Adieu Lucio

Mis a jour : le lundi 27 juillet 2020 à 17:22

Mot-clefs: antifascisme
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Lucio Urtubia est décédé le 18 juillet à Paris à l’âge de 89 ans.

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Lucio Urtubia nous a quittés cette nuit, le 18 juillet 2020, laissant une trace révolutionnaire qui accompagnera tous nos combats.

Lucio se définissait comme « anarchiste et maçon ».

Lucio est né en Navarre en 1931. Il a été marqué très jeune par la pauvreté et la répression du régime franquiste. Antifasciste de la première heure, il s’exile en France en 1954 et s’engage auprès des jeunesses libertaires. Sa rencontre avec Quico Sabate, maquisard résistant à Franco, a donné un tournant à sa vie militante. Créant des imprimeries à Paris, Lucio organise la lutte en s’attaquant aux puissances financières.
La redistribution des richesses, Lucio en a fait une réalité très concrète mettant par exemple à genou la First National City Bank.

« Quel plaisir d’exproprier, pas pour soi mais pour subventionner une grève, pour des imprimeries, pour faire des faux papiers... ». « Quel plaisir, quel orgueil de donner des papiers à quelqu’un qui pourra fuir la dictature et retrouver la liberté. »

Sur les traces de Louise Michel, Lucio répétait sans relâche que le pouvoir corrompt, qu’il ne faut rien attendre de l’État et du gouvernement.
Lucio luttait contre le capitalisme et son monde qui enferme, il s’est toujours battu contre les prisons, il aimait souvent dire « la prison même pas pour mon pire ennemi ! ».

Jusqu’à son dernier souffle il a déployé toute son énergie pour la libération des prisonnières et des prisonniers politiques.

En 1997, Lucio crée l’Espace Louise Michel - Sustraiak (racines en basque) rue des Cascades dans le 20e arrondissement de Paris. Il en fait un lieu d’accueil pour les luttes anti-impérialistes, sociales, syndicales, anti-carcérales qui hébergera nombre de réunions, d’expositions et d’activités. Un lieu aussi ouvert aux artistes engagés.

Nous saluons avec beaucoup d’émotion la mémoire d’un camarade, d’un compagnon de lutte qui vivra longtemps dans nos mémoires.

Secrétariat international de la CNT-f

Commentaire(s)

> Mytho !

Lucio était un grand mythomane que ses compagnons trouvaient dangereux, en plusieurs contextes et époques.

Un dossier avec lequel on est pas obligé d’être complétement d'accord sur le fond, mais à lire pour les faits : https://cras31.info/IMG/pdf/_elements_critiques_concernant_le_faussaire_lucio_urtubia.pdf

> Culte de la personnalité en milieu anarchiste

Et remarquer aussi l'affiche derrière le grand homme: "J'AIME MON TRAVAIL". Je ne me rappelle pas l'avoir jamais entendu parler d'autre chose que de lui même et je n'ai jamais rencontré personne qui l'ait entendu parler d'autre chose que de lui même. Difficile en l'absence de preuves et de témoignages concordants de faire la part du vrai et du faux dans ses continuelles vantardises. Il était généreux, c'est vrai, en tout cas il prêtait son local à qui voulait, mais ça n'avait pas de rapport avec l'engagement anarchiste puisqu'il se vante lui même dans le film qui lui est consacré d'avoir invité un procureur de la république!
Au delà de son cas personnel on peut s'interroger sur ce désir chez des anti-autoritaires d'adorer des mythes, époques ou personnages. Tout comme on ne croit pas en dieu, ni en un sauveur suprême, on ne croit pas qu'il existe des gens qui soient des modèles.

> Le travail c'est la santé, le chômage c'est fleury

La dernière fois où j'ai croisé ce peuvre type, il a dit que les anarchistes devraient créer des entreprises (type SCOOP). Tu m'étonnes qu'il aime son travail. Lors de la projo du soir sur les GARI quelqu'un lui a fait une critique, genre tout tourne autour de SA vie Son oeuvre il est parti tout fâché...

