L’antifascisme de gauche, une balle dans le pied. Retour sur la venue de Marine le Pen à Brest.

Mis a jour : le jeudi 5 mars 2020 à 12:56

Mot-clefs: actions directes immigration
Lieux: Brest

J’écris un peu tardivement un petit retour sur cette action et sur les réfléxions qu’elle m’a évoqué et que je souhaiterai partager avec vous.

(texte initialement publié sur bourrasque-info

Le 30 janvier à Brest a eu lieu une conférence de presse de Marine le Pen, présidente du premier parti-d’extrême droite de france.

En réponse à la venue de cette créature réactionnaire et fascisante à Brest, une quinzaine d’associations et de partis de gauche avait appelé à un pique-nique antifasciste en face de l’hôtel de luxe où la « candidate du peuple » devait tenir sa conférence.

Puisque je ne pouvais pas supporter la présence de Marine Le Pen dans ma ville, j’étais présent lors de ce rassemblement pour m’opposer à sa venue, malgré mes reticences à manifester aux cotés des organisations à l’origine de l’appel.

Ce fut bien sûr l’occasion de se faire rebattre les oreilles de discours plein de démocratie, de république et de citoyenneté par toute la brochette de bureaucrates et de petits chefs de la gauche brestoise.

Voir ces organisations se revendiquer de l’antifascisme m’emplissait d’un mélange de mépris et d’hilarité. L’histoire de ces organisations consiste à mes yeux en une longue oeuvre de décrédibilisation de l’idée d’émancipation qui a pour conséquence d’alimenter naturellement les mouvements qui oeuvrent à la perpétuation de l’oppression de toustes, notamment les mouvements fascisants.

Parmis les 15 organisations à l’origine de ce rassemblement on retrouvait notamment le Parti Socialiste et le PCF

Pour rappel :

Le parti socialiste, de 2012 à 2017 a mené une offensive sans précédent contre les libertés publiques et les droits des travailleur.ses. Il a réprimé le mouvement social causant des dizaines de blessé.es dans nos rangs. Il a mené une politique agressive contre les éxilé.es. On peut aussi évoquer tous les scandales de détournement de fond public et autres affaires de corruption qui rythment l’histoire de ce parti. De plus tout ce qui a été mentionné précédemment n’est rien d’inhabituel pour ce parti qui s’est spécialisé depuis bien longtemps dans la trahison systématique des personnes qu’il prétendait représenter.
Localement le PS c’est aussi des détournements de fonds à la mairie de Brest, ainsi que des politiques d’embourgeoisement et de marchandisation de l’espace public qui visent à terme à faire de notre ville un parc d’attraction pour petit.es-bourgeois.es et cadres dynamiques.

Le PCF, ancien parti stalinien reconverti à la sociale démocratie de bas étage, n’est pas en reste dans l’hypocrisie et le ridicule. C’est un parti qui a discrédité les idéaux de communisme, de fraternité et de sororité universelle en s’empétrant dans le soutien à des régimes tyranniques et dans le culte des chef.fes et des bureaucrates. Plus largement, tout comme le parti socialiste, son action politique s’est au final toujours résumée à contrôler les classes populaires en prétendant faire leur bien à leur place. Plus présentement à Brest, le PCF a renouvelé son soutien au candidat socialiste François Cuillandre, maire sortant pris dans les scandales cités plus haut.

Je vais m’arrêter à ces deux structures parce que je n’ai pas assez de temps à perdre pour faire la liste de toutes les trahisons, de tous les petits chefs, de tous les bureaucrates accros au contrôle, de toutes les collaborations et compromissions avec l’Etat et le système économique capitaliste qui font l’histoire et le présent de la plupart des organisations à l’origine de ce pique-nique.

Dans tous les cas quand on regarde l’action politique concrète de ces organisations, on voit bien qu’elles ne peuvent que jeter le discrédit sur toutes les luttes dans lesquelles elles s’impliquent, et notamment ici dans le cadre de l’antifascisme. Et ce qui m’a inquiété et dérangé lors de ce rassemblement c’est de voir que ces organisations, qui sont incapable d’opposer un projet, des pratiques et une ethique politique forte au fascisme, prenait toute la place et que toutes les personnes qui étaient venues ici pour s’opposer légitimement à la présence de Marine le Pen s’y retrouvaient amalgamées.

