Après les déclarations de Messieurs Meyer Habib et Manuel Valls à l’Assemblée Nationale le 16 décembre 2015

Mis a jour : le dimanche 20 décembre 2015 à 16:32

Mot-clefs: Racisme Répression antifascisme
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La crise du régime politique français révélée par les réactions aux attentats du 13 novembre et soulignée par les résultats des élections régionales, n’a fait que découvrir un peu plus le visage ultralibéral de notre actuel gouvernement.

On n’hésite plus à parler de suppression des notions gauche/droite et pour cause...

Or aujourd’hui, qui dit ultralibéral dit sioniste radical, et la parole sioniste, devenue parole occidentale, se retrouve jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.

La partition jouée le 16 décembre par Mrs Meyer Habib et M Manuel Valls à l’Assemblée Nationale à propos de la campagne internationale BDS – Boycott, Désinvestissement et Sanctions - initiée par la société civile palestinienne tout entière en 2005, leur appréciation commune sur la nature démocratique du régime israélien, les propos racistes et islamophobes tenus par Meyer Habib évoquant « la gangrène islamique » [1] et non condamnés par le premier ministre, nous éclairent, mieux que tout, sur la concordance politique et les objectifs communs que partagent les partis de ces deux personnages et, plus généralement, l’essentiel de la classe politique française.

Les attentats du 13 novembre dernier à Paris, ont marqué une offensive ultra - sécuritaire en France qui cherche au passage à identifier la résistance palestinienne au terrorisme de Daech, et fait d’Israël une victime en miroir avec la France du 13 novembre. C’est ainsi que nous avons vu des députés comme Julien Dray expliquer que les méthodes israéliennes antiterroristes devaient être adoptées par la France [2], tout comme nous avons vu Valérie Pécresse adresser par courrier à ses « compatriotes juifs » des serments d’allégeance à la cause sioniste.

Cette résurgence des pires amalgames dans le discours de la classe politique française, hier pour rallier l’électorat juif, aujourd’hui à l’Assemblée Nationale pour attaquer la campagne BDS, stigmatiser nos concitoyens musulmans, tend à replacer Israël au cœur du débat politique national où dominent des discours racistes et islamophobes.

En réintroduisant la question du BDS dans le débat français, celle de son prétendu antisémitisme, en qualifiant d’antisémite le combat contre le sionisme [3] et en stigmatisant des pans entiers de la société civile française - principalement les jeunes des quartiers populaires - le gouvernement et ses alliés nous confirment l’inscription totale de leur vision politique dans celle de la politique du choc des civilisations, dans celle du combat de l’Occident (devenu judéo-chrétien) contre le monde musulman dans son ensemble.

Dans leur volonté – ici, en France – de continuer à nous diviser et à nous dresser les uns contre les autres pour mieux nous réprimer, et retarder au maximum la nécessaire unité que nous devons réaliser pour résister efficacement aux menaces qu’ils font peser sur la démocratie et nos libertés à toutes et tous.

Le soutien raisonné par un nombre de plus en plus important de nos concitoyens au combat légitime du peuple palestinien, la condamnation par les mêmes de la politique d’apartheid israélienne, de sa politique de conquêtes et de colonisation ; les crimes de toute nature commis à Gaza, dans les Territoires Palestiniens Occupés, en Israël même, sont au cœur de leur adhésion à la campagne BDS.

Nul ne peut en inverser la dynamique !

Ce soutien traduit, en ce début du XXIe siècle, la réflexion de chacun sur cette dernière expression du colonialisme européen des XIXe et XXe siècles qu’est le sionisme, son ultime visage tel que nous l’observons à travers les discours et les pratiques du gouvernement israélien actuel d’extrême droite conduit par Benjamin Netanyahou : apartheid, épuration ethnique, colonisation, occupation, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Ce soutien traduit également la réflexion de chacun sur les dangers qui pèsent sur le droit international en général, sur le droit humanitaire international, sur le droit des peuples à disposer d’eux mêmes, à être secourus, à être protégés, sur le peu de cas qu’en font les pays occidentaux, à l’image de leur protégé israélien.

La dénonciation du sionisme est aujourd’hui tout cela : une expression contemporaine de la condamnation du colonialisme, une expression contemporaine de la solidarité internationale, une expression contemporaine de cette exigence de justice pour tous les peuples opprimés à travers le monde, pour le peuple palestinien en particulier, symbole absolu de tous les renoncements et de toutes les trahisons de la communauté internationale.

