Le point sur la mobilisation dans les facs (31/10)

Mot-clefs: Education
Lieux: Angers Limoges Nantes Rennes

Bilan partiel
Etat de la mobilisation dans les universités au mercredi 31 octobre à 12h

Rouen : AG jeudi 25 octobre à 400. Vote de la grève et du blocage. Envoie de deux mandatés à la coordination nationale (1 étudiant, 1 enseignant). Lundi 29 octobre, AG à 1000, vote du blocage pour la semaine à une large majorité. En annexe, voir l’appel de l’AG de Rouen du 23 octobre et l’appel au blocage généralisé du comité d’occupation de Rouen. Mardi 30 octobre, une nouvelle AG a réuni près d’un millier de personnes. Une manifestation s’est déroulée mardi 30 octobre avec plusieurs centaines d’étudiants et personnels.

Tolbiac Paris 1 : AG jeudi 25 octobre à 12h à 150-200. Deuxième AG à 16h à 350 (après interventions massives dans les cours) qui a envoyé deux mandatés à la coordination nationale (FSE et CNT). Mardi 30 octobre, AG de 700 étudiants a voté la mise en place immédiate des piquets de grève. Un appel appelant à la généralisation de la grève et appelant les syndicats de personnels à appeler à la grève a été voté. Blocage effectif mercredi 31 octobre au matin.

Toulouse le Mirail : AG jeudi 25 octobre à 700. Vote de la grève. Envoi de deux mandatés (FSE et UNEF-TUUD) à la coordination nationale. Mardi 30 octobre, environ 800 participants à l’AG. Les piquets de grève ont été votés et seront mis en place à partir de mardi 6 novembre. Une manifestation des 3 universités de Toulouse a réuni environ 300 personnes.

Toulouse Rangueil : AG d’environ 150 personnes la semaine dernière. En vacances ou examens cette semaine.

Toulouse Arsenal : AG à une petite centaine (envoi de deux mandatés à la coordination nationale de Toulouse : FSE et non syndiqué)

Aix Marseille 1 : avant mardi 30 octobre, plusieurs AG d’environ 200 personnes. Envoi de deux mandatés à la coordination nationale (1 UEC, 1 non syndiqué). Mardi 30 octobre, suite aux barrages filtrants, la présidence a décidé d’une fermeture administrative (lock-out) « jusqu’à nouvel ordre » (au moins jusqu’à lundi d’après la presse). Malgré tout, une AG a réuni au début 1000 personnes, puis 600 à la fin. Prochaine AG mardi 6 novembre. Le Snesup appelle à la réouverture du site et « tient à signaler que les modalités d'action du comité de mobilisation étudiant restent du ressort du mouvement étudiant ». cf. en annexe le communiqué du communiqué de mobilisation.

Rennes II : 400 en AG mardi 23 octobre et 500 mercredi 24 octobre. Barrages filtrants. Actuellement en vacances jusqu’au lundi 5 novembre.

Nanterre : 200 en AG mardi 23 octobre ; 300 en AG mardi 30 octobre. Blocage voté jeudi 8 novembre pour permettre une AG massive et la participation de tous. Manifestation à une centaine mardi 30 octobre (passage à la Sorbonne, à Censier, et pour finir à Tolbiac en grève)

Nantes : plusieurs centaines d’étudiants en AG (jusqu’à 300-400 environ) ; deux mandatés à la coordination nationale (SUD). En vacances jusqu’au lundi 5 novembre.

Caen : 200 à 300 étudiants en AG (deux mandatés à la coordination nationale). Prochaine AG mercredi 31 octobre à 17h30.

Lilles 1-2-3 : de 100 à 250 en AG. Manifestations de plusieurs centaines d’étudiants et personnels. Cette semaine Lille 1 est en vacance (prochaine AG mercredi 7 novembre)

Amiens : mardi 23 octobre, 300 en AG. En vacances cette semaine. Prochaine AG mardi 6 novembre.

Nancy II : AG à 350 (jeudi 18 octobre) ; AG à 250 jeudi 25 octobre. Prochaine AG mardi 6 novembre.

Pau : AG à 100 la semaine dernière (envoi de mandatés à la coordination nationale). Prochaine AG mercredi 7 novembre.

Dijon : AG avec environ 150-200 personnes. Blocage du CA (mardi 23 octobre) qui devait appliquer la loi. Deux mandatés à la coordination nationale (FSE et CNT)

Lyon 2 : AG à 200-300 personnes mercredi 24 octobre. Deux mandatés envoyés à la coordination nationale (1 UEC, 1 Union pour le communisme). Prochaine le 8 novembre avec barrage filtrant.