A ce rassemblement j’ai croisé pas mal de camarades et de personnes qui se revendiquent révolutionnaires. C’est à dire qui luttent en ayant l’émancipation universelle pour horizon.

Et ce sont en bonne partie ces personnes qui ont permis l’envahissement du hall de l’hotel et donc le déplacement à la dernière minute de la conférence de presse de Marine le Pen dans le local miteux du RN à l’autre bout de la ville. Puis ce sont ces personnes qui ont tenu à poursuivre la présidente du RN jusqu’à son nouveau lieu de conférence pour partie d’entre elleux. Tandis qu’une autre partie du groupe partait bordeliser le local de campagne de la non-moins répugnante Bernadette Malgorn.

Bref ce jour-là des révolutionnaires était présent.es en nombre et ont agi de manière relativement offensive, et en définitive assez efficace pour empêcher la conférence de se tenir. Alors même que la plupart des bureaucrates et des politiciens de gauche étaient rentrés chez eux une fois le micro remballé et n’ont donc rien fait face à cette situation. Si ce n’est faire les coqs devant la presse sur leur tribune. C’est pourtant eux qui en ont récolté toute l’attention médiatique et tout le mérite.

C’était assez triste de voir qu’on était là en nombre, mais que par manque de confiance en soi et de coordination nous n’avions pas reussi à formuler notre propre appel avec notre propre discours et que nous nous sommes retrouvés associé.e.s à tous ces discours creux sur la république et la citoyenneté. Bref nous nous sommes retrouvé.e.s encore une fois à la marge de la gauche alors que nous avions toute la légitimité à ce moment pour prendre de la place et s’assumer comme une force politique à part entière, avec ses propres enjeux, méthodes et projets.

Je considère que ce que nous avons à dire sur le fascisme et à proposer contre lui est bien plus intéressant et conséquent que ce que proposent ces organisations et que nous devons dès que nécessaire prendre l’espace politique pour diffuser notre discours, nos pratiques, notre projet politique.

De plus, il est plus que temps de mettre tous ces gauchistes bureaucrates face à leurs compromissions et leur rôle d’allié.e.s objectifs.ives de ce monde. Et c’est dans notre interêt et dans l’interêt de la lutte antifasciste que de poser des lignes de fractures politiques et de faire vivre un projet politique différent de celui de la gauche. A mes yeux on passe, à raison, pour des guignols et des hypocrites en frayant avec ces gens sans s’en dissocier clairement.

Un antifascisme conséquent est un antifascisme révolutionnaire, qui construit de réelles perspectives de bouleversement de l’ordre actuel, qui construit au quotidien la maîtrise de chacun.e sur sa vie, la maîtrise par les pauvres et les personnes broyées par ce monde de leur destin. Il n’y a qu’ainsi qu’on peut couper l’herbe sous le pied de mouvements comme le Rassemblement National qui prétend défendre les intérêts des classes populaires mais n’est qu’un rassemblement d’opportunistes qui n’ont pour seule pratique réelle que de perpétuer l’ordre capitaliste qui pourrit nos vies chaque jour. Et ce notamment en montant les pauvres et les dépossédé.es de ce monde les un.es contre les autres (c’est à dire en étant un agent du système raciste et patriarcal notamment).

Un antifascisme conséquent ne laisse pas la possibilité à un parti comme le Rassemblement National de se faire passer pour le parti du peuple, parce qu’un antifascisme conséquent est l’émanation d’un mouvement des opprimé.es pour leur émancipation et contre celleux qui visent à les maintenir dans l’oppression.

Un mouvement contre le fascisme est un mouvement pour la liberté.

Or, Il est imposible de construire un tel mouvement en s’alliant à des corrompu.e.s, des traîtres, des bureaucrates, des affairistes qui ne sont pas capables d’autres choses que de perpétuer le statu-quo et qui ressemblent plus à des vestiges du passé plutôt qu’à une force politique propre à affronter les enjeux de l’époque. Et qui ne luttent en réalité pas pour la liberté mais pour la perpétuation de leur rôle d’encadrement social au sein du système républicain et capitaliste.

La république n’est pas la liberté.
L’économie capitaliste, même de gauche, n’est pas la liberté.

