Notre-Dame-des-Landes : un mauvais coup au cœur de l’été

Mis a jour : le dimanche 7 juillet 2013 à 02:37

Mot-clefs: aéroport notre-dame-des-landes
Lieux: Nantes Notre-Dame-des-Landes ZAD

Au lendemain du 14 juillet, le Gouvernement et les Présidents de la Région, du Département et de Nantes Métropole viennent de signer le plan de financement de l’aéroport de Notre Dame des Landes. La droite était connue pour sortir ses coups fourrés au cœur de l’été, les trois présidents socialistes lui emboîtent aujourd’hui le pas.

Cette signature en catimini confirme surtout l’opacité savamment calculée des opérations autour de ce projet. Refusant toujours de remettre en débat l’opportunité de cette infrastructure malgré l’opposition massive des populations concernées et celle de dizaines de milliers de citoyen-ne-s et de plus de 600 élu-e-s, les promoteurs du projet collectionnent les écarts avec une gouvernance démocratique : refus de publication du cahier des charges, suppression de délégation pour Françoise Verchère, vice-présidente trop bruyante du Conseil Général, élimination de Jean-Jacques Kogan, seul représentant de la Communauté de Communes Erdre et Gesvre sur laquelle est prévu l’aéroport, au syndicat mixte d’études, et, maintenant annonce d’un accord PS-UMP, ficelé dans le plus grand secret, pour le financement de l’aéroport de Notre Dame des Landes par les collectivités locales à hauteur de 85% des 138,5 millions d’euros annoncés par l’Etat.

Ces 115,5 Millions d’euros à la charge des trois collectivités locales représentent plus d’une fois et demi les dépenses annuelles d’équipement de la Ville de Nantes. Ou encore plus du tiers des investissements prévus pour 2010 à Nantes Métropole. Les trois présidents socialistes nous informeront sans doute à la rentrée des coupes budgétaires qu’ils comptent proposer - et donc des services publics qu’ils comptent mettre à la portion congrue - à l’image de la droite gouvernementale décomplexée, destructrice des solidarités sociales.

Ce petit arrangement entre amis signé le 16 juillet à Nantes, « au-delà des clivages entre partis » comme le clame M Auxiette est d’abord, pour les Alternatifs, un très mauvais coup contre la démocratie, contre l’environnement, et contre la qualité de vie des habitant-e-s des trois collectivités contractantes (dont les habitants de Nantes métropole appelés à payer trois fois, au titre de la région, du département et de la communauté de communes !)

Le gouvernement et les hérauts socialistes auraient bien tort d’y voir la fin de la mobilisation citoyenne contre la construction de ce nouvel aéroport. Bien au contraire.

Commentaire(s)

> étonnement ?

et qu'en pensent les écologistes pour qui seuls comptent les élections et le système représentatif capitaliste ?

> Le communiqué d'Europe Ecologie

Avec cette annonce d’un accord financier pour Notre Dame des Landes, l’État fait du forcing ! L’annonce de la signature d’un engagement des collectivités locales à participer au financement de la plate-forme et de la desserte routière pour le projet de nouvel aéroport à Notre Dame des Landes est de la stratégie à la « petite semaine ».

En effet, l’État fait le forcing pour « mouiller » financièrement les collectivités, alors que l’opacité est de mise quant au coût global et à la part de chacune. C’est aussi un déni de démocratie car aucun débat n’a eu lieu dans ces mêmes collectivités…

Que ce soit sur la forme ou sur le fond, à une étape importante de ce projet régional si controversé, il est scandaleux que l’État, Maître d’ouvrage, agisse de la sorte. Il est tout aussi scandaleux que les Présidents des collectivités, dont le Conseil régional des pays de la Loire, cautionnent ces pratiques. Il parait clair que le forcing de l’État est lié à la négociation en cours avec le futur concessionnaire privé : celui-ci exige certainement des participations financières publiques pour un projet dont le budget global est loin d’être assuré par des fonds privés !

Pour avoir un véritable débat sur le coût global du projet, il faut aussi inclure les dessertes ferroviaires (tram-train et ligne TGV Nantes-Rennes) qui ne sont pas aujourd’hui évoquées par l’État et dont le financement incomberait en très grande part aux collectivités, avec un coût qui dépasserait très largement celui de la plate-forme et de la desserte routière (indiquer le montant si on l’a).

En « saucissonnant » ainsi projet, ses promoteurs veulent masquer l’impact ruineux pour les finances publiques. Que l’on soit pour ou contre ce nouvel aéroport, à l’heure où ces mêmes finances publiques sont en situation très critiques, il est de la responsabilité de tous qu’il y ait un véritable débat sur les coûts et les financements.

Nous continuons de porter notre opposition au sein du conseil régional, où notre accord majoritaire doit être respecté.

Nous sommes aussi, avec tous les opposants, pour sauvegarder les terres de Notre Dame des Landes. Le combat continue sur tous les fronts politiques et juridiques, avec la mobilisation de tous !

Le groupe des élu-e-s régionaux d’Europe Ecologie Pays de loire

> Pour @n@

Et qu'en penses les communistes, et qu'en penses les démocrates ..... sous entendre que els écolos sont complices de cela c'est sous entendre qu'il n'y a qu'une écologie, il y a bien d'autres domaines lié à la protection de l'environnement et de sa faune où certains mouvements écolos ne sont pas à la hauteur mais votre remarque généralise un peu vite !

En tout cas Bussereau l'ordure a signé, quelqu'un aurait il envisager que cette signature ne se fasse pas ??? Le PS magouille à la sauce UMP .... l'UMPS continue son chemin avec certains communistes ou des gens de LO qui vont dans le même sens !!

> Au delà du clivage des partis

Pour une fois, les démocrates décomplexéEs, ici réprésentéEs par Auxiette sont on ne peut plus honnêtes. On l'avait deviné depuis longtemps que les partis politiques c'est de la blague et que la gauche et la droite, c'est plus ou moins la même choses. Maintenant, c'est avoué publiquement, l'alternance, c'était une vaste plaisanterie, il n'y a que deux camps, les énarques et autres élites politiques d'un côté, la plèbe de l'autre. Au delà des divisions de façade, on se sert les coudes.