Attaques contre le Rosier (Zad)

Mis a jour : le samedi 14 mars 2020 à 15:01

Mot-clefs: logement
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Ce texte était seulement disponible en version papier, ou circulait de manière confidentielle. Il revient sur une opération de colonisation spatiale au Rosier en octobre 2019, et sur une tentative de réaction face à ça. Il m'a semblé important de le publier ici pour que celleux qui voudraient comprendre les conflits sur zone aient accès à cette version de l'histoire, sachant que plusieurs commentaires font allusion à cet épisode sous les articles qui concernent la zad ces dernières semaines.

Ce texte reste d'actualité même si ce qu'il raconte s'est passé il y a plusieurs mois, car les coups de pressions, menaces et autres opérations de polices continuent de pourrir la vie des gens qui habitent toujours au Rosier. Le texte est publié en accord avec les auteur.ice.s.

Nouvelles attaques contre le Rosier (Zad).

Depuis plus d’un an, le Rosier est régulièrement la cible d’attaques, d’intimidations et de coups de pression de la part de leur voisin.e.s, elles/eux aussi squatters.

Après l’abandon du projet d’aéroport, les habitant.e.s de la Riotière ont signé une Convention d’Occupation Précaire concernant la parcelle du Rosier sans consulter celles/ceux-ci et malgré leur opposition à ces COP.

Depuis lors, les habitant.e.s du Rosier ont l’impression que les habitant.e.s de la Riotière essaient de les pousser à partir afin de s’approprier le Rosier. Des habitant.e.s de la Riotière ont construit des installations agricoles à côté du Rosier et appelle ça « Le Rosier Nord ».

Il y a quelques jours, une caravane appartenant au Rosier, situer sur le jardin du rosier,, à côté du hangar Sème-Ta-Zad, a disparu. A la place, est apparu une autre caravane, occupé par un ami des gens de la Riotière.

Les habitant.e.s du Rosier on essayé de savoir ce qu’il s’était passé, sans obtenir beaucoup de réponses de la part de l’occupant de la caravane. Épuisé.e.s par les embrouilles à répétition et desemparé.e.s par la situation, illes en ont parlé autours d’elleux et nous avons ainsi pris connaissance de ces évènements. Nous avons décidé, à deux, de nous rendre sur place pour intervenir. Nous n’habitons plus sur la Zad, mais nous avons une longue histoire au Rosier. Nous connaissons les différents collectifs qui s’y sont succédé depuis 2008. L’un d’entre nous y a même longtemps habité, dans la caravane qui a disparu. Il a ensuite donné cette caravane aux habitant.e.s du Rosier.

Nous sommes régulièrement informé des menaces et coups de pression que subit le Rosier et nous avons déjà notre parti pris dans l’histoire. Très souvent, les faits sont floues, insidieux, improuvables et soumis à la controverses et on se sent impuissants à y faire face. Cette fois-ci, on a pas envie de laisser passer.

Vendredi [25 octobre 2019], nous sommes donc allé discuter avec l’occupant de la caravane, J-G. Nous lui avons demandé ou était l’autre caravane, celle qui a disparu. Il nous a dit qu’il n’en savait rien et qu’il n’avait rien à voir avec ça. On lui a demandé s’il avait demandé aux habitant.e.s du Rosier avant d’installer la caravane dans leur jardin. Il nous a dit que non, qu’il ne voulait rien avoir à faire avec elles/eux. Il nous dit qu’il a demandé aux habitant.e.s de la Riotière. Il nous demande de baisser le ton, tout en lui-même se mettant à crier.

V. qui habite la Riotière, arrive en entendant l’altercation. On lui demande si c’est lui qui a pris la caravane, il nous dit « non » on lui demande s’il sait qui l’a prise et où elle est et il nous dit qu’il ne sait absolument rien au sujet de cette caravane. On lui dit qu’il se moque de nous, qu’on est sûr qu’il sait quelque chose, et qu’on aimerait savoir ce qui s’est passé. On lui demande si c’est lui qui a autorisé J-G à s’installer ici, il nous dit non, mais quelques minutes après il revient dessus. On essaie de savoir où se trouve la caravane du Rosier, mais J-G et V. nous disent tout les deux qu’ils n’en savent rien.