On s’etonne alors de voir des organisations qui se revendiquent révolutionnaire comme la CNT et L’UCL s’associer à cette initiative et aposer au bas d’un appel leur signature aux cotés de telles personnes. Quel intéret en tirer si ce n’est de s’intégrer au petit monde des chefs de partis et de syndicats ? Qu’avons-nous à y gagner ? Pour ma part je considère que nous avons tout à y perdre.

En faisant des choses pareilles on peut croire gagner des allié.es et de la force. Mais en vérité on se rapproche de personnes qui ne sont pas digne de confiance, et dont le projet politique, malgré ses atours bien-pensant et son vernis « démocratique », n’est que de perpetuer un monde de séparation et d’oppression.

Et en se rapprochant de ces personnes on s’aliène toustes celleux qui ne sont plus dupe de leur manigances, de leur bien-pensance, et de leur hypocrisie. C’est à dire à peu près tout le monde.

Opposer un mouvement fort à la montée du fascisme en France ne passera jamais par le fait de faire front commun avec n’importe qui mais bien par la construction d’un réel mouvement antifasciste radical qui soit capable d’opposer aux oppresseureuses de tous bords et de tous types une réponse collective forte et qui rende ses lettres de noblesse à l’idée d’émancipation. Des alliances de circonstances peuvent s’envisager et ont toujours lieu dans tout conflit, mais ce ne doit pas être au détriment d’une stratégie de fond.

Qui frémi d’espoir en voyant une bande de gauchistes tout en chasubles et en drapeaux si ce n’est une minorité de militant.es passéistes ?

Comme l’ont montré les dernières années, la gauche est mourante, et c’est très bien. Il est temps pour le mouvement révolutionnaire de la laisser couler pour ne pas être entrainé avec elle par le fond. Nous avons un réel interêt et une vraie responsabilité historique à nous dissocier de ces organisations et à construire notre propre force, nos propres projets, nos propres rêves.

En cela, la lutte contre les fascistes n’est pas différente de toutes les autres luttes. Et les problèmes dont cette action en particulier est révélatrice, sont aussi présents lors des mouvements sociaux, et dernièrement lors du mouvement contre la réforme des retraites. Nous avons une vraie difficulté à assumer une dissociation vis à vis de la gauche et nous nous retrouvons toujours à sa marge, noyé.e.s et perdu.es dans son discours, dans son folklore, dans son discrédit.

Si, en tant que révolutionnaires, on est parfois amené.es à frayer avec la gauche dans le cadre de luttes particulières pour des raisons liées au contexte ou aux liens historique que le mouvement révolutionnaire entretient avec elle, nous poursuivons nos propres buts qui ne sont pas les mêmes que ceux de la gauche et qui à terme ne sont pas compatible avec son existence.

Nous devons être capable de porter nos propres agendas, de mettre en place des actions conséquentes, et d’être perçu.es comme une force autonome qui n’est pas compromise avec toutes ces organisations et leurs pratiques.

S’associer à ces organisations nous permet juste de fermer les yeux sur notre faiblesse numérique, et donc de remettre à plus tard la question de la multiplication de notre force propre. Mais à faire cela, on ne gagne rien, on se tire une balle dans le pied. On se voue soit à l’invisibilité soit au discrédit. Dans tous les cas, à l’impuissance.

Dire cela ce n’est pas se complaire dans une radicalité de façade, c’est inviter à penser à l’avenir. Le danger fasciste est bien trop réel pour rester bloqué.es dans nos postures et notre folklore.

Dire cela ce n’est pas non plus dire que nous n’avons rien à apprendre et que nous sommes prêt à affronter l’ennemi fasciste. Notre camp est faible, nos projets flous, notre implantation sociale minime, nous avons fort à faire pour être à la hauteur des enjeux. Mais il est clair pour moi que nous avons la possibilité de porter un véritable changement social radical là où la gauche n’est bonne qu’à se vautrer éternellement dans l’échec et dans l’inconséquence.

Construire une force à partir de peu peut sembler effrayant, mais j’y vois plus d’espoir qu’à tenter de ranimer le cadavre d’une époque bienheureusement révolue.

