La diminution du temps de travail : une revendication actuelle

Mis a jour : le mardi 11 février 2020 à 10:41

Mot-clefs: luttes salariales
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Cette revendication historique des travailleurs et travailleuses semble évidente si nous prenons simplement en compte les données officielles suivantes: chaque fois que nous faisons plus d’heures supplémentaires rémunérées jusqu’à atteindre ces dernières années des dizaines de millions d’heures supplémentaires travaillées parmi tous les travailleurs en France, nous ne partageons pas le temps de travail.

Ce qui a des incidences sur l’emploi et un manque de cotisations pour les retraites par exemple. Mais nous trouvons le même phénomène dans la plupart des pays d’Europe.

C’est-à-dire que les semaines de 35 heures ne sont même pas respectées, avec les dommages conséquents causés par cette situation à la qualité de vie, notamment la vie de famille.

Les dérogations vont bon train.

Mais travailler plus de 35 heures hebdomadaires, c’est perdre de l’espérance de vie. Selon un rapport publié sur le site Web anticorps.com, travailler plus de 40 heures par semaine peut signifier perdre environ 2,25 ans d’espérance de vie.

 

Selon d’autres études, le temps réellement productif des travailleurs est inférieur à 30 heures en moyenne par semaine. Par conséquent, travailler moins d’heures améliore  la productivité, la motivation du personnel et réduit l’absentéisme. Bien sûr, il faut que les emplois soient pérennes et que le travail soit fait en toute sécurité.

Nous venons de commémorer les 20 ans de la réforme des 35 heures en France mais il convient de rappeler que cette mesure prise par le gouvernement  PS de Jospin  n’impliquait nullement l’interdiction ou l’élimination des heures supplémentaires. Les embauches correspondant à la diminution du temps de travail n’ont pas été réalisées, la fonction publique hospitalière ayant été la plus touchée par une désorganisation totale des services d’où une dégradation des conditions de travail.

En d’autres termes, la réduction de la journée de travail est une mesure réalisable et n’a pas un impact négatif sur l’économie sauf dans les cas où les mesures n’ont pas été prises en termes d’embauches.  C’est que cette affirmation se heurte frontalement à l’idéologie capitaliste dans laquelle les avantages et les profits prévalent sur les gens.

  • SITUATION INTERNATIONALE

Des pays comme la Suède, l’Allemagne ou la Nouvelle-Zélande ont lancé des expériences pilotes qui soutiennent les thèses défendues par les partisans de la réduction du temps de travail. La Suède dans le secteur des services sociaux, avec une journée de 6 heures. L’Allemagne dans la métallurgie avec 28 heures par semaine, et la Nouvelle-Zélande avec la semaine de 4 jours ouvrables. Toutes ces expériences coïncident en mettant en évidence un énorme avantage pour juguler les problèmes familiaux et pour diminuer fortement le stress.

De l’autre côté de l’océan, le Chili est actuellement plongé dans un large débat sur la mise en œuvre de la semaine de 40 heures, actuellement aux premières places de la liste des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui effectuent le plus d’heures de travail par semaine.

Par conséquent, nous pouvons affirmer que les thèses anarcho-syndicalistes sur la proposition de la réduction des heures de travail sont viables et nécessaires pour le bien-être des travailleuses et travailleurs.  Il se pourrait même qu’elles soient appuyées à terme par le monde des affaires, qui prend progressivement conscience qu’une telle mesure apporterait plus d’avantages que de pertes, notamment dans un contexte dans lequel la productivité est de plus en plus marquée par les processus technologiques et non par le travail humain.

 

 

 

Cela étant dit, il vaudrait mieux que la diminution du temps de travail soit une conquête ouvrière obtenue par la lutte. Nous savons par expérience que le patronat et l’Etat ne donnent jamais rien sans contreparties. La preuve avec les 35 heures, les patrons y ont gagné la flexibilité dans maints emplois, souvent au détriment de la qualité de vie des travailleuses et travailleurs.

Commentaire(s)

> Une vision bien sociale-démocrate du travail…

Parler de temps de travail sans parler d’exploitation, c’est causer dans le vide !

Les 35 heures ont été une gigantesque arnaque de la Gauche envers la classe ouvrière : il a fallu faire en 35 heures ce qu’on faisait avant en 39 ! Ce n’est pas pour rien que pendant deux ans, à la suite de cette « avancée sociale » du gouvernement Jospin, la France avait le taux d’exploitation le plus élevé du monde !