On retourne dans la cuisine collective du Rosier faire le point sur la situation. On décide de revenir voir J-G pour lui dire qu’il ne peut pas rester ici, qu’il doit soit laisser la caravane qu’il occupe pour remplacer celle qui a été volée, ou au minimum, partir avec la caravane. On se montre ferme là-dessus. Il nous demande si c’est des menaces. On lui dit que non, qu’à défaut d’accord du collectif du Rosier, il ne peut juste pas rester là, que la moindre des choses aurait été d’au moins leur demander avant de s’installer. Il me demande où j’habite. Je lui donne mon adresse, il me dit qu’il va venir chez moi avec des potes à lui pour me mettre la pression. Puis, il me menace avec une hachette, la brandissant au dessus de ma tête. Il me menace aussi avec ses poings mais ne me frappe à aucun moment. V. reviens soutenir J-G, nous reprenons la discutions avec lui. Rapidement, V. retourne vers la Riotière tout en continuant à discuter. On se retrouve à marcher quelques pas avec lui. Il nous demande d’arrêter de le suivre. On lui dit que c’est lui qui est venu discuter et que la discussion n’est pas fini. Il pousse plusieurs fois le bras de P. (l’un de nous deux), dans une attitude de défiance et de provocation. On essaie de continuer à discuter, mais il essaie de baffer P. qui arrive à esquiver. V. et P. essaient d’en venir aux mains mais G. (le 2e d’entre nous) les sépare. V. reviens à la charge et frappe P. au visage, qui répond par un coup de pied à la jambe. Les deux décident de s’en tenir là.

On retourne à la cuisine du Rosier et un habitant nous dit que d’après une discussion qu’il a eu avec J-G, un certain K., que nous ne connaissons pas, semble impliqué dans la disparition de la caravane. Nous partons trouver K. et nous lui demandons s’il sait quelque chose au sujet de la caravane. Il nous reçoit courtoisement et nous répond « Ah oui, la caravane, c’est V. qui me la donné, c’était pas pour moi, mais pour un autre pote. »

?

Le lendemain [samedi 26 octobre 2019], nous sommes retourné au Rosier. La veille nous nous sommes montré ferme avec J-G. Ce jour là, on souhaitais discuter plus calmement, demander à J-G s’il a un autre endroit ou mettre sa caravane, s’il a besoin d’aide pour la déplacer. Lui demander aussi s’il comprend pourquoi on est énervé. Si lui trouvait une autre caravane à la place de la sienne, avec quelqu’un qui dort dedans, il serait sans doute énervé aussi. Devant la caravane occupé par J-G, il y a des palettes posé au sol, l’ancien plancher de la yourte collective du Rosier. On s’assoie sur ces palettes, presque au niveau du sol, pour indiquer notre intention de discuter. J-G nous gueule de partir, nous crache aux pieds puis il nous dit que pour lui, ce n’est vraiment pas le moment de discuter. Nous ne bougeons pas et nous commençons a expliquer le motif de notre visite. Il sort en furie de sa caravane en brandissant une hachette. Il la brandit vers ma tête, tremblant de tout son corps, et abat la hachette à dix centimètres de ma cuisse, cassant la palette sur laquelle je suis assis. Une amie à lui sors de la caravane et nous dit de partir, qu’il nous a déjà dit qu’il ne voulait pas discuter. Je reste assis. Je lui dit que s’il ne veut pas partir, il faut bien qu’on discute du problème. Il attrape une grosse barre de bois et me menace avec, il fait de gros mouvements avec et la barre me passe plusieurs fois près du corps sans que je puisse juger s’il me manque délibérément. V. arrive et se joint à la discussion. On le confronte sur le fait qu’on sait que c’est lui qui a donné la caravane. Ce qu’il fini par reconnaître – à demi mots – en affirment qu’elle est ailleurs sur la Zad. Je suis toujours assis sur la palette. J-G me donne un coup de pied (pas très fort) sur le nez. Je ne répond pas et je continue à discuter avec V. Celui-ci, nous dit qu’il voit pas pourquoi il parlerait avec nous de la caravane.