Quelqu’un qui veut retourner ce monde à l’envers

Commentaire(s)

> Oui il y a encore du taf a faire dans l'antifascisme

****Un antifascisme conséquent ne laisse pas la possibilité à un parti comme le Rassemblement National de se faire passer pour le parti du peuple ****

Certes encore faudrait-il que nombre de camarades Antifascistes de Rennes,Paris,Nantes,Brest, Bordeaux, Toulouse, Lille arrêtent de rester dans le déni et l’aveuglement, en appelant comme ils l’ont fait a se greffer à ce mouvement réac, confuso, néo poujado et proto fascisant que sont les …. Gilets Jaunes

N’en déplaise a certain-es, non les Antifascistes n’ont pas éjecte des cortèges jaunes et même de certains blocks et carrés de tête (Constaté plusieurs fois à Paris) les fafs, les conspis , les réacs natios du genre de l’UPR ou plus récemment ceux du guignol ex Merdenchoniste Kuzmanovic , les Soralos-Dieudonnistes et autres bas du front qui n’ont rien a faire dans nos luttes et nos manifs. Désolé chers camarades Antifascistes mais chez les GJ les fachos ils y prospèrent toujours et ils y sont comme chez eux….

En témoigne cet article récent de Paris Luttes Infos *****Virons les antisémites des manifestations****** Décrivant une incruste récente de Fafs Soraliens et Dieudonnistes ultra craignos dans une manifs contre la casse actuelle des retraites.

https://paris-luttes.info/antisemitisme-dans-les-13537

Il y a encore dix ans, ils aurait été impensable de voir ce genre de réacs-natios ultra droitiers et des fascistes comme ceux décrits dans cet article, s’incruster dans des cortèges syndicaux. Il y a encore vingt piges le moindre porteur de drapeaux Bleu Blanc Rouge aurait été systématiquement tricardé à coups de pompe de n’importe quelle manif et de n’importe quelle de nos luttes

Et tant pis si ce que je dis ne plaira pas aux appelos et autres avant gardes « révolutionnaires » pour qui « tous les moyens sont bons pour combattre le système » toute cette petite bande qui nous enjoignait quand elle ne nous l’ordonnait directement pas l’hiver dernier sous peine de se voire condamner a des procès en hérésie anti sociale « a nous forcer a nous joindre a des révolution sic même si celles ci étaient impures ».

Non !!!! nous avons décidément rien à gagner a nous joindre à des mouvements réactionnaire de type GJ , et ce n’est pas faute de le redire à nouveau pour certaines et certains camarades qui ont osé émettre quelques critiques sur les GJ. Et qui pour ça s’en sont pris et s’en prennent encore plein la gueule…..

> N'oublions pas ...

... que les appelos ont su aussi créer des liens avec les syndicats: https://www.bastamag.net/Des-syndicalistes-appellent-a-soutenir-la-Zad-pour-donner-corps-a-la
(Beaucoup de SUD PTT)

> Pour y voir plus clair...

Salut et merci pour ces différents articles.
Tant qu'à parler de se tirer une balle dans le pied, je consulte régulièrement indy et attend toujours une réponse des antifas nantais.e.s (ou même d'ailleurs) au sujet de cette lettre ouverte du collectif Racine. Les faits qui y sont relayés et analysés me semblent assez intéressants à intégrés dans le sujet présenté ici: qui est l'ennemi, qui est l'allié, dans la lutte antifasciste? Et comment avancer ensemble de façon radicale, horizontale et constructive? Avec qui?

https://nantes.indymedia.org/articles/49017

Est ce que les personnes qui ont écrit les deux textes ci-dessus ont des paroles et idée à offrir en réponse?

Je me permets de me répéter, une réponse publique à ce texte me semble importante. Car dans toute lutte, c'est primordial d'y voir clair et de savoir faire face à tous les disfonctionnements que l'on rencontre, de savoir avec qui on évolu, sinon, on n'avance à rien, voir même, mieux vaut rester chez soi, même si l'ennui nous guette et que l'avenir nous angoisse...

> en fait on peut pas...

