Déclaration de Georges Abdallah pour la soirée solidaire du 12 septembre 2020

Mis a jour : le mardi 15 septembre 2020 à 22:31

Mot-clefs: Répression Resistances prisons anti-repression
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La soirée solidaire pour la libération de Georges Abdallah, organisée par la Campagne unitaire Ile de France, a réuni plus de 70 personnes.

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L’occasion de tirer un bilan des activités de la Campagne, ? de faire un point juridique sur le dossier de Georges – à savoir une demande d’expulsion déposée par son avocat au ministère de l’intérieur en juillet dernier et jusqu’ici restée sans réponse – ? d’informer sur un mois d’initiatives qui précèdera la manifestation devant la prison de Lannemezan, le 24 octobre prochain (pour réserver dès à présent une place dans le bus, contacter Campagne.unitaire.gabdallah@gmail.com)  et d’échanger autour d’un repas de spécialités libanaises, marocaines, turques et kurdes délicieusement préparées par les camarades.

 

Georges Abdallah était bien sûr des nôtres par cette déclaration lue en entrée de cette soirée :

Cher.e.s camarades, cher.e.s ami.e.s,
Par ces temps de crises, de catastrophes et de grandes luttes, votre rassemblement ce soir me remplit de force et me réchauffe le cœur aussi.
Certainement, ni les grands shows de compassion aux relents néocoloniaux, ni la stratégie de la tension à coups de catastrophes sidérantes, ni la répression civilisée à la grenade de désencerclement et encore moins la répression bestiale et les assassinats de manifestants ne pourraient mettre un terme à la mobilisation en cours des masses populaires un peu partout dans le monde.
Pandémie ou pas, blocus couplé de bombardements intermittents à Gaza, et rafles quasi quotidiennes au petit matin en Cisjordanie et ailleurs, la lutte continue sous toutes ses formes et s’affirme avec toujours plus de détermination et d’abnégation.
Matraquage médiatique, désinformation et autres manipulations, rien n’y change, la crise du système est d’une telle ampleur que les masses populaires d’un pays à l’autre sont poussées à faire irruption sur le devant de la scène politique. Ne pouvant plus rester indifférentes à l’aggravation de leurs conditions existentielles précarisées, elles sortent de leur torpeur, comme par enchantement et demandent des comptes à ceux qui se croyaient intouchables. Et du coup une nouvelle époque commence à se former et à se structurer devant nos yeux et tant d’espoirs commencent à se profiler à l’horizon.
Dans les pays du pourtour sud de la Méditerranée, la contestation ne cesse de se propager et de s’épanouir en soulèvements quasi insurrectionnels d’un type particulier. Cependant, la diversité des expressions de la lutte en cours, ainsi que l’enthousiasme et la détermination manifestes de certaines fractions de masses populaires, ne sauraient nous faire oublier les réelles contradictions au sein du mouvement. La stratification de la classe et sa faiblesse structurelle, la généralisation de la précarisation existentielle, et surtout l’étendue du travail informel à l’échelle mondiale et tout particulièrement dans les pays du Sud, font que la petite bourgeoisie et ses diverses propositions ont un poids considérable à tous les niveaux et pas seulement au niveau de la direction politique du mouvement. Ce qui donne un espace assez important à la manipulation des forces impérialistes et de leurs chiens de garde réactionnaires.
Il n’en demeure pas moins que ce n’est qu’ensemble, et seulement ensemble, que les prolétaires et les diverses composantes des masses populaires vaincront.
Certainement c’est un long cheminement plein d’embûches et de contradictions et surtout de lutte idéologique. Nous savons pertinemment que les divers mouvements sociaux qui occupent le devant de la scène ces jours-ci ne peuvent vaincre que dans la mesure où ils arrivent à se débarrasser des scories de la bourgeoisie. Et c’est à ce moment et seulement à ce moment-là que le « bloc social révolutionnaire » s’acquittera de sa tâche en temps que Sujet de l’Histoire.
C’est dans le processus de la lutte que se construit l’identité de la classe et que se précise son rôle politique. Nous ne devons jamais perdre de vue que le bloc historique des travailleurs se construit et se structure dans la dynamique globale de la lutte dans toutes ses composantes.
C’est bien pourquoi Camarades, nous sommes appelés à toujours faire le nécessaire pour favoriser les divers processus de convergence des luttes, aussi bien au niveau local qu’au niveau régional et à plus forte raison au niveau international.
Comme vous voyez Camarades, la bourgeoisie arabe, dans sa plus grande majorité, affiche dorénavant sans fard son alignement dans le camp de l’ennemi. Ce qui ne manque pas d’un côté de peser sur la lutte des masses populaires palestiniennes et de l’autre côté d’affirmer la place particulière de la cause palestinienne en tant qu’un des principaux leviers de la révolution arabe. Et de toute évidence, la lutte à l’intérieur du bloc social de la révolution devrait en finir avec les tergiversations et autres compromissions de la bourgeoisie pour pouvoir faire face à toutes les propositions « liquidationnistes ». La Résistance palestinienne a et aura à affronter le « bloc réactionnaire arabo-sioniste » dirigé par les puissances impérialistes.
Tout naturellement au Liban, la Résistance, cet acquis historique, est la ligne rouge que l’on doit impérativement garder comme marqueur de ce qui est progressiste et révolutionnaire et de ce qui ne l’est pas. Toute revendication qui ne s’inscrit pas dans l’affirmation et l’épanouissement de la Résistance ne peut être que condamnable. Le Liban de Gouraud est mort. Reste à construire le nôtre, qui se conjugue dans son horizon arabe, avec la libération de la Palestine sur la base de la consolidation et de la généralisation de la Résistance qui a eu raison de l’occupation et mis en échec l’agression sioniste de 2006.
Que mille initiatives solidaires fleurissent en faveur de la Palestine et de sa prometteuse Résistance !
La solidarité, toute la solidarité avec les résistants dans les geôles sionistes et dans les cellules d’isolement au Maroc, en Turquie, en Grèce, aux Philippines et ailleurs de par le monde !
La solidarité, toute la solidarité avec les jeunes prolétaires des quartiers populaires !
La solidarité, toute la solidarité avec les prolétaires en lutte !
Honneur aux masses populaires yéménites en lutte contre les forces impérialistes !
A bas l’impérialisme et ses chiens de garde sionistes et autres réactionnaires arabes !
Le capitalisme n’est plus que barbarie, honneur à tous ceux et celles qui s’y opposent dans la diversité de leurs expressions !
Ensemble Camarades, ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons !
A vous tous Camarades et Ami.e.s mes plus chaleureuses salutations révolutionnaires.
Votre Camarade Georges Abdallah.

