Corée du Nord : développement du capitalisme national

Mis a jour : le mardi 15 août 2017 à 14:45

Mot-clefs: Guerre Répression Resistances contrôle social
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Les prolétaires doivent-ils prendre part au conflit entre la Corée du Nord d'un côté et les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud de l'autre ? Certainement pas, car s'impliquer pour appuyer l'une ou l'autre des deux fractions en lice, c'est répondre à un conflit inter-capitaliste contraire à nos intérêts historiques en tant que classe exploitée. La révolution dont nous avons besoin pour détruire le Capital ne peut en aucune façon passer par le soutien à un État national.

 

 

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L'idéologie officielle de la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC), le « Juche », est basée sur le marxisme-léninisme (idéologie créée par Staline), assaisonné d'une philosophie anthropocentrique, d'une mystique nationale et du « Songun » (donner une priorité centrale au militarisme). Tous ces principes sont construits et étroitement liés à partir d'une rhétorique religieuse et paternaliste.

Derrière tout le spectacle fétichiste du marteau et de la faucille qui a prévalu dans les soi-disant pays socialistes, où de nombreux chefs de parti, députés et présidents vociféraient depuis leurs tribunes (ornées de drapeaux rouges) des discours « contre l'impérialisme », « contre le capitalisme » ou « en faveur de la lutte armée », ils ont fait triompher et exalté avec véhémence les mécanismes, idéologies et structures mêmes qui composent la société du Capital :la patrie, la nation, la culture, le travail, l'école, le progrès, le développement, l'industrie, l'armée, la famille... la démocratie ! Cette formule se répète à nouveau en Corée du Nord.

La Corée du Nord n'a jamais dérangé le moins du monde la structure de la société marchande généralisée, puisqu'il n'y a jamais eu de révolution, mais seulement un changement consistant en des réformes dans la distribution et la gestion du Capital par l'État.

Kim Jong Il justifie le capitalisme « en faisant valoir » que « l'État socialiste a besoin de se livrer au commerce extérieur, étant donné la condition que le communisme n'a pas encore triompher à l'échelle planétaire et qu'il existe des frontières ». Cependant, un système qui défend ardemment le nationalisme se situe en opposition absolue à toute tentative et perspective de la révolution mondiale.

L'« internationalisme »auquel les dirigeants de la RPDC font référence est une faille de la Troisième Internationale, car il est basé sur la diplomatie, la coopération et la solidarité entre les États, ce qui n'a rien à voir avec les intérêts du prolétariat pour la révolution mondiale. Le fait est que ce n'est pas très éloigné de la conception des Nations Unies, à savoir de l'internationalisme compris comme la somme des nationalismes qui se respectent l'un l'autre et se réunissent en blocs et alliances pour renforcer le capitalisme.

La critique radicale du Capital affirme ouvertement que la RPDC est un bastion capitaliste comme tout autre pays du globe ; il est donc important de clarifier ce fait et de combattre tout l'amalgame idéologique qui se matérialise par l'œuvre detous les partis sociaux-démocrates et pseudo-« communistes » qui prétendent nous mener dans l'éternel bourbier de la défense du Capital national et de son progrès, en même temps que la misérable guerre impérialiste.

PDF: DOSSIER COREA DEL NORTE... [en espagnol]

Source en espagnol : https://materialesxlaemancipacion.espivblogs.net/2017/07/23/corea-del-norte-desarrollo-del-capitalismo-nacional/

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Commentaire(s)

> en passant

C'est qui ça "les prolétaires" ??? T'es sur que c'est un concept qui s'applique sur l'ensemble de la planete ? T'es au courant qu'il y a des communautés -note que je ne dis pas sociétés - ou le je est encore le singulier du nous ?

> Pour répondre au texte et au commentaire précédent

Oui, le « concept » de prolétaire existe partout dans le monde, puisqu'il est le produit du capitalisme qui existe, comme le dit très justement le texte, aussi en Corée du Nord qui a toujours été un pays capitaliste. Les prolétaires se définissent par le fait qu'ils ne possèdent que leur force de travail et qu'ils doivent la vendre aux détenteurs du Capital pour en tirer un revenu, le salaire. C'est une définition claire et scientifique. Quant aux « communautés » dont parle le commentaire précédent, je ne vois aucunement de quoi il s'agit : le prolétariat se définit par sa place dans les rapports de production, la « communauté », c'est quoi ?

C'est d'ailleurs ce qu'il manque au texte ; montrer que la superstructure politique et idéologique de la Corée du Nord est capitaliste, c'est une chose, mais visiblement les auteurs ont quelques difficultés à expliquer que les rapports de production qui en sont la base sont parfaitement capitalistes eux aussi en RPDC : il y existe un prolétariat salarié, et par conséquent exploité, payé avec de l'argent donc dans un monde où existe la loi de la valeur ; s'il y a salariat et exploitation, il y a par conséquent bourgeoisie, qui vit du travail des prolétaires et des profits qu'il dégage, et pas d'un travail productif. Que cette bourgeoisie soit intégrée dans l'Etat ne change rien au fait que Kim Jong-Un et sa clique ne vivent pas de leur travail, mais du profit dégagé par les prolétaires de « leur » pays : ce sont donc des bourgeois. Quant à l'idée mensongère que le communisme - ou le socialisme, ou n'importe quoi qui ne soit pas du capitalisme - pourrait exister à l'échelle d'un ou de plusieurs pays, elle vient de chez Staline et a toujours été combattue par les communistes : le communisme, c'est mondial et ça ne peut exister que lorsque le capitalisme n'existe plus nulle part.

Et à ce titre, toutes les nations se proclamant « socialistes » - Cuba, le Venezuela par exemple - sont tout aussi capitalistes que leurs ennemis, et reposent sur le mensonge stalinien.