en fait on peut pas rattraper des décennies d'infiltration de la gauche autoritaire dans nos luttes antifa en un claquement de doigts!
il est assez évident que bon nombre de personnes du mouvement anarchiste et anti-autoritaire sont communistes et aliénées aux autoritaires.
regardez autours de vous et comptez les personnes qui se revendiquent anar vous allez voir que vos deux mains suffisent largement, parfois même une est de trop!
le parti communiste a un siècle de corrumption et de soutien aux réactionnaires, deux camps unis quand il s'agit d'asservir les masses et en france ce modèle politique est toujours en oeuvre.
certes les socialistes du PS y sont pour beaucoup dans la prise de pouvoir des fafs mais faudrait pas oublier que les communistes ont eu et ont encore leur bonnes parts dans la montée de l'extrême droite... cela leur permet de se outer sur leur patriotisme et nationalisme car soit-disant c'est ce qui séduit le peuple alors que ces sentiments gerbants sont complètement inspirés et motivés... jusqu'au point de non retours (bin wouais les gens natio vont vers les vrais historiquement puisque de base le communisme étaient anti-autoritaires, pro-MTPG, anti-raciste et anti-colonialiste et ça ils le savent) et là ils deviendront une sorte de pale copie de l'antifascisme s'affichant comme seule solution au monstre qu'ils auront contribué à fabriquer.
ce sera alors le temps de la purge par le meurtre et la terreur contre le peuple anti-autoritaire.
mais que font-ils parmis nous?
ils recrutent, prennent des infos sur nos réseaux, nous manipulent et calment les révoltes pour assurer une stabilité au monde établi.
la zad -déso encore une fois- en est un excellent exemple mais faudrait pas oublier que ceci se passe dans toutes les villes de france et d'ailleurs et quand tu mets en garde contre cela en dévoilant les tactiques passées -années 20-30- tu te prends des menaces à peine déguisées... tu regardes autours de toi et puis tu cherches du soutien et t'en trouve pas car... comme dit précédemment quoi!

dans "notre" milieu militant on entend souvent que le peuple est endormi, qu'il ne nous rejoint pas car il est abruti, etc... en fait c'est bien le contraire qui se passe!
il est conscient de ces infiltrations et ne peut s'allier avec des gens qui ont maintes fois prouvé que l'émancipation proposé est une boîte certe enrobé d'un joli papier cadeau mais bel et bien vide... en somme un piège...

il faut dire que ce qui vient d'être écrit ils le savent et se sont déjà préparés à la rétorque... peut-être même s'impatientaient-ils avec leur machin sous le coude à réactualiser constamment... et oui c'est pas bien facile la manigence!

mais quelles solutions? il est assez évident qu'il n'est pas possible de déballer ceci ici ci ce n'est qu'une rupture radicale avec nos faux-compas est primordiale... la spontanéité fera le reste!

> antifascistes et antinationalistes?

Comme toi, j'attend avec impatience la réponse de l'action antifasciste nantaise au collectif racine Même si je suis d'accord avec le collectif "racine" sur certains points. Je pense que faire le parralèle entre le logo de l'action antifasciste Nantes et un navire négrier est abusif, d'autant plus que le "collectif racine" est aussi le nom d'un collectif d'enseignants d'extrême droite à Nantes. Donc au niveau du symbole c'est pas terrible non plus.
D'accord aussi pour la critique du nationalisme breton mais aussi contre TOUS les nationalimes, y compris contre les nationalismes "de libération".
TOUS les Etats sont à combattre et dans TOUS les Etats il y a une bourgeoisie à combattre.
Si l'antifascisme c'est soutenir certains Etats contre d'autres, ce n'est pas mon combat.

> antifasciste toujours

l'antifascisme est une boussole absolue pour un libertaire.
C'est ne rien lissé passer ,ni négocier nos actions contre les fafs avec les partis de gauche et cela même si l'action se trouve amoindrie.
cependant l'antifascisme n 'est pas de défendre un état contre un autre,ça c 'est l'excuse des anars de 39/45 qui dont restés majoritairement totalement démunis ,absolument inertes contre les nazis. justement avec cet argument de pas choisir entre deux états capitalistes.
on le paie encore cet abandon de la lutte contre les fachos en 39/45.
le lutte contre les fachos ces assassins de toute orga ouvriére et donc des libertaires nous ne l'avons pas mené pour rester sur des bases idéologiques complétement hors sol.
le fascisme se combat hélas avec des alliés douteux .
En fait des GJ aux syndicalistes cgt,fo etc dés que ça bouge un peu au lieu de mener le combat pour l'égémonie politique trop de potes anars rejettent tout en bloc .
C'est difficile d'être minoritaire sur un rond point(pas tous fascistes et de très tres loin)pas facile de se faire mettre la pile lors d'une ag avec vote,et alors ?pas facile de contrer une venue de le pen avec le ps ,pc verts etc ..
ok on reste entre nous,seuls mais on a raison,enfin certains le croient.