Quant à Guévarra pour Urtubia c'était un honneur de l'avoir connu qu'il disait (mytho ou pas au moins c'est clair...)

> A mytho, mytho et demi

Si certains camarades ont tendance à être un peu narcissiques sur les bords, il faut distinguer ceux qui comme Lucio ont eu une vie militante consacrée à la lutte avec ceux dont la vie militante se résume à attaquer et calomnier les premiers.

Dans ce domaine, le CRAS toulousain et son porte-parole national Floréal Cuadrado se sont surpassés avec leurs « dossiers » dignes de la presse de caniveau. Entre autres à propos de Lucio, mais pas que :

https://cras31.info/IMG/pdf/_elements_critiques_concernant_le_faussaire_lucio_urtubia.pdf

Devant les réactions indignées de nombreux camarades contre ces procès de Moscou, le CRAS a été obligé de publier des droits de réponse qui remettent les choses dans leur contexte et qu’on trouve à la suite du pamphlet « Lucio, l’anarchist fantasy ». Depuis, l’auteur de ce torchon nous a fait l’honneur d’écrire son autobiographie détaillée où on comprend mieux sa haine non seulement de Lucio, mais de la TOTALITÉ des personnes qu’il a connues dans sa « vie » militante. On se tape un bouquin de 700 pages sans trouver une seule personne qui lui arrive à la cheville, sauf sa mère !

La réhabilitation sur l’honneur d’un faussaire libertaire
https://nantes.indymedia.org/articles/31748

On comprend bien des choses en lisant ce livre, notamment que toutes les critiques qu’il avait faites à Lucio s’appliquent en réalité à lui-même, car si on peut mettre en parallèle le narcissisme des deux, au moins Lucio ne crache-t-il sur personne et ne déverse-t-il pas sa rancœur sur ses anciens camarades de lutte. C’est juste un problème de jalousie envers quelqu’un qui lui a fait de l’ombre dans sa recherche de notoriété.

Le plus grotesque, c’est de reprocher à Lucio ses fréquentations supposées, par exemple « castristes ». Est-ce que la fréquentation des renseignements généraux, de représentants de l’ONU ou de députés socialistes serait plus respectable pour un révolutionnaire ? Sans l’appui de telles personnalités, Cuadrado aurait-il connu une telle clémence en cour d’assises ? Voir la polémique contre les Giménologues. Et en particulier la réponse de Myrtille.

http://gimenologues.org/spip.php?article620

Macho, matamore, affabulateur, mythomane, égocentrique, relations douteuses, toutes les qualités requises chez un Cuadrado pour les projeter sur les autres.

> Souvenirs turbulents d'un faussaire – anarchiste à ses heures

[…]

Du roman de combat à la haine

On aurait pu, donc, se contenter de cette histoire-là et des actions menées pour cette cause-là ; l'époque foisonne de jeunes ou moins jeunes militants, peut-être « romantiques » – comme le souligne le conteur, du haut de sa tour, en parlant des « autres » –, mais animés par cet idéal de justice et de liberté. Le récit, même revu et corrigé par le filtre de la mémoire et des émotions (ce qui, après tout, est humain), n'en eût pas été moins rebondissant, seulement... un peu moins spectaculaire.

Las ! Ce qui anime le biographe est – quoi qu'il s'en défende souvent – le règlement de comptes, envenimé par le poids du temps et du silence. L'adage alors s'inverse et prend ici tout son sens : « Protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m'en charge. » Tout le monde y passe, à l'exception d'une poignée élus, et surtout les plus proches, semble-t-il : le récit est truffé du vocable « trahison » et de l'expression « ex-camarades » (certains auraient dit plutôt « ex-compagnons », en langage libertaire, non ? L'éthique libertaire se dissout facilement dans la haine).

