La lutte contre la loi « travail » se poursuit, à Rennes comme ailleurs en France

Mis a jour : le samedi 4 juin 2016 à 14:30

Mot-clefs: Exclusion/précarité/chômage Resistances luttes salariales / lutte loi loitravail travail loi_travail étudiant-e-s lycéen-ne-s mouvement
Lieux: Rennes

Le mouvement rennais tire sa force d’une rencontre entre le milieu autonome et le milieu syndical : des liens se créent – que la répression policière et judiciaire ne déchirera pas. Le lieu de cette rencontre a été la Maison du peuple, ancienne maison des Syndicats, occupée le 1er mai – et évacuée par le RAID le 13. Une nouvelle occupation a réussi le 27 – une manifestation de l’AG interpro parvenant à entrer de nouveau dans son lieu. Mais dimanche, nouvelle évacuation par la police. Depuis, mairie et préfecture ont pris la décision de murer l’endroit au parpaing. (La Maison du peuple, vide, fait un trou au milieu du centre de la ville.) Le pouvoir craint cette rencontre, rencontre de la nuit et du syndicat ; alors il explique que le syndicat est seul ; que l’autonomie est seule ; que la CGT est seule ; que le casseur, qui brise la vitrine de la banque, est seul ; que tout le monde est seul ; que la nuit même est seule. Mais personne n’est plus seul dans ce mouvement. Personne n’était seul dans la maison occupé

L’AG Interpro qui, faute d’autre lieu pour l’instant, en attendant tient séance au Thabor, parc de la ville, a tenté mardi dernier d’investir un nouveau lieu : un espace culturel, l’hôtel à projets Pasteur, sur les quais de la Vilaine : lieu semi-institutionnel dédié à « l’expérimentation artistique et politique ». Les artistes ont accueilli les manifestants – et les ont protégés et cachés, quand cela a été nécessaire. Car la police est entrée aussitôt : elle a frappé aussitôt – violemment, et a fait évacuer le lieu, aussitôt. La Mairie et la préfecture cherchent à empêcher qu’un lieu de rencontre se fasse : une scène, un Aventin. [« Des abeilles chassées d’une ruche qu’elles avaient enrichie de leur travail, forment une nuée vivante, qui va se condenser autour de l’autel de Jupiter Elicius, sur l’Aventin. » (Balanche-Plébifugue)]

La police frappe très dur (cela a surpris les artistes, présents à l’espace culturel Pasteur lors de la charge). Mais la Justice, derrière, ne lui cède en rien. Le sens de la mesure est perdu : à Rennes, vingt jeunes militants sont mis en examen (suite à une action dans le métro) ; quatre autres ont été interpellés dans un restaurant pour une cause absolument anodine : un camarade de 19 ans est en prison – trois mois fermes...

Nous, Pontcerq, simples fabricants de tracts et de livres, faisons circuler ces petits papiers volants, et d’autres bientôt – ou les collons dans les dos, pour qu’ils aillent où ils ont à aller. (série des libelles d’Hebel 1, 2, 3, 4, 5). [« Voilà les histoires de Hebel. Elles ont toutes un double fond. » (W. Benjamin)] Et puis aussi, nouvellement, l’étincelle folle de Pierre Roux, à jeter joyeusement. [« Décharge, point de lumière, âme d’être, cep, bataillon, levier, plumule, flèche d’or, pollen… ! »]

C’est en signe de soutien, ferme, enthousiaste, joyeux, décidé, à ce mouvement rennais !

PONTCERQ

Le 3 juin 2016

Commentaire(s)

> Un très mauvais départ !

« Le mouvement rennais tire sa force d’une rencontre entre le milieu autonome et le milieu syndical ».

Dans ce cas, l'État et la bourgeoisie ne craignent pas grand-chose : le boulot des syndicats est depuis très longtemps de contenir les luttes, de les envoyer dans des voies sans issue et de calmer les mouvements sociaux en faisant, d'une façon ou d'une autre, avaler les attaques de la bourgeoisie ! Il n'existe plus nulle part de syndicalisme qui permette de faire avancer les luttes, et il serait bon d'éviter d'avoir la moindre illusion à ce sujet !

C'est en débordant les syndicats, en étendant les luttes contre l'enfermement corporatiste et local, en prenant nous-mêmes les luttes en main, en ouvrant les AG aux autres salariés, en discutant des modalités de lutte et en les mettant nous-mêmes en œuvre qu'on arrivera à faire reculer la bourgeoisie et son État, et c'est ça le contenu de la lutte, rien d'autre ! Tant qu'on laissera les syndicats faire leur cirque, l'échec le plus total est assuré.

Ce qui est en train de se passer, ça aussi ce serait bien de s'en apercevoir…