> Les bonnes questions commencent à se poser…

Des questions intéressantes dans les posts précédents, notamment la question fondamentale de l’antagonisme foncier entre internationalisme et antifascisme !

Il faudrait quand même poser la question : quel est le but de l’antifascisme ?

Réponse : soutenir la démocratie contre le fascisme, bien sûr. Voilà pourquoi les rares internationalistes qui n’ont pas été exterminés par les Staliniens - désolé, le PC n’a de communiste que le nom, et depuis longtemps - ou qui n’ont pas capitulé face à la démocratie bourgeoise ont toujours REFUSÉ de le soutenir.

Parce que la lutte contre les Nazis, ça veut dire se retrouver aux côtés des colonialistes anglais et français, des ségrégationnistes américains et des pires contre-révolutionnaires de l’histoire, les Staliniens. On fait mieux comme « compagnons » ou « camarades » de lutte !

Qu’est-ce qu'il a été « payé » dans « l’abandon de la lutte contre les fachos en 39/45 », exactement ? Tous ceux qui se sont vautré dans ladite lutte LE PAIENT EFFECTIVEMENT AUJOURD’HUI, puisqu’ils se retrouvent dans les manifs actuelles aux côtés des contre-révolutionnaires fieffés que sont le PS, le PC, les Trotskystes et Maoïstes de tout poil !

Alors, comme l’écrivait Jean Barrot il y a déjà quatre décennies, il serait bon de reconnaitre que « le pire produit du fascisme est l’antifascisme », et cesser une bonne fois pour toutes de ne combattre que la composante - très minoritaire - de la bourgeoisie qui se situe à l’extrême-Droite, et qui est bien moins dangereuse que celle qui gangrène et sabote les luttes ouvrières - Gauche, extrême-Gauche, syndicats - avec laquelle tous les antifascistes se retrouvent en manifs !

« Le fascisme se combat hélas avec des alliés douteux », nous écrit Spartacus ci-dessus : l’option fasciste 1) est celle de la bourgeoisie, et quand elle l’a décidée, elle passe toujours, et 2) ce n’est pas elle qui assassine les organisations ouvrières, c’est la bourgeoisie de Gauche - les socio-patriotes pendant les Révolutions russe et allemande, les Staliniens ensuite ! Et tous ces gens, Gauche, Droite et extrême-Droite, partagent le nationalisme et l’idéologie bourgeoise dans leurs bagages propagandistes ! Le nationalisme est la pierre angulaire de la défense de l'État, de la nation et du Capital national, et la bourgeoisie sait parfaitement reconnaître les siens dans la défense de l'idéologie nationale.

Le fascisme a historiquement échoué et n’a de toute façon plus rien à proposer à la bourgeoisie, raison pour laquelle ce courant ne présente plus aucun danger à grande échelle aujourd’hui. Le combattre en tant que tel est un leurre et rien d’autre. Les bourgeois qui sont en première ligne contre le mouvement social, ce sont ceux de Gauche, et vu que ça fait un moment que ça dure, il serait peut—être temps de « sortir de l’idéologie hors-sol » pour constater que dans les AG, les manifs, les réunions politiques, ce ne sont pas les petits fachos paumés qu’il faut affronter, ce sont les partis de Gauche et les syndicats !

Les prolétaires n’ont pas de patrie ! Mais les partis de Gauche, si…

> La saloperie toujours là

Citer Jean barrot en parlant d antifascisme, ce serait comique si le sujet n était aussi grave. Ce bon monsieur, de son vrai nom Gilles Dauvé, fut un militant et théoricien du négationnisme d ultra gauche. On peut toutefois lui faire crédit d une certaine cohérence dans son ignomonie : Il a tellement pas voulu frayer avec l antifascisme qu il a défendu le néo-nazi faurisson et ses « thèses ».