Lyon 1 : AG d’une centaine de personnes la semaine dernière

Grenoble : AG de 300 mardi 23 octobre (un blocage effectué jeudi 18 octobre suite à une AG de 150 personnes). Envoi de deux mandatés à la coordination nationale.

Reims : AG à 500 mercredi 24 octobre (questions locales + LRU). Mardi 30 octobre, AG de 250 personnes et manifestation.

Censier Paris III : AG d’une centaine d’étudiants et personnels mardi 30 octobre

Sorbonne : AG d’environ 80 personnes la semaine dernière. Envoi d’une mandatée (FSE) à la coordination nationale. Prochaine AG mercredi 31 octobre.

Clignancourt Paris IV : AG d’une centaine d’étudiants (envoi d’un mandaté à la coordination nationale : non syndiqué) la semaine dernière. Prochaine AG : mercredi 31 octobre

Malesherbes Paris IV : petite AG (envoi d’une mandatée FSE à la coordination nationale) la semaine dernière. Prochaine AG mercredi 31 octobre

Limoges : AG à 50 (envoi d’un observateur à la coordination nationale). Prochaine AG mardi 6 novembre

Paris VIII Saint Denis : AG d’une centaine d’étudiants et personnels mardi 30 octobre.

Paris VI Jussieu : AG d’une centaine d’étudiants et personnels mardi 30 octobre

Paris VII : une centaine d’étudiants en AG la semaine dernière. En vacances cette semaine.

Perpignan : AG d’une centaine de personnes la semaine dernière

Angers : AG à 100

Créteil : AG d’une trentaine de personnes la semaine dernière. Envoi d’un observateur (SUD) à la coordination nationale

ANNEXE

1) Appel de la coordination nationale de Toulouse qui a réuni 21 universités

Une coordination nationale universitaire, rassemblant 36 délégués mandatés par 21 universités, s'est réunie les 27 et 28 Octobre à Toulouse suite à une nouvelle attaque du gouvernement contre le service public de l'enseignement supérieur: la loi Pecresse, dîte "de libertés et responsabilités des universités" (LRU).

Cette loi permet un désengagement financier de l'Etat au profit des entreprises et des intérêts privés. Par leur présence accrue dans les conseils, ils influenceront forcement le contenu des cours. Les universités auront ainsi moins de financement pour les filières considérées comme non-rentables par les nouveaux financiers. Elles seront gérés comme des entreprises sur des bases de rentabilité: mise concurrence des universités et des personnels, précarisation et dégradation des conditions de travail et des salaires, concentration des pouvoirs au sein des conseils d'administration et dans les mains du président de l'université. La loi instaure également une pré-selection des lycéens à l'entrée de l'université.

Ce démantèlement de l'enseignement supérieur est encadré par le processus de Bologne, initié en 1999, dont l'objectif principal est la mise en concurrence des universités à l'échelle européenne (d'où aujourd'hui des frais d'inscriptions à 1000 euros en moyenne en Allemagne et au Portugal, à 3000 euros en Italie)

C'est pourquoi, nous exigeons l'abrogation inconditionnelle et immédiate de la LRU et nous nous prononçons :

– Pour un vrai droit à l'éducation et à la formation pour tous
– Pour la défense des statuts des personnels d'université, pour la titularisation des personnels précaires
– Contre la privatisation de l'université publique et la politique de pénurie budgétaire, pour le réengagement financier massif de l'Etat, pour l'augmentation des aides sociales étudiantes, pour la construction de logements sociaux à hauteur des besoins.

Mais cette loi n'est pas isolée. Ce gouvernement est résolu à nous imposer un mouvement social d'ampleur historique. Nous ne devons pas faire son jeu qui consiste à dresser les uns contre les autres les travailleurs et les étudiants, le public et le privé, les Francais et les étrangers. Tout au contraire, alors qu'un large mouvement social se dessine dans tout le pays, alors que le 18 Octobre les salariés de la SNCF, de la RATP et d'EDF-GDF ont montré qu'ils étaient disponibles pour lutter, nous devons articuler nos revendications.

C'est pourquoi nous sommes décidés à nous battre :
– Pour le rétablissement des 22 000 emplois de fonctionnaires (dont 11 200 dans l'Education Nationale) liquidés dans le budget 2008 et des 25 000 postes supprimés au cours des cinq années précédentes,
– Contre le démantèlement des services publics.
– Contre la privatisation de la Sécurité sociale et les franchises médicales
– Pour la défense des régimes spéciaux de retraites, les 37.5 annuités pour tous, la retraite à 60 ans à taux plein
– Pour l'abrogation des lois anti-immigrés, CESEDA et Hortefeux; une carte d'étudiant = une carte de séjour.
– Pour l'amnistie de tous les réprimés des mouvements sociaux.