Trois autres personnes arrivent, visiblement appelé en renfort pour nous intimider. On essaie de discuter avec eux, mais ils nous disent qu’ils ne veulent pas discuter et restent bras croisés autour de la caravane. Deux habitants du Rosier viennent rejoindre la discussion. V. accuse P. de l’avoir frappé la veille. Il nie avoir provoqué la bagarre et avoir porté le premier coup. Toute discussion semble impossible. Nous repartons avec le sentiment que nous avons fait tout ce qu’on pouvait pour amorcer une discussion.


Analyse

Les enjeux cachés de cette histoire, nous semblent être une guerre de territoire. Nous pensons que la  Riotière essaie de remettre en cause le droit d’usage du collectif du Rosier sur les terrains occupés depuis 2007 par les différents collectif du Rosier qui se sont succédés.

La situation n’est pas isolée sur la Zad. Des conflits similaires existent à plusieurs endroits, les cabanes et caravanes entre la Wardine et le Moulin subissent aussi des pressions de la part de ces deux lieux qui ont signés des COP.


Perspectives

    Nous n’avons plus beaucoup de perspectives pour faire face à la situation. Nous répugnons a monter une milice – comme cela semble l’usage sur la Zad – pour défendre nos propres intérêts. Nous nous demandons donc quels autres moyens collectifs existent pour faire face à cette situation.

    Nous vous appelons à vous ressaisir de ce conflit de la façon qui vous semblera opportune. Si vous pouvez discuter avec les gens de la Riotière, et mieux comprendre leur position, ça peut être précieux.

    Ça pourrait être chouette si vous connaissez un endroit ou J-G pourrait poser sa caravane dans un endroit calme. (Sachant qu’il ne souhaite pas forcément s’installer ailleurs et qu’il risque de prendre des propositions comme une pression pour le faire partir du Rosier).

    Une piste serait peut-être aussi que des personnes extérieures définissent avec les habitant.e.s de la Riotière et du Rosier, quelles sont les terrains à l’usage de la Riotière et quelles sont ceux qui sont à l’usage du Rosier. (A notre avis la séparation est plutôt évidente, grâce aux délimitations fixées par les clôtures de la Riotière, mais ça va mieux en le disant). Ça nous semble dommage d’en arriver à des solutions comme ça, plutôt que de privilégier l’intelligence de bon voisinage, mais nous avons l’impression que la Riotière est prête à utiliser toute zone de flou à son avantage et qu’il vaut mieux formaliser. Suite à de nombreux conflits entre V. et des habitant.e.s du Rosier, nous trouverions souhaitable que V. ne vienne plus sur le terrain du Rosier sans y être invité.

    Nous pensons que V. devrait rendre la caravane qu’il a « emprunté » au Rosier ou leur donner une autre caravane en remplacement.

Commentaire(s)

> une odeur de brun qui monte, qui monte et les entoure

après les flics de la zad, les "occupants" de l'ex zad
ça pue de plus en plus du coté du CMDO et de leurs "amies"

depuis 2008 au rosier il y a des occupants, depuis 2018 au "rosier nord" il y a aussi l'occupant...ça en dit long sur l'ex zad

ielles se croient tout permis parce que légales d’après l’état avec lequel ielles s'organisent...

et c'est ça que défendent celleux (de moins en moins nombreuses) qui les soutiennent.

a noté que les personnes qui sont venues mettre le coup de pression a 40, il y a peu, étaient au courant de ce texte qui a été diffusé sur la zad

LA HONTE LA HONTE LA HONTE

> hé les gars elle bien sympa votre jolie fable mais...

Et voilà le récit de deux gars prêt à tous les bobards et déformations pour alimenter leur thèse conspirationniste sur la « colonisation » du rosier. Deux gars qui ont de telles œillères idéologiques et une telle capacité à justifier tout et n’importe quoi qu’ils ne mentionneront jamais dans leur récit les attaques, et harcèlements dont sont l’objet les personnes du rosier contre qui ils ont décidé d'alimenter la guerre. Deux gars qui voient la situation de loin tranquillou depuis leur appart’ mais continuent à venir alimenter des embrouilles, menacer et raconter n’importe quoi sur la zad plutôt que d’essayer de faire quoi que ce soit pour que les gens puissent réellement vivre à peu près bien les uns à côté des autres. Deux gars qui essaient de faire passer les personnes qu’ils instrumentalisent et eux-mêmes pour des victimes, mais sont prêts à tous les coups bas par derrière.

