Fragments de révolte (250p.)

Cycle de discussions sur l’anarchisme

C’est au 19ème siècle que l’anarchisme comme revendication s’im­pose. Ce
terme abrite une multitude de courants ayant néanmoins comme
dénominateurs communs : le refus de l’État, du capitalisme, de toutes
les religions et de toutes les formes de domination et d’exploita­tion.
Via l’internationalisme, l’anarchisme s’est diffusé aux 4 coins du
monde.
Nous savons que beaucoup de questions du présent ne sont pas neuves.
Aussi, une (re)découverte du passé peut permettre de redonner des bases
dans un contexte où la connaissance de l’histoire séditieuse est en net
recul.
Nous portons donc à la discussion ouverte un certain nombre de
thématiques présen­tées par diver-s-es compagnon-n-e-s. Ce recueil
réunit certaines de ces introductions.
La discussion sous forme de causeries chères à Albert Libertad se veut
la plus égalitaire possible, étant entendue que nous ne sommes ni
ex­perts ou expertes, ni spécialistes, ni universitaires et grand bien
nous en fasse.

– Quelques précisions 3
– Prologue 5
– Les Enragé·e·s dans la Révolution française 9
– Bakounine et la position antipolitique 17
– Autour de l’insurrection de 1905 dans l’Empire russe 33
– Critique du travail et du salariat via le processus
révolutionnaire des années trente en Espagne 65
– Les Mujeres Libres 159
– 68 fût une belle aventure 167
– Notes d’une intervention sur mai 68 181
– Les trimards. La précarité en mai 68 189
– L’État Islamique et la prise de Rakka 203
– Autour de la révolution syrienne 217
– Annexe : Les causeries populaires 235
– Chronologie des causeries 241
– Suggestions de lecture 243

Nature et anarchie (176 p.)

L’été dernier a été chaud. Encore plus que les précédents. L’expérience
ordinaire rappelle tous les jours la dégradation générale des
possibilités de vie sur terre, depuis la température estivale d’une
journée d’automne aux vagues d’indésirables qui tentent tant bien que
mal de franchir des frontières toujours plus militarisées. Ce ne sont
que des prémices. Dans quelques dizaines d’années, le sol, l’eau et
l’air seront encore plus empoisonnés, une partie des terres immergées,
et les ours polaires et autres rhinocéros ne seront que des souvenirs.
Et sans ruptures avec l’ordre existant, la ZAD de Notre-Dame-des-Landes
n’est qu’un village inoffensif d’agriculteurs et d’agricultrices de
gauche et les mines d’or pulluleront en Guyane, comme celle en projet de
800 hectares à 125km de Saint-Laurent-du-Maroni. Qu’on se rassure,
quelques hectares mis sous cloche permettront à quelques touristes
fortunés de venir se ressourcer dans des forêts gardées, étatisées,
judiciarisées, séparées des liens possibles avec une vie humaine
authentique. Et il y aura toujours quelques écolos pragmatiques pour
aller occuper quelques strapontins au pouvoir.
    D’autres imaginent encore et toujours changer le monde en négociant
avec le pouvoir ou en transformant très graduellement la société de
l’intérieur, notamment sous les formes du municipalisme libertaire. Un
maire n’est certes pas un ministre, mais c’est bel et bien une extension
du même Etat. Toutes ces logiques réhabilitent les projets associatifs
et alternatifs, avec tout ce qu’ils portent de soumission à l’existant
et d’idéologie pacificatrice. De l’association utilisée dans les bilans
municipaux contre quelques subsides pécuniaires aux rencontres avec les
autorités pour durer plutôt que de faire vivre ses idées, y compris au
risque de la défaite, en passant par le squat artistique qui refile ses
clés à l’adjoint au maire en charge de la culture, ces projets et cette
idéologie servent surtout le pouvoir en place1. Malgré quelques
connivences partielles et momentanées possibles, l’anarchiste un peu
sérieux ne peut ni s’en satisfaire, ni rester les bras ballants.
L’alternative dans le système ne sera jamais la rupture avec le système.
L’anarchisme a d’autres propositions. Le présent document entend par ses
ballades dans les textes et luttes plus anciens ou plus actuels
contribuer à les rendre un peu plus visibles.
    D’autres encore préparent à l’inverse à l’acceptation de l’effondrement
sans révolte. Tous et toutes responsables, personne ne mérite de s’en
tirer. Au passage, ces collapsologues viennent contribuer docilement à
la pacification au bénéfice des dirigeants et dirigeantes. Il faut dire
que la liberté n’est pas leur question.
Dire que l’anarchisme est dès son origine une pensée « écolo »
relèverait de l’anachronisme. En revanche, il est dès le départ un
assaut contre le développement capitaliste et industriel, avec tous ses
désastres. C’est justement pour cela qu’il n’est pas écologiste, et
contribue au contraire à éviter le piège d’une pensée réformiste et
instrumentale. Il fournit des armes aussi bien contre la gestion
salement industrielle du capital, ou celle plus novatrice qui se colle
l’étiquette « verte » ou « durable ». Il n’est par ailleurs jamais
question de la nature séparée des êtres humains y vivant, comme dans
l’environnementalisme, et pas plus d’une nature sacralisée, comme chez
les confusionnistes Gaïa ou chez certains et certaines primitivistes. La
question de la nature n’est pas dissociable des milles manières dont les
gens l’habitent. L’anarchisme ne cherche pas à sauver la planète sans se
soucier des oppressions diverses que subissent les personnes, sans
aspirer en même temps à une vie plus libre et plus égalitaire, fondée
sur l’entraide et la subversion des rapports de domination.

I. Des liens originels
Bakounine et sa philosophie de la nature, p.8
Elisée Reclus : l’être libre dans des milieux de vie préservés, p.21
Le retour à la vie naturelle des anarchistes naturiens, p.29
La vie simple et heureuse selon William Morris, p.36

II. Des impasses conjoncturelles ?
Déjacque et le postulat de l’abondance, p.49
Kropotkine et l’ambivalence du communisme anarchiste, p.54
L’industrialisation et la taylorisation par les ‘’anarchistes’’ de
gouvernement, p.63

III. L’anarchie contre la société des ravages industriels et
technologiques
Des premières critiques de la science, p.77
Shmuel Marcus contre les machines, p.85
Les anarchistes contre le nucléaire, p.88  
L’écologie sociale et vaguement libertaire de Bookchin, p.93
Miguel Amoros et l’anarchisme anti-industriel, p.109
Anarchisme, antispécisme, primitivisme, p.115
Un autre monde de merde est possible, les écologistes le construisent,
p.125
Les impasses de l’alternativisme, p.132
Se défaire des chaînes énergétiques et technologiques, p.139

En guise de conclusion
Annexes : Détruire ce qui nous détruit