Nous sommes déterminés à construire la mobilisation dans nos universités et nos lycées, et l'unité d'action avec les salariés. Au rouleau compresseur du gouvernement, nous opposons la convergence de tous les secteurs attaqués, qui seule pourra le faire céder.

Nous appelons les universités à construire la grève avec piquets de grève dès que possible, comme seul moyen pour gagner et à bloquer les CA pour empêcher l'application de la loi.

Nous appelons aux manifestations des 30 Octobre, 8 et 20 Novembre, et à toutes autres initiatives lancées par les salariés.

2) Appel de l’AG de Tolbiac en grève du mardi 30 octobre

Mardi 30 octobre 2007, nous nous mettons en grève, avec piquets de grève pour obtenir l'abrogation de la LRU et de l'ensemble des contre-réformes du gouvernement (franchises médicales, lois sécuritaires et anti-immigres, remise en cause du statut de la fonction publique, attaques contre les retraites, etc...). Pour faire plier le gouvernement, nous devons construire la grève nationale des universités, avec piquets de grève, avec pour objectif la grève générale interprofessionnelle. Cheminots, électriciens, gaziers, travailleurs de tous les secteurs, c'est par la grève, tous ensemble que nous vaincrons le gouvernement.

Alors que la quasi totalité des syndicats de personnels s'est prononcée pour l'abrogation de la LRU, nous leur lançons un appel : ne laissez pas les étudiants isolés et appelez l'ensemble des personnels des universités a nous rejoindre dans la grève

3) Appel de l’AG de Rouen du mardi 23 octobre

Abrogation de la loi Pécresse ! Mobilisation dans l’unité !

Le mardi 23 octobre, une Assemblée Générale réunissant plus de 200 personnes (étudiants, enseignants, BIATOSS), a adopté à l’unanimité la motion suivante :

Nous, personnels, étudiants et enseignants, réunis le mardi 23 octobre à l’université de Rouen (site de Mont Saint-Aignan), nous prononçons pour l’abrogation de la loi Pécresse dite de « libertés et responsabilités des universités », car nous considérons qu’elle constitue une attaque sans précédent contre l’enseignement supérieur public.
- Elle met en œuvre la privatisation et la professionnalisation de l’enseignement supérieur et de la recherche ; elle amorce une pré-sélection en première année.
- Elle remet en cause les diplômes
- Elle précarise l’ensemble des personnels.
Elle doit être abrogée.

Mais cette loi n’est pas isolée : elle s’intègre dans la logique de l’ensemble des contre-réformes menées actuellement par le gouvernement. Nous ne devons pas faire le jeu de ce gouvernement qui essaie de dresser les travailleurs et les jeunes les uns contre les autres. Tout au contraire, alors qu’un large mouvement social se dessine dans tout le pays, nous devons articuler nos revendications entre elles. C’est pourquoi nous sommes décidés à lutter
- pour le rétablissement des 22 000 emplois de fonctionnaires (dont 11 200 dans l’Éducation nationale) liquidés dans le Budget de 2008 et des 25 000 postes supprimés au cours des cinq années précédentes
- contre toute remise en cause des statuts de la Fonction publique
- contre la privatisation de la Sécurité sociale et les franchises médicales
- conter la remise en cause des régimes de retraite : 37,5 pour tous
- contre la traque des sans-papiers, les tests ADN et la loi anti-immigrés d’Hortefeux
- contre la remise en cause du droit de grève.

Nous sommes déterminés à construire la mobilisation sur nos universités, tout en travaillant à la convergence des luttes, car seule l’unité de tous les secteurs attaqués pourra faire céder le gouvernement.

Nous appelons tous les syndicats, les personnels, les étudiants et les enseignants à rejoindre la mobilisation et à construire la grève dans l’unité.

Cette AG a voté l’envoi de délégués mandatés pour porter cette motion à la coordination nationale se tenant à Toulouse les 27 et 28 octobre, afin de prendre part à la structuration nationale de la mobilisation.

Elle appelle également à une Assemblée Générale le jeudi 25 octobre à 12h00 amphi Axelrad, pour construire ensemble la suite du mouvement.

Etudiants, personnels enseignant et non enseignant, nous sommes tous concernés !