> histoire

Il y a aussi un tas de gens qui sont passé du socialisme ou du communisme au nazisme ( Jacques Doriot, Marcel Déat, Paul Marion, Victor Arrighi, Simon (ainsi que François) Sabiani, Dieudonné, Soral etc )

Le fascisme est à la base un mouvement de la gauche nationaliste, autoritaire et économiste

> ce soir apéro !

faut bien une forte dose pour lire ça:

"Le fascisme a historiquement échoué et n’a de toute façon plus rien à proposer à la bourgeoisie, raison pour laquelle ce courant ne présente plus aucun danger à grande échelle aujourd’hui. Le combattre en tant que tel est un leurre et rien d’autre. "
non sans rire ?

oui ça c 'est vrai:
"Parce que la lutte contre les Nazis, ça veut dire se retrouver aux côtés des colonialistes anglais et français, des ségrégationnistes américains et des pires contre-révolutionnaires de l’histoire, les Staliniens. On fait mieux comme « compagnons » ou « camarades » de lutte ! vrai:
"
il fallait malgré ces "allés " écraser le nazisme et ce n'était pas des compagnons et des camarades de lutte comme les nôtres.
alors qu'est ce que le mouvement anarchiste a payé de son refus de combattre le nazisme car ce fut bien de cela qu'il s'agit et cela peut être pris pour une certaine complicité(6 millions de juifs assassinés,mais on reste chez soi car De gaulle est un bourgeois !) hé bien les anars sont inaudibles et surtout pas crédibles quand on doit lutter en masse (bruler une voiture Vinci oui,mais lutter avec des prolos un peu gj non !).
alors oui les dégats du refus de la
lutte contre les nazis on le paie cash encore maintenant.
que veut dire ça:
"Les prolétaires n’ont pas de patrie ! Mais les partis de Gauche, si…
on le sait bien c 'est pas un scoop mais si c 'est pour justifier de faire encore l'autruche quand on assassinera 6 millions de juifs c 'est vraiment stupide .
Il y a dans nos engagement un fond psychologique un invariant de nos être profonds totalement déconnecté de nos pensées .un horizon mental .
et je suis du côté de ceux qui se battent même en liaison avec des gens autres que de ne rien faire,la lacheté trouve beaucoup d'excuses!!
en 41 j'aurai été du côté D'estienne Dorves pas de mes compagnons anars .

> spartacus esclave

Nous, résistant-e-s en 1941 comme avant 1939, comme après 1945

> pas de panique !

le CCI va mettre de l'ordre chez les vrais responsables des défaites ouvrières :

« Le 4 mai et les jours suivants se commémorait le 70e anniversaire des tragiques événements de mai 1937 où le gouvernement de la République - AVEC LA COMPLICITÉ DIRECTE DES DIRIGEANTS DE LA CNT ET DU POUM - ont massacré les ouvriers de Barcelone qui s'étaient soulevés, exaspérés par une exploitation brutale accrue par "l'effort" de guerre. »

http://fr.internationalism.org/ri380/1937_le_frente_popular_contre_les_ouvriers_de_barcelone.html

« Pour le marxisme, l'histoire de l'humanité, c'est l'histoire de la lutte de classe et non de la lutte des sexes. Contrairement à la vision féministe (qui n'est rien d'autre qu'une variante du gauchisme tout comme l'anti-racisme), le marxisme a toujours combattu tous les clivages que la bourgeoisie s'efforce en permanence d'opérer au sein de la seule classe capable d'édifier à l'échelle mondiale une véritable societé communiste : le prolétariat. »

http://fr.internationalism.org/book/export/html/2360

Le féminisme, l'antiracisme, l'antifascisme, autant de choses que le CCI va éradiquer pour une vision véritablement révolutionnaire.

> Merci de votre franchise, cher ami !

Aux dernières nouvelles, ce n’est pas parce que Barrot a raconté n’importe quoi ensuite que ce qu’il a pu dire à un moment est faux ! Pour un révolutionnaire, l’antifascisme soutient l'État démocratique et est le pire produit du fascisme : démonstration du contraire ?

Quant à venir dire que le génocide juif n’aurait pas existé si tout le monde avait accepté de renier l’internationalisme pour l’empêcher, c’est tout bonnement une spéculation mensongère : ce ne sont pas les internationalistes qui ont combattu les révolutions russe et allemande, et c’est bien la défaite de la révolution dans les années 20 qui a amené la bourgeoisie à mener la Seconde guerre mondiale. C’est justement parce que tous les partis de Gauche comme de Droite appelaient à la guerre que le génocide a été possible ! Et pour les révolutionnaires, le mot d'ordre de Lénine est toujours resté d'actualité : A bas la guerre impérialiste ! L'ennemi est dans notre propre pays ! Les prolétaires n'ont pas de patrie !

