Calles con sangre, canchas sin fútbol / Rues ensanglantées, terrains sans football !

Mis a jour : le mardi 11 février 2020 à 10:46

Mot-clefs: actions directes
Lieux: chili

Lien entre foot, supporter et révolte au chili.
En france comment les supporters y font écho ?

Dans ce territoire en révolte depuis octobre, où ya des dizaines de mort.es, de torturé.es, de disparu.es et plus de 2500 emprisonné.es, les clubs de supporters qui occupent la rue aux côtés des révolté.es ont décidé après la mort de deux des leurs, de rejoindre plus massivement les manifs et d’agir là où ils s’organisent et ont de l’emprise : dans les stades.


C’est donc déjà plusieurs matchs qui ont été zbeulés ou interrompus en écho aux assassinats des keufs qui écrasent oklm manifestant.e.S ou supporters.

Pas d’abandon de la rue, mais une occupation multiple des espaces, avec la visibilisation d’un message :
"Calles con sangre, canchas sin fútbol / Rues ensanglantées, terrains sans football".

Et en france, ça fout quoi du coté des stades ? i.elles sont où les supporters ?

Ci-dessous un article trouvé sur le net qui aborde une des fois où le match a été interrompu. Le lien est en dessous ainsi que d’autres articles de footeu.ses glanés ici où là.

Après les dérapages qui ont conduit à la mort d’un supporter de Colo-Colo lors de la première journée, la Garra Blanca, barra du club, rejointe par d’autres barras avaient prévenu de leurs intentions de faire arrêter le football. Promesse tenue dès hier.

Tout avait été soi-disant prévu par les forces de l’ordre. Des mesures de sécurité renforcées, une présence plus nombreuse de policiers, mais rien n’y a fait. On joue la 17e minute entre Coquimbo Unido et Audax Italiano, deuxième journée du championnat 2020 lorsque des barras bravas de l’équipe pirata décident de pénétrer sur le terrain derrière une immense banderole sur laquelle est écrit « calles con sangre, canchas sin fútbol » (rues ensanglantées, terrains sans football). Le message est clair, il est l’une des réponses à la mort de Jorge Mora, renversé par les carabiniers au terme de la rencontre opposant Colo-Colo à Palestino mardi dernier. Cristián Droguett, arbitre de la rencontre, va alors stopper le match.

Derrière cette banderole, des chants dirigés contre le président Sebastián Piñera, accusé d’« assassiner comme Pinochet ». Les manifestants s’en sont également pris aux caméras de la télévision, au VAR et à certains employés présents sur place. Des débordements condamnés par la Sifup (le syndicat des joueurs) qui a déclaré « détruire, casser, agresser des employés n’est pas revendiquer. Les joueurs et les leurs soutiennent toutes les manifestations sociales, mais n’approuveront jamais de tels actes ». Des débordements également condamnés par quelques joueurs, dont Mauricio Pinilla.

Le Chili traverse une grave crise sociale depuis la fin de l’année 2019 et si les barras ont évidemment pris part à la lutte aux côtés des manifestants, la tension n’est jamais véritablement retombée contre les forces de l’ordre et le gouvernement Piñera, les hinchadas manifestant Plaza Italia qui fut alors rebaptisée Plaza de la dignidad. La mort de Jorge Mora a uni les barras et ravivé les tensions.

On a alors vu des barristas de Colo-Colo, de la U et de la Católica venir protester ensemble suite à cet acte. Dans la nuit de mercredi et jeudi, des affrontements ont eu lieu, de nouveaux débordements de violence ont fait des victimes aux quatre coins du pays, le tout après que le policier responsable de la mort du supporter colo-colino a été mis en liberté conditionnelle et dans un contexte où la Comisión Interamericana de Derechos Humanos (CIDH) a communiqué sur les tension sociales frappant le pays évoquant « une grave crise des droits de l’Homme », relatant des « abus, des détentions et un usage disproportionné de la force » de la part des agents de sécurité de l’Etat.

L’union des barras dépasse désormais le simple cadre du football, elle est clairement une prise de position politique, il parait évident que les événements du Francisco Sánchez Rumoroso ne seront pas isolés. Pourtant, cette menace de faire suspendre le championnat ne semble pas avoir été prise au sérieux par l’ANFP et son président Sebastián Moreno qui assure aujourd’hui que les responsables de la suspension du match « sont des délinquants » et poursuit en annonçant que « la journée va se jouer comme prévu. Toutes les dispositions et l’implication de nos autorités pour continuer comme prévu ont été prises. Ils utilisent l’image du football avec des valeurs qui ne correspondent en rien avec ce sport. Aujourd’hui à Coquimbo, on a vu des failles en termes de sécurité. Il faut remarquer que les hinchas ont protesté contre ceux qui ont pénétré sur le terrain. Nous continuons de travailler avec les clubs, on ne peut pas généraliser des situations ponctuelles à l’ensemble des stades. Nous ne pouvons pas nous permettre que l’on ne joue pas. Le football n’est pas responsable de ce qu’il se passe ». Pas certains que cela calme les esprits. Le match opposant Universidad de Chile à Curicó Unido (21h30 heure française) fera l’objet de mesures renforcées et d’un déploiement massif de forces de l’ordre.

L’une des factions de Los de Abajo, la barra de la U, a appelé à manifester devant le stade et à ne pas entrer dans le stade « nous appelons à ne pas entrer dans le stade ce samedi 1er février et à manifester en dehors contre la brutalité policière qui a court depuis toujours et a crû significativement depuis le 18 octobre. Nous ne pouvons permettre l’impunité ni les morts provoqués par la police qui est protégée par les magistrats et les juges qui protègent les intérêts des puissants et de l’état » "

Article avec vidéo,
ou ici.

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