Procès résidences secondaires : Solidarité avec la militante de Dispac’h !

Mis a jour : le lundi 27 janvier 2020 à 00:23

Mot-clefs: Répression urbanisation logement tourisme
Lieux: Lorient

Procès résidences secondaires :
Solidarité avec la militante de Dispac’h !

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Jeudi 19 septembre 2019 était convoquée au commissariat de Lorient une de nos camarades concernant des tags contre la spéculation immobilière et la part trop importante des résidences secondaires en Bretagne.

Depuis une dizaine d'organisations bretonnes et internationales ont témoigné de leurs soutiens à notre camarade, ainsi que des personnalités politiques et culturelles. Ces témoignages de soutiens sont très importants en vue du procès qui se tiendra le 12 février 2020 à Lorient. N'hésitez pas à envoyer vous aussi un mail de soutien sur notre page Facebook ou à cette adresse dispachbzh@riseup.bzh, d'une part pour condamner le caractère excessif de la répression qui s'exerce contre cette militante de Dispac’h, d'autre part pour témoigner de votre solidarité à notre collectif et aux messages que nous portons pour l’émancipation du peuple breton.

Notre camarade sera défendue grâce au soutien de Skoazell Vreizh. Si à l’heure actuelle le dossier paraît bien maigre, la peine pourrait s’annoncer très importantes à l'encontre de notre amie et camarade, notamment au niveau financier. C'est pour cela que la solidarité est très importante !
**Nous lançons d'ores et déjà un appel aux dons et à rassemblement devant le TGI de Lorient le mercredi 12 février 2020 à 13h pour soutenir notre camarade !**
Unité face à la répression !

Bevet Breizh Dieub ! Vive la Bretagne libre !

Kengred ! Solidarité !

Le collectif Dispac’h

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Prosez war an eil tiez : Kengred gant ur stourmerez deus Dispac'h !

D'ar Yaou 19 a viz Gwengolo 2019 e oa bet galvet ha dalc'het dindan evez gant Jendar-ma-revr an Oriant ur c'hamaladez deus Dispac'h. Rebechet dezhi gant archerdi an Oriant tagoù a-enep d'an arvrokerez hag an eil tiez e Breizh.
Diboae ez eo bet diskouezet o souten d'ar c'hamaladez gant meur a aozadur breizhad hag etrevroadel.
Pep souten zo pouezus tre deomp pa vo ar prosez d'an 12 a viz c'hwevrer 2020 'ban Oriant. Mo peus c'hoant da ziskouez o souten e zomp laouenn da resevel mailoù war hor pajenn Facebook pe dre hor chomlerc'h dispachbzh@riseup.bzh, a-benn kondaoniñ ar fed ma vefe taget ur stourmerez deus Dispac'h met ivez diskouez ur c'hengred d'ar stourm evit dishualañ pobl Breizh.
Skoazell Vreizh a ro e sikour evit difenn hor c'hamaradez. Evit poent eo gwan ar walc'h an doser a-enep dezhi, met ar c'hastiz a c'helfe bezañ pouner evit hor mignonez ha kamaradez da baeañ. Hag evit se ivez ez eo pouezus ar c'hengred !
**Gervel a reomp d'en em vodañ dirak TGI an Oriant d'ar Merc'her 12 a viz C'hwevrer 2020 da 13e evit souten hor c'hamaradez !**
Bezomp unvan a-enep d'ar represioun !

Bevet Breizh Dieub ! Kengred !

Dispac'h

Commentaire(s)

> Tags contre les résidences secondaires : un procès politique !

Une militante de Dispac’h passera devant la justice le mercredi 12 février 2020, nous appelons à un rassemblement à partir de 12h30 devant le TGI de Lorient pour la soutenir.

Retour sur les faits reprochés

Dans la nuit du 14 au 15 avril 2019 des mairies et agences immobilières d’une dizaine de villes de la côte bretonne sont redécorées à la peinture de 2 chiffres : le nombre de résidences secondaires sur chaque commune visée ainsi que le pourcentage qu’elles représentent. Une action que nous n’avons pas revendiquée mais dont nous ne pouvons qu’approuver le message.

Le jeudi 19 septembre notre camarade est convoquée au commissariat de Lorient, et au terme d’une garde à vue de 7h elle se trouve convoquée devant le tribunal correctionnel de Lorient. Les charges retenues portent sur « dégradation ou détérioration du bien d’autrui aggravée par deux circonstances en l’espèce : en réunion et commise par une personne dissimulant volontairement en tout ou en partie son visage afin de ne pas être identifiée ».

Un dossier aussi creux que vide

C’est un procès politique auquel nous allons assister. Politique d’une part par le sujet traité mais aussi car l’inculpée est une militante politique publique et connue. A cela s’ajoute une procédure menée n’importe comment avec des personnes citées au dossier qui n’ont même pas été entendues, et en l’absence complète d’identification claire et de flagrant délit. Nous y voyons un coup de pression judiciaire dans le seul but de faire taire nos revendications. En voulant condamner une des nôtres, c’est tou.t.e.s les militant.e.s de Dispac’h qu’on tente d’atteindre et d’intimider. Nous resterons solidaires, la justice française ne nous effraie pas, nous ne lui reconnaissons pas de légitimité en Bretagne.

