texte des deux compagnons anarchistes, commissariat de police de Polygyros, 24 août 2015

Mis a jour : le samedi 29 août 2015 à 18:47

Mot-clefs: Répression
Lieux: grèce

Mise à jour depuis Skouries, Chalcidique: Quand, pour l’Etat, tout ne va pas lisse.

 

Au moment où les territoires sont toujours plus saignés à blanc, pour le profit de ceux qui se trouvent aux niveaux les plus hauts de la société capitaliste, différentes luttes auto-organisées et par le bas, sont nées et ont grandit en contraste à ces projets dévastateurs.

La lutte contre la mine d’or à Skouries est caractérisée depuis des années par l’expérimentation de nouvelles techniques de contrôle et de répression, comme le prélèvement ADN, obtenu parfois avec l’usage de la violence; les restrictions, comme celle de devoir rester à au moins 4km de distance du chantier ou le ratissage des MAT (les CRS) dans le village de Ierissos au printemps 2013.

Le 23 août dernier, il y eut une manifestation massive dans la montagne de Skouries, qui a tentée à plusieurs reprises, de s’approcher du chantier, défendu par des hommes en uniforme. A la fin de la manifestation, un autobus qui était à peine parti pour retourner au campement de Ierissos, a été bloqué par les forces de l’ordre, qui une fois de plus ont honoré leur fonction en jetant par terre une manifestante et en lui cassant une jambe à coup de tonfa.

Ils ont ensuite interpellé les 78 personnes présentes, qui ont été emmenées au commissariat. Puis, ils ont relâchés 74 personnes, une à une, après les avoir photographié, pris leurs empreintes digitales et leurs avoir notifié une plainte pour participation à une manifestation violente.

Nous sommes 4 personnes à avoir refusé de donner nos empreintes, deux d’entre nous ont également refusé de donner leurs généralités. Nous avons été mis en état d’arrestation, dans l’attente de passer en comparution immédiate le lendemain.

La journée de résistance du 23 août dans les montagnes de Skouries a été un moment de lutte qui a cherché à remettre en question les plans capitalistes des multinationales et des patrons qui s’enrichissent en détruisant les territoires; ce type de projets a une importance tellement vitale pour le capitalisme que quiconque oppose une résistance est aussitôt punit de manière forte et décidée.

De la même manière l’Etat fait preuve d’une main de fer envers qui se rebelle contre la société de contrôle, comme par exemple contre qui refuse de donner ses empreintes digitales ou ADN.

C’est dans ce contexte qu’intervient la peine prononcée aujourd’hui, le 24 août: le juge nous a donné 17 mois de réclusion sans mandat de dépôt, et 18 mois aux deux personnes qui ont refusé de donner également leurs généralités, à laquelle s’est ensuite ajoutée la requête de la police de nous déporter et de nous interdire le séjour sur le territoire à tous les 4.

Nous avons décidé de ne pas donner nos empreintes digitales parce que nous refusons le fichage que le système voudrait nous imposer, nous n’acceptons pas de nous soumettre à leurs processus de contrôle.

Nous combattons ce système qui expulse ceux qui ne leurs sont pas utiles pour atteindre ses objectifs, tout comme ceux qui ne soumettent pas leur propre vie au capital et à ses règles.

Solidarité à tous ceux qui luttent, qui sont bloqués aux frontières, où dans n’importe quel lieu en attente d’être expulsé.

Que les moments de rébellion et de résistance puissent se multiplier partout.

Deux compagnons anarchistes, commissariat de police de Polygyros, 24 août 2015.