La leçon d'« anarchisme » sombre sous la délation

On retrouve des figures connues, comme celle de Lucio Urtubia. On peut sans doute moquer Lucio dont la mémoire a repeint quelques épisodes de sa vie en lui attribuant le premier ou le meilleur rôle... Lui, au moins, parlait de lui et encore de lui... Mais il ne dénonçait personne ! On peut s'interroger sur les motivations d'un Quadruppani ou d'un Plenel, dont les sources ont pu être discutables et surtout univoques, ce qui n'est pas sans lourdes et terribles conséquences pour les personnes dénigrées... On peut combattre l'attitude excessive et, parfois, pour le moins, incohérente d'un Alberola, ou railler le bouillonnant et très rigide Rouillan. On peut énoncer de profonds désaccords, critiquer ardemment les dérives, les penchants autoritaires... On peut ranger ses compagnons de route dans la catégorie des traîtres, des imbéciles ou des parjures... On peut juger, cracher et insulter... On peut ?
Gare ! Le risque est de passer soi-même pour un garçon blessé et aigri, confus, suffisant et malfaisant ; pour parler crûment : un « parano » dangereux, qui, avec le temps, se charge de rancœur haineuse. À vouloir salir les autres, ne se salit-on pas soi-même ? Pour mener à bien ce type d'exercice, pour être utile, il faut savoir, sans aucun doute, prendre un peu de hauteur afin de ne pas s'abîmer soi-même et ne pas tomber dans tous les pièges tendus – pourtant si évidents sous les pas des « ex... ». Faute de hauteur, les leçons d'« anarchisme » peuvent couler dans une flaque.

Gros malaise, petit regret

Au bout du compte, un gros sentiment de malaise se dégage de ces pages. Dommage : il y avait à dire et à transmettre sur cette période riche d'espoirs et d'inventivité. La lucidité affichée tantôt ne parvient pas à dissiper ce goût de raté. Enfin, les questions demeurent : pourquoi illustrer ce récit de tant de détails ? Pourquoi donner en pâture les noms in extenso des différents protagonistes, connus ou anonymes, au mépris de toute règle de prudence, au mépris du respect des autres ? N'y avait-il aucune réflexion, aucune analyse à proposer ? À quoi servira tout ça, si ce n'est à satisfaire l'ego d'un seul ?

Alors, le titre de cette épopée vous retombe sous les yeux et, tristement, on croit lire : « Souvenirs turbulents d'un faussaire – anarchiste à ses heures... » La jolie métaphore du chat qui retombe toujours sur ses pattes risque d'en prendre un coup et de griffer au passage...
Un brin de nostalgie vous envahit soudain, comme ça, et l'on se prend à regretter le temps où l'on jetait les pavés... au lieu de les écrire !

https://nantes.indymedia.org/articles/33260

> Ni CRAS ni Lucio

"Les critiques de Lucio pourraient être pertinentes si elles ne s’appuyaient pas sur les calomnies d’envieux qui démontrent que le grief principal qu’ils lui font c’est d’avoir eu une notoriété qui leur a échappé. Mettre cette photo pour son « éloge funèbre », c’est certainement pas ce que j’aurais fait, mais on ne peut pas faire une critique radicale crédible d’une personne sans critiquer en même temps ceux qui ont fait bien pire, notamment ceux qui ont publié depuis des années ces textes contre Lucio par pure jalousie."

Je ne connaissais ni le CRAS ni aucun de ses détracteurs, et d'une manière générale les ennemis de mes ennemis ne sont pas forcément mes amis.
L'accusation de mensonge, calomnie et jalousie envers les critiques de Lucio est totalement gratuite: si je ne les crois pas sur parole, au minimum ça devrait introduire un doute: au fond, sur quoi on se base pour admirer ce personnage, en dehors de ses fanfaronnades?
Pas besoin pour considérer Lucio comme un ennemi politique d'autre chose que de ses propres propos et actes:
- a-t-il invité, oui ou non, le magistrat auteur de "Mes raisons d'état" à l'espace ouise Michel?
- Au vu de la description de cet ouvrage (voir plus haut) diriez-vous que cet ami de Lucio est un ennemi politique des anarchistes révolutionnaires?
- a-t-il déjà déclaré qu'il était opposé à l'allocation chômage, car les anarchistes ne doivent rien devoir à l'état?
- s'est-il déjà exprimé contre les improductifs?
- Existe-t-il la moindre preuve qu'il ait fait le quart de la moitié de ce qu'il prétend avoir fait mis à part ses fanfaronnades?
Que d'autres que Lucio aient admiré Che Guevara ne jusitifie en rien que lui l'ait fait: pour un anti-autoritaire c'est tout simplement une honte.
Plus quelques questions d'ordre général: est-il pertinent pour des anarchistes d'idolâtrer qui que ce soit, au point de refuser toute critique même argumentée et basée non sur des "calomnies" mais sur des propos et actes avérés?