Deux gars qui se gardent bien de mentionner à ce titre le fait que le bonhomme si sympa devant leurs caméras et qu’ils ont défendu contre une pseudo-expulsion il y a quelques semaines a finalement tabassé de nouveau sa copine au rosier - le 8 mars - jusqu’à l’envoyer à l’hosto. Il paraît qu’un groupe large de femme a finalement réussi à lui faire comprendre gentiment juste après que ce serait quand même bien qu’il aille vivre ailleurs parce qu’il y avait peut-être quand même des choses qui n’étaient pas acceptables ici.

> à "ma"

T'es pas crédible "ma"... Comment veux-tu que ces "deux gars" mentionnent des faits survenus ce mois-ci dans un texte écrit en octobre dernier? Par ailleurs ils n'étaient pas là lors de la "pseudo-expulsion" dont tu parles... bref ya aucun "bobard", juste des faits, une analyse et des proposition... tu devrais lire le texte avant d'en parler...

> effectivement

effectivement K-mi ce récit était déjà une montagne de mauvaise foi il y a quelques mois. Il l'est encore plus alors qu'on voit bien aujourd'hui jusqu'où vont les personnes que les deux auteurs défendent et le type d'impasses dans lesquelles ces deux gars mettent celles et ceux qui tentent de cohabiter sur la zad, avec leurs grandes leçons de morales professées depuis leur appartement.

> ma parole

Quand tu dis "les personnes du rosier" précise "de la riotière" parce qu'un moment j'ai cru que tu allais admettre qu'iels etaient pas particulièrement fino non plus.

Chourer une caravane et en poser une autre à la place pour mettre une personne de son collectif sur le terrain d'un autre collectif, c'est pas de la colonisation? Menacer et taper les gens qui viennent protester c'est légitime? S'approprier un hangar, c'en est pas non plus de la colonisation? Se pointer et utiliser la cuisine d'un autre lieu comme si c'était la sienne et agresser les gens quand iels protestent non plus?

Faire quoi que ce soit pour que les gens puissent réellement vivre à peu près bien les uns à côté des autres, c'est se pointer à 40 pour virer des gens de chez elleux, et rien dire aux autres qui font bien de la merde dans cette histoire?

En terme d'hypocrisie politicarde tu te pose là ma... Tant que le discours sera de décrire les gens de la riotière comme des gentil.le.s bisounours agressé.e.s par des très très méchants c'est tellement binaire et peu crédible que ça passera jamais. Nier leur coups de pression, menaces et violences ça n'est certainement pas tenter de résoudre quoique ce soit, c'est juste les soutenir dans leur appropriation du rosier.

> Vérités victimaires

@ma et ses collègues,

même les politiques professionnelles, lorqu'ielles sont prises la main dans le pot de miel (& toute ses variantes) ont compris que crier à la "fable", ça ne marche plus.

où sont tes récits autres ?

qu'est-ce que tu racontes au sujet du déplacement de la caravane ?
au sujet du remplacement de la caravane par une autre ?
au sujet de l'occupation de la caravane qui remplace la caravane déplacée ?

on est curieuxses de te lire.

> -

donc historiquement, il y avait des "heurts" avant l'arrivé des 4 personnes que veulent expulser les flics-huissiers de l'ex zad nddl sous divers prétextes

> cécité

deux gars ? !

Non mais franchement : tout le monde déteste les appelistes !

> Modération

Un commentaire insultant (envers J.G.) a été supprimé.

> Le Rosier

Les petits oiseaux ont relayés jusqu'à moi qu'il y avait "du nouveau sur le Rosier", je n'ai pas pu m’empêcher d'aller voir.

J'écris ce commentaire en espérant que d'autres ami.e.s me liront et se souviendront le cœur tout chaud, pour survivre au ratatinement et a la rancœur immonde qui m’habite quand je lis tout ce qui "se passe" aujourd'hui..
Vous vous souvenez de nos rigolades? Des soirées dans la yourte, au sauna,les fêtes,les grands repas, les moments au jardin ..?

Je me souviens de la guirlande de chaussettes au dessus de la boisinière pendant les expulsions de 2012

Je me souviens de la course menottés a 2 dans le prés quand on a fété les 5 ans du Rosier

Je me souviens aussi des frites qui n'en finissaient pas à la fête des 10 ans, et du sourire du copain qui faisait la cuisson.

