Une éolienne pour la ZAD

Mis a jour : le vendredi 28 mars 2014 à 13:42

Mot-clefs: Ecologie aéroport notre-dame-des-landes énergie éolienne
Lieux: Notre-Dame-des-Landes ZAD

Nous ne sommes pas prêtEs, comme beaucoup d’autres, à nous passer de l’électricité. De là est venue une réflexion sur notre dépendance à l’éléc, sur nos réels besoins et comment les limiter. L’association Tripalium cherchait un lieu sur la zad qui soit loin du réseau nucléaire (non raccordé) où il y ai de la présence constante, suivie et nombreuse (pour assurer le bon fonctionnement, les réparations,....). Ils nous ont proposé d’auto-construire une éolienne, pour l’installer ensuite dans le champ qu’on squatte. On s’est dit qu’on était bien motivéEs. Le fait de produire nous même l’électricité que nous consommons avec une machine qu’on a construite, ça nous permet de nous rendre compte de ce qu’on utilise et de ne pas fermer les yeux sur l’impact de notre conso parce que ça se passe ailleurs. L’auto-construction d’une éolienne nous a paru le choix le plus cohérent : production locale qui vient d’une ressource inépuisable (le vent) et adaptée à nos besoins (plus forte production en hiver), construire nous même l’outil de production, savoir le gréparer et en construire de nouveaux. Du coup, plutôt que d’avoir un bouton on/off avec du courant qui arrive de manière illimité sans savoir d’où il vient,

nous voulons nous approprier l’électricité et assumer sa production.

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Du 9 au 13 Décembre, 20 personnes ont construit une éolienne de 2,4m de diamètre dans le cadre d’un stage organisé par Tripalium et ouvert à toutes personnes (y compris hors ZAD). Ce stage s’est déroulé dans une chouette ambiance d’échange de savoirs et de techniques : soudure métal et sculpture bois, bobinage et production d’électricité, vent et aérodynamisme, assemblage et levage d’un mat de 18m... Les formateur-ices étaient tous.tes super chouettes. On s’est sentiEs dans une ambiance sereine, tout le monde avait le smile et semblait à l’aise dans le maniement des machines. On avait pas “peur de casser” quelque chose, ou de mal faire alors qu’il s’agissait de travaux assez techniques et précis.

Pour vos manières de faire, l’énergie que vous avez mis dans ce super projet, toute l’équipe des 100 noms tenait à vous remercier et vous inviter à passer pour jeter un peu de foin sur notre poêle quand vous voulez. On tenait aussi à remercier tous.tes les stagiaires avec qui on s’est bien marré, et vous aussi revenez quand vous voulez.

Le prix libre et un appel à don ont permis de financer les matériaux. Ce qui a permis a des gens sans thunes de pouvoir y participer et aussi de payer les 3500€ nécessaire à l’achat des différents matériaux de l’éolienne. Les gens de la Wardine, à l’initiative du chantier, ont préparé des repas vegan à prix libre midi et soir et c’était super bon tous les jours. On vous remercie fort du fond de l’estomac.

Cette éolienne délivre une puissance moyenne de 700W qui nous permet de nous éclairer et d’alimenter un point de recharge électrique pour toutes celleux (du coin ?) qui le désirent. Ainsi, cette éolienne permettra à chacunE de recharger batteries, téléphones, ordinateur, piles de lampes frontales, outils...

Nous voulons produire localement et collectiviser l’énergie.

Que cela soit clair : il n’y a pas d’outils de production d’électricité propre. Que le courant provienne d’une énergie nucléaire, végétale (centrale à charbon ou à combustion de biomasse), hydraulique (barrage hydroélectrique), solaire (photovoltaïque) ou du vent (éolienne), il est toujours nécessaire d’utiliser des matériaux issus d’un commerce puant (extractions de minerais) ou de produits nocifs et polluants.

Ainsi, en construisant cette éolienne nous avons du acheter et utiliser : des aimants et 3,5kg de fil de cuivre pour construire la génératrice (le système qui fabrique du courant électrique), les électroniques (onduleur et régulateur), du bois (cèdre rouge) importé pour les pales, 27m de tubes et 200m de câbles en acier pour le mât, du béton pour les fondations, de la résine chimique, des baguettes de soudure, de l’essence pour les transports de matériaux, des disques de meuleuses, etc.

Ces matériaux ont un coût humain et écologique élevé. C’est le cas pour tout système de production électrique, d’autant plus s’il provient d’une centrale industrielle.

Nous voulons la fin des centrales nucléaires, et plus largement du marché de l’énergie.

En autoconstruisant une éolienne nous expérimentons une alternative à l’utilisation du nucléaire et affirmons la volonté d’un monde sans ligne THT, EPR, trains castors, sans AREVA et autres nucléocrates. L’autonomie énergétique couplée à l’autonomie alimentaire nous permet d’ancrer durablement la lutte contre l’aéroport et son monde sur ce territoire.

Un point de charge est maintenant dispo, toutes ceux qui le veulent peuvent venir se brancher. Et ceullex qui veulent discuter de nos positions sont les bienvenuEs !

Spéciale dédicace à l’équipe maintenance de Tripalium, resté deux mois pour remonter l’éolienne, super merci pour tous les moments passés avec toi et à bientôt on éspère !

Les 100 noms

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