Messieurs Meyer Habib, Manuel Valls [4] et consorts n’y feront rien !

La politique coloniale de la France, son soutien indécent à Israël et à sa politique criminelle, les menaces que le gouvernement fait peser sur la société civile française aujourd’hui en particulier par l’état d’urgence, ses pratiques et sa prolongation, ne peuvent être masquées par leurs incantations sur l’antisémitisme, sur l’antisionisme, et leur haine vis-à-vis de la campagne BDS, son prétendu racisme.

En ce qui nous concerne, nous membres de l’UJFP, nous mobiliserons tous nos efforts dans la nécessaire lutte contre l’islamophobie, la nécessaire mobilisation pour la défense de nos libertés, dans l’affirmation de notre solidarité sans réserve avec toutes les victimes des guerres impériales qui ravagent le Moyen-Orient, dans notre 
solidarité absolue avec la lutte du peuple palestinien.

Tous nos efforts dans le renforcement de la campagne française BDS.

Le Bureau national de l’UJFP, le 18 décembre 2015.

[1La vidéo en témoigne, c’est bien la « gangrène islamique » que Meyer Habib a pourfendue dans son intervention. Et personne dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale n’a trouvé à y redire. Mais il a quand même fait rectifier le compte rendu officiel, et la gangrène est devenue islamiste. C’est un peu comme si après la déclaration du Grand Rabbin Mordechaï Eliyahu proposant que pour chaque israélien tué, une nouvelle colonie soit créée en « Judée Samarie » et rappelant ce que veut la loi divine en terme de représailles justes : « mille arabes doivent mourir pour chaque étudiant talmudique tué », nous avions parlé de « gangrène judaïque », avant de rectifier prudemment en « gangrène sioniste »

[2] Mensonge ou ignorance crasse, Julien Dray ose affirmer qu’il faut s’inspirer du modèle israélien qui n’aurait jamais eu recours à des lois d’exception ! Or chaque année le parlement israélien renouvelle les lois d’exception instaurées par la puissance britannique mandataire en 1945 ! A moins de considérer que puisque l’exception étant permanente, elle n’a plus en effet rien d’exceptionnel, comme la constitutionnalisation de l’état d’urgence en France.

[3] Manuel Valls ne prononce pas l’égalité antisionisme = antisémitisme, il est trop prudent pour cela. Mais en disant que « trop souvent » il y a confusion entre critique de la politique israélienne et antisionisme qui « bascule » dans l’antisémitisme, que l’on « passe allègrement de l’antisionisme à l’antisémitisme », sans jamais en apporter la moindre preuve ni le moindre exemple, et en justifiant la réaction de Meyer Habib sans dénoncer ses amalgames, Manuel Valls valide le discours de Meyer Habib.

[4] Manuel Valls a présenté l’honorable parlementaire Meyer Habib comme représentant notamment les français résidant en Israël, il n’a pas rappelé que Meyer Habib est citoyen et résidant israélien. Meyer Habib, binational, pouvant être poursuivi pour apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en tant qu’il défend inconditionnellement la politique du gouvernement Netanyahou, pourra -t-il demain être privé de sa nationalité française ?


http://www.ujfp.org/spip.php?article4605

Commentaire(s)

> Les fachos du CRIF veulent faire interdire une expo sur la vie des Palestiniens

Le CRIF, voix d’Israël en France, compare les Palestiniens à Daech pour faire annuler une expo

Selon l’organisme, une exposition de MSF consacrée à la vie des Palestiniens constitue "une apologie du terrorisme". L’ONG dénonce des accusations "inacceptables".

Pour le Crif, l’exposition « ne peut qu’attiser la violence antisémite et augmenter la menace terroriste » dans la capitale. Le Conseil représentatif des institutions juives de France demande, vendredi 18 décembre, à la maire de Paris de mettre fin à une installation de l’ONG Médecins sans frontières sur la vie des Palestiniens.