 

En PDF ici

Link_go Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah

Commentaire(s)

> Acharnement aussi contre Salah Hamouri

Appel à action : Agissons pour empêcher l’expulsion de Salah Hamouri de Jérusalem !

Salah Hamouri est à nouveau victime de la politique d’apartheid et d’épuration ethnique des autorités israéliennes, ainsi que le précisent l’article et appel à action ci-dessous.
L’UJFP exprime son indignation face au harcèlement qui vise ce militant exemplaire des droits du peuple palestinien.

Nous nous associons à l’appel à action et exigeons que le gouvernement et que le consulat de France à Jérusalem interviennent énergiquement pour que Salah Hamouri puisse vivre librement et sans condition en Palestine quand il le souhaite et pour que l’interdiction de séjour de son épouse Elsa en Palestine soit annulée.

Les atteintes à la liberté de circulation perpétrées par Israël sont intolérables et contreviennent au droit international et aux droits humains universels.

https://www.ujfp.org/spip.php?article8043

Jeudi 3 septembre 2020, Salah Hamouri a été convoqué au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, à Jérusalem. Une lettre du ministre de l’intérieur israélien, Aryé Deri, membre du parti ultra-orthodoxe Shas, lui a été remis. Par cette missive, le ministre indique sa décision de retirer purement et simplement la carte de résidence permanente de Salah Hamouri, seul papier officiel lui permettant de vivre, chez lui, à Jérusalem. A cette fin, il invoque incroyablement une loi de 1952 sur « l’entrée en Israël » alors que Salah est né et vit à Jérusalem depuis 1985.Cette révocation aboutirait à une expulsion définitive de Salah. Elle est arguée pour des faits supposés, et jamais prouvés, pour lesquels néanmoins il a déjà effectué plus de 8 années de prisons (5 incarcérations). Le ministre de l’intérieur israélien, par cette lettre supplante le système judiciaire, ainsi que le droit de chaque « accusé » à se défendre. Nul ne peut être puni deux fois pour les mêmes faits et encore moins par simple décision d’un ministre ! Il prend une décision politique et uniquement politique, une décision par ailleurs arbitraire, inhumaine et extrêmement rare : celle de déchirer, en quelque sorte, la carte de résident de Salah Hamouri afin de procéder à son expulsion de sa terre natale. Nous en appelons aux plus hautes autorités de l’État, comme à celles de l’Europe, ainsi qu’aux défenseurs des droits humains, pour qu’ils agissent de toute urgence pour défendre Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien, constamment et systématiquement harcelé par Israël. Le harcèlement contre cet avocat spécialisé dans les droits de l’homme, a toujours eu pour but de le forcer à quitter sa terre. Aujourd’hui, un nouveau stade est atteint : son droit de vivre à Jérusalem est dangereusement et clairement menacé.

Comme nous, interpellez le Président de la République, Emmanuel Macron, le Ministre des Affaires étrangères France Diplomatie, les autorités européennes compétentes afin que le droit universellement reconnu, consacré par la Déclaration universelle des droits de l’Homme, de vivre et de rester sur sa terre soit respecté par les autorités israéliennes pour Salah Hamouri. Nous en appelons à tous pour que soit respecté le devoir de protection face à toute persécution et de mise en cause frontale de libertés fondamentales. C’est le cas de Salah Hamouri.