Et si on jugeait les vrais coupables ?

C’est une jeune militante qui va passer devant les tribunaux, très certainement à cause de ses idées. Mais les vrais coupables sont ailleurs. La violence ne réside pas dans quelques graffitis lanceurs d’alerte. Elle est bien plus grande et bien plus forte. Cette violence c’est les emplois précaires de la mono-activité touristique sur le littoral breton, la saisonnalité de l’activité, les salaires excessivement bas et les entorses régulières au droit du travail. C’est la spéculation immobilière d’une certaine classe qui chasse les plus fragiles des zones tendues, les jeunes en tête ! Cette violence c’est aussi la fermeture progressive des services publics dans des villes qui vivent à peine 6 mois sur 12, la destruction du lien social intergénérationnel quand des villes comme le Pouliguen comptent plus de décès que de naissances dans l’année !

La raison voudrait que l’on juge les vrais coupables : l’Etat français, les promoteurs immobiliers et les élus locaux complices ! Ceux qui laissent pourrir la situation par intérêt ou par manque de courage politique. C’est ce message que nous porterons lors de ce procès politique.

Bevet Breizh dieub ha sokialour / Vive la Bretagne libre et sociale

Le collectif Dispac’h

> Militante de Dispac’h relaxée : la lutte continue !

Militante de Dispac’h relaxée : la lutte continue !

Aodren, militante du collectif Dispac’h, était convoquée devant le tribunal de Lorient mercredi dernier 12 février. Cette convocation faisait suite à une garde à vue en septembre 2019 en lien avec à une affaire de tags visant à dénoncer les résidences secondaires et la mono-activité touristique sur le littoral breton. Dans la nuit du 14 au 15 avril 2019 des mairies et agences immobilières d’une dizaine de villes de la côte bretonne avaient été redécorées à la peinture de 2 chiffres : le nombre de résidences secondaires sur chaque commune visée ainsi que le pourcentage qu’elles représentent.

Déroulé du procès

L’audience aura duré une bonne partie de l’après midi et une soixantaine de soutiens se sont déplacés pour soutenir notre camarade. Dès le début du procès il sera demandé de requalifier les faits de « dégradations » en « inscriptions légères ». Devant l’absence de parties civiles, prouvant la légèreté des faits reprochés, le motif d’inculpation a été immédiatement changé. Demande sera faite ensuite au tribunal de pouvoir s’exprimer en langue bretonne pour l’accusée. Demande aussitôt rejetée, notre camarade gardera alors le silence face à ce refus. Un militant de notre collectif prendra alors la parole en tant que témoin pour amener le sujet politique qui caractérise ce procès au cœur du tribunal. L’occasion de rappeler que si Aodren était sur le banc des accusés en ce jour c’était bien à cause de ses idées et de son engagement.
Après un discours complétement à côté de la plaque de la part du procureur pour qui combat politique et indépendantisme breton rime avec folklore, la réquisition tombe. 2000€ d’amende avec sursis et 250€ d’amende pour refus de prélèvement ADN.
Le clou final est définitivement enfoncé par Me Lemoigne, avocat du pool Skoazell Vreizh, qui dans une argumentation méthodique est venu déconstruire point par point les rares semblant de preuves présentés par l’accusation et les enquêteurs. La relax est demandée puis finalement obtenue après délibération du tribunal. Notre camarade écope tout de même d’une peine d’amende avec sursis de 500€ pour refus de prélèvement ADN.

Une petite victoire qui appelle à continuer la lutte

Le procès aura servi à démontrer ce que nous annoncions déjà, c’est-à-dire un procès politique. C’est ce qu’a plaidé l’avocat en démontrant que notre camarade se retrouvait devant la justice de part son appartenance à un mouvement politique. L’inexistence de preuves, pire une enquête menée à la va-vite et une coupable à trouver rapidement, ont mené les enquêteurs vers notre collectif sans prendre le temps d’explorer toutes les pistes. Ainsi comme nous le disions dans un précédent communiqué, c’est tou.t.e.s les militant.e.s de Dispac’h qui étaient visé.e.s dans ce procès. Un coup de pression qui a fait pshit !

Cette petite victoire face à la répression de l’état français nous encourage à poursuivre la lutte et aura finalement servi à donner échos à nos revendications.

Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont soutenu notre camarade et le collectif, que ce soit verbalement, par écrit ou en se déplaçant lors du procès. Nous remercions tout particulièrement Me Lemoigne, avocat des luttes, et Skoazell Vreizh pour son soutien juridique et financier sans lequel les militant.e.s breton.n.e.s ne pourraient pas se défendre face à la justice française (saluons également leurs 50 ans d’existence au service du peuple breton !). Si vous souhaitez montrer votre solidarité nous vous encourageons à leur faire un don sur http://skoazell-vreizh.bzh . Cela servira à rembourser les frais de justice engagés et pour les procès futurs !

Hep kengret, frankiz ebet !

Le collectif Dispac’h"