La lutte ne s’arrête pas aux murs qui nous entourent

Mis a jour : le dimanche 22 mars 2020 à 21:23

Mot-clefs: Informatique
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Appel à une mobilisation et à la multiplication des outils de lutte.
La crise sanitaire actuelle remet en lumière de nombreux problèmes structurels de nos sociétés. La nécessité de multiplier les analyses critiques et les initiatives est plus que jamais criante.

La crise sanitaire actuelle remet en lumière de nombreux problèmes structurels de nos sociétés. La nécessité de multiplier les analyses critiques et les initiatives est plus que jamais criante.

Suivant la stratégie du choc, son vocabulaire martial ("nous sommes en guerre"), l'État profite de l'épidémie pour tester ses dispositifs de surveillance (comme ses drones à Paris, ou la géolocalisation anonyme des téléphones pour détecter les rassemblements). Du côté des dispositifs de contrôle on observe encore et toujours des violences policières hallucinantes de démesure et d'impunité ciblant généralement les personnes habitant les quartiers populaires et racisées, tandis que celles habitant les beaux quartiers, elles, ne sont pas inquiétées.

Le nouveau projet de loi d'urgence voté dans la nuit du 21 au 22 mars autorise le gouvernement à décréter « l'état d'urgence sanitaire » permettant de limiter « la liberté d'aller et venir, la liberté d'entreprendre et la liberté de réunion, dans la seule finalité de mettre fin à la catastrophe sanitaire ».
En parallèle le code du travail est attaqué, revenant sur certains acquis sociaux, au mépris du contexte de lutte sociale de ces derniers mois (retraites, LPPR, pompiers, avocats, personnels hospitaliers, bac EC3, gilets jaunes etc.)

Pendant que les professionnel.le.s de santé des hôpitaux et en libéral sont mobilisé.e.s dans des conditions scandaleuses amenées par la politique libérale des dernières années et que les travailleu.r.se.s des secteurs indispensables maintiennent leur activité pour assurer notre vie au quotidien, les personnes précaires, et les femmes occupant ces sphères de travail sont particulièrement exposées.
Les personnes sans-logis voient leur situation s'effondrer.
La possibilité même de rester en confinement apparait comme un statut privilégié.

Face à cette situation, des services se sont développés pour aider les personnes pour qui le confinement peut être source d'anxiété, d'angoisses, de stigmatisations validistes (notamment des personnes à risque) ou encore d'exposition aggravée aux violences conjugales.

Combien de fois avons-nous manqué de temps pour nous préparer ?
Qu'allons-nous faire de celui-ci ?

Multiplions les initiatives pour permettre de réduire l'exposition des travailleu.r.se.s forcé.e.s, trouvons des solutions pour nous protéger de manière solidaire sur les plans sanitaire, social, psychologique et économique.

Cette période nous offre un espace libéré, un espace où la créativité, la coopération, la réflexion et la solidarité peuvent se développer, un espace où des rêves pour l'avenir germeront.
L'usage du droit de retrait et des grèves (en France, Italie et Espagne) se multiplie face au mépris grandissant du gouvernement pour les travailleu.r.ses les plus précaires, les personnes sans logis, sans papiers (toujours menacé.e.s d'expulsion), isolées, les intérimaires sans chômage partiel, les personnes en centre de rétention, les « indépendants » (qui seront contraints de travailler dans des conditions les exposant au danger ou à cesser leur activité).

Toutes ces personnes sont et seront frappées d'autant plus violemment par les crises sociales et économiques.

Utilisons ce temps suspendu, aux fenêtres portons nos slogans, nos banderoles et symboles, collons sur le chemin de nos rares déplacements, utilisons notre droit de retrait, rejoignons les appels à la grève déjà lancés, motivons nos proches, multiplions nos réseaux, partageons nos connaissances, organisons-nous !

La lutte ne s'arrête pas aux murs qui vous entourent, alors ...

                          ! UTOPISTES DEBOUT !

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