« Une apologie du terrorisme », selon le Crif

L’exposition contestée, « In Between wars » (« Entre deux guerres »), se veut « une immersion au cœur du quotidien des Palestiniens » en territoire occupé. ¨Présentée jusqu’au 23 décembre puis du 5 au 17 janvier à la Maison des métallos, elle a pour cadre une programmation plus large intitulée « Focus Palestine », présentée sous cette phrase : « Entre ceux qui sont désespérément faibles et ceux qui disposent d’une force militaire presque illimitée, comment rester neutre et se prétendre humaniste ? »

Selon le communiqué du Crif, l’exposition constitue « une incitation à la haine et une apologie du terrorisme ». « Nous pleurons encore 130 morts, mais pour @MSF les terroristes sont des “martyrs”, écrit son président, Roger Cukierman, sur Twitter. Choquant. » Le responsable de l’organe de représentation politique de la première communauté juive d’Europe a protesté par courrier auprès d’Anne Hidalgo, la maire de Paris.

Meyer Habib et Manuel Valls sont satisfaits.

> commentaire caché

Un commentaire au relent antisémite a été caché. Y'a une différence entre Israël et les sémites, au cas ou son auteur ne saurait pas.

> J’ai dû rater un épisode

Je vois pas en quoi la dénonciation des accointances de la mairie de Toulouse avec Israël à la moindre occasion, que ce soit sur les plans politique, culturel, économique ou… culinaire, pourrait être antisémite.

A moins de considérer que le boycott d’Israël serait antisémite, auquel cas on tomberait dans la propagande officielle…

Il n’est pas inutile de signaler que « le conseil municipal de Toulouse a voté un partenariat de 72 000 Euros pour promouvoir la gastronomie toulousaine à Tel Aviv. Le prestataire est chargé de contrôler la cashérisation des produits... »

Il n’est pas inutile de préciser que « Les Verts ont voté contre, le PC s'est abstenu, les autres ont voté pour. Cohen avait l'air embarrassé. »

« Moudenc a expliqué que pour un partenariat avec une ville Israélienne il fallait se conformer aux principes du judaïsme ».

Non seulement la dénonciation de ce genre d’événement est parfaitement dans le cadre de la campagne BDS, mais en plus on constate qu’en même temps qu’on interdit le foulard dans les établissements d’enseignement et les crèches, et qu’on supprime les repas de substitution, on est plus que laxiste avec la laïcité et le communautarisme dans d’autres cas plus politiquement corrects, sans que l’Etat et les gauchos de service y trouvent à redire.

Je ne vois pas où est l’antisémitisme là-dedans.

SO FRENCH SO FOOD – La semaine de la gastronomie française en Israël

http://institutfrancais-israel.com/blog/so-french-so-food-semaine-gastronomie-francaise-en-israel-3eme-edition/

> Commentaire caché

Prendre tous les pretextes pour taper sur mondialisme et Coleman ça commence à être fatiguant. Pas besoin de se répeter des milliers de fois et de squatter tous les articles avec cette marotte.

> Suite de l'épisode

Ben titrer son commentaire avec "pilosémitisme d'Etat", quand on parle d'Israel, désolé mais c'est border line.

> Du philosémitisme d'Etat

Quand on parle de philosémitisme d’Etat, ce n’est pas de l’Etat d’Israël qu’on parle, mais de la France et de sa façon de gérer le racisme : racisme d’Etat envers les uns et philosémitisme d’Etat envers les autres.

Tout est très bien expliqué ici :

Du philosémitisme d’Etat, par Rudolf Bkouche

« Le philosémitisme est une forme d’antisémitisme.
La philie comme la phobie conduit à mettre un groupe humain à part. Qu’on lui prête des qualités exceptionnelles ou qu’on le considère comme un ennemi du genre humain, il s’agit dans les deux cas d’enfermer un groupe humain dans une essence immuable, de le sortir de l’histoire et de le réduire à un mythe.

Mais la philie, en particulier lorsqu’elle est prise en charge par l’Etat, a d’autres enjeux, enjeux essentiellement politiques, dont le plus important est de diviser en fabriquant du ressentiment renforçant ainsi la concurrence des victimes.

C’est ce qui se passe avec le philosémitisme d’Etat tel qu’il se développe aujourd’hui. Un phénomène comme le philosémitisme d’Etat a plusieurs causes et nous proposons ici d’analyser quelques unes d’entre elles… »

La suite :
http://www.ujfp.org/spip.php?article4117

et aussi :
http://la-feuille-de-chou.fr/archives/79477

Difficile de prétendre que Rudolf Bkouche, l’UJFP ou La Feuille de chou pourraient être antisémites ou border line…

> collemantaires...

