne de voter sur une possible séparation de la Monarchie espagnole, Rajoy, appuyé par les collabos du PSOE, Parti Socialiste Ouvrier (sic) Espagnol, digne pendant ibérique de feu le PS en France, avait envoyé 10 000 guardias civiles et autres troupes de choc à Barcelone, un déploiement policier inédit depuis la dictature franquiste, et bien plus important que pendant les attentats de cet été. Comme il fallait loger tous ces braves gens et que, bizarrement, ils n’étaient pas forcément bienvenus chez l’habitant, le gouvernement espagnol avait réquisitionné un ferry de la compagnie italienne Moby, sous contrat avec une célèbre compagnie états-unienne de dessins animés.

Sauf qu’hier, pour faire respecter les règles de la démocratie espagnoliste, ce n’est pas Titi et Grosminet que le gouvernement madrilène a lancé sur la population, depuis Barcelone jusque dans les plus petits villages de la campagne catalane, ce sont des escadrons de ninjas aussi subtils et raffinés que les playmobils que nous avons l’habitude de voir se défouler dans les rues de notre belle France.

On pourrait bien sûr s’interroger sur l’intérêt que les classes populaires catalanes auraient à avoir leur propre État, leurs propres patrons, leurs propres milices nationales : l’exploitation en catalan ne sera pas forcément moins dure qu’en castillan. En revanche, si on avait encore des doutes, l’intervention d’hier permet de comprendre pourquoi une grande partie d’entre eux ne veut plus rien avoir à faire avec l’État espagnol. Les relations entre la Catalogne et la monarchie espagnole ont historiquement toujours été compliquées ne peuvent tenir que si les conditions d’une large autonomie de la Catalogne historique est assurée. A chaque fois que le pouvoir centraliste espagnol a voulu imposer sa volonté de manière autoritaire, les Catalans ont rappelé qu’ils entendaient décider de leur destin eux-mêmes. C’était vrai en 1640, c’était vrai pendant la république espagnole, dans les années 1930, sous le franquisme et ça l’est toujours aujourd’hui.

Hier soir, les franquistes fêtaient à Madrid, le bras tendu, les coups de matraques et les confiscations d’urnes ordonnées par Rajoy et appliqués avec zèle par ce qui ne peut plus apparaître que comme des forces d’occupation espagnole en Catalogne. Le tout au son du « Cara al sol », l’hymne de la Phalange, sans que personne ne trouve à y redire, alors que cela relève clairement de l’apologie de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, la répression franquiste en Catalogne et dans le reste de l’Espagne ayant fait des dizaines de milliers de morts.

Pendant ce temps, de nombreuses manifs de soutien étaient organisées aux quatre coins de l’Espagne, à Madrid, Castellón, Ségovie, Ciudad Real, Séville, Majorque, Ibiza, en Cantabrie, en Galice et un peu partout en Euskadi, à Donostia ou à Bilbao. Dans certains cas, la même réponse qu’à Barcelone, à Tarragona ou à Gérone : la matraque, les balles en caoutchouc et les coups de bouclier. Circulez y a rien à voir. Le problème c’est que tout le monde a vu : les protestations pleuvent du monde entier et même une baderne aussi jacobine et national-républicaine que Mélenchon s’est cru obligé d’y aller de sa jérémiade contre la sauvagerie des milices néo-franquistes. On attend avec impatience d’avoir son opinion sur le processus d’auto-détermination des Kurdes et sur le référendum sur l’indépendance de la kanaky, prévu en novembre 2018 et dont Manuel Valls, entre autres grands démocrates, doit s’occuper. Pour le petit caporal Macron, les choses sont claires: il faut soutenir Rajoy !

https://quartierslibres.wordpress.com/2017/10/02/dommage-a-la-catalogne/#more-17935

Commentaire(s)

>  Dommage pour la Catalogne

"On pourrait bien sûr s’interroger sur l’intérêt que les classes populaires catalanes auraient à avoir leur propre État, leurs propres patrons, leurs propres milices nationales : l’exploitation en catalan ne sera pas forcément moins dure qu’en castillan. En revanche, si on avait encore des doutes, l’intervention d’hier permet de comprendre pourquoi une grande partie d’entre eux ne veut plus rien avoir à faire avec l’État espagnol"

Et bien voilà une explication qui n'explique rien , il faut croire que les nationalistes hispanophobes préférent les mossos , voir l'affaire ester quintana
https://elpais.com/ccaa/2016/05/27/catalunya/1464337064_621304.html

Concernant les prouesses de la police catalane un autre article ici
https://www.facebook.com/notes/cnt-ait-toulouse/dommage-pour-la-catalogne/885021878317314/

> .

Je me rappelle encore de la violence de la police "néo-pétainiste à la solde de Macron" le soir de l'élection présidentielle ... les flics tabassaient des gens dans la rue car contre la mascarade électorale ... jamais de la vie je ne me ferais taper pour avoir le droit de voter, plutôt crever !!!!!!!!!! Électeurs moutons qui font la queue pour aller se faire tondre par la bourgeoisie catalane !