Je me souviens des heures sur le toit du hangar à discuter en "prenant de la hauteur" pour voir plus longtemps le coucher du soleil (avant la bergerie)

Je me souviens qu'une année on a fait une récolte de psilo de ouf, et qu'on a passé le noël d'après complétement perché sans sortir du Rosier!

Je me souviens de "télé-poules" qui nous occupait à rien, des chatons trop chou, de pirouette l’ânesse éternellement incomprise, des courses d'agneaux au printemps

Je me souviens des copains qui débarquent de loin, qu'on a pas vu depuis super longtemps et qui font la surprise de passer la tête par la porte de la cuisine..

Je me souviens des retours de soirées de la Wardine, la nuit, à travers le champ derrière chez B., les pieds humides, plus besoin de frontales tellement on connait le chemin.

Je me souviens du cycle de film anti-colonialiste dans la yourte, et de tous ces gens qui veulent continuer à discuter après.

Je me souviens du tas de bottes dans la maison avant qu'elle soit détruire..et du tas de serviette dans la nouvelle salle de bains !! Et la super mosaïque qui avait été si longue à faire dans la douche..

Je me souviens de récolter des mûres dans la haie au bout de route et d'en faire des confitures

Je me souviens d'apprendre à tailler les cassis alors qu'il n'y a plus rien , plus la maison qui vient d'être rasé, pas encore les cabanes, juste la caravane et un bout du mur pas tombé..

Je me souviens avec un pincement au cœur du petit rouge gorge qui vivait dans le mimosa et qui n'avait pas du tout peur de nous, comme il se posait sur le poteau si proche!

Je me souviens des petits déjeuners qui duraient mille ans, et c'était cool

je me souviens des nuits d'amour que j'y ai vécu

Je me souviens d'écouter le couple de chouettes la nuit jusqu'au dernier jour où j'y ai vécu

Je me souviens de la passiflore qui grimpait le long de la façade de la maison avant 2012

Je me souviens.. si bien, des 2 grands chênes dans le prés, les soirs de pleine lune, à me dire que c'est surement le plus joli paysage du monde.

Je me souviens de la soirée d'anniversaire que m'avaient offert les copaines, dans la yourte, avec pleins de bougies (on avait pas remis l'elec), pleins de super gâteaux et les copines qui chantent et jouent de la guitarre, le calme autours, leurs voix, c'était si beau

Je me souviens des expériences culinaires abandonnées dans la cuisine, les joies de la vie collective..

Je me souviens d'une soirée feu de camp avec des copains tunisiens et palestiniens qui dormaient en tentes dans un champs pour la première fois

Je me souviens de dégustation de cidre quantique le lundi soir...

Je me souviens de tellement de gens, de visages, connus ou non, qui sont passé un jour, une semaine, pour visiter, prendre l'air, se reposer, lutter, ..
Je me souviens que ça a été ma vie, ma maison.
Je me souviens, je sais, que je n'ai jamais connu un espace autant que le Rosier.
Je me souviens que je n'ai jamais autant aimé ce lieu.

.. et aujourd'hui je veux cultiver ces bon souvenirs, je sais , je vois qu'on peux faire fleurir bien des choses ailleurs même si il n'y a pas la même liberté et ce précieux territoire gratuit en commun..

Mais j'en veux aux ambitieux et leurs logiques d'efficaces qui m'en ont fait partir...
... et j'ai la rage tenace

> Auteur

Je suis un des deux auteurs du texte. (Même si c'est pas moi qui l'ai publié sur Indy)

On a vraiment fait un effort pour être les plus honnêtes possibles et de ne pas déformer les faits.

Ce qu'on raconte, s'est passé exactement comme on le raconte. Effectivement, il y a sans doute pleins d'autres choses qu'on ne connait pas et dont on n'a pas parlé.

On a essayé de diffuser ce texte auprès de personnes impliquées dans le mouvement en espérant que des gens puissent s'en ressaisir.

Pour info, on a habité très longtemps sur la Zad et on n'a pas d'appartement. J'habite dans un squat qui est bientot expulsable. Mais en fait, même si on habitait dans un appartement, je ne vois pas ce que ça changerai.