4) Appel du comité d’occupation de l’université de Rouen

Université - Appel de Rouen : grève, occupation, blocage, nous avons commencé

Aujourd'hui et depuis le 25 octobre 2007 à Rouen une Assemblée Générale a déclaré la grève, l'occupation et le blocage de l'Université. Nous sommes la génération qui s'est battu dans la rue ces dernières années, ces derniers mois. Depuis plusieurs jours, nous avons observé la mobilisation des autres villes. Il nous a semblé que chacun, là où il était, attendait un signal, une étincelle, pour que tout commence. Nous n'avons plus de raison d'attendre.

Des cheminots nous retenons la force de paralysie, la capacité à dérègler les gestes tellement huilés du quotidien. Du CPE nous gardons la force d'initiative et la possibilité de vaincre dans l'affrontement. Si ce mouvement nait du prétexte de la loi sur l'autonomie des universités, il s'inscrit plus généralement dans une offensive à l'encontre du pouvoir en place. La France d'après, nous y sommes et rien ne nous la fera aimer. Ce à quoi nous sommes confrontés n'est pas un simple durcissement des institutions mais la constitution d'une force politique prête à tout pour éliminer ceux qui ne filent pas droit, ceux qui ne partagent pas leur désir d'un monde parfaitement policé où les cadres aux dents colgate roulent en velib' au milieu des rafles de sans papiers. Il n'y aura pas de trève. C'est une vérité de l'époque que nous devons assumer.

Les cheminots, la loi sur l'ADN, les profs, les fonctionnaires, tous ces fronts qui s'ouvrent appellent le meilleur de notre intelligence, une pensée stratégique maximale. Nous faisons le pari que ce moment est opportun pour nous retrouver, pour retourner dans la rue, pour prendre le pavé et nous jeter dans la lutte. Notre mouvement sait qu'il n'est pas isolable, qu'il rentre en résonnance avec tous ceux qui ont pris la décision de lutter là où ils sont, à leur manière et de toute leur détermination. Nous savons que le préalable à tout mouvement est une suspension du cours normal des choses. D'où la grève. Nous avons besoin de temps et de lieux pour nous retrouver, nous organiser et penser ensemble. D'où l'occupation. Nous pensons que ce monde se tient par la circulation ininterrompue d'argent, de travail, et d'information et que pour l'entamer il nous faut enrayer cette machine. D'où le blocage. Nous appelons ceux qui nous entendent à nous rejoindre, à s'organiser là où ils sont. Le travail est à déserter, les lieux sont à occuper, les flux sont à bloquer.

5) Communiqué de presse du comité de mobilisation d’Aix en Provence du mardi 30 octobre

Depuis plusieurs semaines, des étudiants et des personnels de l'université se mobilisent pour obtenir l'abrogation de la Loi Pécresse relative aux « libertés et responsabilités des universités ». Cette loi organise le démantèlement du service publique de l'enseignement supérieur et prépare sa privatisation.

Aujourd'hui mardi 30 octobre 2007 alors qu'un dispositif filtrant avait été mis en place afin d'informer l 'ensemble des usagers de l'université de la tenue d'une assemblée générale, certains membres de la présidence ont agressé les étudiants qui diffusaient des tracts. Alors que les choses se déroulaient sereinement, cette attitude de la présidence apparaît comme une provocation inacceptable. Suite a cette altercation, la présidence a décidé de manière unilatérale la fermeture administrative du site Schuman de l'Université de Provence jusqu'au lundi 5 novembre.

Malgré cette manoeuvre qui visait a empêcher les étudiants de se réunir en assemblée générale (AG), celle-ci a pû se tenir, rassemblant près d'un millier d'étudiants. Les étudiants ont réaffirmé a une immense majorité, leur volonté de voir cette loi abrogée. Cette assemblée générale a appelé a un réinvestissement massif de l'état dans l'enseignement supérieur et soutient la lutte des travailleurs pour la défense du service publique. En ce sens, l'AG appelle à se joindre à la grève et aux manifestations prévues pour le 20 novembre. Une manifestation réunissant entre 250 et 300 étudiants s'est ensuite déroulée dans les rues d'Aix-en-Provence.

Nous appelons les étudiants et l'ensemble des personnels de l'université à poursuivre et amplifier la mobilisation jusqu'à l'abrogation de la Loi Pécresse et à se réunir en assemblée générale le mardi 6 novembre 2007 a 12h30 dans le grand hall de la fac de lettres d'Aix en Provence.

Le comité de mobilisation d'Aix en Provence.

L'adresse du forum du comité de lutte : comitedelutteaix.conceptforum.net

L'adresse du blog (info + photo) : http://comitedelutteaix.blogspot.com