Délire policier à St Nazaire, 16 mai

Mis a jour : le samedi 16 mai 2020 à 20:55

Mot-clefs: Répression contrôle social coronavirus
Lieux: Saint-Nazaire

Ce samedi 16 mai, un rassemblement devait avoir lieu à Saint-Nazaire, à l'appel d'un collectif pluriel de gilets Jaunes, salariés, étudiants et paysans et paysannes. L'enjeu ? Protester contre les reculs inouïs des libertés. L'Etat a répondu par une déferlante répressive délirante.

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La place du Commando, devant la mer, quadrillée par la police. Multiples contrôles. Arrestations préventives de personnes trouvées avec une banderoles.

Dans cette ambiance environ 200 personnes se sont rassemblées en respectant les gestes barrière et en portant des masques. La police s'est immédiatement approchée. Alors qu'une femme commençait à parler au mégaphone, les agents sont entrés dans la foule pour arrêter cette manifestante. Cohue, mêlée, insultes de la part des forces de l'ordre. Le chef du dispositif a explicitement dit à ses hommes d'intervenir puisque c'était un discours politique. Une course poursuite a lieu. Des policiers cagoulés tentent de nasser un morceau de plage. Aussi grotesque qu’inquiétant.

La presse de sous-préfecture rapporte que « 40 membres de l'ultra-gauche nantaises » auraient été identifiés et que les « Gilets jaunes, Nantes Révolté, des particuliers… ont fait barrage » pour protéger la manifestante.

Nos reporters n'ont vu que des personnes de tous ages, respectueuses, heureuses de se retrouvées, empêchées de se rassembler par une répression gratuite et sidérante.

Link_go https://www.nantes-revoltee.com/

Commentaire(s)

> soutien

Suite au rassemblement lourdement réprimé cet après-midi à Saint-nazaire, à base d'interpellations et d'amendes pour simple présence à un rassemblement, port d'une pancarte ou prise de parole, nous sommes disponibles pour soutenir toutes personnes verbalisées ou placées en garde à vue. Nous pourrons vous mettre en relation avec les bons avocats. Contactez-nous au 06 34 18 06 21

> NANTES, 16 MAI : C'EST LA POLICE QUI A MANIFESTÉ

- Des centaines de policiers et des fusils d'assaut contre une manif imaginaire : les armes de guerre soignent-elles le Coronavirus ? –

Curieuse ambiance ce samedi à Nantes. Pas de manifestants dans les rues mais beaucoup d'uniformes. Pour cause, le jeune homme qui avait lancé le seul appel à rassemblement sur facebook a été arrêté, mis en garde à vue et poursuivi, et un appel à se retrouver à Saint-Nazaire circulait depuis plusieurs jours.

Pas de manifestants donc, mais des centaines de policiers. BAC, CRS, Gendarmes mobiles, Compagnies d'Intervention et même la brigade cynophile avec ses chiens ! Les nantais pouvaient aussi croiser des agents armés de fusil d'assaut. Les armes de guerre soignent-elles le Coronavirus ?

Résultat des courses, un centre-ville quadrillé mais pas de manif. Quelques contrôles et amendes. Une pure démonstration policière absurde. Pendant ce temps, les rues commerçantes étaient littéralement bondées. Ce déploiement hallucinant représente quel budget ? Combien d'argent pouvant servir aux hôpitaux coûte ce genre de plaisanterie ?

> On ne se laissera pas intimider !

COMMUNIQUÉ SUITE AU RASSEMBLEMENT DU 16 MAI À SAINT-NAZAIRE

Ce samedi 16 mai 2020, nous, collectif de personnes salarié.e.s, étudiant.e.s, écolos, gilets jaunes, paysan.ne.s, précaires, féministes, acteurs et actrices associatifs et syndiqué.e.s, nous nous sommes rassemblé.e.s pour défendre nos libertés individuelles et collectives, et notre droit à manifester.

Cette initiative faisait suite à celle du 11 mai, devant l'Hôpital public de Saint-Nazaire, accueillie par les applaudissements du personnel soignant. Réuni.e.s Place du Commando à Saint-Nazaire, nous avons été accueilli.e.s cette fois-ci par un dispositif policier disproportionné. À leur arrivée, plusieurs personnes se sont faites immédiatement contrôlées, fouillées, et pour certaines interpellées, pour une pancarte, quand d'autres ont été placées en garde à vue ! De nombreuses amendes ont été dressées.

Nous étions pourtant rassemblé.e.s dans des conditions sanitaires similaires à celles du 11 mai (masqué.e.s et à distance les un.e.s des autres). La première prise de parole a été interrompue au bout de trois minutes par une tentative d'interpellation de l'oratrice. Nous contestions l'interdiction faite à notre rassemblement, et les arrestations arbitraires qui venaient d'avoir lieu.

Au même moment, des rassemblements se déroulaient dans des centres commerciaux, dans les centres-villes, dans les transports en commun, à la plage, comme dans des lieux de travail, dans des conditions sanitaires discutables.

L'ordre de la préfecture était clair : il s'agissait de faire taire toute expression politique par des banderoles, des pancartes ou prises de parole dans l'espace public. Depuis de nombreuses années, notre liberté d'expression, de circulation, et de manifestation, est attaquée, que ce soit dans les quartiers populaires, sur les ronds-points, dans la rue, sur les piquets de grève, dans les ZAD, les squats,etc. La liste est longue. La démonstration de force d'hier passe un cap dans le contrôle de nos vies et de nos voix.

Ce musellement de nos luttes s'étend dangereusement à toute personne qui tente de s'exprimer politiquement dans l'espace public ou sur internet (référence à la loi Avia votée le 13 mai 2020).

Parce que nous sommes toutes et tous concerné.e.s par ces violences d'État et ces restrictions de nos droits et de nos libertés, nous ne nous laisserons pas intimidé.e.s. Nous appelons la population, et l'ensemble des militant.e.s associatifs, syndiqué.e.s, politiques à un nouveau rassemblement samedi prochain, le 23 mai, à 15h Place du Commando à Saint-Nazaire.

On lâche rien !

« Il ne faut avoir peur que de la peur »

> Question au collectif de différents horizons politiques

Celui qui avait appelé à la manif à Nantes a été identifié par son compte facebook et des vidéos de manifs. Que comptez-vous faire pour remédier à çà? Ou peutêtre comptez-vous continuer à envoyer les gens au casse-pipe, d'autant que beaucoup d'entre vous sont plus qu'ambigus concernant le flicage, notamment les syndicalistes.