Nationalisation du chantier naval !

Mot-clefs: Luttes salariales
Lieux: Nantes Saint-Nazaire

Les plus graves menaces pèsent sur l’avenir du chantier naval, l’emploi des salariés STX et de la sous-traitance. Face à cette crise, une des plus graves connues par la Navale Nazairienne, FO refuse la fatalité et entend défendre cette industrie essentielle pour toute la région. Comme tous les salariés et plus largement la population, notre organisation syndicale n’accepte pas que le dernier grand chantier naval de notre pays soit conduit à petit feu à la fermeture.
Pour sauver le Chantier Naval...

Lorsque, en octobre 2007, le groupe coréen STX prenait le contrôle d’Aker Yards (donc du chantier naval de Saint- Nazaire), FO avait revendiqué la nationalisation de l’entreprise. Sur proposition de notre section syndicale, une motion commune de tous les syndicats du chantier naval avait été adoptée le 6 novembre 2007, puis remise au Sous-Préfet, exigeant : « l’entrée majoritaire de l’Etat français dans le capital de notre entreprise ».

En Novembre 2008, le gouvernement annonçait l’entrée de l’Etat à 33,34% dans le capital du chantier naval, répondant ainsi partiellement à notre revendication ; le groupe Coréen STX demeurant l’actionnaire majoritaire avec 50,01% et ALSTOM détenant les 16,65% restant (jusqu’en 2010). Cependant, la situation n’a cessé de se dégrader. Aucune commande de paquebot depuis plus de 3 ans. La seule commande obtenue a été celle du BPC n°3 qui ne représente que 20% de la charge de travail annuelle !

Depuis plusieurs mois, les salariés subissent le chômage partiel. Pour les mois de Mars, Avril et Mai 2010, la Direction vient d’annoncer près de 480 000 heures de chômage, touchant plus de 50% des salariés. Certains secteurs vont fermer totalement pendant ces 3 mois (ateliers de fabrication de la coque métallique, bureau d’étude coque), s’ajoutant au plan de 351 départs volontaires décidé par la Direction.

...Il faut le nationaliser !

Dans cette situation, le « silence » de notre actionnaire majoritaire STX est très inquiétant. Il apparait clairement qu’il ne faut pas compter sur lui pour aider à obtenir des commandes ! A ce jour, le seul projet possible est la commande d’un paquebot répétitif pour MSC. Les difficultés pour finaliser le montage financier de ce projet démontrent aussi que ce n’est pas notre Direction locale qui détient la solution mais bien le gouvernement et son ministère des finances ! Ces difficultés sont liées, notamment, aux directives de la Commission Européenne qui, au nom de la « concurrence libre et non faussée », interdisent aux Etats les aides à la construction navale !

Pour FO, il est du devoir de l’Etat de sauver le dernier grand chantier naval du pays et tous les emplois du site. S’appuyant sur les résolutions de notre Congrès confédéral, de notre Union départementale, et de notre Union locale, FO revendique à nouveau la nationalisation du Chantier Naval de Saint-Nazaire.

FO rencontre les élus politiques et les représentants de l’Etat

Afin de faire aboutir cette revendication essentielle pour l’avenir de tous, FO a décidé de rencontrer les représentants de l’Etat et les élus politiques de la région.

La délégation FO (composée de la section syndicale du chantier, de l’Union Départementale de Loire Atlantique et Union Locale de Saint-Nazaire) leur expose nos analyses et nos revendications, notamment :

- La nationalisation du Chantier, condition nécessaire pour sauvegarder notre industrie, tous les emplois et imposer les commandes indispensables.

- Des préretraites plutôt que des départs volontaires de salariés plus jeunes.

FO leur explique qu’il serait incohérent que le gouvernement intervienne dans le montage financier pour le projet de commande de paquebot pour MSC et ne pas nationaliser ou au minimum prendre le contrôle majoritaire du chantier naval de Saint-Nazaire.

Nous leur expliquons en particulier que le n° 1 mondial de la construction de navires de croisières est l’italien FINCANTIERI. Or cette entreprise, qui a un carnet de commande bien mieux rempli que celui de Saint-Nazaire, est détenue à 100% par l’Etat italien. De plus, ces chantiers construisent des navires civils et des navires militaires.

Nous leur précisons qu’il est un secret pour personne que, avec cette double caractéristique, l’Etat italien a conservé les moyens de protéger, défendre et aider, y compris financièrement, son industrie navale.

30 Novembre 2009, rencontre avec le Sous-Préfet de Saint-Nazaire Le préfet a pris note de nos demandes et s’est engagé à les transmettre au gouvernement.

