[Grève générale Nantes] Point antirep

Mis a jour : le samedi 7 décembre 2019 à 04:02

Mot-clefs: Répression anti-repression mouvement gilets_jaunes réforme_retraites_2019
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Écrit notamment d’après des infos trouvées dans la presse, mais pas que !]. Écrit aussi par quelqu’un·e qui n’est pas à la Legal Team mais qui trouve que l’anti-répression doit étre une préoccupation collective.

En chiffres

  • 23 interpellations
  • 21 personnes ont été relâché·e
  • 4 personnes ont été relâchées sans suite
  • 2 personnes ont été envoyées directement en prison
  • 0 comparutions immédiates
  • Des procès en janvier 2020

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Des interpellations préventives

Pour les 5 personnes interpellées avant la manif, le compte twitter @PoliceNat44 parle d’interpellations préventives. Il serait intéressant de savoir sur quelles bases légales elles reposent. Le terme préventif laisse supposer que les personnes ont été placées en garde à vue alors qu’elles n’avaient pas commis ou n’était pas soupçonnées d’avoir commis une infraction ce qui n’est a priori pas légal. Ces arrestations sont un moyen d’empêcher des personnes d’aller en manif. Elles viennent rejoindre d’autres pratiques visant à nous dissuader de descendre dans les rues : interdictions de manif pendant les contrôles judiciaires ou en complément de peine, assignation à résidence les jours de manifs, armement de la police, massification des violences policières, manifs interdites, etc.

Les suites judiciaires

Quatre personnes ont été relâchées sans suite. Elles étaient donc en garde à vue alors qu’aucun élément matériel ne permettait de dire qu’elles avaient commis une infraction.

Il n’y a pas eu de comparution immédiate mais 2 personnes ont été envoyées directement en taule. Soutien à elles !

Plusieurs personnes sont convoquées en composition pénale. Cela signifie que la justice leur reproche des faits qu’elle juge comme mineurs. D’autres personnes sont convoquées pour des procès en janvier 2020. Ça semble être un délai rapide au vu des délais constatés habituellement au tribunal.

Côté keufs

Concernant les flics qui ont menacé, insulté, tabassé, lancé des grenades, etc., iels n’ont fait l’objet d’aucune interpellation ni poursuite pour le moment. On peut dores et déjà parier qu’il n’y aura pas de poursuites même si des plaintes étaient déposées. On attend avec impatience de savoir combien d’entre eux recevront la médaille du mérite à la prochaine fournée.

On peut décerner une mention spéciale misogynie au groupe de CRS qui était à la croisée des trams et qui a plusieurs reprises ont ciblé des femmes et les ont tabassé parce qu’elle étaient des femmes et qu’elles ne se laissaient pas faire. Il s’agit du même groupe de CRS que celui qui était au blocage du Carrefour Beaulieu le 30/11. Si des personnes savent d’où ils viennent, n’hésitez pas à les afficher (penser à utiliser Tor Browser ou Tails si vous les affichez sur internet ). Message aux personnes d’Extinction Rébellion et du GIGNV, certain·e·s d’entre vous ont parlé avec ces flics lors du blocage : un acte de rébellion et de solidarité pourrait être de partager les infos concernant ce groupe de keuf.

Trois femmes ont notamment fait les frais de leur violence. L’une d’elle a été évacuée par les pompiers dans un état semi-conscient après s’être faite tabasser à coups de matraque alors qu’elle venait en aide à une autre femme qui se faisait violenter par les keufs. Ils s’en sont pris 3 fois à une autre, la poussant et la frappant. Ils l’ont notamment projeté au sol avant d’effectuer 2 charges violentes sur les autres manifestant·e·s et de gazer. Elle s’est alors retrouvée au sol, dans un endroit saturé par les gaz.

Des journalistes ont ausis été ciblés :  Une de Ouest France par un tir de LBD, l’autre France Bleu Loire-Océan par une grenade lacrymo. Message aux journalistes : c’est peut-être le moment d’arrêter d’être du côté des flics et du pouvoir, non ?

Il y a eu beaucoup d’autres blessés. Les keufs ont fait un usage massif de lacrymos, grenades de désencerclement et coups de matraques. Ils sont aussi pas mal allés au corps à corps pour virer des petits bouts de cortège : coups de boucliers, de matraque, coups de pieds et claques.

L’antirep, un enjeu collectif

Quand il y a des interpellation en manif, c’est important d’aller au commissariat pour : se rencontrer et partager les infos sur la répression, soutenir les personnes interpellées et leur proches. C’est un moment où l’entraide et l’autodéfense sont importante. Ça permet notamment qu’on ne soit pas isolé·e·s face à la répression. Ça permet aussi d’aider à organiser la défense de celles et ceux qui risquent de passer en comparution immédiate. Ces sortes de « permanences » devant le commissariat permettent aussi de recenser le nombre de sorties de faire le lien avec la Legal Team qui tient des permanences téléphonique notamment pendant et après les manifs. Ne pas oublier de donner le numéro de la Legal Team aux personnes qui sortent.

On peut aussi faire de l’antirep de plein de façons : crier les conseils antirep de base aux personnes qui se font arrêter, signaler les interpel à la legal, diffuser des tracts antirep pendant les manifs (attention à bien vérifier les infos diffusées), aller aux procés et aux comparutions immédiate, envoyer de l’agent à des caisses anti-repression, organiser des concerts de soutien pour récolter de l’argent...

Tu peux appeler la Légal  (06 75 30 95 45) :

- si tu es témoin d’une arrestation (avec description de la personne, heure et lieux d’interpellation. Attention : pas de noms, pas de trucs qui pourraient être reprochés à la personne)

- si une personne ne réapparaît pas après une manif. Donne sa description pour que la legal puisse te dire si elle correspond à une interpellation signalée

- quand des personnes sortent de garde à vue. Dans ce cas pense à dire à la légal quelles sont les suites (procés ou pas, pour quel motif, quand…)

- si tu passes en procès : ça te permet d’avoir un soutien juridique, de discuter de ta stratégie de défense, d’avoir des noms d’avocats qui sont formés à défendre des manifestant·e·s et qui ne pratiquent pas des tarifs exhorbitants et d’avoir du soutient financier si besoin. Ça permet aussi de se sentir moins isolé·e, de demander les contact des autres personnes arrêtées en même temps si on veut préparer une défense collective,…

- ...

 

PS : Un petit big up à la personne rencontrée devant le comico et qui attendait ses potes avec qui elle s’était faite arrêter parce qu’ils étaient posés dans une voiture en bas de chez l’un d’eux. On n’oublie pas qu’en dehors des manifs et actions, les keufs sont aussi des grosses merdes.

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