Autre commentaire caché.
Il y a une vie en dehors de la gueguerre pro/anti Colleman qui saoule tout le monde. Et surtout qui DETOURNE la lutte de sa raison d'être : regarder Israel et la Palestine, et non pas vos nombrils de fans. Les commentaires que je verrai ramener cette gueguerre alors qu'il n'en est pas directement question dans la publication d'origine seront systématiquement refusés le temps que les fanatiques pro et anti se calment.

> Réponse aux campagnes anti-BDS

"Une vidéo circule sur internet, qui met en scène deux personnages de dessin animé, l'un symbolisant un partisan de la campagne BDS, l'autre son contradicteur. Ce montage se veut être une démonstration des incohérences et contradictions de la campagne de Boycott contre Israël. Pourtant les affirmations sont évasives, énoncées sans preuve ni source citée. Mais ceci change néanmoins des anathèmes régulièrement portés envers les pro-palestiniens, à savoir si l'on critique Israël, on est antisémite. En cela cet argumentaire est plus intelligent que ce que l'on peut trouver ordinairement. Il convient donc de répondre à chaque argument sans reproduire les mêmes légèretés que nos contradicteurs. Toutes nos réponses sont justifiées et appuyées par des sources vérifiables."

Suite :

http://www.ism-france.org/analyses/Reponse-aux-campagnes-anti-BDS-article-17204

> Les eaux troubles de Michel Tubiana

[…]

En cause, la cabale en cours initiée par la LDH contre Saadia et Husein, deux militant-e-s du comité BDS 34 de Montpellier, poursuivi-e-s pour – excusez du peu – « contestation de crimes contre l’humanité, provocation publique à la commission de crimes ou délits, à la discrimination ou à la haine raciale – apologie du crime sur Facebook ».

Depuis plus d’un an maintenant, le bureau exécutif de la LDH (qui a seule compétence pour ester en justice) mène ce combat d’arrière-garde avec le soutien de l’antenne locale de l’AFPS, mais aussi et de manière plus problématique, le MRAP, la LICRA, le BNCVA et l’avocat Gilles William Goldnadel, qui se sont portés partie civile.

Sous couvert de ne viser que deux individus, la LDH s’attaque en réalité à l’ensemble du comité BDS 34 et même à toute une campagne BDS qu’elle fait mine de soutenir depuis des années tout en refusant obstinément d’en être signataire.

« La plainte de la LDH a permis à la LICRA de s’emparer de cette accusation pour déclencher une offensive contre le comité BDSFrance34 demandant l’interdiction de toutes ses manifestations publiques portant ainsi entrave à sa liberté d’expression. » (Communiqué du BDS 34 du 13 sept. 2015)

Dans un contexte général de criminalisation du mouvement de soutien à la Palestine, une violente répression policière s’est abattue contre les militants du BDS 34 à qui on interdit dorénavant d’installer leur chapiteau Place de la Comédie à Montpellier, comme ils avaient l’habitude de le faire – sans heurt aucun – depuis 10 ans.

Non contente de favoriser cette répression, La LDH apporte un soin particulier à salir les noms et réputations de Saadia et Husein, sans égard pour les retombées que de telles attaques peuvent avoir sur leurs vies privées, professionnelles et militantes. Dans toutes ses communications sur cette affaire, la LDH utilise systématiquement les noms et prénoms des deux intéressé-e-s, dont toutes les publications personnelles sur les réseaux sociaux sont passées au crible. La LDH va jusqu’à rendre publiques des photos des intéressé-e-s prises lors de séjours en Palestine… en 2012. Des méthodes que l’on peut aisément qualifier de policières.

Michel Tubiana joue un rôle actif dans cette affaire et a fait lui-même le déplacement de Paris à Montpellier pour y rencontrer les deux militant-e-s poursuivi-e-s, ainsi que d’autres membres du BDS34, sans qu’un retrait de la plainte de la LDH n’ait été envisagé. « Vous devez assumer vos responsabilités politiques » leur a-t-il même lancé.

De même qu’une organisation qui se veut antiraciste devrait assumer ses responsabilités et s’abstenir de livrer en pâture deux Arabes, musulman-e-s, qui plus est militant-e-s pro-palestiniens, à une justice que l’on sait traversée comme l’ensemble des institutions de ce pays par le racisme systémique et dans un contexte judiciaire hostile au BDS. […]

http://www.etatdexception.net/de-tariq-ramadan-a-michel-tubiana-dune-presence-problematique-a-lautre/