> Quartiers Libres

Quartiers Libres ne comprend vraiment rien à l'histoire catalane, que c'en est proprement effrayant, en particulier si on se place dans leur perspective de défense des communautés immigrées contemporaines.
Ça entre même complètement avec leur discours sur les revendications minoritaires l'idée de constitution d'un État à partir de la prétendue nation majoritaire dans cette région, non ?
Ou alors la démocratie ne les gêne pas, et ils y aspirent en cherchant simplement une place pour les minorités. Mais même dans ce cas, je ne vois pas dans cette logique l'intérêt qu'ils peuvent avoir pour la Catalogne, région "autonome" qui accueille certes les immigrés, mais sur les mêmes bases de tri que les autres démocraties européennes (avec une légère préférence pour les éléments surdiplômés et susceptibles d'amener quelque valeur ajoutée aux start-up locales...pour les autres, c'est la plonge et la cuisine dans les restos et les salaires de misère des sans-pap de partout).

Toutes les pages wikipedia qui se réfèrent à l'histoire catalane sont on ne peut plus vidées de tout contenu critique à l'égard du racisme catalan, qui a fait des ravages de tous temps, et ce depuis le moyen-âge (vis-à-vis des arabes et des juifs).
La source concernant les événements de 1640, c'est ouvertement n'importe quoi et confusionniste.
Quartiers Libres ne comprend pas que crier en Catalogne "Vive le Roi", ce n'est pas défendre l'idée d'une nation catalane ?

Tout ce qui relève de la diffusion du racialisme en Catalogne, des idéologues comme Pompeu Gener, défenseur d'une race catalane, peint dans diverses oeuvres par Picasso et qui a eu une influence importante, est soigneusement retiré des pages wikipedia.

Pareil pour les liens avec le fascisme italien d'idéologues d'Estat Catala, de la répression des anarchistes, de l'opposition à la révolution de 36 et de toutes les magouilles dans lesquelles les catalanistes ont trempé.

Vision d'horreur !

Une source récente sérieuse, au moins :
http://non-fides.fr/?Au-sujet-de-la-Catalogne

> voter ou ne pas voter,etc

la question du vote chez les anars me fait penser aux chiens de Pavlov qui salivaient à la moindre sonnerie...

Si l'on boycotte le vote des élections françaises en tant que dispositif de neutralisation politique des mouvements sociaux, ça ne veut pas dire qu'il ne faudrait pas voter par exemple en cas d'un référendum sur l'avenir du nucléaire, ne serait-ce que pour profiter de ce moment pour réaffirmer de façon non confidentielle tous les enjeux autour de la question, surtout après un Fukushima qui a changé la donne... et sans illusion sur le résultat. Mais face à un silence plombé, on a rien à perdre: on ne meurt qu'une fois.

Pourquoi autant de dogmatisme, alors que chaque situation (chaque manif syndicale..?) doit être analysée par rapport aux ouvertures qu'elle offre pour poser des contradictions, ouvrir des possibles qui en temps normal semblent chimériques: en premier la force collective de la rue qui remet en cause l'autorité de l'Etat, castillan ou .. catalan.

> @Marcel

c'est assez drôle de demander de regarder chaque situation pour ce qu'elle est en partant d'une critiques contre "les anars"... !

> La réponse est simple

Moi je veux bien discuter du soit-disant "dogmatisme" anar sur le vote (me considérant anar et ne votant pas), mais faudrait le faire sur des bases correctes, et pas sur des trucs aussi fantaisistes qu'un référendum sur le nucléaire. Soyons clair, ça n'arrivera jamais. Et même si ça arrivait, ça parait naïf de croire que :

1) la question posée ne serait pas écrite en sorte que l'enjeux du référendum soit complètement désamorcé (pour faire en sorte de ne pas abondonner le nucléaire)

2) qu'on pourrait "réaffimer de façon non-confidentielle l'enjeux", comme si les opposant.e.s avaient les mêmes moyens de propagande que le lobby nucléaire, et que leur voix serait audible.

3) que Fukushima a changé quelque chose dans la perception du nucléaire en fRance. Désolé, le nucléaire, c'est l'alternative aux énergies fossiles, t'sais, comme on nous le répète à longueur de temps. Et puis t'as vu, apparament vu d'ici le Japon (et le reste) va bien.

4) que les gouvernants ne le ferait pas à un moment et dans un cadre ou ils savent d'avance que leur avis sera celui qui sortira vainceur.

T'as suivi un peu la consultation sur l'aéroport de NDDl, et comment le pouvoir l'a instrumentalisé (choix du territoire, choix de la question posée, propagande active unilatérale, ...)? Et t'as vu comme en plus maintenant ça lui sert?

Bref, ce commentaire n'a rien à voire avec la choucroute catalane, et le mauvais exemple farfelu utilisé démonte complètement la démonstration que t'essaye de faire comme quoi "les anars blabla" tout ça...

Comme on dit "Si le vote pouvait changer les choses, il serait interdit" (comme le reste).

Ah et pour finir : le refus du vote, c'est aussi le refus du diktat de la majorité. Y'a aussi moyen sur la plupart des décisions qui touchent nos vies que les différentes positions co-existent, sans que l'une prime sur les autres, et que les minorités n'aient pas qu'à fermer leur gueule.