Municipales 2020 : une vague verte et une claque citoyenne !

Mis a jour : le samedi 19 septembre 2020 à 14:00

Mot-clefs: révolution citoyenne
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Ce dimanche 28 juin 2020 s’est finalement tenu le second tour des élections municipales. Appelées à faire campagne dans des conditions inhabituelles et extrêmement difficiles liées à la crise sanitaire et au report du scrutin, les listes qualifiées ont tout de même même joué le jeu dans un climat plombé par l’incertitude.

En gardant bien en tête l’impact de ce contexte si particulier sur le déroulement du scrutin, et le recul bienvenu de l’extrême droite, nous tirons quatre enseignements de ces résultats:

 1- Une défiance évidente des habitant·e·s envers notre système représentatif, illustrée par un taux d’abstention record de près de 60 %.

 2- Un soutien croissant à la transition écologique et sociale, incarné par la déferlante verte qui fait basculer de grandes villes françaises (Bordeaux, Strasbourg, Tours, Lyon…).

 3- Une féminisation de la politique : 23,1 % des listes candidates étaient menées par des femmes au 1er tour (40,7 % à la tête des listes participatives !), et de grandes grandes villes françaises ont été gagnées par des femmes (Paris, Lille, Nantes, Strasbourg, Marseille).

 4- Mais aussi, une forte percée des mouvements citoyens avec les listes participatives*, qui ont amplement contribué à renverser le jeu électoral dans des villes grandes et moyennes, comme Poitiers, Annecy, Chambéry, Rezé, et dans de petites communes, comme St Médard-en-Jalles, La Montagne, Nogent-le-Rotrou, Bourg-Saint-Maurice…

Il serait cependant très réducteur de commenter les résultats à travers les catégories d’analyse habituelles qui se limitent aux partis politiques. En effet, l’étiquetage politique (DVG, DVD, PS, EELV…) ne reconnaît pas l’existence des listes citoyennes et participatives. De plus, ce même système ne met pas en lumière le poids des mouvements citoyens dans les alliances. Et enfin, de nombreuses “listes citoyennes” n’en ont que le nom, et non les pratiques ni les valeurs.

A l’issue de ces élections, ce sont :
– 66 listes participatives qui ont été élues** ;
– 1324 conseillers municipaux majoritaires ;
– 638 conseillers municipaux d’opposition ;
– 408 collectifs locaux qui ont émergé partout en France pendant ces élections ;
– 279 016 habitant·e·s qui ont voté pour ces listes participatives.

Certaines listes ont fait le choix de recevoir le soutien de partis politiques à la condition d’une totale autonomie dans la conduite de leur campagne et l’écriture de leurs programmes avec les habitant·e·s ; d’autres en ont fait une ligne rouge.

Certaines ont opté pour une alliance stratégique au moment du second tour, quand d’autres ont préféré ne pas jouer le jeu des partis, voire se sont retirées pour continuer d’exister en-dehors de l’institution municipale sous forme de collectifs citoyens ou d’assemblées locales. Une ambition les rassemble pourtant : construire des forces locales composées d’habitantes et d’habitants, avec la volonté de réinventer collectivement la façon dont leurs communes sont gérées, dont les décisions sont prises, dont le pouvoir est distribué.

D’autres très grandes villes étaient même à deux doigts de basculer. C’est par exemple le cas de Toulouse, où le collectif “Archipel citoyen” a perdu seulement à 48,4% face à la liste LR après une intense campagne ayant mobilisé intelligence collective et participation des habitant.e.s dans tous les quartiers.
Une véritable vague citoyenne, donc. Mais aussi une claque.

Comment parler de victoire et de démocratie, face au raz de marée abstentionniste ? Alors que le maire reste l’élu “préféré” des Français***, les 60 % d’abstention nationale marquent un triste record, mais ne peuvent absolument pas être perçus comme un désintérêt des citoyennes et citoyens pour la vie publique locale, ni s’expliquer uniquement par le contexte sanitaire.

