Mardi 28 février : occupation d'un amphi batiment Censive, NON à la marchandisation de la fac de Nantes

Mis a jour : le lundi 3 février 2014 à 15:26

Mot-clefs: luttes étudiantes/lycéennes
Lieux: Nantes

- Campus Tertre de l’Université de Nantes, ce mardi 28 février -

Des étudiant-e-s de sociologie ont entamé l’occupation d’un amphi du bâtiment Censive, avec l’intention d’en faire un espace de discussion, d’information et d’organisation de la lutte contre la marchandisation de la fac. Ils et elles dénoncent la dégradation massive de leurs conditions d’études causée par l’ouverture progressive de l’université publique aux intérêts capitalistes et au « marché du travail ».

Amphi_occupe-medium

À deux jours du conseil d’UFR où sont alloués les budgets, la contrainte pour une professeure d’enseigner en salle informatique à un groupe de plus de 50 étudiant-e-s divisé en deux salles, avec 2 à 3 étudiant-e-s par poste a fait éclater un malaise déjà partagé : débrayage et occupation sont mis en place.
Les étudiant-e-s en lutte prévoient d’ores et déjà une Assemblée Générale ce jeudi 5 février (rdv à 12h30 dans le hall du bâtiment Censive), ainsi que des projections sur les luttes étudiantes nantaises récentes (LRU, CPE) et des débats sur la portée critique des sciences sociales.

Cette mobilisation est loin d’être la première. Depuis le début de l’année universitaire, assemblées et comités de luttes s’enchaînent afin d’intensifier la lutte pour une université publique gratuite, critique et émancipatrice. En décembre déjà, quelques dizaines d’étudiant-e-s envahissaient le conseil d’administration de l’université afin de rappeler aux gestionnaires austéritaires qui entreprennent de démanteler une à une l’ensemble des filières peu rentables que l’étudiant-e est plus qu’une dépense monétaire. Rappelons d’ailleurs que désormais, les représentants du Medef local détiennent de droit plusieurs sièges à ce même conseil.

En effet, plusieurs lois votées ces dernières années (en tête desquelles les fameuses lois LRU et Fioraso) ayant fortement accentué la pression patronale sur l’administration universitaire, les étudiant-e-s et leurs enseignant-e-s sont confronté-e-s à une organisation des études intenables : cours surchargés, locaux délabrés, ...

Aujourd’hui, ce sont des filières entières que l’on supprime, sous prétexte d’un manque de budget. À quelques semaines des examens du premier semestre, nous apprenions ainsi la suppression de la licence de sciences de l’éducation - licence que l’Université Catholique de l’Ouest a justement pour projet d’ouvrir à Nantes à la rentrée 2014, pour la modique somme de 3500 € par an. L’année dernière, c’était la licence Infocom qui disparaissait dans le silence.

L’austérité à l’université n’est pas une fatalité, c’est un choix politique. Elle intervient dans un climat de casse sociale généralisée entreprise par l’ensemble des gouvernements successifs.

Crève l’éducation marchande à la botte du capitalisme et du pouvoir,
Vive l’université libre, gratuite et émancipatrice !

Des étudiant-e-s

Commentaire(s)

> rectifications

2 petites erreurs
- il s'agit évidemment du mardi 28 JANVIER,
- l'amphi occupé se trouve dans le bâtiment CENSIVE

> rdv ce mercredi 29 janv.

AG d'information sur la nouvelle licence Sciences de l'éducation à 12h30 Amphi 5, bâtiment Censive.

Réunion du Comité de mobilisation aujourd'hui à 17h. Rendez-vous dans le Hall de Censive. Il sera principalement question de la mobilisation qui est née hier au sein de l'UFR de sociologie.

> compte rendu de la journée (mercredi 29 janvier)

Pour ceux qui n'étaient pas là aujourd'hui, voici un bref compte rendu d’aujourd’hui et un aperçu de la journée CRUCIALE qui nous attend demain :
- Dès 8h, un petit groupe de personnes (pas assez!!) a investi l'amphi numéro 4, quartier général de la mobilisation. Des ateliers ont rapidement été mis en place :
- Listing des conséquences des restrictions budgétaires
- Explications et réflexions sur l'origine des problèmes de budgets
- Ateliers affiches et banderoles
- Fabrication et alimentation de supports de communication

Des interventions avec appels à quitter les cours pour rejoindre la mobilisation ont été menées.
Elles ont permis de réunir plus d'une centaine de personnes dès ce matin.

La Censive a été joliment décorée afin que l'important public venu assisté au concert des Folles Journées, qui avait lieu dans le hall, puisse se rendre compte que ça bouge chez les sociologues !

Après un petit repas improvisé, nous avons eu la visite de Rémy le Saout directeur de l'UFR.
Selon lui, le problème est avant tout une question de mauvaise organisation interne à l'UFR de socio, la dégradation des conditions d’études ne se réduisant principalement qu'aux problèmes des L3. Pas besoin de s'attaquer au ministère : le budget est équilibré !
Qu'en est-il des 470 heures de cours supprimés, du budget pour les cours divisé par deux entre 2010 et 2013 ? Vaste enfumage donc, que certains profs sont venus eux mêmes dénoncer au cours d'une longue discussion à laquelle près de 100 étudiant-es, dont beaucoup de L2 et L3 ont assisté !

De nombreux médias ont aussi fait l'écho de notre mobilisation.

Demain à 11h30, amphi 4 (https://nantes.indymedia.org/events/28850), aura lieu une grande assemblée générale où il sera question de décider de la suite du mouvement, mais aussi d'apporter des informations supplémentaires sur les problèmes de budget que nous connaissons.

L'AG sera surement suivie d'une action au conseil d'UFR. L'AG de demain doit rassembler le maximum d'étudiant-es de socio ! Tout le monde doit venir et motiver les réticents à ne pas rester sur le coté de ce qui se passe depuis deux jours ! A demain ! (8h!)

> Des étudiant-e-s qui défendent leurs droits

C'est cool de voir qu'il y a toujours des étudiant-e-s pour se mobiliser quand leurs droits ou leurs filières sont attaqués. Le mouvement des retraites donnait un sentiment d'amertume et laissait croire que les étudiant-e-s Nantais n'étaient plus vraiment politisé-e-s ou investi-e-s dans leur avenir.

Je pense qu'il est possible de mobiliser d'autres étudiant-e-s que celles et ceux de sociologie (souvent cœur des mobilisations étudiantes), il faudrait voir quelles sont les filières en lettre, langues, sciences humaines, droit et même sciences qui sont menacées par cette série de lois qu'on se paye depuis des années.

Ma position est un peu facile, ancien étudiant actuellement en formation (qui a failli ne pas l'être car trop diplômé avec Licence ... c'est un comble) mais je vous soutiens dans votre démarche et j'espère (mais avec peu d'espoir malheureusement) que cette lutte aboutira à des avancées concrètes