> De l’utilité de se relire avant de dire des bêtises

« L'accusation de mensonge, calomnie et jalousie envers les critiques de Lucio est totalement gratuite: si je ne les crois pas sur parole, au minimum ça devrait introduire un doute : au fond, sur quoi on se base pour admirer ce personnage, en dehors de ses fanfaronnades? Pas besoin pour considérer Lucio comme un ennemi politique d'autre chose que de ses propres propos et actes: »

ça s’adresse à qui ? A Lucio ou à Cuadrado ?

Tu choisis tes ennemis politiques sans avoir besoin de vérifier ? Les accusations sont « gratuites » pour l’un et pas pour l’autre ? L’un devrait répondre par oui ou par non à ses juges et pas l’autre ?

La réponse a déjà été donnée dans l’article de Gilles le Roux : « On peut sans doute moquer Lucio dont la mémoire a repeint quelques épisodes de sa vie en lui attribuant le premier ou le meilleur rôle... Lui, au moins, parlait de lui et encore de lui... Mais il ne dénonçait personne ! »

C’est un bon résumé et une bonne réponse. Aucune des accusations contre Lucio qui ne se retrouvent chez Cuadrado multipliées par dix, donc l’acharnement contre une seule personne est assez pitoyable et cache d’autres motivations. Et ça fait des années que ça dure !

Lucio...
https://nantes.indymedia.org/articles/22785
publié le jeudi 20 janvier 2011 à 10:34 | MrFox

> entièrement d'accord avec lucio

« Donner un peu d’argent à ceux qui ne travaillent pas, quel mépris... Les allocations sont des suppositoires qui endorment les révoltés. Il ne faut rien attendre de l’État, rien des capitalistes."

dans une société libertaire il n'y aura pas d'allocations chomage car il n'y aura pas de chomage, le travail sera partagé entre tout le monde

il faut avoir l'esprit mal placé pour pas comprendre ce que dit lucio, "les allocations sont des suppositoires qui endorment les révoltés" il n'a jamais dit qu'il fallait les refuser, pas plus que les salaires de misère que l'état nous concède, il faut avoir un esprit tordu et malveillant pour tout déformer

> Entièrement contre la valeur travail

C'est pour croire qu'il ne faudrait pas refuser des allocations qui nous endorment si on les accepte qu'il faudrait avoir l'esprit tordu.
Lucio a-t-il prétendu que les salaires sont "des suppositoires qui endorment les révoltés" ?
Lui qui déclare fièrement "avoir toujours gagné sa vie" et qualifie ceux qui ne travaillent pas de "parias".
"C'est ce que je leur dis aux mômes, il faut avoir un métier. Si vous n'avez pas de métier, vous êtes nul. Je suis pour le travail." (conférence "Ma morale anarchiste")

> Suppression des commentaires

Ça me semble chouette que la CNT écrive un faire-part de décès d'un de leurs camarades en rappelant son œuvre politique.

Je trouve ça aussi souhaitable, que des commentaires critiquent la construction de héros et rappellent des contradictions de Lucio et des désaccords politiques qu'illes avaient avec lui.

Mais, une fois que ces deux positions se sont exprimées, je ne pense pas que se soit intéressant d'alimenter une polémique à ce sujet. Je supprime une partie des commentaires et la possibilité d'en écrire des nouveaux.

Bonnes vacances à celles et ceux qui en prennent ;)

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