Lycées nantais : des examens à l'ombre des matraques

Mis a jour : le samedi 1 février 2020 à 19:46

Mot-clefs: mouvement
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Hier vendredi au matin, les épreuves du « nouveau » Bac imposé par le gouvernement étaient organisées au lycée Clémenceau. La veille, ces épreuves avaient été annulées au lycées Guist'hau, bloqué par les élèves, malgré l'intervention violente de la police.

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Les autorités ont donc déployés préventivement des forces de l'ordre aux abords des bahuts. A Clémenceau, « on s'est fait dégager notre blocus par les CRS armés de matraques et de LBD alors qu'il s'agissait d'un blocus pacifique et qu'il n'y avait eu aucune dégradation », écrit une élève.

Des parents de lycéens racontent : « situation très tendue jusque vers 10h. Plusieurs camions de police, la BAC et arrivée ensuite de 2 camions de CRS. Ils ont fini par obliger les jeunes à rentrer en menaçant de les charger et de taper sans discernement sur ceux qui resteraient dehors. À l'intérieur les portes coupe-feu étaient fermées. Les 1eres ont été filtrés et ont dû passer l'épreuve d'E3C qui était prévue ce jour. La proviseure, avec qui des élèves sont allés parler à dit que s'il y avait des problèmes avec la police c'était de leur faute [...] Un élève a été violemment interpellé [...] Voilà ce que je sais, que mon fils m'a dit au téléphone ce midi. »

« Ce matin tentative de blocus au lycée Clemenceau un jeune au moins embarqué par les forces de l'ordre et relâché sans mention sur son casier. Les épreuves ont été maintenues même si certains se soit assis sur les tables et d'autres ont été menacés de représailles s'ils ne rentraient pas dans le rang. »

Les examens se sont donc déroulés par la force, sous la contrainte, à l'ombre des matraques. Dans toute la France, des lycéens subissent la répression policière et des sanctions administratives pour étouffer leur lutte.

Quel genre de régime fait-il occuper les lycées et obéir la jeunesse par la police ?

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> NANTES : COMMENT LES PROVISEURS MENACENT LES LYCÉENS EN LUTTE

- "Merci pour votre collaboration" : des lettres d'intimidations envoyées aux familles -

A Nantes comme partout en France, les lycéens sont mobilisés contre le « nouveau Bac » E3C. Un projet absurde, mal préparé, et mettant en concurrence les lycées. Des centaines d'initiatives ont lieu pour empêcher ou reporter les épreuves. A Nantes, la police est intervenue violemment sur plusieurs blocus. Mais la répression n'est pas seulement policière. Voici des courriers envoyés par les proviseurs aux familles de jeunes mobilisés :

- A gauche le courrier menaçant envoyé aux parents d'élèves du lycée Jean Perrin à Nantes. L'administration évoque des « incendies » pour justifier la répression et créer un climat anxiogène, avant de « remercier » les parents pour leur « collaboration ». Une stratégie mensongère, qui qualifie la mobilisation de « mise en danger d'autrui », pour créer un climat anxiogène. Voici la réaction des lycéens à ces accusations : « La principale nous à accusée à tort d'avoir mis feu à 2 endroits du lycées, ce qui est absolument faux, ce sont 2 endroits que nous n'avons pas fréquentés durant l'action et mettre le feu n'était pas dans nos convictions. [...] Elle en a profité pour nous décrédibiliser auprès des parents ce qui est inadmissible. [...] la direction était donc au courant de 2 éventuels feux dans l'établissement et aucune alarme n'a pu sonner, aucun prof n'a été au courant et surtout aucun élèves n'a été évacué ni même mis en sécurité, elle n'a pas fait son travail lorsqu'elle a décidé de garder cette info pour elle et à mis en danger les élèves de son établissement ! ». Plusieurs d'entre eux ont subi des conseils de discipline, des exclusions ou des zéros pour avoir participé à la contestation.

- A droite, la lettre envoyée à des familles du lycée Livet, dans le centre-ville de Nantes. Le proviseur dénonce « des mouvements sociaux qui affectent le fonctionnement du lycée ». Le crime dénoncé ? Le « déplacement de conteneurs poubelle », qualifié « d'invivable » par le proviseur ! Dans tout son mépris, l'administration qualifie les revendications des lycéens « d'assez floues » et « mal comprises », et menace les jeunes de « sanctions disciplinaires » mais aussi « judiciaires ». Comme si le proviseur avait des capacités de juge ou de procureur sur ce qui se passe en dehors de son lycée. Ici encore, le proviseur conclut sa lettre de menace en demandant aux parents de forcer leur enfant à rentrer dans le rang.

Les lycéens menacés seront-ils isolés ? Que font les enseignants ? Ces basses manœuvres d'intimidation contre des jeunes en lutte suffiront-elles à tuer la colère qui se répand partout ? Rien n'est moins sur !