Là où tombent les bombes

Mis a jour : le vendredi 14 juillet 2017 à 15:55

Mot-clefs: Guerre
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POÈME...

LA OU TOMBENT LES BOMBES

Au loin tombent les bombes, tout y est à l'horreur.
Les bombes creusent les tombes
Les tombes enterrent les pleurs

On en parle histoire de, on en cause on en cause...

Puis elles ne tombent plus...

Ne pas croire au répit
Car ceux qui ne sont morts  
Celles encore en vie
Sont traqué.e.s, poursuivi.e.s offert.e.s à la curée

Tous les moyens sont bons, rien n'est assez cruel
Il eu fallut mourir...
Fuir cette trop longue vie qu'un jour on a cru belle
On la pensait trop courte avant  qu'elle ne bascule

Et continue l'horreur croissante puis hurlante
Le pire n'est jamais loin, il peut durer longtemps

(On en parle histoire de, on en cause on en cause...)

Le germe était dormant, on en parlait alors... parfois... !
Arrivait le printemps et on n'en parlait plus
Arrivaient les enfants et brillaient les promesses
On riait on chantait on regardait ailleurs
Profitant du beau temps

Et celui ci filait, et elles allaient danser
Ces heures pleines de promesses
Et elles allaient valser sur les rives des chimères
Pendant que sournoisement tournait la roue du temps

Pourtant certain.e.s savaient, profitaient sans scrupules
Depuis longtemps, ces fourbes, avaient pris leur billet...
N'en perdaient une miette en remplissant leurs poches
Illes endormaient les gens et ceux ci souriaient
Ou parfois contestaient, mollement, puis se taisaient

D'autres levaient les poings
Défiant la répression
Chaque fois qu'elle s'abattait

Les incarcérations, mutilations de l'âme
Mutilation des corps, éborgnages et lynchages
Violences autorisées, couvertes, légitimées

Illes étaient ennuyeux.ses  avec leurs idéaux
On leur tournait le dos et on fermaient les yeux
On ne les connaissaient ...pas plus qu'ils nous connaissent

Et puis un jour voilà
On étaient les dernier.e.s a regarder les bombes
De celles qu'on fabriquaient et qui nous revenaient
De celles qu'on distribuaient en veux tu en voilà
Qui nous enrichissaient
Notre grandeur d'alors...

Trop tard pour partir, abandonné.e.s hagard.e.s
On les entend tomber espérant que ça cesse
Tremblant.e.s terrorisé.e.s, corps et âmes dévastés

Halluciné.e.s de peur
Priant pour que ça cesse, rêvant même d'y survivre
Espérant après elles un peu d'humanité
Quand elles cessent de tomber, commence la curée...

On en parle histoire de, on en cause on en cause

Et on regarde au loin, là ou tombent nos bombes