Quant à l’idée de refuser l’Union sacrée - puisque c’est bien de ça dont on parle - il est clair qu’elle a toujours été dénoncée par TOUS LES BOURGEOIS de la planète : il suffit de se souvenir des tombereaux d’injures et de menaces que les révolutionnaires ont eu à affronter en 14/18, de la part de TOUS LES BOURGEOIS, de « Gauche » comme de « Droite », de la part de tous ceux qui, après 1917, ont affronté les révolutions en Europe et traqué les révolutionnaires partout dans le monde par la suite. L'Union sacrée, c'est faire ami-ami avec tous ceux qui massacreront les révolutionnaires dès que l'occasion s'en présentera, et de Thiers à Staline, en passant par De Gaulle et Churchill, les démonstrations ne manquent pas !

Donc Spartacus nous fait l’éloge de la guerre impérialiste et de la contre-révolution, et c’est tout ! C’est ce contre quoi tous les révolutionnaires ont toujours lutté.

« En 41 j’aurais été du côté de D’Estienne d’Orves », un bidasse qui défendait les intérêts impérialistes de la France Eternelle : ça veut effectivement tout dire !

J'espère seulement que Spartacus sait qu'il n'est pas révolutionnaire et ne l'a jamais été, sinon il y a une grosse désillusion qui pointe…

> @ spartac(onf)us

Tu aurais donc utilisé la violence et le sabotage contre la bourgeoisie nazie mais tu le dénonces quand c'est utilisé contre la bourgeoisie tout court.

> tres clair

"Tu aurais donc utilisé la violence et le sabotage contre la bourgeoisie nazie mais tu le dénonces quand c'est utilisé contre la bourgeoisie tout court."

Absolument pas ! je ne dis ça nulle part.

""
Donc Spartacus nous fait l’éloge de la guerre impérialiste et de la contre-révolution, et c’est tout ! C’est ce contre quoi tous les révolutionnaires ont toujours lutté.
« En 41 j’aurais été du côté de D’Estienne d’Orves », un bidasse qui défendait les intérêts impérialistes de la France Eternelle : ça veut effectivement tout dire !
J'espère seulement que Spartacus sait qu'il n'est pas révolutionnaire et ne l'a jamais été, sinon il y a une grosse désillusion qui pointe…

je ne fais aucunement l'éloge de la guerre impérialiste .
rien dans ce que je dis n 'est l'éloge de la contre révolution non plus.
Apprend à lire c 'est tout !
Oui comme mes compagnons de la CNT espagnole j'aurais été de ce combat contre les nazis (des dizaines de millions de morts dont 6 millions de juifs dans le fours crématoires) ce que les anars français refusèrent .
Et je rappelle que ces anars CNT espagnol obéirent aux ordres de Leclerc lui aussi un bidasse qui défendait les intérêts impérialistes de la france éternelle.

Vas tu dire que les anars espagnol qui rentrèrent les premiers dans Paris sur ordre de Leclerc étaient contre révolutionnaire.
et je le redis plus qu'une position politique de classe c 'est avant tout un horizon mental,une morale",un fond psychologique humain: refuser la lacheté .

> Le mur du çon est dépassé !

« Parce que la lutte contre les Nazis, ça veut dire se retrouver aux côtés des colonialistes anglais et français, des ségrégationnistes américains et des pires contre-révolutionnaires de l’histoire, les Staliniens. » (CCI)

C’est dur d’entendre des conneries pareilles. Donc, ne pas lutter contre les nazis, serait faire un grand pas vers la révolution internationale préconisée par le CCI ? C'est vrai que le CCI nous explique ça depuis longtemps :

https://fr.internationalism.org/icconline/2009/les_anarchistes_et_la_guerre_1.html

http://fr.internationalism.org/icconline/2009/la_participation_des_anarchistes_a_la_seconde_guerre_mondiale_les_anarchistes_et_la_guerre_2.html

http://fr.internationalism.org/ri405/les_anarchistes_et_la_guerre_l_internationalisme_une_question_cruciale.html

http://fr.internationalism.org/icconline/2009/la_participation_des_anarchistes_a_la_seconde_guerre_mondiale_les_anarchistes_et_la_guerre_2.html

http://fr.internationalism.org/icconline/2009/les_anarchistes_et_la_guerre_3_de_la_seconde_guerre_mondiale_a_aujourd_hui.html

http://fr.internationalism.org/rint133/l_antifascisme_la_voie_de_la_trahison_de_la_cnt.html

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spartacus se considère t il "résistant " après 1945 ?