Bref, si on veut parler de réduction du temps de travail, il faut discuter aussi des cadences ! Au début du XXe siècle, on travaillait en France plus de 12 heures par jour, mais les cadences et la pression patronale n’avaient rien à voir avec aujourd’hui.

Quant à parler de « partager le temps de travail », c’est un synonyme pour « partager la misère », il est patent que ça n’intéresse aucunement les salariés ! Ce qui les intéresse, c’est de savoir pourquoi ils sont CONTRAINTS de faire des heures sup’, soit par la faiblesse de leur salaire, soit par la pression de la hiérarchie ! Ce qui est l’indubitable signe que c’est la seule échappatoire pour avoir un salaire décent…

Alors les beaux discours des managers du temps de travail, fussent-ils « de Gauche » comme celui qui nous a pondu ce texte social-démocrate sur le fond, en nous signalant que beaucoup de bourgeois sont POUR la réduction du temps de travail de leurs salariés, parce que ça entraîne une productivité accrue, on s’en moque ! Et ladite productivité va se concrétiser évidemment par un épuisement et une misère accrues aussi chez les salariés, puisqu’en fin de compte, c’est eux qui la paient !

> eloge de l'oisiveté

désolé mon pc déraille.
donc:
"Au début du XXe siècle, on travaillait en France plus de 12 heures par jour, mais les cadences et la pression patronale n’avaient rien à voir avec aujourd’hui. "

T'as pas du lire Zola et toute la littérature proletarienne du 19 eme.
et bien évidemment dans une société anarchiste la répartition du temps de "travail" sera équilibré et juste.
sans exploitation d'une partie par une autre.
il n'est pas acceptable que certains vivent au crochet de la communauté.

> Y a pas que ton PC qui déraille...

Zola, le féroce adversaire de la commune, un écrivain prolétarien!?
Faut pas confondre la littérature prolétarienne et la littérature dont le fond de commerce est le prolétariat, mon pauvre ami!

> le travail rend libre ! (spartacus)

"il n'est pas acceptable que certains vivent au crochet de la communauté."

tout le totalitarisme du monde transpire de cette phrase

> zola ou ps

le sujet n'était pas zola en soi ,ceux qui savent lire l'ont bien compris. la littérature sur le prolétariat,les etudes déjà sur les conditions et cadences du travail en disaient l'horreur et peut être plus que maintenant.

> eloge de l'oisiveté

""il n'est pas acceptable que certains vivent au crochet de la communauté."
tout le totalitarisme du monde transpire de cette phrase

ha bon tu acceptes que quelqu'un profite de TON temps et en plus te traite de totalitaire si tu refuses?
non merci,pas moi.
je n'admets aucune oppression,exploitation de mon travail,pas plus que l'extorsion de plus value par un patron ou un pote à leur profit .
bosses pour moi et tais toi? je devrais accepter ça d'un groupe de potes mais pas d'un patron ?
tiens l'internationle (pas du zola):
"L'oisif ira loger ailleurs."

> confusion

Tu met au même niveau l'exploitation patronale et le fait qu'un pote puisse profiter de toi, tu es vraiment lamentable. Et après tu répète à longueur de temps que tu es anarchiste, plus c'est gros plus çà passe! Avec des énergumènes comme toi, la CNT n'en finit pas de couler.

> pote ou potes

je dis pote et aussi groupe de potes,je signifie ainsi que l'exploitation,l'extorsion de plus value peut être aussi réalisée par un groupe qui s'affranchit du "travail" collectif nécéssaire,et que je n'accepte cela ni du patronat ni d'un collectif qui s'arroge le droit contre la collectivité de s'exonérer de l'effort collectif et vit sur lui.
tu défends les permanents ?les apparatchiks ? libertaires ou pas .

> me prends pas pour un demeuré non plus

les permanents, les apparatchiks, ils sont mes ennemis. Mais tu ne parlais pas d'eux mais d'un groupe de potes. N'essaies pas de te rattrapper.

> bien lire

je ne me rattrape pas du tout,je maintiens que je n'accepte pas de me faire voler,exploiter la plus value de mon "travail" par qui que se soit :,pote ,patron ,apparatchik(permanent dont certains sont des potes he oui) etc
c 'est même pas politique c 'est juste psychologique presque de l'ordre de la valeur d'un homme,je n'ai pas un horizon mental de soumis .
apparement toi te faire voler par un pote tu trouves ça normmal.mais pas par un apparatchik . ça change quoi ?