Nos représentants politiques doivent se rendre à l’évidence : les habitant·e·s rejettent le système démocratique tel qu’il fonctionne aujourd’hui.

Les résultats de ces municipales appellent nos élu·e·s, la société civile et les citoyen·ne·s à se mobiliser en faveur de la nécessaire transformation démocratique, écologique et sociale de nos sociétés. Parce que notre démocratie représentative n’a jamais été autant à bout de souffle. Parce que la crise sanitaire a révélé de profondes inégalités sociales et nous a rappelé aux conséquences environnementales de nos modes de vie.

Ces nouvelles municipalités feront la différence ces prochaines années, car elles s’engagent à animer une dynamique démocratique sur le temps long, qui ne se réduit plus à convoquer les habitant.e.s une fois tous les six ans mais à les associer pleinement et systématiquement à la gouvernance de leur commune.

Face à l’ampleur de ce mouvement citoyen en pleine émergence et la pugnacité de celles et ceux qui se battent pour vivre mieux et autrement, nous n’avons qu’une chose à leur dire : “Bravo, et bon courage !”. Car il en faudra pour ces élu.e.s qui prendront prochainement leurs fonctions et découvriront leurs nouvelles responsabilités, comme il en faudra à tous les collectifs citoyens qui continueront de se mobiliser jour après jour pour leur ville, leur village, leur quartier, parfois sans le soutien de leur mairie.

* Une liste participative rassemble des habitant·e·s qui décident de mettre au coeur de leur démarche municipale la transformation démocratique. Elles placent la coopération au coeur de leur projet pour sortir du rôle du maire et des élu.e.s tout puissants.

Elles définissent un nouveau fonctionnement municipal qui organise la co-décision entre les habitant.e.s, les usagers, les agents municipaux et les élu.e.s.

Les listes participatives considèrent que le rôle premier de l’élu·e est de concevoir, d’animer et d’être garant des processus de démocratie locale. A contrario des élu·e·s qui pensent leur territoire et décident pour et à la place des habitants et des usagers.

Cette révolution démocratique n’a de sens que si elle est au service d’orientations politiques. Les listes participatives portent toutes des projets de transformation écologique et sociale de leur territoire.

** Lors des municipales de 2014, une seule liste participative a gagné les élections, celle de Saillans dans la Drôme, en plus d’une petite dizaines d’autres listes aux ambitions démocratiques.

*** Selon un sondage réalisé par Odoxa pour CGI, France Info, France Bleu et la Presse en région en 2019.

Action Commune est une association qui accompagne les municipalités, les élu.e.s et les collectifs d’habitants qui œuvrent à la transformation de la société à l’échelle locale.

Nous agissons pour réinventer la politique vers une démocratie plus directe, afin d’actionner ensemble les leviers de transformation écologique et sociale dans nos villages, nos quartiers et nos villes.

D’élection en élection, le malaise démocratique semble plus fort. Appelé.e.s aux urnes tous les 5 ans, les habitant.e.s ne se satisfont plus d’une démocratie élective qui ne laisse pas de place aux débats et aux idées nouvelles.

Ainsi, spontanément, des milliers de citoyen.ne.s se réunissent sur leur territoire pour inventer une autre manière de gérer leur ville.

Aux élections municipales de 2020, 64 collectifs d’habitants ont gagné leur mairie pour changer les pratiques, co-construire des propositions collectives, au-delà des étiquettes, et redistribuer le pouvoir politique.

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Commentaire(s)

> la bonne blague

Des crapules politiciennes comme les autres.

A la Roche sur Yon, la liste "les voies citoyennes" (une impasse!) a fait alliance avec le PS, verts au second tour... après avoir dit tout le contraire.

Je me demande ce que ce genre de texte électoraliste vient faire sur Indy Nantes... : les élections ne sont pas des luttes.

> Article refusé.

effectivement, refus pour électoralisme

si des textes type analyse ou récis de partis peuvent avoir aussi leur place du moment que ça reste dans le cadre de la charte, là on est clairement dans de l'électoralisme et c'est donc une cause de refus

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