14 Décembre 2009, rencontre avec Monsieur PRIOU (député UMP) Le député PRIOU nous a fait part de ses positions, dont les principales sont : lui-même et plusieurs élus souhaitent que l’Etat reprenne les 16,65% détenus par ALSTOM et même aille au-dessus de 50% considérant que le groupe coréen STX n’a pas démontré de réelles intentions de faire évoluer les chantiers. Il a aussi soutenu notre demande de préretraites (« à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle »).

6 Janvier 2010, rencontre avec M. BATTEUX (Maire PS de Saint-Nazaire) Après avoir présenté les actions de la Région pour soutenir le chantier, M. Batteux nous a indiqué qu’il demeurait partisan que l’Etat prenne le contrôle du chantier naval. A l’occasion de ses voeux, le soir même, il a renouvelé publiquement sa position.

12 Janvier, rencontre avec M. MARECHAL (Président PS du Conseil Général) M Maréchal nous a déclaré ne pas être gêné par notre revendication. Il a même admis l’utilité que l’Etat soit l’actionnaire majoritaire. Il s’est engagé à proposer à ses collègues du Conseil Général une délibération sur ce sujet.

20 Janvier, rencontre avec M. GAUTHIER (Sénateur PS) Sur la « prise de contrôle majoritaire de l’Etat », il nous déclare que c’est une position tout à fait envisageable qu’il pourrait défendre au Sénat et que ces collègues députés pourraient défendre à l’Assemblée Nationale.

21 Janvier, rencontre avec M. DE RUGY (Député VERT de Nantes Nord - Orvault) M. DE RUGY s’est engagé à interpeller le gouvernement à l’Assemblée Nationale sur la stratégie de l’Etat, sur l’évolution de son actionnariat, en soutenant la reprise par l’Etat des 16,65% détenus par Alstom et même de passer au-dessus des 50%.

28 Janvier, rencontre avec Mme BOUILLE et l’assistant de M. MENARD (Députés PS Saint-Nazaire) Mme Bouillé nous a informé avoir déjà interpellé le 1er ministre sur les actions du gouvernement pour soutenir le chantier. Elle nous a affirmé qu’elle partageait notre demande de contrôle majoritaire de l’Etat.

29 Janvier, rencontre avec M. RAIMBOURG (Député PS Nantes Sud - Rezé) M. Raimbourg nous a répondu qu’il était en relation avec ses collègues députés et qu’il était d’accord pour leur soumettre nos revendications.

FORCE OUVRIERE rencontrera dans les prochains jours : M. AUXIETTE (Président PS du Conseil Régional), Mme VERCHERE (Conseillère Générale PG), M. AUTAIN (Sénateur), M. TRILLARD (Sénateur UMP), M. POIGNANT (Député UMP), M. AYRAULT (Député et Maire de Nantes PS), M. DAVID (Conseiller Général PCF).

De plus, par l’intermédiaire de J.C. MAILLY, secrétaire général de notre Confédération, nous demanderons à être reçu par le 1er ministre M. FILLON.

Par ailleurs, une rencontre intersyndicale des Unions Départementales de Loire Atlantique s’est tenue à Nantes le vendredi 29 Janvier 2010. Au cours de celle-ci, FO a proposé à toutes les organisations syndicales de revendiquer ensemble la nationalisation du chantier naval de Saint-Nazaire et, sur cette base, d’organiser dans l’unité une large mobilisation des salariés et de la population. Au cours de cette intersyndicale, « Solidaires » s’est prononcée pour la nationalisation et la CGC pour une reprise par l’Etat des 16,65% détenus par ALSTOM, les autres organisations syndicales « bottant en touche ».

Mais pourquoi limiter la prise de l’Etat dans le capital du Chantier à 33,4% ou 49,9%, alors que la situation dramatique du Chantier, exige maintenant et sans tarder une prise majoritaire du capital (nationalisation) afin de garantir une fois pour toute le maintien du site ! C’est ce que nous continuerons à défendre lors de la prochaine intersyndicale des Unions Départementales le 10 février.

Commentaire(s)

> Cessons le foutage de gueule

Les chantiers seront fermés car celà est programmé comme le reste . Maintenant l'industrie est délocalisé dans des pays de misère au profit des actionnaires. Face à celà les boutiques syndicales collaborent depuis des lustres et voudraient nous faire croire le contraire. Quand les chefs passent le plus clair de leur temps avec les maîtres ,faut s'étonner de rien. Parler de nationalisation c'est nous refaire le coup du "Progamme commun" de la gôche de 80 ! On a vu le résultat : Jospin entre autres n'a jamais autant privatisé !

Pour l'action sans les collabos : Grève générale!

Lire au sujet du foutage de gueule des syndicats réformards:

http://www.article11.info/spip/spip.php?article746

http://endehors.org/news/trois-petits-tours-et-puis-s-e...-vont