> Pour répondre à Spartacus

On peut lire Zola si on veut, voire Engels pour remonter plus loin, la situation de la classe ouvrière a été au milieu du XIXe siècle pire que celle des esclaves américains. Mais Zola a écrit à un moment où la condition ouvrière s’améliorait, et il n’a jamais été un chaud partisan de la classe ouvrière, comme le dit un commentaire au-dessus… Donc le misérabilisme naturaliste ne nous intéresse que peu.

Le taylorisme, le chronométrage, la pression managériale ne sont venus que bien après Zola, après la Seconde Guerre pour tout dire en France. Il faudrait d’ailleurs que Spartacus se base un peu sur la condition GÉNÉRALE de la classe ouvrière, partout dans le monde : les ouvriers chinois ont accepté depuis vingt ans des conditions de travail qui allient horaires énormes et cadences de travail modernes, ce qui a été à la base de la transformation de la Chine en « atelier du monde », conditions absolument inacceptable ailleurs.

Donc, oui, sur la base des témoignages des anciens que j’ai pu rencontrer, la productivité du travail en France au début du XXe siècle n’a rien à voir avec celle d’aujourd’hui, malgré des horaires nettement plus longs.

Quant à la « répartition du travail » dans une société future telle que l’envisage Spartacus, je crains qu’il n’y ait un petit problème : l’exploitation est un rapport économique, quantifiable, lié aux rapports de production entre le Capital et le Travail, ça n’est pas une vague conception de « ceux qui vivent aux crochets de la communauté »; pour les communistes, le travail dans une société sans exploitation signifie une activité sans contrainte, créative, permettant à chacun de développer ses potentialités individuelles en même temps que celles de la société humaine toute entière. La conception que l’on entrevoit chez Spartacus est directement inspirée du slogan du PCF en 1920 : celui qui ne travaille pas ne mange pas, c’est-à-dire les prémices du stalinisme… Rien à voir avec une société sans exploitation, par conséquent…

Ah ! au fait, l’exploitation n’est pas un vol, c’est une extorsion de richesse à travers l’exploitation de la force de travail par un détenteur de capital en échange d’un salaire, ce qui est un peu différent ; le vol ne résulte pas d’un contrat social, l’exploitation si.

> cadence

zola et engels décrivent et illustrent l'infernal de la condition ouvriére réelle . je prends ces auteurs on pourrait en cites d'autres . le misérabilisme naturaliste est donc etranger à mon propos,et quand bien même une qualification romanesque n'implique pas du tout une erreur sur la description.
je me base bien sur la condition générale de la classe ouvriere de maintenant depuis le Taylorisme et sur l différenciation internationale car il n'y a rien à voir entre l'aangleterre du 18 et 19 eme et celle d'aujourdhui,et en chine maintenant l'horreur capitaliste ne oeut être comparée à la chine de 19 car il n'existait pas de capitalisme.
cependant entre pays capitaliste existant au 19 et au 21 eme l'exploitation n'a rien à voir.
Sur la base des chiffres et des stats,la productivité augmente ,mis les conditions sont aujourd'hui moins inhumaines. ne pas confondre cadence et productivité. tu parles témoignages (pas tres scientifique ça) ,moi j'ai bossé à la chaîne il y trente ans et bien entre le boulot d'hier et celui d'aujourd'hui ,je prends celui de maintenant .
je n'ai pas la conception du travail comme le pcf,relis moi,j'insiste sur le fait que dans toute communauté il y a des "resquilleurs" ça éxiste. je l'ai vécu,oui en communauté des potes tiraient au flanc; de vrais anars des mecs super bien en palabres et action de soutient,mais quand il s'agissait de taches à effectuer ,de prendre sa part à l'effort commun,ils refusaient tres souvent tres souvent avec l'argument :
""il n'est pas acceptable que certains vivent au crochet de la communauté."
tout le totalitarisme du monde transpire de cette phrase"

pas nouveau ,je le revoit ici même!

là ça devient intéréssant car c 'est Proudhon contre marx:

"Ah ! au fait, l’exploitation n’est pas un vol, c’est une extorsion de richesse à travers l’exploitation de la force de travail par un détenteur de capital en échange d’un salaire, ce qui est un peu différent ; le vol ne résulte pas d’un contrat social, l’exploitation si.

donc tu soutiens la position de marx contre Proudhon?
mais je ne parle pas d'exploitation de classe au fait t'as pas compris? je parle de groupe non classiste qui vivent sur le dos des autres,je l'ai vécu et pas que moi lors je sais que m^me dans une société sans classe sans exploitation les profiteurs existent c 'est un danger et je préfére déjà le nommer et le combattre.
rien à voir avec le capital .